Aimer......bien plus difficile que je ne le pensais.
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Forum d'échange entre chrétiens sur la façon de vivre l'Évangile au quotidien, dans chacun des domaines de l'existence
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- Petit Matthieu
- Pater civitatis

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- Inscription : lun. 02 févr. 2009, 20:23
- Conviction : catholique
- Localisation : Paris
Aimer......bien plus difficile que je ne le pensais.
Bonsoir à tous,
Je fais ces temps-ci la triste constatation que nombre de reproches que le Christ a fait aux hommes de son temps peuvent s'adresser à moi directement, et sans nuance ou circonstance atténuante. Il y a une phrase qui me revient souvent à l'esprit actuellement :" Si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré vous en saura-t-on? Les pécheurs aussi aiment ceux qui les aiment." (Luc,6, 32).
C'est hélas parfaitement mon cas. J'aime mes amis, ma famille et plusieurs personnes que la vie m'a permis de connaître. Mais il y a un grand nombre de personnes que je n'arrive pas à aimer. Incapable, impossible. Je ne vois que leurs défauts, ils m'écœurent et je ne manque pas d'arguments pour les rejeter. Leur égoïsme, leur irrespect total m'exaspèrent, je ne parviens pas à mettre en pratique cette phrase du Christ, alors mourant : "Pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font". Bien sur, je ne peux pas m'adresser au Père par cette formule, mais à moi même : "Matthieu, pardonne leur car ils ne savent ce qu'ils font".
Pour le moment, je souffre trop l'injustice et la folie des hommes me fait presque vomir. L'argent, la superficialité, la violence, la bêtise... Combien de personnes ne voient pas plus loin que le bout de leur nez et pourtant s'autorise à juger et insulter tout ce qui leur semble hostile au courant absurde de leurs propres vies !
Bref, je crois qu'il me manque une chose : le fait de ne pas attendre sur terre la justice, mais de la savoir arriver à l'heure du Jugement. Mais aussi ne pas attendre ce jugement comme une revanche, mais prendre en pitié les autres hommes, ceux que je déteste à l'heure actuelle, en me répétant cette phrase "Pardonne leur, ils ne savent ce qu'ils font".
Qu'il est dur d'aimer, vraiment.
Je fais ces temps-ci la triste constatation que nombre de reproches que le Christ a fait aux hommes de son temps peuvent s'adresser à moi directement, et sans nuance ou circonstance atténuante. Il y a une phrase qui me revient souvent à l'esprit actuellement :" Si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré vous en saura-t-on? Les pécheurs aussi aiment ceux qui les aiment." (Luc,6, 32).
C'est hélas parfaitement mon cas. J'aime mes amis, ma famille et plusieurs personnes que la vie m'a permis de connaître. Mais il y a un grand nombre de personnes que je n'arrive pas à aimer. Incapable, impossible. Je ne vois que leurs défauts, ils m'écœurent et je ne manque pas d'arguments pour les rejeter. Leur égoïsme, leur irrespect total m'exaspèrent, je ne parviens pas à mettre en pratique cette phrase du Christ, alors mourant : "Pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font". Bien sur, je ne peux pas m'adresser au Père par cette formule, mais à moi même : "Matthieu, pardonne leur car ils ne savent ce qu'ils font".
Pour le moment, je souffre trop l'injustice et la folie des hommes me fait presque vomir. L'argent, la superficialité, la violence, la bêtise... Combien de personnes ne voient pas plus loin que le bout de leur nez et pourtant s'autorise à juger et insulter tout ce qui leur semble hostile au courant absurde de leurs propres vies !
Bref, je crois qu'il me manque une chose : le fait de ne pas attendre sur terre la justice, mais de la savoir arriver à l'heure du Jugement. Mais aussi ne pas attendre ce jugement comme une revanche, mais prendre en pitié les autres hommes, ceux que je déteste à l'heure actuelle, en me répétant cette phrase "Pardonne leur, ils ne savent ce qu'ils font".
Qu'il est dur d'aimer, vraiment.
"Ce n’est que pour ton amour, pour ton amour seul, que les pauvres te pardonneront le pain que tu leur donnes."
Phrase finale de saint Vincent de Paul dans le film "Monsieur Vincent".
Phrase finale de saint Vincent de Paul dans le film "Monsieur Vincent".
-
etienne lorant
- Pater civitatis

- Messages : 13130
- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Re: Aimer......bien plus difficile que je ne le pensais.
C'est vrai que c'est dur d'aimer ... lorsque l'on découvre qu'il faut trancher en soi-même, dans l'ego. Vous venez de débusquer la part de vous-même qui ne va pas cesser de s'opposer à l'oeuvre de l'Esprit . Cela va vous sembler très paradoxal, mais je me réjouis de votre aveu. Il prouve que le Seigneur a entendu votre prière et vous a pris sous son aile. Et du coup vous avez découvert "l'ennemi intérieur"... Je me souviens bien de vos premiers messages, vous redoutiez le grand changement de vie du départ à Lyon et la séparation d'avec votre milieu d'origine avait été rude. A la même épôque, nous avions aussi une "Dubida" (Camille), bretonne de son état, qui est partie étudier à Rennes, et dont nous n'avons plus jamais entendu parler. Mais vous êtes toujours là, et je vous en remercie.
Je suis en pleine dispute et silence d'avec une amie d'il y a vingt ans. Elle a connu ma conversion, j'ai connu son reniement, mais je l'ai retrouvée un jour à l'église. A présent, nous voici de nouveau à distance. En confiant à sa mère (77 ans) le contenu des messages que je lui adressais, elle est retombée dans une relation de pouvoir - que je ne juge pas, mais qui est extrêmement perverse. Cette semaine a été souffrante malgré le beau soleil, car "L-M" était la seule femme à qui je me confiais encore librement. Cependant, je vous dis cela pour vous réconforter: hier, dans un partage d'Evangile, Jésus est "descendu" (comme dit Simone Weil) et m'a rempli de son Amour. J'ai pu écrire ce partage que personne n'a remarqué mais qui est bourré à craquer d'un instant de pure et parfaite grâce divine. Si vous comprenez un tant soit peu ce que j'ai voulu exprimer, votre joie sera grande ! En union de prières,
Etienne
"On se souvient que la foi de l'apôtre Philippe avait été mise directement à l'épreuve par Jésus. Lors de la multiplication des pains et des poissons, la foule était nombreuse, elle avait faim, il devait y avoir parmi eux des enfants, mais aussi des vieillards et des malades. L'Evangile nous rappelle que Jésus se tournant vers son apôtre lui avait demandé directement: "Où achèterons-nous des pains pour que ces gens aient à manger ?" L'Evangéliste nous dit : "Il parlait ainsi pour le mettre à l'épreuve, car lui savait bien ce qu'il allait faire..." Et en réalité, par la réponse qu'il fait, Philippe montre qu'il s'était déjà inquiété de la situation et qu'il avait déjà, dans le secret de sa conscience, évalué le montant exhorbitant de la dépense. Se croyait-il insondable aux yeux de son Maître ?
Comme j'en étais là de ma réflexion, l'évidence m'a frappée d'une manière absolue. La mise à l'épreuve de Philippe, le Seigneur ne l'a pas recherchée. Mais il s'est contenté de "voir" la préoccupation de Philippe dans son coeur afin de l'exprimer à haute voix devant tous. Et quelle émotion d'un seul coup ! Car je réalise pleinement ceci: si le Jésus que j'aime discerne pleinement le flot de mes pensées... je réalise aussi que non seulement mes bonnes mais aussi mes mauvaises pensées lui sont un livre perpétuellement ouvert.
Quelle confusion ! Mais s'il y a épreuve, elle se situe exactement ici: surpris dans mes pensées, ne suis-je pas tenté de tout cacher, de tout nier ? En définitive, non. J'ai eu le choix un court instant, mais finalement, non: ce n'est pas la gêne qui l'emporte, mais l'amour du Dieu vivant ! Ce sentiment soudain, comme je voudrais aussi le partager pleinement avec tous! C'est un sentiment très fort, très élevé, très pur en dépit de ma médiocrité. En effet, il en est de l'apôtre de Philippe comme de moi, comme de n'importe lequel ou laquelle d'entre nous. Quand Jean parle d'une épreuve pour Philippe, quelle merveilleuse épreuve que celle-là ! Car le Seigneur n'a pas relevé et dévoilé le doute de Philippe, Il ne s'est pas attardé sur la vanité du raisonnement humain ("Le salaire de deux cent journées n'y suffirait pas !"), mais ce qu'Il a montré à tous, c'est le souci et la réelle compassion éprouvée par son disciple devant la foule affamée. Il ne répond pas sur ce qu'il y a de petit en nous, mais il exalte le bien, le bon, la miséricorde.
Avec Thomas ce fut pareil. Jésus l'a rejoint dans la préoccupation de son coeur, là exactement où le débat de la foi et du doute avait lieu. De la même manière, Jésus avait rejoint Marie-Madeleine: "Il lui est beaucoup pardonné parce qu'elle a beaucoup aimé. Mais à qui aime peu, on pardonne peu !"... Que d'admirables mots, lorsqu'on s'implique soi-même - comment se fait-il qu'il n'y ait pas plus de conversions, mon Dieu !
Je suis en pleine dispute et silence d'avec une amie d'il y a vingt ans. Elle a connu ma conversion, j'ai connu son reniement, mais je l'ai retrouvée un jour à l'église. A présent, nous voici de nouveau à distance. En confiant à sa mère (77 ans) le contenu des messages que je lui adressais, elle est retombée dans une relation de pouvoir - que je ne juge pas, mais qui est extrêmement perverse. Cette semaine a été souffrante malgré le beau soleil, car "L-M" était la seule femme à qui je me confiais encore librement. Cependant, je vous dis cela pour vous réconforter: hier, dans un partage d'Evangile, Jésus est "descendu" (comme dit Simone Weil) et m'a rempli de son Amour. J'ai pu écrire ce partage que personne n'a remarqué mais qui est bourré à craquer d'un instant de pure et parfaite grâce divine. Si vous comprenez un tant soit peu ce que j'ai voulu exprimer, votre joie sera grande ! En union de prières,
Etienne
"On se souvient que la foi de l'apôtre Philippe avait été mise directement à l'épreuve par Jésus. Lors de la multiplication des pains et des poissons, la foule était nombreuse, elle avait faim, il devait y avoir parmi eux des enfants, mais aussi des vieillards et des malades. L'Evangile nous rappelle que Jésus se tournant vers son apôtre lui avait demandé directement: "Où achèterons-nous des pains pour que ces gens aient à manger ?" L'Evangéliste nous dit : "Il parlait ainsi pour le mettre à l'épreuve, car lui savait bien ce qu'il allait faire..." Et en réalité, par la réponse qu'il fait, Philippe montre qu'il s'était déjà inquiété de la situation et qu'il avait déjà, dans le secret de sa conscience, évalué le montant exhorbitant de la dépense. Se croyait-il insondable aux yeux de son Maître ?
Comme j'en étais là de ma réflexion, l'évidence m'a frappée d'une manière absolue. La mise à l'épreuve de Philippe, le Seigneur ne l'a pas recherchée. Mais il s'est contenté de "voir" la préoccupation de Philippe dans son coeur afin de l'exprimer à haute voix devant tous. Et quelle émotion d'un seul coup ! Car je réalise pleinement ceci: si le Jésus que j'aime discerne pleinement le flot de mes pensées... je réalise aussi que non seulement mes bonnes mais aussi mes mauvaises pensées lui sont un livre perpétuellement ouvert.
Quelle confusion ! Mais s'il y a épreuve, elle se situe exactement ici: surpris dans mes pensées, ne suis-je pas tenté de tout cacher, de tout nier ? En définitive, non. J'ai eu le choix un court instant, mais finalement, non: ce n'est pas la gêne qui l'emporte, mais l'amour du Dieu vivant ! Ce sentiment soudain, comme je voudrais aussi le partager pleinement avec tous! C'est un sentiment très fort, très élevé, très pur en dépit de ma médiocrité. En effet, il en est de l'apôtre de Philippe comme de moi, comme de n'importe lequel ou laquelle d'entre nous. Quand Jean parle d'une épreuve pour Philippe, quelle merveilleuse épreuve que celle-là ! Car le Seigneur n'a pas relevé et dévoilé le doute de Philippe, Il ne s'est pas attardé sur la vanité du raisonnement humain ("Le salaire de deux cent journées n'y suffirait pas !"), mais ce qu'Il a montré à tous, c'est le souci et la réelle compassion éprouvée par son disciple devant la foule affamée. Il ne répond pas sur ce qu'il y a de petit en nous, mais il exalte le bien, le bon, la miséricorde.
Avec Thomas ce fut pareil. Jésus l'a rejoint dans la préoccupation de son coeur, là exactement où le débat de la foi et du doute avait lieu. De la même manière, Jésus avait rejoint Marie-Madeleine: "Il lui est beaucoup pardonné parce qu'elle a beaucoup aimé. Mais à qui aime peu, on pardonne peu !"... Que d'admirables mots, lorsqu'on s'implique soi-même - comment se fait-il qu'il n'y ait pas plus de conversions, mon Dieu !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
- La Chartreuse
- Rector provinciæ

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- Inscription : mar. 17 nov. 2009, 16:53
- Localisation : Canada
Re: Aimer......bien plus difficile que je ne le pensais.
Que de sacrifices et de renoncements, parfois héroïques, il est nécessaire de s'imposer pour garder la charité, vertu crucifiante, ! Pour être charitable, il faut être fort. N'a-t-on pas enseigné que la douceur est la plus grande force ? Rien n'est fort comme l'amour.
Puis, il faut souvent penser que Dieu, l'infinie perfection, supporte bien, et avec quelle patience et quelle bonté ! nos imperfections, nos défauts, nos manques d'égards, nos injustices, nos rébellions, nos offenses ; et nous ne pourrions pas, nous qui sommes imparfaits, supporter ceux de nos semblables !
Bon courage !
Puis, il faut souvent penser que Dieu, l'infinie perfection, supporte bien, et avec quelle patience et quelle bonté ! nos imperfections, nos défauts, nos manques d'égards, nos injustices, nos rébellions, nos offenses ; et nous ne pourrions pas, nous qui sommes imparfaits, supporter ceux de nos semblables !
Bon courage !
Amicalement
La Chartreuse
Je suis soldat du Christ, si la Vérité est attaquée je parlerai, je tiendrai haut et ferme l'étendard de la foi, l'étendard de mon Dieu.
La Chartreuse
Je suis soldat du Christ, si la Vérité est attaquée je parlerai, je tiendrai haut et ferme l'étendard de la foi, l'étendard de mon Dieu.
Re: Aimer......bien plus difficile que je ne le pensais.
Matthieu,
c'est humain de ne pouvoir aimer tout le monde comme on aime ses amis et sa famille, même si ce tout le monde est pas spécialement ni meilleur ni pire que nous. Et bien sûr, quand on tombe sur des cas spéciaux d'égoïsme et d'orgueil, ça donne envie de vomir. Et pourtant...
Jésus ne vous demande pas la force d'un martyr déjà si tôt dans votre vie, mais regardez-y bien, à la capacité d'amour des martyrs... Au moment de leur mort que demandent-ils? Que l'âme de leurs bourreaux soit sauvée, rien d'autre. Cela s'appelle l'amour spirituel, et c'est cela que Jésus nous enseigne:
Dans un premier temps, si un être humain est très méchant avec vous, la loi et l'enseignement religieux nous demande de ne pas nous venger nous-mêmes, mais de remettre ce nœud dans les mains de Dieu, en lui abandonnant tout avec confiance, en ayant la certitude filiale et aimante que Lui saura bien mieux que nous dénouer les nœuds de l'âme cruelle et l'amener sur son Coeur Divin. Il y a des cas où quand on souffre ignoblement sous la cruauté d’autrui, en arriver à ne pas haïr et remettre tout à Dieu est déjà un exploit, mais vous me semblez capable d’un pas de plus.
Dans un deuxième temps, réfléchissez un instant à ce qu'est l'enfer, à la pire souffrance que vous avez vécue ou que vous avez vue transparaître sur le visage d'un ami trahi ou très durement éprouvé par la cruauté ou l'absence d'amour. Imaginez un tel supplice multiplié des millions de fois et éprouvé pour l'éternité, y-a-t-il vraiment une seule âme que vous voudriez voir en enfer? Malgré tout ce qu'elle a pu faire sur terre, une telle souffrance ne vous semble-t-elle pas terrible en comparaison? En ne priant pas pour une âme, ne la prive-t-on pas de la clé d’une possible prison future ?
Enfin, quoi que vous pensiez d’une personne idiote, orgueilleuse, suffisante ou écoeurante, ne perdez jamais de vue que c’est une âme… Une âme, simplement une âme, et que c’est ainsi que les anges et Dieu Père la voit. C’est une âme informe, malade spirituellement, immature si vous voulez, mais c’est une âme, créée par Dieu avec autant d’amour qu’Il vous a créé vous et qu’Il vous aime, vous. Vous savez, l’Amour est la nature de Jésus ; Il aime, presque je dirais qu’Il aime parce qu’Il est Amour et ne peut donc pas faire autre chose qu’aimer. Que son Amour soit délectation devant un saint on le comprend aisément. Que son Amour soit patient envers nous même si les bras Lui en tombent quasi-constamment, ça aussi ça nous paraît acquis. Mais aimer ce n’est pas que jouir de la joie d’aimer, savez-vous ? Il y a des amours faciles à porter, parce que l’aimé se laisse aimer, mais il y a aussi des amours douloureux, infiniment douloureux, parce que l’aimé rejette toutes les grâces, toutes les perches… Et pourtant, Jésus aime aussi ces âmes-là, -et au passage, bien souvent, « ces âmes-là», c’est nous-mêmes-… Considérez combien Jésus souffre infiniment plus que vous devant une âme rebelle, et combien la moindre prière qu’on peut Lui adresser pour cette âme le comble de joie divine, parce qu’il aime cette âme en votre lieu et place. A vous qui n’arrivez pas à aimer complètement, il ne vous est demandé que de prier pour que l’âme de cette personne soit sauvée ou s’ouvre à Dieu.
Cela au moins vous pouvez le faire, même si la première fois ce n’est que la tête qui prie ; petit à petit, ce sera le cœur qui s’y mettra, et finira par trouver des circonstances atténuantes à la débilité apparente d’un orgueilleux.
C’est un très beau et très apaisant chemin que celui de l’amour spirituel, savez-vous ? C’est le chemin de Marie : je ne sais plus où je l’ai lu, mais dans un livre où elle s’adressait à une sainte âme, elle expliquait que devant une personne, elle ne regardait jamais à qui elle était humainement ou comment elle était mise, sa condition… Elle ne regardait que le bien à tirer des circonstances –même les plus insignifiantes- pour le bien de cette âme, pour l’amener à finir sa vie sur le Cœur de Dieu ! Peut-il y avoir catéchisme plus suave que celui de Marie ? Elle était maitresse dans l’art de l’amour totalement spiritualisé, et je pense que c’est pour cela qu’elle a été une si précieuse aide pour l’église naissante et déjà persécutée.
Je me souviens avoir lu aussi plusieurs fois que des saintes âmes, devant des âmes absconses et désespérantes qui ne leur inspirait que du dégoût, se mettaient instantanément à prier pour que Jésus sauve cette âme et que le dégoût leur passe, car aimer avec lassitude et fatigue peut se concevoir, être dégoûté d’une âme ce n’est déjà plus de l’amour et cela non, il ne faut pas le laisser en soi.
Voilà, je vous laisse, je suis malade actuellement et un peu fatiguée.
Que la Joie de Dieu inonde votre cœur et guide votre âme,
Zélie
c'est humain de ne pouvoir aimer tout le monde comme on aime ses amis et sa famille, même si ce tout le monde est pas spécialement ni meilleur ni pire que nous. Et bien sûr, quand on tombe sur des cas spéciaux d'égoïsme et d'orgueil, ça donne envie de vomir. Et pourtant...
Jésus ne vous demande pas la force d'un martyr déjà si tôt dans votre vie, mais regardez-y bien, à la capacité d'amour des martyrs... Au moment de leur mort que demandent-ils? Que l'âme de leurs bourreaux soit sauvée, rien d'autre. Cela s'appelle l'amour spirituel, et c'est cela que Jésus nous enseigne:
Dans un premier temps, si un être humain est très méchant avec vous, la loi et l'enseignement religieux nous demande de ne pas nous venger nous-mêmes, mais de remettre ce nœud dans les mains de Dieu, en lui abandonnant tout avec confiance, en ayant la certitude filiale et aimante que Lui saura bien mieux que nous dénouer les nœuds de l'âme cruelle et l'amener sur son Coeur Divin. Il y a des cas où quand on souffre ignoblement sous la cruauté d’autrui, en arriver à ne pas haïr et remettre tout à Dieu est déjà un exploit, mais vous me semblez capable d’un pas de plus.
Dans un deuxième temps, réfléchissez un instant à ce qu'est l'enfer, à la pire souffrance que vous avez vécue ou que vous avez vue transparaître sur le visage d'un ami trahi ou très durement éprouvé par la cruauté ou l'absence d'amour. Imaginez un tel supplice multiplié des millions de fois et éprouvé pour l'éternité, y-a-t-il vraiment une seule âme que vous voudriez voir en enfer? Malgré tout ce qu'elle a pu faire sur terre, une telle souffrance ne vous semble-t-elle pas terrible en comparaison? En ne priant pas pour une âme, ne la prive-t-on pas de la clé d’une possible prison future ?
Enfin, quoi que vous pensiez d’une personne idiote, orgueilleuse, suffisante ou écoeurante, ne perdez jamais de vue que c’est une âme… Une âme, simplement une âme, et que c’est ainsi que les anges et Dieu Père la voit. C’est une âme informe, malade spirituellement, immature si vous voulez, mais c’est une âme, créée par Dieu avec autant d’amour qu’Il vous a créé vous et qu’Il vous aime, vous. Vous savez, l’Amour est la nature de Jésus ; Il aime, presque je dirais qu’Il aime parce qu’Il est Amour et ne peut donc pas faire autre chose qu’aimer. Que son Amour soit délectation devant un saint on le comprend aisément. Que son Amour soit patient envers nous même si les bras Lui en tombent quasi-constamment, ça aussi ça nous paraît acquis. Mais aimer ce n’est pas que jouir de la joie d’aimer, savez-vous ? Il y a des amours faciles à porter, parce que l’aimé se laisse aimer, mais il y a aussi des amours douloureux, infiniment douloureux, parce que l’aimé rejette toutes les grâces, toutes les perches… Et pourtant, Jésus aime aussi ces âmes-là, -et au passage, bien souvent, « ces âmes-là», c’est nous-mêmes-… Considérez combien Jésus souffre infiniment plus que vous devant une âme rebelle, et combien la moindre prière qu’on peut Lui adresser pour cette âme le comble de joie divine, parce qu’il aime cette âme en votre lieu et place. A vous qui n’arrivez pas à aimer complètement, il ne vous est demandé que de prier pour que l’âme de cette personne soit sauvée ou s’ouvre à Dieu.
Cela au moins vous pouvez le faire, même si la première fois ce n’est que la tête qui prie ; petit à petit, ce sera le cœur qui s’y mettra, et finira par trouver des circonstances atténuantes à la débilité apparente d’un orgueilleux.
C’est un très beau et très apaisant chemin que celui de l’amour spirituel, savez-vous ? C’est le chemin de Marie : je ne sais plus où je l’ai lu, mais dans un livre où elle s’adressait à une sainte âme, elle expliquait que devant une personne, elle ne regardait jamais à qui elle était humainement ou comment elle était mise, sa condition… Elle ne regardait que le bien à tirer des circonstances –même les plus insignifiantes- pour le bien de cette âme, pour l’amener à finir sa vie sur le Cœur de Dieu ! Peut-il y avoir catéchisme plus suave que celui de Marie ? Elle était maitresse dans l’art de l’amour totalement spiritualisé, et je pense que c’est pour cela qu’elle a été une si précieuse aide pour l’église naissante et déjà persécutée.
Je me souviens avoir lu aussi plusieurs fois que des saintes âmes, devant des âmes absconses et désespérantes qui ne leur inspirait que du dégoût, se mettaient instantanément à prier pour que Jésus sauve cette âme et que le dégoût leur passe, car aimer avec lassitude et fatigue peut se concevoir, être dégoûté d’une âme ce n’est déjà plus de l’amour et cela non, il ne faut pas le laisser en soi.
Voilà, je vous laisse, je suis malade actuellement et un peu fatiguée.
Que la Joie de Dieu inonde votre cœur et guide votre âme,
Zélie
Re: Aimer......bien plus difficile que je ne le pensais.
Heureusement qu'on ne sait pas aimer ! On ne prendrait tout de suite pour Dieu
mais sans Dieu.
N'aviez-vous pas cité un rêve de l'abbé Pierre il n'y a pas si longtemps sur la souffrance qui dansait avec l'amour (je cite de tête de linotte) ? Avec la pauvreté du coeur c'est pareil. Ce que Dieu raffole de nous, ce ne sont pas nos vertus - il en a un stock plein -, ni nos idées ou nos actions, mais notre pauvreté de coeur. Notre nullité quoi (ouille j'ai mal à l'orgueil en disant cela
).
C'est comme cela qu'il a fait les présentations avec Ste-Catherine de Sienne : Je suis tout et tu n'es rien. Je voudrais bien être rien pour que tu sois tout, mais c'est comme cela, et ça n'a aucune importance. Maintenant que les présentations sont faites nous pouvons donc dialoguer :> (paraphrasé par le Père Molinié).
C'est donc par notre rien que Dieu nous saisis. Réjouissons-nous alors de le voir agir en nous, autour de nous, comme il le veut. Comme dans les films, rien ne va jusqu'à moins 5, et hop au dernier instant une porte se dérobe, un bout de corde, et nous voilà sorti d'affaire ! Que va faire Dieu dans votre situation ? Suspense, il a un plan d'amour pour vous !
A bientôt l'ami !
Cordialement,
Théophile
N'aviez-vous pas cité un rêve de l'abbé Pierre il n'y a pas si longtemps sur la souffrance qui dansait avec l'amour (je cite de tête de linotte) ? Avec la pauvreté du coeur c'est pareil. Ce que Dieu raffole de nous, ce ne sont pas nos vertus - il en a un stock plein -, ni nos idées ou nos actions, mais notre pauvreté de coeur. Notre nullité quoi (ouille j'ai mal à l'orgueil en disant cela
C'est comme cela qu'il a fait les présentations avec Ste-Catherine de Sienne : Je suis tout et tu n'es rien. Je voudrais bien être rien pour que tu sois tout, mais c'est comme cela, et ça n'a aucune importance. Maintenant que les présentations sont faites nous pouvons donc dialoguer :> (paraphrasé par le Père Molinié).
C'est donc par notre rien que Dieu nous saisis. Réjouissons-nous alors de le voir agir en nous, autour de nous, comme il le veut. Comme dans les films, rien ne va jusqu'à moins 5, et hop au dernier instant une porte se dérobe, un bout de corde, et nous voilà sorti d'affaire ! Que va faire Dieu dans votre situation ? Suspense, il a un plan d'amour pour vous !
A bientôt l'ami !
Cordialement,
Théophile
- Hélène
- Mater civitatis

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Re: Aimer......bien plus difficile que je ne le pensais.
Eh oui cher petit Matthieu... de réaliser comment nous sommes incapables d'aimer (en vérité) est déjà le début de la sagesse et le début du parcours de sainteté. Vouloir aimer... c'est déjà aimer. L'Amour n'est pas qu'un sentiment. Il est une perfection de la volonté...
Je me souviens mes premiers jours de conversion, si j'avais accueilli l'Amour de Dieu pour moi, j'étais bien incapable à mon tour de Lui rendre une pauvre réponse d'amour en aimant mon prochain. Je me souviens, un jour que j'étais au coin d'une rue dans le Vieux Montréal, je me suis arrêtée devant toute cette jungle urbaine, regardant les gens marcher, courir, "jetés vers la mort" et me disant "qu'est-ce qu'ils m'énervent" et je sentais beaucoup de haine, de violence et de colère en moi, contre le monde (et bien sûr contre moi-même). Réalisant combien cela me pesait et m'enchaînait, à cet instant, cette simple prière est montée : "Seigneur, apprends-moi à aimer"...
Et puis, peu à peu, sa pédagogie pour me montrer à aimer a été celle-ci : Il m'a montré jusqu'où Il m'aime... oh la la... jusque dans la pourriture de ma mort, de mon péché, Il est descendu pour me relever, me sortir de mes tombeaux dans lesquels je m'étais enfermés depuis tant d'années... Puis j'ai appris, jour après jour. Il faut être patient avec soi-même, mais avec la grâce de Dieu, on apprend à Le laisser aimer en nous (eh quoi ? Vous croyez que nous sommes capables d'aimer naturellement nos ennemis ? Seule notre volonté animée par la Grâce peut y parvenir). Il a versé son Sang pour chacune de ces âmes... que nous avons du mal à aimer.
Comme Jésus disait à saint Catherine de Sienne : "j'ai versé telle goûte de Sang pour toi, te considères-tu suffisamment payée ?" et encore : "fais-toi capacité et je me ferai torrent"...
Ne vous découragez pas...
Hélène
Je me souviens mes premiers jours de conversion, si j'avais accueilli l'Amour de Dieu pour moi, j'étais bien incapable à mon tour de Lui rendre une pauvre réponse d'amour en aimant mon prochain. Je me souviens, un jour que j'étais au coin d'une rue dans le Vieux Montréal, je me suis arrêtée devant toute cette jungle urbaine, regardant les gens marcher, courir, "jetés vers la mort" et me disant "qu'est-ce qu'ils m'énervent" et je sentais beaucoup de haine, de violence et de colère en moi, contre le monde (et bien sûr contre moi-même). Réalisant combien cela me pesait et m'enchaînait, à cet instant, cette simple prière est montée : "Seigneur, apprends-moi à aimer"...
Et puis, peu à peu, sa pédagogie pour me montrer à aimer a été celle-ci : Il m'a montré jusqu'où Il m'aime... oh la la... jusque dans la pourriture de ma mort, de mon péché, Il est descendu pour me relever, me sortir de mes tombeaux dans lesquels je m'étais enfermés depuis tant d'années... Puis j'ai appris, jour après jour. Il faut être patient avec soi-même, mais avec la grâce de Dieu, on apprend à Le laisser aimer en nous (eh quoi ? Vous croyez que nous sommes capables d'aimer naturellement nos ennemis ? Seule notre volonté animée par la Grâce peut y parvenir). Il a versé son Sang pour chacune de ces âmes... que nous avons du mal à aimer.
Comme Jésus disait à saint Catherine de Sienne : "j'ai versé telle goûte de Sang pour toi, te considères-tu suffisamment payée ?" et encore : "fais-toi capacité et je me ferai torrent"...
Ne vous découragez pas...
Hélène
"Le Père n'a dit qu'une seule Parole, c'est son Fils et, dans un éternel silence, il la prononce toujours". (Saint Jean de la Croix)
-
etienne lorant
- Pater civitatis

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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Re: Aimer......bien plus difficile que je ne le pensais.
Très beau partage. J'espère que la santé s'améliore ? N'oublions pas le dicton: "En avril ne te découvre pas d'un fil" !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
- Petit Matthieu
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Re: Aimer......bien plus difficile que je ne le pensais.
Merci beaucoup à tous pour ces superbes réponses, vraiment j'ai lu lentement tant vos témoignages et conseils étaient denses. Cela me réconforte, me redonne du courage. Je sais que le découragement est un péché, mais qu'il est dur de continuer cette course parfois !
Ce qui m'effraie bien souvent, c'est de voir à quel point la haine est tentante quand on essaye d 'aimer ce qui est haïssable. La tentation est si proche, celle d'être défoulé en jugeant. La haine et la colère n'ont jamais été aussi proches de moi ces temps-ci. Le monde m'écœure à un point sans précédent, et pourtant je sais que l'amour est plus noble, puisqu'il vient du Seigneur. Ma foi y adhère mais mon coeur me semble incapable. Aimer ses ennemis....quel homme s'il n'était à la fois Dieu aurait pu penser une chose pareille ?
En tout cas merci à vous, vos mots m'encouragent, me relèvent un peu. J'espère qu'un jour, ce mur constitué de mes devoirs et grandi par mes faiblesses et péchés arrêtera de s'élever ! J'ai l'impression qu'il monte mètre par mètre alors que j'essaie de me diriger vers Dieu.
Ce qui m'effraie bien souvent, c'est de voir à quel point la haine est tentante quand on essaye d 'aimer ce qui est haïssable. La tentation est si proche, celle d'être défoulé en jugeant. La haine et la colère n'ont jamais été aussi proches de moi ces temps-ci. Le monde m'écœure à un point sans précédent, et pourtant je sais que l'amour est plus noble, puisqu'il vient du Seigneur. Ma foi y adhère mais mon coeur me semble incapable. Aimer ses ennemis....quel homme s'il n'était à la fois Dieu aurait pu penser une chose pareille ?
En tout cas merci à vous, vos mots m'encouragent, me relèvent un peu. J'espère qu'un jour, ce mur constitué de mes devoirs et grandi par mes faiblesses et péchés arrêtera de s'élever ! J'ai l'impression qu'il monte mètre par mètre alors que j'essaie de me diriger vers Dieu.
"Ce n’est que pour ton amour, pour ton amour seul, que les pauvres te pardonneront le pain que tu leur donnes."
Phrase finale de saint Vincent de Paul dans le film "Monsieur Vincent".
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Re: Aimer......bien plus difficile que je ne le pensais.
Cher petit Matthieu,
Le pardon est divin. Dieu seul peut réellement pardonner.
Aussi, quand c'est trop dur, on peut bien prier : " Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font. "
Et après avoir "tout" remis dans les mains du Père, il vaut mieux ne plus s'en occuper.
Surtout ne pas se préoccuper de savoir ce dont nous-même, nous sommes capables en matière de pardon.
Ce genre de question ouvre la porte aux tentations de satan.
Aimer ?!
Qui est capable d'aimer ?
Pour arriver en haut de la montagne de l'amour, disait Sainte Thérèse, il suffit de l'abandon et de la reconnaissance.
Se confier aux bras de Dieu, et Le remercier de ses grâces. Tant de grâces.
Et le plus souvent, on oublie de Le remercier et de Le louer.
C'est Lui qu'il faut regarder, Petit Matthieu, et pas soi-même...
Bon vent,
Griffon.
Le pardon est divin. Dieu seul peut réellement pardonner.
Aussi, quand c'est trop dur, on peut bien prier : " Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font. "
Et après avoir "tout" remis dans les mains du Père, il vaut mieux ne plus s'en occuper.
Surtout ne pas se préoccuper de savoir ce dont nous-même, nous sommes capables en matière de pardon.
Ce genre de question ouvre la porte aux tentations de satan.
Aimer ?!
Qui est capable d'aimer ?
Pour arriver en haut de la montagne de l'amour, disait Sainte Thérèse, il suffit de l'abandon et de la reconnaissance.
Se confier aux bras de Dieu, et Le remercier de ses grâces. Tant de grâces.
Et le plus souvent, on oublie de Le remercier et de Le louer.
C'est Lui qu'il faut regarder, Petit Matthieu, et pas soi-même...
Bon vent,
Griffon.
Jésus, j'ai confiance en Toi,
Jésus, je m'abandonne à Toi.
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Mon bonheur est de vivre,
O Jésus, pour Te suivre.
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- Fée Violine
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Re: Aimer......bien plus difficile que je ne le pensais.
Cher Petit Matthieu, sur la difficulté d'aimer, voici les notes que j'ai prises à une retraite que j'ai faite récemment (dans le cadre des Fraternités laïques dominicaines), le prédicateur étant le frère Denis Bissuel, prieur du couvent de Marseille.
« Communion fraternelle et eucharistie »
« Communion fraternelle et eucharistie »
Re: Aimer......bien plus difficile que je ne le pensais.
Fée Violine a écrit :Ne pas aller trop vite à ces phrases sur l’amour. Il faut respecter le cheminement humain qui est le nôtre. « Dieu est amour » c’est à la fin de la Bible, pas au début. Si on le dit trop vite, on n’est pas dans la vérité. Il faut d’abord démasquer le mal qui nous habite, le nommer, il a horreur de ça. Nommer le mal, le regarder en face. Pas pour le plaisir de parler du mal, mais c’est la réalité. Opération vérité sur ce que nous sommes.
Je trouve que dites là en très peu de mots une chose très importante et très profonde. Il m'est venu récemment la réflexion suivante : on entend beaucoup de personnes se plaindre du Dieu de l'Ancien Testament trop violent et vengeur. Ils ne reconnaissent pas le Dieu doux et bon du Nouveau Testament et sont tentés de rejeter ce Dieu-là. Mais il faut mettre en regard cette violence supposée avec le péché de l'homme. Dieu doit dérouler un plan très long et qui aille jusqu'aux dernières extrémités pour nous sauver. Et ceci à cause de la noirceur de notre propre faute.
Ceux qui rejettent le Dieu de l'Ancien Testament sous-estiment gravement la profondeur de notre péché.
Le Seigneur a demandé à Abraham de sacrifier son fils, mais il a arrêté sa main. Au final, c'est son propre Fils que Dieu sacrifiera.
- Petit Matthieu
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Re: Aimer......bien plus difficile que je ne le pensais.
Merci beaucoup pour ce texte Fée Violine, plusieurs passages m'ont vraiment parlé.
Notamment le Lévitique, je me rappelle l'avoir lu avec un ennui terrible, il y a maintenant longtemps. Mais vos notes m'ont fait découvrir de nouvelles choses.
Craindre Dieu aussi, cela n'est pas encore assez dans mon quotidien. Ce désir de lui plaire, ce dégoût de la décevoir. "Dieu est, cela suffit" comme Eloi Leclerc fait parler Saint François. Je ne mets sans doute pas assez Dieu dans mes relations avec mon prochain. J'essaye d'y arriver seul, mais c'est le Seigneur qui peut seul aider à nous aimer les uns les autres, par son médiateur le Christ.
Merci à vous, bonne nuit !
Notamment le Lévitique, je me rappelle l'avoir lu avec un ennui terrible, il y a maintenant longtemps. Mais vos notes m'ont fait découvrir de nouvelles choses.
Craindre Dieu aussi, cela n'est pas encore assez dans mon quotidien. Ce désir de lui plaire, ce dégoût de la décevoir. "Dieu est, cela suffit" comme Eloi Leclerc fait parler Saint François. Je ne mets sans doute pas assez Dieu dans mes relations avec mon prochain. J'essaye d'y arriver seul, mais c'est le Seigneur qui peut seul aider à nous aimer les uns les autres, par son médiateur le Christ.
Merci à vous, bonne nuit !
"Ce n’est que pour ton amour, pour ton amour seul, que les pauvres te pardonneront le pain que tu leur donnes."
Phrase finale de saint Vincent de Paul dans le film "Monsieur Vincent".
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etienne lorant
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Re: Aimer......bien plus difficile que je ne le pensais.
Pour moi aimer autrui, c'est d'abord poser des actes de miséricorde envers autrui, mais avec la motivation que c'est pour plaire au Seigneur... et le sentiment parfois m'inonde, mais d'abord le sentiment de reconnaissance envers Jésus.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Aimer......bien plus difficile que je ne le pensais.
En relisant ce fil, en réfléchissant aussi un peu, je constate à quel point le chrétien est tiraillé entre l'amour et la haine. Il doit aimer Dieu plus que tout, mais détester le péché. Or le péché est partout !
Il doit s'écarter du monde, mépriser les gloires humaines et les vanités, mais aimer ses ennemis....ces mêmes orgueilleux, vaniteux.
Il doit aussi s'aimer soi-même, tout en détestant ce qui l'écarte de son chemin vers Dieu.
Sommes nous donc condamnés à connaître ces deux sentiments à chaque seconde de notre vie ? A ce moment précis je déteste, peu après j'aime cela.... Jamais de repos, jamais de quiétude, j'ai l'impression d'entrer dans un combat permanent, dans un bataille sans arme, sans volonté, sans envie.
Il doit s'écarter du monde, mépriser les gloires humaines et les vanités, mais aimer ses ennemis....ces mêmes orgueilleux, vaniteux.
Il doit aussi s'aimer soi-même, tout en détestant ce qui l'écarte de son chemin vers Dieu.
Sommes nous donc condamnés à connaître ces deux sentiments à chaque seconde de notre vie ? A ce moment précis je déteste, peu après j'aime cela.... Jamais de repos, jamais de quiétude, j'ai l'impression d'entrer dans un combat permanent, dans un bataille sans arme, sans volonté, sans envie.
Dernière modification par Petit Matthieu le mar. 04 mai 2010, 22:00, modifié 1 fois.
"Ce n’est que pour ton amour, pour ton amour seul, que les pauvres te pardonneront le pain que tu leur donnes."
Phrase finale de saint Vincent de Paul dans le film "Monsieur Vincent".
Phrase finale de saint Vincent de Paul dans le film "Monsieur Vincent".
Re: Aimer......bien plus difficile que je ne le pensais.
Voilà peut-être qui éclaire un peu cette figure vétéro-testamentaire d'un Dieu en colère. Dieu nous aime mais hait le péché. Et si le péché provoque Sa juste colère, Son amour pour nous provoque Sa miséricorde.Petit Matthieu a écrit :En relisant ce fil, en réfléchissant aussi un peu, je constate à quel point le chrétien est tiraillé entre l'amour et la haine. Il doit aimer Dieu plus que tout, mais détester le péché. Or le péché est partout !
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