Raitslin a écrit :Ah, ça ça m'intéresse. Car, voyez-vous, je n'ai jamais rencontré d'athée ne croyant aps mordicus qu'il n'y a que la matière. (Et que l'esprit, les émotions, l'intuition, etc. n'en sont que des épiphénomènes). Peut-être est-ce alors une erreur de langage. Pourriez-vous développer ?
Je crains qu'il y en ait pour un moment...
Avant d'essayer de vous répondre je crois qu'il faut commencer par dire ce que chacun met derrière les mots : athée, agnostique, croyant, fidèle.
Selon les définitions des dictionnaires (que je partage) :
- un a-thée nie l'existence de Dieu à partir du constat qu'il fait qu'un grand nombre y croit sans pouvoir le prouver de manière "scientifique". Du fait que parmi ce nombre beaucoup sont incapables de dire pourquoi ils croient ou ne disent que des lieux communs frisant la réassurance pour une vie future. Que pour beaucoup aussi il semble y avoir loin entre la croyance et la pratique quotidienne. De ce fait on trouvera des athées absolus (intégristes) qui pourront aussi être +- anticléricaux et +- anti religions (importe peu ici la religion en question) +- laïcards.
- un a-gnostique ne nie pas l'existence de Dieu mais prétend que sa connaissance parfaite est inaccessible à l'intelligence humaine ou que ce n'est pas pour lui une pensée rectrice de sa vie. Il pourra cependant comme le "Gentil Athée" croire en des valeurs humaines d'ordre élevé et y conformer sa vie. De la mêm façon qu'il y a un panel large d'athéisme confinant par un bout à l'agnosticisme on trouvera une grande variété d'agnosticismes confinant par un bout à la croyance.
- un croyant croit en l'existence de Dieu en tant "qu'Etre Suprême", créateur... et en tire pour sa vie des enseignements recteurs. Le croyant n'est pas forcément inscrit dans une mouvance religieuse. Là aussi panel large qui va de celui qui est plutôt de type agnostique (sa part de doute plus grande que celle de ses certitudes) au fidèle absolu (sans doute).
- un fidèle est par définition un croyant dont la foi se rattache à une doctrine +- formulée par une institution. Là aussi panel large qui va du croyant +- relativiste sur la doctrine au fidèle absolu qui n'a aucun doute ni sur le sujet de sa foi ni sur la doctrine professée. Ce dernier type est le pendant de l'athée absolu. S'y appliquerait en changeant les termes votre dernier paragraphe du message précédent :
Hé bien, ce que j'appelle le fidèisme "idiot", c'est cette forme de foi dont se réclament ceux qui ne se posent aucune question, qu'ils n'ont jamais cherché. Ils ne se sont jamais sérieusement inquiété des grandes questions que l'on peut se poser, mais ils "savent" déjà ce qu'il en est. Une telle attitude est effectivement idiote (ils pourraient au moins avoir la prudence e se dire intégristes, radicaux...).
Vous allez me dire que mon approche est relativiste. Et je vous répondrais que oui car ainsi est faite la vie qui ne fait que très rarement des types purs d'athées, d'agnostiques, de croyants, de fidèles mais plutôt des dosages plus ou moins complexes de types entre les extrêmes.
Dès lors la question qui se pose est celle de la tolérance aux idées qu'on ne partage pas ou +-. Du respect qu'on porte aux personnes.
Raitslin a écrit :Oui, mais je en vois pas bien le rapport avec ce que je disais. En fait, mon propos était surtout de signaler qu'on peut constater un fait mais nier - par pure idéologie - ses implications ou ses causes.
Ben oui! Sauf à se placer dans une position dure (fidèle absolu) en quoi celà serait-il condamnable? Je peux adminer la nature sans pour autant conclure qu'elle est l'oeuvre de Dieu.
Raitslin a écrit :Dans le cas qui nous préoccupe - le miracle de Fatima - un athée (ou autre), pourra dire que quelque chose s'est bien passé, mais il nier par principe la seule explication qui tienne la route, sous prétexte que ça ne convient pas. (Certains peuvent même aller jusqu'à travestir les faits - en occultant ce qui déplaît.)
Bien entendu, cette attitude n'est pas propre aux athées, chacun est susceptible d'agir de la sorte. Mais comme on entend souvent des athées hurler sur les toits qu'ils sont eux, contrairement aux croyants, parfaitement rationnels, je trouve qu'il est important de pointer du doigt leur propre contradiction.
Je ne vous fais pas dire que cette attitude n'est pas propre aux athées puisqu'on entend aussi souvent certains fidèles "hurler sur les toits" que seule leur vérité est vraie.
Raitslin a écrit :Oui, mais si vous en croyez pas au phénomène fantômes, le fait de ne pas se prononcer revient à se mettre dans le camp des phénomènes inexpliqués. Il ne faut pas confondre l'attitude d'un agnostique - qui n'est pas le sujet - avec celle d'une personne ayant déjà fait un choix quand à ce qui était possible ou pas.
C'est tout le problème du passage de la raison à la foi.
Raitslin a écrit :Un simple exemple : on parlé une fois de la résurrection de Lazare avec un athée. Hé bien, sans même entrer dans les détails de l'historicité du passage, nous avons eu le droit à l'explication "loi de la Nature encore inconnue". J'ai eu beau pointer du doigt que si on ne savait pas tout de l'Univers, certaines choses étaient connues de manière certaine (par exemple, qu'un cadavre qui commence "à sentir" est en voie de décomposition et qu'il ne peut être réanimé), rien n'y fit. L'athée en question n'avait pas une attitude neutre, il avait déjà fait son choix : le miracle étant impossible, c'était forcément un phénomène naturel (et, au besoin, le témoignage est remis en question).
Nous avons là l'exemple de deux "foi" certaines opposées qui se fondent pour l'une sur la réalité scientifique (un cadavre ça pue ou ça n'en est pas un) pour l'autre sur un témoignage réputé certain. Là encore la question qui se pose est de savoir quelle quantité de pas peut être faite par l'un et l'autre pour rapprocher les points de vue. En se rappelant que si je peux accepter d'entendre le point de vue de l'autre rien ne m'oblige à le faire mien.
Raitslin a écrit :Hé bien, ce que j'appelle l'athéisme "idiot".../...
Relisez ce que j'ai écrit plus haut!