Cracboum a écrit :
Merci La Chartreuse de me poser vos questions, j'espère que ça va m'aider à m'expliquer, j'ai un peu de mal.
Christ s'est incarné, est mort, a été crucifié et est ressuscité à cause de l'homme et de son péché. J'adhère sans problème aux fondamentaux.
Maintenant, si Dieu a créé les anges, l'homme, l'univers, et si le Fils a fait tout ça pour nous, c'est parce qu'Il est ce qu'Il est, tout ce qu'Il a fait nous renseigne sur ce qu'Il est , donc son Essence. Chaque Personne ne fait qu'Un avec cette Essence comme elle ne fait qu'Un avec les deux Autres Personnes. Chaque Personne est Unique, donc Autre, mais les Trois ne font qu'Un. Donc l'Autre est bien l'essence de l'Un. Et c'est pourquoi il y a de l'autre, du créé.
Si Dieu est Autre en son Essence, c'est forcément Trois puisque pour être autre il faut être deux,et puisque cette Altérité des Deux est leur Essence en laquelle Elles sont Un. Bref la Relation Trinitaire.
Qu"est-ce que le sacrifice? cest reconnaître le sacré, l'Autre, et par conséquent sa propre altérité et c'est donc ne faire qu'un. Ainsi du Sacrifice du Christ qui trouve sont achèvement avec les paroles "pourquoi m'as-Tu abandonné", quand s'éprouvant Autre Il est parfaitement Un . C'est pourquoi qui voit la Croix voit l'Essence même de Dieu, dans la mesure de son regard.
Toute souffrance consiste à s'éprouver en tant qu'autre, quelles qu'en soient les formes. Et ce que nous appelons amour est l'union de cette altérité (=unicité) avec une autre altérité. Il ne faut pas confondre douleur et souffrance.
Nous voilà deux, à avoir du mal à discourir sur le Mystère de la Sainte Trinité...
Je dois dire que votre manière de parler n'est pas usuelle pour moi.
Il me semble, que bien que vous acceptiez la Trinité, ce qui me fige, c'est cette impression que l'Essence serait ( c'est le cas de le dire

) autre que Dieu. A moins que vous vouliez désigner par le terme "Essence" la nature Divine en elle-même.
Je place ici le Symbole de Saint Athanase... ce qui vous expliquera mieux que moi la foi catholique en la Sainte Trinité...
- [+] Texte masqué
- Symbole de Saint Athanase
La foi catholique consiste à adorer un seul Dieu en Trois Personnes, et Trois Personnes en un seul Dieu, sans confondre les Personnes ni séparer la substance. Car autre est la Personne du Père, autre celle du Fils, autre celle du Saint-Esprit. Mais la divinité du Père et du Fils et du Saint-Esprit est une; leur gloire, égale; leur majesté, coéternelle.
Tel qu'est le Père, tel le Fils, tel le Saint-Esprit. Le Père est incréé, le Fils est incréé, le Saint-Esprit est incréé. Le Père est immense, le Fils est immense, le Saint-Esprit est immense. Le Père est éternel, le Fils est éternel, le Saint-Esprit est éternel. Et néanmoins ce ne sont pas trois éternels, mais un seul Eternel. Comme aussi ce ne sont pas trois incréés ni trois immenses, mais un seul Incréé, un seul Immense. De même que le Père est tout-puissant, le Fils est tout-puissant, le Saint-Esprit est tout-puissant. Cependant ce ne sont pas trois tout-puissants, mais un seul Tout-Puissant. Ainsi le Père est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu. Et néanmoins, ce ne sont pas trois dieux, mais un seul Dieu. Ainsi le Père est Seigneur, le Fils est Seigneur, le Saint-Esprit est Seigneur. Et néanmoins ce ne sont pas trois seigneurs, mais un seul Seigneur.
Car, comme la vérité chrétienne nous oblige de reconnaître et de confesser que chacune des Trois Personnes est Dieu et Seigneur, ainsi la religion catholique nous défend de dire trois dieux ou trois seigneurs.
Le Père n'a été ni fait, ni créé, ni engendré. Le Fils n'a été ni fait, ni créé, mais engendré du Père seul. Le Saint-Esprit n'a été ni fait, ni créé, ni engendré, mais il procède du Père seul. Il n'y a donc qu'un Père et non trois pères, un Fils et non trois fils, un Saint-Esprit et non trois saints-esprits. Et dans cette Trinité il n'y a ni plus ancien ni moins ancien, ni plus grand ni moins grand, mais les Trois Personnes sont coéternelles et égales entre Elles. De sorte qu'en tout, comme il a été dit, on doit adorer l'Unité dans la Trinité, et la Trinité dans l'Unité. Quiconque veut être sauvé doit avoir ces sentiments et cette croyance de la Trinité.
Il est nécessaire pour le salut éternel que celui qui veut être sauvé ait encore une croyance exacte de l'Incarnation de Notre Seigneur Jésus-Christ. Or la pureté de la foi consiste à croire et à confesser que Notre Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, est Dieu et Homme. Il est Dieu, étant engendré de la substance du Père avant tous les temps. Et il est Homme, étant né dans le temps de la substance de sa Mère. Dieu parfait et Homme parfait, ayant une âme raisonnable et une chair humaine. Egal au Père selon la divinité, et moindre que le Père selon l'humanité. Et quoiqu'il soit Dieu et Homme, il n'est pas, néanmoins, deux personnes, mais un seul Jésus-Christ. Il est Un, non que la divinité ait été changée en humanité, mais parce que Dieu a pris l'humanité et l'a unie à sa divinité. Un enfin, non par confusion de nature, mais par unité de personne. Car, comme l'âme raisonnable et la chair est un seul homme, de même Dieu et l'homme est un seul Jésus-Christ. Il a souffert la mort pour notre salut, est descendu aux enfers, et le troisième jour est ressuscité d'entre les morts, est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, d'où il viendra juger les vivants et les morts. A son avènement, tous les hommes ressusciteront avec leurs corps et rendront compte de leurs actions. Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit. Maintenant et toujours, dans les siècles des siècles. Amen.
La définition de "sacrifice" n'est-elle pas "immolation, holocauste" ? Peut-on dire , dans un sens général, que tout sacrifice est sacré? Il me semble difficile de concilier ce terme avec les "sacrifices" paîens...
Toute souffrance consiste à s'éprouver en tant qu'autre, quelles qu'en soient les formes.
Ici, je nage ! je comprends cette phrase( corrigez-moi, au besoin) que la souffrance du Christ, consisterait à se sentir "autre" par rapport à Unicité de Dieu?
Je comprends la nuance que vous faites entre souffrance et douleur, en ce sens, que douleur ferait référence à quelque chose d'extérieur et souffrance à quelque chose d'intérieur.