philémon.siclone a écrit :Beaucoup de gens baptisés et athées n'ont pas jugé utile d'accomplir cette formalité de "débaptisation", tout simplement parce que leur baptême à leurs yeux est sans valeur, et n'existe pas ! Un peu d'eau reçue sur le front, un gourou qui marmonne quelques vieilles formules magiques, et un bout de papier certifiant l'accomplissement du rite, et c'est tout. En même temps, tout cela a effectivement eu lieu ! On ne peut pas décider que cela ne se soit pas déroulé. L'acte de baptême n'est rien d'autre qu'une déclaration disant que le baptême a eu lieu. D'ailleurs, il n'y a pas toujours eu des registres écrits de baptême. Jusqu'au XVIe s., il n'y avait aucune trace écrite. Mais le bout de papier, en lui-même, ne signifie rien du tout. On pourrait brûler les registres de baptêmes, ça n'y changerait rien. L'acte en lui-même a existé, et on ne peut pas faire qu'il n'a jamais existé.
Libre à chacun d'y croire ou de ne pas y croire. Mais que vous le vouliez ou non, vous avez effectivement reçu de l'eau sur le front, tandis qu'un prêtre récitait des formules. Et l'acte de baptême ne fait que dire que cela s'est passé, ce qui est objectivement vrai.
Vous voulez être rayé des "listes" de catholiques. Mais ces listes n'existent pas. Il n'existe pas d'abonnement administratif à l'Eglise catholique. L'appartenance à l'Eglise est d'ordre spirituel.
De plus, vous êtes en contradiction, puisque vous attribuez encore une valeur à un acte que vous cherchez à défaire. Alors que n'importe quel athée se fout complètement de son acte de baptême, puisque, pour lui, le baptême n'existe pas et n'a aucune valeur.
Enfin, il y a une légère intolérance dans votre démarche qui consiste à exiger de l'Eglise qu'elle se plie à vos vues, en acceptant d'accomplir un acte qu'elle juge impossible. Car le débaptême n'existe pas, pour l'Eglise... L'Eglise croit que le baptême ne peut pas être défait. Sinon, le baptême lui-même n'aurait aucun sens. Parce que justement l'Eglise croit au baptême. C'est même dans le Credo : "Je reconnais un seul baptême pour la rémission des péchés". Vous êtes donc en train de demander à l'Eglise qu'elle renonce au Crédo... C'est un vrai dialogue de fous : vous demandez à l'Eglise de défaire un sacrement, qui pour elle ne peut être défait (il est d'ordre surnaturel), sacrement auquel vous-même ne croyez pas ! Comment voulez-vous défaire quelque chose qui n'existe pas ? Et comment voulez-vous que celui qui y croit décide, pour vous faire plaisir, de ne pas y croire ?
Imaginons la situation suivante : un sorcier vient vous voir et vous envoûte. Le sorcier croit fermement à l'envoûtement, mais vous n'y croyez pas. Comment allez-vous réagir ? En partant d'un bon rire, et haussant les épaules ? Ou bien en saisissant le sorcier par le col, en exigeant qu'il mette immédiatement fin à l'envoûtement (auquel vous n'attribuez aucune valeur) ? Supposons qu'ensuite le sorcier aille tenir un registre disant : aujourd'hui, j'ai envoûté untel. Irez-vous voir le sorcier pour exiger la destruction de l'acte d'envoûtement ? C'est un peu grotesque, vous ne trouvez pas ? Et puis, ce serait une atteinte, là encore, au droit du sorcier d'écrire ce qu'il veut dans ses propres archives.
Il me semble qu'il serait plus simple que vous abjuriez simplement le catholicisme, ce qui me semble être la voie normale des gens dans votre cas, même si l'abjuration est plus souvent le fait de gens qui changent de religion.
Ce que vous me dites est très intéressant et très juste sur beaucoup de points, à mon avis. Alors chiche ! brûlons les registres de baptème. Je plaisante, bien sûr, cela ne se fera jamais.
Mais plus je lis les réponses et plus j'avance sur un terrain légèrement différent et cela m'aide beaucoup. Vous avez mille fois raison, il s'agit beaucoup d'un dialogue de fous, ou de sourds ; au choix.
Et je pense que le problème (le mien et celui des centaines de milliers de baptisés athées ou agnostiques) ne tient pas tellement de l'existence d'un dieu ou non ; sur ce point, je suis devenu extraordinairement tranquille ; si il existe un dieu, il saura me contacter et en attendant, je me débrouillerai tout seul.
Le problème réside davantage dans l'exercice d'une religion et de son emprise sur la vie quotidienne et la culture. La chrétienté n'est pas la seule visée ; il en est de même pour la plupart de religions monothéïstes dont il n'est plus à prouver à quel point elles sont expansionnistes avec tous les excès et les horreurs parfois que cela comporte, depuis les croisades jusqu'à El Quaïda. Toutes s'appuient sur des écrits, forcément divins, donc forcément incontestables et toujours au service d'une minorité cherchant à convertir les autres, par la force s'il le faut. Je caricature, je sais, mais globalement c'est historiquement vrai.
Et de fil en aiguille, vivant depuis toujours dans la culture qui est la notre en France, je pense que c'est l'Eglise catholique qui me devient insupportable, au fond. Je ne parle pas de ceux qui la composent (quoique pour certains...) mais de l'influence qu'elle opère sur beaucoup des pans de notre système. Un système peut, à mon sens , être dirigé par des convictions mais non par des idéologies ou des croyances. Mais les listes existent, contrairement à ce que vous écrivez ; la preuve; on peut s'en faire rayer. Ce qui est "amusant" dans ce geste que j'ai fait, c'est souvent la réaction incrédule avec un haussement d'épaule de l'immense majorité de mes interlocuteurs qui acceptent de figurer sur ces registres et de lier des sacrements à une vie sociale sans y croire une seule seconde (le mariage à l'eglise, la communion du petit, les funérailles religieuses, etc...).
Et au risque de répéter ce que j'ai écris dans mon tout premier courrier, c'est la fréquentation quasi quoitidienne de catholiques qui m'a décidé à manifester par mon départ, mon désaccord avec cette église, le fond étant déjà acquis depuis longtemps. Je le dis sans aucune haine ni provocation inutile, mais la cruauté, l'intolérance, l'incompréhension, l'entêtement que j'ai rencontrés tous les jours dans le cadre de mes activités professionnelles liées au secteur caritatif m'ont réellement décidés à me démarquer et à couper les vagues liens qui me restaient. Ce manque de respect de l'Autre au prétexte d'une foi est si ancré, si courant, si permanent qu'il apparaît évident et je n'ai rencontré que très peu de vos corelligionnaires qui acceptent tout simplement de réfléchir et d'admettre que tout le monde n'est pas obligé de penser comme eux, et qu'à ce titre ils ne se sentent pas le droit d'imposer des pratiques liées à l'excercice de leur religion, dans le cadre déterminé par leur Eglise.
Je me laisse aller...
Merci de vos commentaires,
Sogood