Mais enfin, bien sûr que si ! Les "orthodoxes" récitent le symbole de Nicée : "Je crois en l'Eglise : une, sainte, catholique et apostolique"Cœurderoy a écrit : Elles ne sont pas oiseuses : les orthodoxes ne se prétendent pas...catholiques
Nous, nous sommes "les hétérodoxes", pour eux.
Alors, pour faire simple, ils ne voient pas la compatibilité entre certains actes du Concile et le magistère antérieur.Théophane a écrit : Le problème est d'ordre doctrinal et concerne certains textes du Concile Vatican II. Or comment peut-on se prétendre catholique si l'on n'accepte pas l'intégralité de l'enseignement du Magistère ? De surcroît, le Souverain Pontife et le Collège des évêques en communion avec lui sont infaillibles "lorsqu’ils sont rassemblés en Concile œcuménique" (Compendium, n° 185).
L'un des exemples est Dignitatis Humanæ vs Quanta Cura :
DH a écrit : 2. Le Concile du Vatican déclare que la personne humaine a droit à la liberté religieuse. Cette liberté consiste en ce que tous les hommes doivent être soustraits à toute contrainte de la part soit des individus, soit des groupes sociaux et de quelque pouvoir humain que ce soit, de telle sorte qu'en matière religieuse nul ne soit forcé d'agir contre sa conscience, ni empêché d'agir, dans de justes limites, selon sa conscience, en privé comme en public, seul ou associé à d'autres. Il déclare, en outre, que le droit à la liberté religieuse a son fondement dans la dignité même de la personne humaine telle que l'a fait connaître la Parole de Dieu et la raison elle-même (2). Ce droit de la personne humaine à la liberté religieuse dans l'ordre juridique de la société doit être reconnu de telle manière qu'il constitue un droit civil.
[...]
4. La liberté ou immunité de toute contrainte en matière religieuse qui revient aux individus doit aussi leur être reconnue lorsqu'ils agissent ensemble. Des groupes religieux, en effet, sont requis par la nature sociale tant de l'homme que de la religion elle-même. Dès lors, donc, que les justes exigences de l'ordre public ne sont pas violées, ces groupes sont en droit de jouir de cette immunité afin de pouvoir se régir selon leurs propres normes, honorer d'un culte public la Divinité suprême, aider leurs membres dans la pratique de leur vie religieuse et les sustenter par un enseignement, promouvoir enfin les institutions au sein desquelles leurs membres coopèrent à orienter leur vie propre selon leurs principes religieux.
Tout est une question de degré magistériel (infaillibilité ou non, etc.) : Vatican II est un concile œcuménique mais ne semblerait pas avoir clairement défini de canons dogmatiques. MOU or not MOU, that is the question...Quanta Cura a écrit :4 - Cependant, bien que nous n'ayons pas négligé de proscrire et de réprouver fréquemment les plus graves de ces erreurs, la cause de l'Église catholique et le salut des âmes que Dieu nous a confié, et le bien de la société humaine elle-même, réclament impérieusement que Nous lancions un nouvel appel à votre sollicitude pastorale pour terrasser d'autres idées fausses qui découlent de source de ces mêmes erreurs. Ces opinions trompeuses et perverses sont d'autant plus détestables qu'elles visent principalement à entraver et renverser cette puissance de salut que l'Église catholique, en vertu de la mission et du mandat reçu de son divin Auteur, doit exercer librement jusqu'à la consommation des siècles, non moins à l'égard des individus que des nations, des peuples et de leurs chefs. Elles cherchent à faire disparaître cette mutuelle alliance et cette concorde entre le Sacerdoce et l'Empire, qui s'est toujours avérée propice et salutaire à la Religion et à la société (1).
(1) Grégoire XVI, Encyclique Mirari Vos du 15 août 1832.
5 - Et de fait, vous le savez parfaitement, Vénérables Frères, il s'en trouve beaucoup aujourd'hui pour appliquer à la société civile le principe impie et absurde du " naturalisme ", comme ils l'appellent, et pour oser enseigner que " le meilleur régime politique et le progrès de la vie civile exigent absolument que la société humaine soit constituée et gouvernée sans plus tenir compte de la Religion que si elle n'existait pas, ou du moins sans faire aucune différence entre la vraie et les fausses religions ". Et contre la doctrine de la Sainte Écriture, de l'Église et des saints Pères, ils affirment sans hésitation que : " la meilleure condition de la société est celle où on ne reconnaît pas au pouvoir le devoir de réprimer par des peines légales les violations de la loi catholique, si ce n'est dans la mesure où la tranquillité publique le demande ". À partir de cette idée tout à fait fausse du gouvernement des sociétés, ils ne craignent pas de soutenir cette opinion erronée, funeste au maximum pour l'Église catholique et le salut des âmes, que Notre Prédécesseur Grégoire XVI, d'heureuse mémoire, qualifiait de " délire " (2) : " La liberté de conscience et des cultes est un droit propre à chaque homme. Ce droit doit être proclamé et garanti par la loi dans toute société bien organisée. Les citoyens ont droit à l'entière liberté de manifester hautement et publiquement leurs opinions quelles qu'elles soient, par les moyens de la parole, de l'imprimé ou tout autre méthode sans que l'autorité civile ni ecclésiastique puisse lui imposer une limite ". Or, en donnant pour certitudes des opinions hasardeuses, ils ne pensent ni ne se rendent compte qu'ils prêchent " la liberté de perdition " (3), et que " s'il est permis à toutes les convictions humaines de décider de tout librement, il n'en manquera jamais pour oser résister à la vérité et faire confiance au verbiage d'une sagesse toute humaine. On sait cependant combien la foi et la sagesse chrétienne doivent éviter cette vanité si dommageable, selon l'enseignement même de Notre Seigneur Jésus-Christ " (4).
(2) Grégoire XVI. Encyclique Mirari Vos du 15 août 1832.
(3) Saint Augustin, Lettre 105.
(4) Saint Léon, Lettre 164.
[...]
14 - Au milieu donc d'un telle perversité d'opinions corrompues, Nous souvenant de Notre charge Apostolique, dans notre plus vive sollicitude pour notre très sainte religion, pour la saine doctrine, et pour le salut des âmes à Nous confiées par Dieu" et pour le bien de la société humaine elle-même, Nous avons jugé bon d'élever à nouveau Notre Voix Apostolique. En conséquence, toutes et chacune des opinions déréglées et des doctrines rappelées en détail dans ces Lettres, Nous les réprouvons, proscrivons et condamnons de Notre Autorité Apostolique ; et Nous voulons et ordonnons que tous les fils de l'Église catholique les tiennent absolument pour réprouvées, proscrites et condamnées.
Quanta Cura "n'est qu'une" encyclique, mais le § 14 semblerait présenter tous les critères de l'Infaillibilité Pontificale (Magistère Extraordinaire infaillible).
Enfin, personne n'avait parlé de "liberté religieuse" avant le Concile. On parlait de "tolérance religieuse".
(Je ne fais que vous donner ces opinions théologiques, tout cela me dépasse et je préfère ne pas me poser de question et me dire : je crois ce que l'Eglise enseigne. Point.)
Personnellement, j'espère que la CDF répondra aux différentes questions pour que le flou éventuel soit dissipé. Mais je me garderais bien d'aller à la messe aux chapelles de la FSSPX, car "Ubi Petrus, ibi Ecclesia" et une telle situation canonique (nulle) n'est pas licite ; ajoutez la suspicion chez certains pour ce qui est après le concile ("que disent les abbés ?")
On peut ajouter les confirmations sous conditions à la liste.
Je n'aime pas ce scrupule maladif et douteux.
Bien à vous,
Laurent.


