cracboum a écrit :La Chartreuse et Griffon, vous dites de trés belles choses sur la souffrance, seriez-vous d'accord pour dire que la souffrance trouve son sens, avec les paroles du Christ à Gethsémanie "Que ta volonté soit faite", dans l'amour que le Christ a pour son Père, qui se vérifie jusque dans la Passion, qui y trouve sa plus parfaite expression. Il n'y a donc pas d'autre bonheur, d'autre accomplissement, d'autre fin, que de faire la Volonté du Père, et dans ce cas souffrir ou ne pas souffrir n'est pas vraiment le problème; le problème c'est aimer toujours plus faire la Volonté du Père, et par conséquent la seule souffrance est finalement de ne pas assez aimer Dieu, et je vous demande : au Ciel direz-vous : "c'est bon, j'aime assez Dieu"? Est-ce que l'amour est un sentiment de plénitude ou bien un feu dévorant ? Une soif inextinguible ?
Le Fiat de Notre-Seigneur est en effet le résumé de toute vie. Sans ce Fiat, aucune joie ou peine ne trouve un sens.cracboum a écrit :Ou bien la plénitude est-elle cette soif inextinguible ?
Il est bien vrai que le problème ne se situe pas dans le fait de souffrir ou ne pas souffrir... Certes de grands saints ont trouvé dans la souffrance qui donne en fait une ressemblance avec le Christ, une joie tellement pure et grande que nous entendons Sainte-Thérèse d'Avila s'écrier: Souffrir ou Mourir... déjà la soif que rien ne peut étancher dans ce monde la dévorait.
Par contre, Sainte Thérèse de Lisieux dira, ni vivre ni mourir... la prière de Gethsémani
Les temps de repos que Dieu donne à l'âme peuvent parfois engendrer une nouvelle forme de souffrance, celle de ne pas sentir qu'on aime.
Charles de Foucauld disait ceci
« Quand on peut souffrir et aimer, on peut beaucoup, on peut le plus qu’on puisse en ce monde : on sent qu’on souffre, on ne sent pas toujours qu’on aime et c’est une grande souffrance de plus ! Mais on sait qu’on voudrait aimer, et vouloir aimer c’est aimer. On trouve qu’on n’aime pas assez ; comme c’est vrai, on n’aimera jamais assez, mais le bon Dieu qui sait de quelle boue Il nous a pétrie et qui nous aime bien plus qu’une mère ne peut aimer son enfant, nous a dit, lui qui ne ment pas, qu’Il ne repousserait pas celui qui vient à lui »12.
OEuvres spirituelles, p. 731
Ce qui , à mon sens, montre bien qu’amour et souffrance sont liés intimement..
Je dirais que l'amour au Ciel serait un feu dévorant et un sentiment de plénitude en même temps.
Chacun recevra une mesure pleine et débordante, chacun aura atteint la perfection de son amour, mais comme en lui ( Ciel) le temps ou sa mesure n'existera plus, l'éternité cette non-mesure nous donnera, je pense, un désir toujours grandissant de cette Beauté infinie, une joie que notre cœur ne peut porter en un seul temps et que l'éternité n'épuisera jamais.

