Des catholiques qui accusent et jugent les évêques

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Pneumatis
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Des catholiques qui accusent et jugent les évêques

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Bonjour à tous,

Cela fait plusieurs mois que la révolte gronde en moi contre ces mouvements ou individus catholiques qui se targuent de donner des leçons à leurs évêques, jugeant ici ou là de leur foi, de leur action pastorale, de leurs intentions ou de leurs compétences. Crise des vocations, débats liturgiques, silences ou discours, ... tout y passe. Je pense en particulier à des réseaux, pour ne pas les citer, comme Golias ou encore la conférence des baptisés de France pour la branche "progressiste", ou Perepiscopus et plus généralement Riposte Catholique pour la branche "tradi".

Plusieurs fois j'ai tenté d'écrire un article sur ce problème, autour de la problématique de l'unité de l'Eglise et en particulier du témoignage d'unité. Au nom de la liberté de conscience, on se permet de fustiger publiquement nos évêques, de les juger, de les critiquer, etc... comme si on parlait d'un prof ou d'un homme politique. Mais chaque fois que j'ai tenté d'aborder le sujet dans un article, j'avais tendance à me laisser emporter par la colère au bout de deux phrases, avec la furieuse envie de dire à ces "communiquants" : "Mais pour qui vous prenez-vous !!!" (ce sont les mots les plus gentils qui me sont venus :oops: ). Mais, comme vous pouvez le constater, cela faisait de moi le jouet de ce que je prétendais dénoncer : la division dans l'Eglise. Tout ça pour dire que tout cela me fait beaucoup de mal. Que ces critiques soient ou non justifiées sur le plan des idées, elles me semblent inqualifiables sur le plan ecclésiologique, au nom de la sainte hiérarchie de l'Eglise et de la responsabilité de tous les baptisés de témoigner de cet ordre surnaturel dans l'Eglise, et de son unité non moins surnaturelle.

En attendant, avant de vous demander ce que vous en pensez, je tiens juste à dire à nos évêques combien je les aime, et combien j'ai confiance en eux, car c'est par eux que j'offre ma vie au Christ, et donc un peu entre leurs mains que je la remets. Je veux leur rendre hommage, car ils sont nos pasteurs, successeurs des saints apôtres. Oui, ils sont des hommes pécheurs, me direz-vous, et vous aurez raison. Ils ne sont pas exempts d'erreurs. Mais que je sois ou non d'accord avec eux, toujours je leur obéirais, à moins que le pape (auquel je ne manquerais pas de m'adresser dans la plus grande discrétion si un évêque me semblait gravement errer) ne me le demande. Toujours avec eux je chercherais à ne faire qu'un seul corps, me gardant de témoigner publiquement de mes désaccords éventuels avec tel ou tel, et en priant Dieu pour que nos pasteurs demeurent toujours dans la foi, l'espérance et la charité.

Enfin, je veux rappeler ce point essentiel quand on parle de la communion ecclésiale :
Saint Ignace d'Antioche a écrit :Là où est l'évêque là est l'Eglise, et là où est l'Eglise là est l'évêque.
Je me permets d'ouvrir enfin ici cette discussion qui me taraude depuis si longtemps, dans la mesure où elle est un peu d'actualité, d'une certaine manière : hier, Benoit XVI a reçu le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne et président de la Conférence épiscopale autrichienne, ainsi que les cardinaux Angelo Sodano, doyen du collège cardinalice et Tarcisio Bertone, secrétaire d'Etat au sujet d'un éventuel différend entre eux. Il en a profité pour rappeler que :
Benoit XVI a écrit :dans l'Eglise, lorsqu'il s'agit d'accusations contre un cardinal, la seule personne compétente est le pape ; les autres instances peuvent avoir une fonction de conseil, toujours avec le respect dû aux personnes
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Re: Des catholiques qui accusent et jugent les évêques

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Eh bien, Pneumatis, je suis tout à fait d'accord avec vous.
J'en rajouterais bien une couche à l'attention de tous les enfants de division qui se revendiquent du pape ou d'une instance vaticane pour justifier le fait qu'ils se croient autoriser à faire des leçons.

Il n'y a aucune chance pour nous de plaire à Dieu si nous sommes incapables d'unité.
L'unité consiste à considérer notre évêque comme la tête de notre diocèse, à prier pour lui de tout notre coeur, à le soutenir, à remettre en ses mains la solution des problèmes qu'on lui soumet.

Vous voyez si je suis heureux de vous lire aujourd'hui.

Cordialement,

Griffon.
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Mon bonheur est de vivre,
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Raistlin
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Re: Des catholiques qui accusent et jugent les évêques

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Cher Pneumatis,

Je ne peux qu'être d'accord avec vous. (Et ce malgré ma récente dénonciation d'une certaine "légèreté" doctrinale chez certains ministres de l'Église.)

Et j'en rajoute même une couche : nous DEVONS l'obéissance à notre évêque, même si ce qu'il nous demande de faire nous semble stupide. C'est le chemin qu'ont suivi tous les saints.

Fraternellement,
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papillon
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Re: Des catholiques qui accusent et jugent les évêques

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Raistlin a écrit :Et j'en rajoute même une couche : nous DEVONS l'obéissance à notre évêque, même si ce qu'il nous demande de faire nous semble stupide.
En êtes-vous sûr, Raistlin?
Entre critiquer ouvertement un évêque et lui faire la leçon, et...obéir aveuglément à quelque chose qui nous semble stupide, n'y aurait-il pas un juste milieu? Ces deux avenues me semblent l'une et l'autre un peu extrêmes et perso, je les éviterais toutes les deux. A tout le moins, je commencerais par réfléchir et méditer sur ce qui me semble stupide avant d'obéir.

Cordialement
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Raistlin
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Re: Des catholiques qui accusent et jugent les évêques

Message non lu par Raistlin »

papillon a écrit :En êtes-vous sûr, Raistlin?
Entre critiquer ouvertement un évêque et lui faire la leçon, et...obéir aveuglément à quelque chose qui nous semble stupide, n'y aurait-il pas un juste milieu? Ces deux avenues me semblent l'une et l'autre un peu extrêmes et perso, je les éviterais toutes les deux. A tout le moins, je commencerais par réfléchir et méditer sur ce qui me semble stupide avant d'obéir.
Quatre éléments pour vous aider à comprendre ma position :
:arrow: Le Christ a été obéissant jusqu'à la mort.
:arrow: Saint Faustine disait : l'obéissance est la seule chose que le démon ne peut imiter.
:arrow: Le curé d'Ars avait fondé un orphelinat que son évêque lui demanda de fermer. Tout le monde trouvait cette idée idiote (et elle l'était très certainement) et certains cherchèrent à faire désobéir le saint prêtre. Celui-ci leur répondit : "L'évêque peut se tromper mais moi je ne me trompe pas en obéissant".
:arrow: TOUS les saints ont obéi, même lorsque des membres de l'Église les persécutaient. Tous ont cru que c'était par leur hiérarchie que la volonté de Dieu s'exprimait, même lorsqu'il s'agissait de persécutions.

Il est facile de désobéir et de s'écouter soi-même. Il est beaucoup plus difficile d'entrer dans cette démarche d'amour qu'est l'obéissance. Et je crois dur comme ferme qu'il est IMPOSSIBLE de s'égarer si l'on obéit. L'inverse n'est pas vrai.

Obéir, c'est simplement remettre notre vie dans d'autres mains que les nôtres. C'es ni plus ni moins qu'un don de nous-mêmes lorsque c'est vécu dans l'amour et par amour.

Bien à vous,

P.S.: Bien entendu, ce que je viens de dire ne vaut pas si un évêque nous demandait de pécher. L'obéissance s'inscrit forcément dans le cadre de la loi morale.
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AdoramusTe
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Re: Des catholiques qui accusent et jugent les évêques

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Pneumatis a écrit :
Cela fait plusieurs mois que la révolte gronde en moi contre ces mouvements ou individus catholiques qui se targuent de donner des leçons à leurs évêques, jugeant ici ou là de leur foi, de leur action pastorale, de leurs intentions ou de leurs compétences. Crise des vocations, débats liturgiques, silences ou discours, ... tout y passe. Je pense en particulier à des réseaux, pour ne pas les citer, comme Golias ou encore la conférence des baptisés de France pour la branche "progressiste", ou Perepiscopus et plus généralement Riposte Catholique pour la branche "tradi".
Est-ce que Pro Liturgia en fait partie ?

En tout cas, s'il existe tant de sites et de commentaires, c'est qu'il y a un vide quelque part.
La nature a horreur du vide. En effet, la correction fraternelle devrait venir d'en haut -- par exemple la Conférence des Evêques -- et non pas des fidèles.
Mais voilà, comme nous ne voyons rien venir de ce côté là, d'autres emboîtent le pas.

L'avantage et l'inconvénient de l'Internet est que l'on laisse plus rien passer.
Ne faut-il pas réagir quand Mgr Noyer nie la Résurrection, quand Mgr Rouet se réjouit de la baisse des vocations, quand tel ou tel évêque inaugure des mosquées ? et j'en passe.
Doit-on laisser les fidèles dans la confusion de cette manière ?

En théorie, je suis bien d'accord avec vos objections. Mais en pratique, vue la situation actuelle, je crains que le pire soit de ne rien dire et laisser les ravages s'opérer dans les esprits.
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papillon
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Re: Des catholiques qui accusent et jugent les évêques

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Je comprends votre point de vue, Raistlin. C'est une question de foi, et la vôtre est grande, je le vois bien.
Raistlin a écrit : TOUS les saints ont obéi, même lorsque des membres de l'Église les persécutaient. Tous ont cru que c'était par leur hiérarchie que la volonté de Dieu s'exprimait, même lorsqu'il s'agissait de persécutions.
Je n'en suis pas encore là...
Et je crois dur comme ferme qu'il est IMPOSSIBLE de s'égarer si l'on obéit. L'inverse n'est pas vrai.
Je crois malheureusement qu'il est toujours possible de s'égarer, y compris quand on obéit. (sauf quand on obéit à Dieu, évidemment, mais j'ai du mal a faire l'équation absolue-évêque=Dieu)
Obéir, c'est simplement remettre notre vie dans d'autres mains que les nôtres.
Je remets ma vie entre les mains de Dieu et de Lui seul.
Là est le problème. Je vois davantage en un évêque un homme au service de Dieu que la parole même de Dieu. Et malgré le respect que m'inspire cette fonction, je ne peux remettre ma vie entre les mains d'une hiérarchie religieuse.
Mais comme j'ai écrit plus haut, c'est une question de foi, et peut-être qu'un jour, je verrai les choses autrement...

Pour ce qui est d'être une sainte, je n'ai aucune prétention à le devenir. C'est déjà tout un travail que d'être simplement une femme et d'essayer d'appliquer dans ma vie de tous les jours l'enseignement d'amour que le Christ nous a transmis.

Bien à vous.
Dernière modification par papillon le mar. 29 juin 2010, 18:33, modifié 1 fois.
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Pneumatis
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Re: Des catholiques qui accusent et jugent les évêques

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AdoramusTe a écrit :Ne faut-il pas réagir quand Mgr Noyer nie la Résurrection, quand Mgr Rouet se réjouit de la baisse des vocations, quand tel ou tel évêque inaugure des mosquées ? et j'en passe.
Doit-on laisser les fidèles dans la confusion de cette manière ?
Raistlin vous a cité un tas d'exemple qu'on peut quasiment multiplier par le nombre des saints dans l'Eglise. J'ajouterais ceci :
Mt 18:15 - Si ton frère vient à pécher, va le trouver et reprends-le, seul à seul. S'il t'écoute, tu auras gagné ton frère.
Mt 18:16 - S'il n'écoute pas, prends encore avec toi un ou deux autres, pour que toute affaire soit décidée sur la parole de deux ou trois témoins.
Mt 18:17 - Que s'il refuse de les écouter, dis-le à la communauté. Et s'il refuse d'écouter même la communauté, qu'il soit pour toi comme le païen et le publicain.

J'ai bien regardé, il n'est nul part question d'un verset disant : "Au cas où ça ne suffirait pas, va créer un site internet pour pouvoir lui tailler un costard en public".

Je comprends bien la noble intention, celle du gardien de la foi, et je la partage. Mais je crois aussi que la fin ne justifie pas les moyens, et croire qu'on peut court-circuiter la sainte hiérarchie ecclésiale pour garder sauve la foi... Enfin quoi, ça ne vous saute pas aux yeux de qui peut venir une telle suggestion ? L'espérance et la foi nous commande, comme l'a souligné Raistlin dans les paroles du Saint Curé d'Ars, que ce n'est pas parce qu'un homme erre, que nous devons nous aussi errer en désobéissant. En faisant cela, nous ajoutons simplement à un péché un autre péché, si tant est en plus que le premier puisse être avéré.

Pour Pro Liturgia, je ne lis pas précisément, je ne saurais vous dire. Il me semble en effet qu'ils aient une tendance à critiquer pas mal les évêques sur la liturgie. Personnellement quand j'ai quelque chose à dire sur le sujet, je prends rendez-vous avec le curé de ma paroisse, je l'invite à diner et je lui en parle, simplement et dans le plus grand respect, sans critiquer mais en demandant "pourquoi est-ce que c'est comme ça ?" ou "est-ce que c'est normal qu'on fasse comme ça et pas comme ça ?". Je sais, ça parait plus laborieux et moins immédiat. Je m'en fiche, à dire vrai, je ne suis pas pressé, on a la vie éternelle devant nous. L'important n'est pas de faire vite, mais de faire bien, et surtout de laisser toute la place au Seigneur pour agir à travers nous.
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coeurderoy
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Re: Des catholiques qui accusent et jugent les évêques

Message non lu par coeurderoy »

papillon a écrit :
Raistlin a écrit :Et j'en rajoute même une couche : nous DEVONS l'obéissance à notre évêque, même si ce qu'il nous demande de faire nous semble stupide.
En êtes-vous sûr, Raistlin?
Entre critiquer ouvertement un évêque et lui faire la leçon, et...obéir aveuglément à quelque chose qui nous semble stupide, n'y aurait-il pas un juste milieu? Ces deux avenues me semblent l'une et l'autre un peu extrêmes et perso, je les éviterais toutes les deux. A tout le moins, je commencerais par réfléchir et méditer sur ce qui me semble stupide avant d'obéir.

Cordialement
Oui surtout lorsque l'évêque s'ingère dans un domaine qui n'est pas le sien : cf les évêques de France appelant à voter Mitterrand en 81 (ou était-ce en 74 ???) : obéissant oui, béni-oui-oui : NON !
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papillon
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Re: Des catholiques qui accusent et jugent les évêques

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Pneumatis a écrit :L'espérance et la foi nous commande, comme l'a souligné Raistlin dans les paroles du Saint Curé d'Ars, que ce n'est pas parce qu'un homme erre, que nous devons nous aussi errer en désobéissant.
Cela revient à dire que pour le principe sacré de l'obéissance, nous devons perpétuer une erreur, et mettre en application tout ce qu'elle implique avec les conséquences qui viennent avec.
Bon, fermer un orphelinat, c'est déjà triste, mais probablement qu'un affrontement ouvert entre le curé d'Ars et son évêque aurait eu des conséquences plus fâcheuses encore, j'en conviens. C'est une question d'évaluer la situation et de réagir avec sagesse et non sous le coup de l'émotion. Mais ceci n'est qu'un cas. L'obéissance absolue doit-elle s'appliquer dans tous les cas, sans discernement?
Réalisez-vous que le principe même de l'obéissance aveugle, qu'elle s'applique à une autorité religieuse ou à toute autre autorité reconnue comme 'bien fondée', si je peux dire (je ne trouve pas de meilleure expression) peut être (et a été) à l'origine de tragédies?
Qu'en est-il de notre responsabilité personnelle dans ces cas? (C'est pas ma faute, c'est lui qui m'a dit de faire ça, moi j'obéis...)
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archi
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Re: Des catholiques qui accusent et jugent les évêques

Message non lu par archi »

papillon a écrit :Cela revient à dire que pour le principe sacré de l'obéissance, nous devons perpétuer une erreur, et mettre en application tout ce qu'elle implique avec les conséquences qui viennent avec.
Bon, fermer un orphelinat, c'est déjà triste, mais probablement qu'un affrontement ouvert entre le curé d'Ars et son évêque aurait eu des conséquences plus fâcheuses encore, j'en conviens. C'est une question d'évaluer la situation et de réagir avec sagesse et non sous le coup de l'émotion. Mais ceci n'est qu'un cas. L'obéissance absolue doit-elle s'appliquer dans tous les cas, sans discernement?
Réalisez-vous que le principe même de l'obéissance aveugle, qu'elle s'applique à une autorité religieuse ou à toute autre autorité reconnue comme 'bien fondée', si je peux dire (je ne trouve pas de meilleure expression) peut être (et a été) à l'origine de tragédies?
Qu'en est-il de notre responsabilité personnelle dans ces cas? (C'est pas ma faute, c'est lui qui m'a dit de faire ça, moi j'obéis...)
Je suis sur la même longueur d'onde que vous.

Un exemple de choix d'obéissance difficile, hors de l'Eglise, c'est celui qu'ont eu à faire les soldats français après la défaite de 40. L'obéissance leur commandait clairement d'obéir au régime de Vichy -qui était pourtant sous le contrôle de l'envahisseur allemand, donc de l'ennemi de la veille, avec lequel un armistice légal avait été signé - plutôt que de suivre le général déserteur qui était à Londres et qui appelait à continuer la lutte. Beaucoup ont donc choisi l'obéissance... certains ont arrêté d'obéir quand l'obéissance les a amenés à tirer sur les troupes américaines débarquant en Afrique du Nord. D'autres pas... :(

Ce choix a-t-il été le plus honorable? C'est difficilement soutenable avec le recul. Mais j'ai du mal à jeter la pierre à ceux qui, pétris d'une culture militaire d'obéissance, qui l'ont fait sans ce recul.

Maintenant, entre mon exemple d'obéissance militaire et l'obéissance aux évêques dans le cadre de la crise de l'Eglise actuelle, il y a un autre aspect dans cette dernière qui est absent dans le premier. C'est que ces évêques ne sont eux-mêmes pas des modèles d'obéissance au Pape et de respect du Droit Canon. Ne perdent-ils pas, par là, la plus grande partie de l'obéissance à laquelle ils peuvent prétendre?

In Xto,
archi.
Nous qui dans ce mystère, représentons les chérubins,
Et chantons l'hymne trois fois sainte à la vivifiante Trinité.
Déposons maintenant tous les soucis de ce monde.

Pour recevoir le Roi de toutes choses, Invisiblement escorté des choeurs angéliques.
Alléluia, alléluia, alléluia.
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Re: Des catholiques qui accusent et jugent les évêques

Message non lu par Théophane »

Je rejoins ce que dit Pneumatis. Quelquefois il arrive que je ne sois pas forcément d'accord avec tel ou tel évêque, mais j'essaye de donner mon avis sans critiquer. De plus, ne pas tenir compte de l'autorité des évêques revient à méconnaître la structure hiérarchique de l'Eglise.
« Être contemplatifs au milieu du monde, en quoi cela consiste-t-il, pour nous ? La réponse tient en quelques mots : c’est voir Dieu en toute chose, avec la lumière de la foi, sous l’élan de l’amour, et avec la ferme espérance de le contempler face à face au Ciel. »
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coeurderoy
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Re: Des catholiques qui accusent et jugent les évêques

Message non lu par coeurderoy »

Autorité : du latin augere : faire croître ( a donné aussi "auteur") : l'évêque doit faire croître, augmenter la vie spirituelle du troupeau à lui confié...Cette autorité bien comprise engendre une obéissance filiale et confiante. J'avoue rester désormais relativement méfiant face au très fort gallicanisme de nos évêques et au manque de courage et de force de certains d'entre eux : il y a eu tant de compromissions avec les idéologies-idoles de ce monde... Tant qu'ils n'errent pas publiquement dans la foi nous leur devons obéissance mais la correction fraternelle (qu'un Bernard de Clairvaux pratiquait aussi à leur égard, dénonçant compromissions temporelles, fanfreluches équestres, fièvre bâtisseuse et tutti quanti) ne peut que leur faire du bien...
Dernière modification par coeurderoy le mer. 30 juin 2010, 14:47, modifié 1 fois.
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Re: Des catholiques qui accusent et jugent les évêques

Message non lu par Pneumatis »

Bonjour à tous,
papillon a écrit :L'obéissance absolue doit-elle s'appliquer dans tous les cas, sans discernement?
Surtout pas sans discernement !!! Et c'est bien là le coeur de la question. Depuis mes premiers pas en Eglise, si il y a une chose que j'ai compris, c'est qu'on ne discerne pas tout seul. On discerne en Eglise. Je ne prêche aucunement pour une obéissance aveugle, mais bien pour un discernement en Eglise.

Mon expérience de baptisée est courte, mais je n'ai jamais été confronté à un ordre d'un évêque, et qui plus est un ordre contraire à ma conscience. Mon chemin de baptisé est donc balisé des questions que je me pose dans cette difficile recherche qu'est celle de la Vérité. Ce sont les questions de morale, de justice, mais aussi les questions doctrinales, etc... L'aiguillon nait de ma quête de Dieu, aussi bien que de la providence, dans les rencontres ou les situations problématiques de la vie quotidienne. Là, je me tourne vers l'enseignement de l'Eglise, et en particulier vers mon évêque ou vers un directeur spirituel. Et là, j'obéis quoiqu'il arrive. Si cette obéissance me conduit à une situation problématique dans la foi, alors je refais le même chemin, vers mon évêque ou mon directeur spirituel, apportant les éléments nouveau de mon témoignage, ce qu'il advient de moi après obéissance. Et je continue à obéir. J'ai confiance dans la mesure où je sais que la vérité émerge toujours, et que les personnes à qui je m'adresse ont au minimum 100 fois plus le soucis que moi de la Vérité.

Quand nos évêques disent quelque chose, je les écoute attentivement et reçoit leurs paroles comme l'enseignement qu'elles sont. Si cet enseignement me heurte, je commence par me remettre en question. Et si vraiment, sans rien préjuger des intentions de cet évêque, de sa foi ou de sa compétence, mon heurt persiste, alors là aussi je me tourne vers cet évêque, ou vers un directeur spirituel pour en parler. En aucun cas, mon discernement ne se fait tout seul. Ce serait alors dramatique.

Ma responsabilité personnelle elle est d'agir pour le bien, par amour et dans la vérité, en toute liberté, mais aussi dans l'humilité qui me pousse à reconnaitre que ma conscience est troublée par le péché et que, même si je dois me faire confiance, je dois également m'assurer de toujours être en communion avec l'Eglise universelle, dans le sens le plus large du terme (pas dans le sens du respect pharisaïque du "code", mais dans la même recherche du bien, par amour et dans la vérité).

Le truc, voyez-vous, c'est comme ici, on reprend des éléments historiques sur la base desquels ont critique telle ou telle orientation partisane. Évidemment, cela me met très mal à l'aise. Mais une chose est certaine : je ne suis pas historien, je n'ai pas été témoin des faits et je ne sais rien du témoignage vivant de ces évêques au moment des faits. Et de toute façon les faits appartiennent au passé. Je ne m'amuse pas à invoquer les abus qui ont eu lieu peu avant la Réforme avec les indulgences pour ne pas donner au denier du culte. Je ne me gausse pas d'opposer le haut clergé gallican et le bas clergé avant la révolution, quand mon abbé s'oppose à mon évêque et que ça m'arrange plus d'écouter le premier. Mais bon c'est un autre problème.
coeurderoy a écrit :Autorité : du latin augere : faire croître ( a donné aussi "auteur") : l'évêque doit faire croître, augmenter la vie spirituelle du troupeau à lui confié...
Ce dont il n'appartient pas à la brebis de juger.
coeurderoy a écrit :Cette autorité bien comprise engendre une obéissance filiale et confiante. J'avoue rester désormais relativement méfiant face au très fort gallicanisme de nos évêques et au manque de courage et de force de certains d'entre eux : il y a eu tant de compromissions avec les idéologies-idoles de ce monde... Tant qu'ils n'errent pas publiquement dans la foi nous leur devons obéissance mais la correction fraternelle (qu'un Bernard de Clairvaux pratiquait aussi à leur égard, dénonçant compromissions temporelles, fanfreluches hippiques, fièvre bâtisseuse et tutti quanti) ne peut que leur faire du bien...
Correction fraternelle, oui. Scandale public, non ! Pour ne prendre que l'exemple d'Internet, quoique nous voulions faire, ce que nous y laissons est public. On se trouve alors très loin de la correction fraternelle.
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Re: Des catholiques qui accusent et jugent les évêques

Message non lu par coeurderoy »

Qui a pouvoir a devoir...

"L'exercice de votre autorité ne sera légitime que si vous savez vous soumettre à vos supérieurs selon la loi : seule l'obéissance rend digne de la prélature. La sagesse vous le conseille : plus vous êtes élevé en dignité, plus vous devez vous humilier en toutes choses. Donnez à vos subordonnés l'exemple de la soumission qu'ils vous doivent" (Lettre de saint Bernard à Henri, archevêque de Sens)


"J'ai appris avec douleur que vous ne prenez pas les mesures qui s'imposeraient pour soutenir aujourd'hui la cause du Christ et défendre les libertés de l'Eglise... Il serait tout à votre honneur de pouvoir dire avec le psalmiste : Je hais l'assemblée des méchants et je ne prendrai pas place parmi eux. Ce zèle ardent pour la maison de Dieu n'est pas l'apanage des prophètes, c'est le simple devoir des prêtres de notre temps. [...] (le jeune roi Louis VII) trouble sans raison le royaume, guerroie contre ciel et terre, , saccage les églises, favorise les méchants, persécute les fidèles et les innocents. J'aimerais qu'on vous vit exprimer votre douleur à ce spectacle, condamner, offrir une résistance dans toute la mesure de vos forces. Pardonnez-moi, ce ne devrait certes pas être à moi à vous donner des leçons : vous êtes mon maître, et prélat de l'Eglise, élevé à ce rang pour corriger les pécheurs et rappeler ceux qui s'égarent" (Lettre 223 de saint Bernard à Josselin, évêque de Soissons)

de l'abbé de Clairvaux encore :

"Vous honorerez votre ministère, non par des vêtements recherchés, non par le faste des équipages, ni par l'ampleur de vos édifices, mais par une conduite honorable, des préoccupations d'ordre spirituel, la pratique des bonnes oeuvres. Combien agissent autrement ! On remarque chez certains évêques un grand souci de la garde-robe, peu ou pas de zèle pour la vertu. [...] Qu'ils refusent de mettre leur gloire dans l'oeuvre des fourreurs et des tisserands. [...] Laissons aux femmes les fanfreluches. Elles n'ont en tête que mondanités et s'inquiètent de plaire à leurs maris : d'où ce souci de la toilette dont elles sont coutumières; [...] Je veux bien me taire : la misère des pauvres criera. L'opinion publique gardera le silence : la faim ne le fera pas [...] Ceux qui crient, ce sont les mal vêtus, les affamés. Entendez-les gémir : "Dites-nous, vous, les pontifes, que fait cet or sur le mors de vos chevaux ?" [...]

Vos chevaux marchent couverts de gemmes précieuses ; et vous n'avez cure de nos pieds nus. On voit aux têtes de vos mules des anneaux, des chaînettes, des sonnettes, des harnais piqués de clous d'or, toutes sortes de choses aussi belles que riches ; et vous n'avez même pas un peu de linge pour vos frères dans le besoin"
(Lettre 42 : Sur le devoir des évêques)


Et bien comme pas mal de catholiques je me reconnais dans ces "crève-la faim" spirituels et, si nos évêques ne donnent certes pas dans les fanfreluches vestimentaires on a souvent pu regretter leur silence, lâcheté et vacuité face au monde des médias...Pendant ce temps là on fermait les églises, on capitulait on s'égayait avec les marxistes...
"Le coeur qui rayonne vaut mieux que l'esprit qui brille"

Saint Bernard de Clairvaux
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