La Grande Noirceur
- Kerniou
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Re: !VIVA CRISTO REY!
Anne et Papillon, vos analyses sont intéressantes et évoquent pour moi, d'après les récits de mon entourage, la période d'entre les deux guerres; période que je n'ai pas connue ( Je suis une enfant du baby-boom ) mais dont il restait des séquelles dans mon enfance. Le jansénisme a laissé des traces durables...
" Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu , car Dieu est Amour " I Jean 4,7.
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Re: !VIVA CRISTO REY!
Mes parents et mes grands-parents ont connu l'époque où l'Eglise avait encore son mot à dire un peu partout dans la société (je parle de la société belge, car nous avons, en plus, hérité de religieux qui ont quitté la France - du fait d'une loi de 1902, si mes souvenirs sont exacts.) Pour ma part, en tout cas: enseignement dans une école religieuse, puis dans un collège tenu par des religieux (Capucins d'abord, puis des Jésuites), les enseignants étaient eux-mêmes des catholiques, etc. L'université, pareil. L'enseignement était élitiste, dirions-nous aujourd'hui.
Pas question de dire : non, papa, maman, pas question de suivre le catéchisme : tout était programmé et pas d'échappatoire. Mon père m'a dit un jour: "Tu vas d'abord au catéchisme, et puis si tu n'as pas la foi, du moins tu sauras ton catéchisme, point final."
Est-ce que j'ai souffert de cette rigueur ? Je dirais : pour ce qui est de la quantité de matières scolaires à ingurgiter, alors oui. Jamais à cette époque je n'ai eu le temps de me dire : "Tiens, je complèterais bien mon cours d'histoire par la lecture d'un livre d'Alain Decaux sur le dernier sujet abordé". Je n'ai jamais eu le temps de souffler au collège et j'avais une peur bleue d'un examen de passage !
Petit à petit, dans les années 70, tout a changé très vite. Plus obligatoire la messe de dimanche, et aller se confesser, pfffft, pas envie. La nouvelle liberté a fait que je n'ai jamais trouvé une fille à épouser (et ce n'est certes pas faute d'avoir été amoureux !) J'ai eu droit souvent à cette charmante réponse: "Tu es un homme bon et travailleur, tu es sérieux et tu vas gagner ta vie, mais moi, j'ai encore envie de m'amuser un peu.." Nombre d'entre elles continuent de rechercher une forme de stabilité dans le changement.
Mais nous avons perdu beaucoup à une laïcité qui a provoqué tout de même chez nous ce qu'on a appelé la "guerre scolaire.
De toute façon, au total, s'il fallait comparer hier et aujourd'hui, eh bien, je voudrais encore plus d'hier !!!! Je songe avec regret à ces religieux et religieuses qui ont travaillé pratiquement par pur idéal, dans les écoles, mais aussi dans les cliniques, les services aux plus démunis, etc. On nous sort des abus en-veux-tu-en-voilà, mais combien de religieux et religieuses anonymes ont véritablement donné leur vie et n'ont jamais gagné que le minimum vital ! Ce que j'admire, chez le maire de Saguenay, c'est vraiment cette prière de deux minutes (et ne serait-ce qu'un signe de croix -mais on lui interdirait tout autant !) avant de prendre des décisions qui engagen t la communauté... et j'admire encore plus qu'il veuille payer l'amende de cinquante mille dollars, our continueer à la dire.
En Belgique, le roi Baudouin a tout simplement refusé de signer la loi légalisant l'IVG - je lui tire mon chapeau, il fallait le faire !
Pas question de dire : non, papa, maman, pas question de suivre le catéchisme : tout était programmé et pas d'échappatoire. Mon père m'a dit un jour: "Tu vas d'abord au catéchisme, et puis si tu n'as pas la foi, du moins tu sauras ton catéchisme, point final."
Est-ce que j'ai souffert de cette rigueur ? Je dirais : pour ce qui est de la quantité de matières scolaires à ingurgiter, alors oui. Jamais à cette époque je n'ai eu le temps de me dire : "Tiens, je complèterais bien mon cours d'histoire par la lecture d'un livre d'Alain Decaux sur le dernier sujet abordé". Je n'ai jamais eu le temps de souffler au collège et j'avais une peur bleue d'un examen de passage !
Petit à petit, dans les années 70, tout a changé très vite. Plus obligatoire la messe de dimanche, et aller se confesser, pfffft, pas envie. La nouvelle liberté a fait que je n'ai jamais trouvé une fille à épouser (et ce n'est certes pas faute d'avoir été amoureux !) J'ai eu droit souvent à cette charmante réponse: "Tu es un homme bon et travailleur, tu es sérieux et tu vas gagner ta vie, mais moi, j'ai encore envie de m'amuser un peu.." Nombre d'entre elles continuent de rechercher une forme de stabilité dans le changement.
Mais nous avons perdu beaucoup à une laïcité qui a provoqué tout de même chez nous ce qu'on a appelé la "guerre scolaire.
De toute façon, au total, s'il fallait comparer hier et aujourd'hui, eh bien, je voudrais encore plus d'hier !!!! Je songe avec regret à ces religieux et religieuses qui ont travaillé pratiquement par pur idéal, dans les écoles, mais aussi dans les cliniques, les services aux plus démunis, etc. On nous sort des abus en-veux-tu-en-voilà, mais combien de religieux et religieuses anonymes ont véritablement donné leur vie et n'ont jamais gagné que le minimum vital ! Ce que j'admire, chez le maire de Saguenay, c'est vraiment cette prière de deux minutes (et ne serait-ce qu'un signe de croix -mais on lui interdirait tout autant !) avant de prendre des décisions qui engagen t la communauté... et j'admire encore plus qu'il veuille payer l'amende de cinquante mille dollars, our continueer à la dire.
En Belgique, le roi Baudouin a tout simplement refusé de signer la loi légalisant l'IVG - je lui tire mon chapeau, il fallait le faire !
In manus tuas, Domine, commendo spiritum meum
http://www.youtube.com/watch?v=WDV94Iti5ic&feature=related (Philippe Herreweghe)
http://www.youtube.com/watch?v=WDV94Iti5ic&feature=related (Philippe Herreweghe)
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papillon
- Barbarus

Re: !VIVA CRISTO REY!
Un abus exercé dans la contrainte entraîne souvent, quand "l'élastique" se rompt, une réaction proportionnelle vers son extrême opposé et porte une part de responsabilité dans ce qui s'ensuit.AnneT a écrit :Si on prend quelques-uns de ces "abus"... Prenons l'ingérence des prêtres dans la vie familiale en insistant sur la procréation, mettons... Suffit de regarder chacun notre arbre généalogique et de voir à quelle génération nous disparaissons...
Moi, c'est pas long: je suis la 5e vivante des enfants de mes parents. Ma mère et mon père n'étaient pas les ainés, ni même les 2e et 3e de leurs frateries respectives... (Je sous-entends que si nos parents et grands-parents avaient "empêché la famille" avec la même rigueur que nos contemporains... On serait pas une grosse gang à jaser ici !)
(le balancier...)
Je note au passage qu'après un creux de vague, il y a maintenant une augmentation de la natalité au Québec, un mini baby-boum dû principalement à des mesures gouvernementales visant à encourager la natalité et aider les jeunes couples.
Il n'a pas été nécessaire de sortir le fouet...ou la bible, simplement donner un coup de main aux jeunes familles et laisser les couples faire le reste comme des grands garçons et des grandes filles. Et le résultat est souvent beau à voir, des couples qui prennent leur vie en main de façon responsable, des jeunes pères qui s'occupent maintenant de leurs petits avec le même plaisir et le même amour que maman.
C'est une erreur de croire que les jeunes gens ne veulent plus d'enfants.
C'est une erreur de croire que tout va mal aujourd'hui.
Il faut être prudent, Anne, avec la nostalgie qui nous fait souvent enjoliver le passé et n'en voir que les bons côtés (cela s'adresse aussi à Etienne).AnneT a écrit :Mes parents ont vécu à cette époque. Ils en éprouvent une certaine nostalgie, car les valeurs d'alors avaient du bon: entraide, simplicité, convivialité, joies et peines partagées à plusieurs, soirées passées avec les autres (pas devant la télé ou l'ordi) à parler, chanter, etc. Ils se rappellent les moments difficiles et la pauvreté, mais "tout le monde était pareil" et les riches étaient rares (du moins dans notre bled).
Il y a sûrement par ailleurs des femmes qui ont trouvé leur bonheur dans cette époque, et dans ce qui leur était offert (ou imposé) mais il y en a beaucoup aussi qui ont souffert.
J'en ai décrit quelques cas concrets sur ce forum il y a quelques mois, des histoires pathétiques de femmes que j'ai connues. Je n'y reviendrai pas.
La question ici n'est pas d'encenser ou de condamner un mode de vie. La question n'est pas là. Il s'agit du respect des gens, de leur conscience, de leurs aspirations, de leur liberté d'adulte. Il s'agit aussi de la confiance qu'on a en eux.
Il y a encore aujourd'hui, malgré les apparences, des femmes qui souhaitent avoir une famille nombreuse, sans pour autant avoir douze, quinze ou vingt enfants. A part le fait que ce serait difficile financièrement, je ne crois pas que les femmes souhaitent être enceintes de leur mariage jusqu'à la ménopause...mais bon, comme je disais il y en a encore qui veulent plusieurs enfants et je n'ai rien contre ça, bien au contraire.
Si un homme et une femme en santé désirent une grosse famille, pourquoi pas, c'est un beau projet de vie.
Le problème est qu'à l'époque de nos parents et grands-parents, il n'était pas permis à une femme d'envisager sa vie autrement. Toutes les portes étaient fermées. Et la contrainte était d'autant plus forte et oppressante qu'elle portait le poids de l'autorité divine.
Nostalgie, nostalgie, je doute que les femmes aimeraient retourner à l'époque où, jeunes filles intelligentes aspirant à s'instruire, on leur disait simplement: "tu n'as pas besoin de ça pour changer des couches...". point barre.
Pour en venir de façon plus générale à l'impact qu'a eu l'Eglise catholique sur le développement du Québec, il a été très important et bénéfique dans un premier temps pour devenir plus tard un frein à ce même développement. C'est ce que je crois (comme beaucoup).
On peut faire une analogie avec une relation père-enfants. Un père aimant et respectueux peut continuer, pendant toute sa vie, d'être de bons conseils pour ses enfants, d'être une source d'inspiration, un guide, même quand ils sont adultes.
Mais s'il persiste, alors que ses enfants sont adultes, à vouloir les contrôler, les encadrer, leur servir des autorisations et des interdits comme à des gamins, il perdra ses enfants qui s'éloigneront de lui pour vivre leur vie, même s'ils lui doivent tout.
Je crois que l'église au Québec aurait pu continuer à garder la faveur populaire et à faire partie de notre vie quotidienne si le clergé ne s'était pas lui-même tiré dans le pied.
Quand la société a évolué, ce qui était inévitable et souhaitable, beaucoup de membres du clergé étaient si habitués et depuis si longtemps au pouvoir (sur les consciences, la vie quotidienne, la politique, les arts, etc) qu'ils semblaient incapables de voir leur rôle évoluer autrement. Ils ont opposé une forte résistance à tout changement et se sont aliéné la population.
Peut-être ont-ils perdu de vue le but premier de leur action, peut-être ont-ils fait passer leurs propres intérêts avant ceux de leur monde, peut-être ont-ils manqué de vision, peut-être se sont-ils attachés au pouvoir et aux devants de scène, en tout cas une chose m'apparaît plus clairement que toute autre, c'est qu'ils ont fait preuve d'un manque total de confiance envers leurs fidèles, et c'est ce ressentiment que je perçois encore souvent chez les québécois envers l'Eglise et la religion qu'ils ont connue.
Dernière modification par papillon le dim. 03 avr. 2011, 7:14, modifié 1 fois.
- Anne
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La Grande Noirceur
Merci à Kerniou et à "Steph"
pour leur témoignage.
Je me questionnais justement, en écrivant le message précédent, à savoir si ce n'était qu'au Québec qu'on avait vécu ce contexte religieux contraignant.
Je suis d'accord, Lorraine, pour dire que tout n'est pas blanc et tout n'est pas noir. Cependant, on peut convenir que cette époque est présentée habituellement, et de manière constante, sous ses traits les plus noirs.
Je ne reviens pas sur tout le message, je suis d'accord sur le tout, en grande partie, mais le fameux bébé jeté avec l'eau du bain est bien réel !
La seule chose que je relève est que j'ai bien mentionné que les gens se rappellent très bien la misère qu'ils ont vécue, mais qu'ils sont aussi capables de faire ressortir les points positifs de leur existence. Nous leurs devons bien d'en faire autant, car c'est en grande partie grâce à eux, tout-de-même, que le Québec est ce qu'il est.
Je terminerai en rappelant aussi que c'est sans aucun doute sous l'impulsion de ces mêmes gens qui ont su tenir le coup dans des conditions difficiles (souvent grâce à leur foi, en passant) que c'est amorcé le changement au Québec. Combien d'entre eux ont juré que leurs enfants ne vivraient pas comme eux avaient vécu ? Combien ont privilégié l'éducation comme moyen de s'en sortir ? Combien ont investi leur peu de pécule pour faire instruire au moins un de leurs enfants ? Tout un contraste avec une bonne majorité de parents qui, de nos jours, regimbent à payer 60 dollars de frais scolaires mais n'hésitent pas une seconde à débourser les milliers de $$$ de frais exhorbitants engendrés par la participation au hockey de leur progéniture ?
C'est bien de se souvenir: après tout, c'est notre devise !
Mais encore faut-il faire preuve de discernement et ne pas verser dans le rejet total, la condescendance et le mépris de cette époque de notre histoire. (Je ne dis pas que c'est ce que tu fais, je dis que c'est la manière dont c'est véhiculé par certains historiens et les média en général).
La métaphore du bébé et de l'eau sale est toujours aussi pertinente...
Je me questionnais justement, en écrivant le message précédent, à savoir si ce n'était qu'au Québec qu'on avait vécu ce contexte religieux contraignant.
Je suis d'accord, Lorraine, pour dire que tout n'est pas blanc et tout n'est pas noir. Cependant, on peut convenir que cette époque est présentée habituellement, et de manière constante, sous ses traits les plus noirs.
Je ne reviens pas sur tout le message, je suis d'accord sur le tout, en grande partie, mais le fameux bébé jeté avec l'eau du bain est bien réel !
La seule chose que je relève est que j'ai bien mentionné que les gens se rappellent très bien la misère qu'ils ont vécue, mais qu'ils sont aussi capables de faire ressortir les points positifs de leur existence. Nous leurs devons bien d'en faire autant, car c'est en grande partie grâce à eux, tout-de-même, que le Québec est ce qu'il est.
Je terminerai en rappelant aussi que c'est sans aucun doute sous l'impulsion de ces mêmes gens qui ont su tenir le coup dans des conditions difficiles (souvent grâce à leur foi, en passant) que c'est amorcé le changement au Québec. Combien d'entre eux ont juré que leurs enfants ne vivraient pas comme eux avaient vécu ? Combien ont privilégié l'éducation comme moyen de s'en sortir ? Combien ont investi leur peu de pécule pour faire instruire au moins un de leurs enfants ? Tout un contraste avec une bonne majorité de parents qui, de nos jours, regimbent à payer 60 dollars de frais scolaires mais n'hésitent pas une seconde à débourser les milliers de $$$ de frais exhorbitants engendrés par la participation au hockey de leur progéniture ?
C'est bien de se souvenir: après tout, c'est notre devise !
La métaphore du bébé et de l'eau sale est toujours aussi pertinente...
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…".
2 Co 4, 8-10
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…".
2 Co 4, 8-10
- Kerniou
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Re: !VIVA CRISTO REY!
D'accord avec vous Anne et Papillon mais la rigidité des pensionnats religieux avec les règlements stricts et les mesquineries de toutes sortes présentées comme le volonté divine sont autant de contre témoignages qui ont contribué à l'abandon de la pratique religieuse.
Se faire punir pour quelque chose qu'on a pas commis est, déjà, injuste pour un enfant et augmenter la sanction, pour insolence, s'il prend la parole pour rétabir la vérité laisse des traces. J'en garde, à ce jour, un goût amer.
Soixante dix ans après, ma mère qui est restée, vraiment, une bonne chrétienne, pleurait encore quand elle parlait de ses années de pension.
Après la guerre où elle avait commencé par soutenir le régime de Pétain, l'Eglise a conforté sinon instauré de nombreux mouvements de jeunesse qui ont contribué à son rayonnement et l'épanouissement, dans la foi, de toute une génération de jeunes chrétiens.
Comme vous le disiez: tout n'est pas noir tout n'est pas blanc. Je continue à penser que l'on peut s'attendre à moins de noir de la part de l'Eglise chargée de transmettre la Lumière.
Se faire punir pour quelque chose qu'on a pas commis est, déjà, injuste pour un enfant et augmenter la sanction, pour insolence, s'il prend la parole pour rétabir la vérité laisse des traces. J'en garde, à ce jour, un goût amer.
Soixante dix ans après, ma mère qui est restée, vraiment, une bonne chrétienne, pleurait encore quand elle parlait de ses années de pension.
Après la guerre où elle avait commencé par soutenir le régime de Pétain, l'Eglise a conforté sinon instauré de nombreux mouvements de jeunesse qui ont contribué à son rayonnement et l'épanouissement, dans la foi, de toute une génération de jeunes chrétiens.
Comme vous le disiez: tout n'est pas noir tout n'est pas blanc. Je continue à penser que l'on peut s'attendre à moins de noir de la part de l'Eglise chargée de transmettre la Lumière.
" Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu , car Dieu est Amour " I Jean 4,7.
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