Cela fait plusieurs mois que la révolte gronde en moi contre ces mouvements ou individus catholiques qui se targuent de donner des leçons à leurs évêques, jugeant ici ou là de leur foi, de leur action pastorale, de leurs intentions ou de leurs compétences. Crise des vocations, débats liturgiques, silences ou discours, ... tout y passe. Je pense en particulier à des réseaux, pour ne pas les citer, comme Golias ou encore la conférence des baptisés de France pour la branche "progressiste", ou Perepiscopus et plus généralement Riposte Catholique pour la branche "tradi".
Plusieurs fois j'ai tenté d'écrire un article sur ce problème, autour de la problématique de l'unité de l'Eglise et en particulier du témoignage d'unité. Au nom de la liberté de conscience, on se permet de fustiger publiquement nos évêques, de les juger, de les critiquer, etc... comme si on parlait d'un prof ou d'un homme politique. Mais chaque fois que j'ai tenté d'aborder le sujet dans un article, j'avais tendance à me laisser emporter par la colère au bout de deux phrases, avec la furieuse envie de dire à ces "communiquants" : "Mais pour qui vous prenez-vous !!!" (ce sont les mots les plus gentils qui me sont venus
En attendant, avant de vous demander ce que vous en pensez, je tiens juste à dire à nos évêques combien je les aime, et combien j'ai confiance en eux, car c'est par eux que j'offre ma vie au Christ, et donc un peu entre leurs mains que je la remets. Je veux leur rendre hommage, car ils sont nos pasteurs, successeurs des saints apôtres. Oui, ils sont des hommes pécheurs, me direz-vous, et vous aurez raison. Ils ne sont pas exempts d'erreurs. Mais que je sois ou non d'accord avec eux, toujours je leur obéirais, à moins que le pape (auquel je ne manquerais pas de m'adresser dans la plus grande discrétion si un évêque me semblait gravement errer) ne me le demande. Toujours avec eux je chercherais à ne faire qu'un seul corps, me gardant de témoigner publiquement de mes désaccords éventuels avec tel ou tel, et en priant Dieu pour que nos pasteurs demeurent toujours dans la foi, l'espérance et la charité.
Enfin, je veux rappeler ce point essentiel quand on parle de la communion ecclésiale :
Je me permets d'ouvrir enfin ici cette discussion qui me taraude depuis si longtemps, dans la mesure où elle est un peu d'actualité, d'une certaine manière : hier, Benoit XVI a reçu le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne et président de la Conférence épiscopale autrichienne, ainsi que les cardinaux Angelo Sodano, doyen du collège cardinalice et Tarcisio Bertone, secrétaire d'Etat au sujet d'un éventuel différend entre eux. Il en a profité pour rappeler que :Saint Ignace d'Antioche a écrit :Là où est l'évêque là est l'Eglise, et là où est l'Eglise là est l'évêque.
Benoit XVI a écrit :dans l'Eglise, lorsqu'il s'agit d'accusations contre un cardinal, la seule personne compétente est le pape ; les autres instances peuvent avoir une fonction de conseil, toujours avec le respect dû aux personnes



