Du libre arbitre

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Didyme
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Du libre arbitre

Message non lu par Didyme »


[ Sujet divisé, cordialement, Cgs ]

Raistlin a écrit :
pasparisien a écrit :Est-ce que Dieu savait au moment où il créa lucifer, qu’il allait mal tourner ?
Oui.

Et j'anticipe votre prochaine question : pourquoi alors l'a-t-il créé ? Parce que c'est justement ça la liberté. Certes, Dieu aurait pu créé des pantins : des créatures incapables de résister à son amour. Mais non, Dieu a préféré que certaines de ses créatures puissent lui dire "non" à un monde de marionnettes. On est loin d'un Dieu tyran que certains mal informés s'imaginent.
J’ai quand même du mal avec cet argument que Dieu préfèrerait créer des personnes pouvant lui dire « non » comme si le « non » était un choix acceptable, comme s’il y avait une autre vérité ?!
Et comme si refuser Dieu faisait de nous des êtres libres ?! Mais c’est tout l’inverse.
Je crois que la liberté c’est de se réaliser, être en accord avec son moi, ce moi que Dieu a crée et Dieu crée les hommes pour la vie éternelle il me semble.
Y a-t-il d’ailleurs des passages bibliques qui parleraient d’une liberté dans le refus de Dieu ? C’est une vraie question que je me pose là.

Et puis aussi, ça apporterait quoi et à Dieu et à la créature que cette « liberté » de dire « non » ?
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mike.adoo
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Re: Question(s) autour du libre arbitre.

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@ Théophile

Vous avez écrit :"
Et en se soumettant à Dieu, on devient de plus en plus libre ! Tout se met alors en place. On voit le monde autrement. La maladie, la souffrance et les échecs prennent un autre sens.


Je ne me soumets pas à Dieu ; pensez-vous que je sois un mécréant ? ou , plus simplement , dans l'erreur ? ( Cf mon message précédent )
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Philippe B.
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Re: Question(s) autour du libre arbitre.

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La liberté c'est de pouvoir choisir entre 2 possibilités, mais qu'au moins l'une d'elles soit pour notre bien, non ? Par exemple à Auschwitz, des soldats allemands viennent chercher les 2 enfants d'une jeune femme pour les conduire à la chambre à gaz. La jeune femme s'écrie en pleurs "non pas mes enfants !!" Le soldats lui propose alors : "ok, je vous laisse choisir, lequel des 2 vient avec nous ?".

Est-ce cela la liberté ? C'est la liberté de notre monde, de notre société (la jeune fille qui se voit soit rejetée par ses parents soit obligée d'avorter par exemple), mais Dieu nous veut réellement libres et ce qu'Il attend de nous c'est que nous choisissions le bien, et ce bien il nous le propose dès aujourd'hui ! Mais nous ne serions pas libres si nous n'avions que cette possibilité ! Vivre avec Dieu, devenir totalement humble, cela serait le pire des enfers pour un homme qui aura vécu toute sa vie dans l'égoïsme et l'orgueil. Cet homme doit donc avoir la possibilité de choisir autre chose, et donc une seconde possibilité nous est offerte, à savoir rejeter Dieu et son humilité, refuser d'aimer nos frères. Dans ce cas nous choisirions ce qui représente le paradis pour nous, à savoir vivre éternellement pour soi-même, égoïstement, loin de Dieu et de nos frères. Mais pour nous cela serait la paradis !

C'est le risque que Dieu prend par amour pour nous. Car de par notre libre arbitre nous avons la liberté d'apprendre à aimer notre prochain ou de le haïr, de grandir en humilité ou de choir dans l'orgueil. Et, de ce fait, notre "paradis" sera à la mesure de ce choix. Le véritable paradis, où nous serons dans la Béatitude éternelle, requière de nous que nous choisissions d'aimer. Mais que faire si nous choisissons de ne pas aimer ? Dieu nous obligera-t-il malgré nous à le contempler Lui et nos frères et soeur pour l'éternité alors que ceux-ci nous filent de l'urticaire ? Non, Il nous laissera nous éloigner de Lui, et cette fois comme cela se fera en toute lucidité (nous ne serons plus soumis au péché) nous ne reviendrons pas sur nos pas. Nous choisirons notre propre paradis égoïste, étroit, que l'on nomme en réalité l'enfer certes, mais qui sera conforme à notre choix même si cela nous conduit à nous fermer définitivement au vrai bonheur qui ne peut être qu'en Dieu.

Cela dit une question que je me pose : Lucifer a pu rejeter Dieu, en toute lucidité, se pourra-t-il de ce fait que même nous dans notre éternité nous puissions comme lui un jour décider de nous détourner de Dieu dans cette même lucidité ? Si Lucifer l'a pu, pourquoi pas nous ?
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Didyme
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Re: Question(s) autour du libre arbitre.

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Spiritus_Sanctus a écrit :C'est le risque que Dieu prend par amour pour nous. Car de par notre libre arbitre nous avons la liberté d'apprendre à aimer notre prochain ou de le haïr, de grandir en humilité ou de choir dans l'orgueil. Et, de ce fait, notre "paradis" sera à la mesure de ce choix. Le véritable paradis, où nous serons dans la Béatitude éternelle, requière de nous que nous choisissions d'aimer. Mais que faire si nous choisissons de ne pas aimer ? Dieu nous obligera-t-il malgré nous à le contempler Lui et nos frères et soeur pour l'éternité alors que ceux-ci nous filent de l'urticaire ? Non, Il nous laissera nous éloigner de Lui, et cette fois comme cela se fera en toute lucidité (nous ne serons plus soumis au péché) nous ne reviendrons pas sur nos pas. Nous choisirons notre propre paradis égoïste, étroit, que l'on nomme en réalité l'enfer certes, mais qui sera conforme à notre choix même si cela nous conduit à nous fermer définitivement au vrai bonheur qui ne peut être qu'en Dieu.
Et d’où vient que certains ne choisiraient pas d’aimer ?
Spiritus_Sanctus a écrit :Cela dit une question que je me pose : Lucifer a pu rejeter Dieu, en toute lucidité, se pourra-t-il de ce fait que même nous dans notre éternité nous puissions comme lui un jour décider de nous détourner de Dieu dans cette même lucidité ? Si Lucifer l'a pu, pourquoi pas nous ?
Ça c’est la question, comment Lucifer et d’autres anges ont pu déchoir dans la condition qu’était la leur ? Ou d’où vient le mal originel, le tout premier faux pas, ce qui l’a déclenché.
Parce qu’on parle souvent de l’écart d’Adam et Eve comme du péché originel mais ce n’est pas tout à fait le cas, il y avait le mal déjà présent avant leur chute, une tentation.
Mais pour les anges ?


Par contre, pour ce qui est de savoir pourquoi nous ne pourrions pas nous détourner de Dieu dans cette même lucidité, en lisant Origène m'était venu une pensée.

De par le libre-arbitre, toute créature possède la faculté de faire le bien, mais de façon accidentelle et non substantielle. En effet, la sainteté, la justice, l'amour et toute les vertus divines n'appartiennent de façons substantielles qu'au Père, au Fils et au Saint-Esprit.
Si ces vertus se trouvaient en nous, de même que dans les autres êtres de la création, de façon substantielle alors nous ne pourrions pas nous en écarter. Or, comme nous pouvons passer du bien au mal et du mal au bien, elles se trouvent donc en nous de façon accidentelle.

Mais il est dit "Mais notre cité à nous est dans les cieux, d'où nous attendons aussi comme Sauveur le Seigneur Jésus Christ,
qui transformera le corps de notre humiliation, en le rendant semblable au corps de sa gloire, par le pouvoir qu'il a de s'assujettir toutes choses." (Philippiens 3:20-21)


Par conséquent, si à la résurrection nous revêtons un corps semblable au corps de sa gloire cela ne signifierait-il pas que nous hériterons d'un corps où toutes les vertus divines sont présentes de façon substantielle et non plus de façon accidentelle. D'où, une impossibilité à pécher, à déchoir ensuite.

Je ne sais pas trop ce que vaut cette réflexion, si ça tient la route ?
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Antoine Marie
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Re: Question(s) autour du libre arbitre.

Message non lu par Antoine Marie »

Le péché de Lucifer est plus de se satisfaire de son état et de refuser de recevoir une autre gloire de Dieu, parce qu'il se trouve très bien comme il est. C'est la racine de l'orgueil : s'accomplir sans Dieu.
Du fait que tout nous vient de Dieu, c'est profondément absurde. Pourtant sans cette possibilité de choix, l'Amour n'existe pas.

En fait il y a deux niveaux très différents de liberté : le choix entre deux options (bien ou mal), et un autre niveau de liberté qui correspond à l'accomplissement de son être (tout acte qui accomplit mon être en vérité est un acte libre).
On peut dire que Satan a été confronté par Dieu à la première liberté et a fait le mauvais choix (il ne s'est pas accompli en acceptant de recevoir la gloire de Dieu).
Au paradis, notre liberté sera une liberté d'accomplissement de notre être où nous recevrons notre gloire de Dieu.
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Théophile
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Re: Question(s) autour du libre arbitre.

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mike.adoo a écrit : Je ne me soumets pas à Dieu ; pensez-vous que je sois un mécréant ? ou , plus simplement , dans l'erreur ? ( Cf mon message précédent )
Si soumettre veut dire pour vous se mettre à genoux pour éviter les coups de fouet, non. C'est une soumission de force, et Dieu ne force pas.

En revanche on peut se soumettre à Dieu, c'est-à-dire se mettre en état de dépendance envers lui, comme un embryon envers sa mère. C'est une soumission filiale, où toutes nos facultés sont soumises au bien. Cet état de dépendance nous horripile dans notre société où l'on se veut facilement indépendant (ce qui signifie souvent décréter qu'un mal objectif puisse être pour nous un bien.) Mais l'histoire des saints nous montre bien que cette soumission nous rend libre. Par exemple, Sainte Thérèse se comparait à une petite balle dans les mains de l'Enfant-Jésus, qu'il jetait parfois au loin. Ca l'air de l'enfantillage, mais cette attitude explique son héroïsme dans son agonie. Quand on l'a louait pour sa patience. Elle répondait : "Vous ne comprenez rien. Je n'ai pas une minute de patience. Mais je la demande constamment à Jésus" (Je cite de mémoire).

Saint Louis-Marie Grignon de Monfort se considérait comme l'esclave de Marie. Un autre saint disait :" Prie comme si tout dépendait de Dieu, et agit comme si tout dépendait de toi". Ainsi soumission à Dieu et liberté vont de pair, quand il est fait dans l'amour. Est-ce plus clair?
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Raistlin
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Re: Question(s) autour du libre arbitre.

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Didyme a écrit :J’ai quand même du mal avec cet argument que Dieu préfèrerait créer des personnes pouvant lui dire « non » comme si le « non » était un choix acceptable, comme s’il y avait une autre vérité ?!
Et comme si refuser Dieu faisait de nous des êtres libres ?! Mais c’est tout l’inverse.
Je crois que la liberté c’est de se réaliser, être en accord avec son moi, ce moi que Dieu a crée et Dieu crée les hommes pour la vie éternelle il me semble.
Y a-t-il d’ailleurs des passages bibliques qui parleraient d’une liberté dans le refus de Dieu ? C’est une vraie question que je me pose là.

Et puis aussi, ça apporterait quoi et à Dieu et à la créature que cette « liberté » de dire « non » ?
De fait, la liberté chrétienne est la liberté de choisir le bien, donc Dieu in fine. Mais cette liberté inclue aussi la possibilité de ne pas s'orienter vers le bien. Je suis d'accord avec vous pour dire que cela revient à se réduire en esclavage - ce que la Bible dit d'ailleurs - et que donc on n'est vraiment libre qu'en choisissant le bien et Dieu. Seulement, voilà, pas besoin de chercher bien loin pour constater que certains préfèrent renoncer à leur liberté plutôt qu'à autre chose. Ainsi, certains préfèrent continuer de fumer car arrêter serai trop dur. Certains préfèrent se soumettre aveuglément à un tiers (homme, secte, doctrine,…) leur disant quoi faire dans chaque situation car assumer le fait d'être responsable de ses actes est un poids trop lourd à porter.

Alors, qu’est-ce que ça apporterait à Dieu de créer des êtres capables de Lui dire non ? Ben je ne sais pas mais le fait est qu’Il en a créés. Pour ma part, je me dis qu’il n’y a aucune gloire (au sens biblique du terme et non pas de la gloriole humaine) à être aimé par des marionnettes, incapables de faire autrement que de « choisir » le bien.
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Re: Question(s) autour du libre arbitre.

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antoinemarie a écrit :Le péché de Lucifer est plus de se satisfaire de son état et de refuser de recevoir une autre gloire de Dieu, parce qu'il se trouve très bien comme il est. C'est la racine de l'orgueil : s'accomplir sans Dieu.
Du fait que tout nous vient de Dieu, c'est profondément absurde. Pourtant sans cette possibilité de choix, l'Amour n'existe pas.
Pourquoi l’amour n’existerait pas sans possibilité de choix ?
Si je prends l’exemple de sentiments amoureux homme-femme, ce n’est pas quelque chose qui se choisit, on ne dit pas dans ces cas-là « je décide de tomber amoureux de cette personne » ?! Et quand bien même on accepte ou pas de répondre à ce sentiment qui nous envahit, il n’empêche qu’il est là malgré tout.
Après, il y a généralement un travail volontaire à faire pour entretenir cet amour mais ça montre qu’à la base ce n’est pas nécessairement une question de choix.
antoinemarie a écrit :En fait il y a deux niveaux très différents de liberté : le choix entre deux options (bien ou mal), et un autre niveau de liberté qui correspond à l'accomplissement de son être (tout acte qui accomplit mon être en vérité est un acte libre).
Mais pour ce qui est du choix entre le bien et le mal, d’où vient qu’une personne choisisse le mal. Je ne pense pas que cela vienne de son for intérieur car cela signifierait qu’elle est crée tel quel, ce qui m’interpelle. Mais si ce n’est pas de son for intérieur, cela signifie qu’autre chose est venu se greffer dessus pour l’amener à ce choix.
antoinemarie a écrit :On peut dire que Satan a été confronté par Dieu à la première liberté et a fait le mauvais choix (il ne s'est pas accompli en acceptant de recevoir la gloire de Dieu).
Au paradis, notre liberté sera une liberté d'accomplissement de notre être où nous recevrons notre gloire de Dieu.
Je peux comprendre que l’être fasse un choix « à côté ». Par contre, j’ai du mal à comprendre lorsque ça conduirait à une perdition éternelle.
Un orthodoxe Kalomiros justifiait cela du fait que le rejet de Dieu venait du for intérieur de la personne et il me semble que c’est la seule chose qui pourrait expliquer la conception de perdition éternelle.
Le problème est que ça soulève certaines problématiques, à savoir que dans la création, il puisse y avoir des êtres qui viennent à l’existence ainsi ?!
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Re: Question(s) autour du libre arbitre.

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Raistlin a écrit :Alors, qu’est-ce que ça apporterait à Dieu de créer des êtres capables de Lui dire non ? Ben je ne sais pas mais le fait est qu’Il en a créés. Pour ma part, je me dis qu’il n’y a aucune gloire (au sens biblique du terme et non pas de la gloriole humaine) à être aimé par des marionnettes, incapables de faire autrement que de « choisir » le bien.
Je ne sais pas, est-ce vraiment une question de gloire que d’être aimé par les créatures ?
Je ne suis pas sûr que Dieu ait crée à la base pour qu’on choisisse de l’aimer ou pas. D’ailleurs Il n’a pas dit à Adam « Mange de l’arbre de la connaissance et choisit ». Non, Il lui avait commandé de ne pas le faire.
Et puis, Il ne réprimanderait pas ceux qui font le mal si ne pas le choisir était un choix acceptable.
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Re: Question(s) autour du libre arbitre.

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Didyme a écrit :Pourquoi l’amour n’existerait pas sans possibilité de choix ?
Si je prends l’exemple de sentiments amoureux homme-femme, ce n’est pas quelque chose qui se choisit, on ne dit pas dans ces cas-là « je décide de tomber amoureux de cette personne » ?!
Vous confondez sentiment amoureux et amour, ce qui est classique dans notre société dominée par l'émotionnel. En théologie, l'amour dépend de la volonté, non de l'émotion. Pour l'avoir vécu personnellement, je suis d'accord. On peut choisir d’aimer… comme on peut choisir de pardonner indépendamment de notre sentiment.

Didyme a écrit :Je ne sais pas, est-ce vraiment une question de gloire que d’être aimé par les créatures ?
Je ne suis pas sûr que Dieu ait crée à la base pour qu’on choisisse de l’aimer ou pas. D’ailleurs Il n’a pas dit à Adam « Mange de l’arbre de la connaissance et choisit ». Non, Il lui avait commandé de ne pas le faire.
Et puis, Il ne réprimanderait pas ceux qui font le mal si ne pas le choisir était un choix acceptable.
Attention, qui a dit que tous les choix possibles étaient acceptables ? Certainement pas moi. Comme vous l'avez dit, Dieu ne dit pas à Adam et Eve "choisissez de manger de l'arbre ou non" mais "ne mangez pas de l'arbre". Cependant, il faut bien admettre que Dieu a créé ses créatures libres de choisir d'entrer dans sa volonté ou pas. Pourquoi ? La réponse la plus satisfaisante me semble être l'amour, sans quoi le monde ne deviendrait qu'une espèce de test ce qui est impensable et inacceptable.

L'amour exige bien la liberté. Autrement, ce n’est pas de l’amour mais de l’aliénation ou de la sujétion.
Pour ma part, je me range à l’opinion comme quoi Dieu, parfaitement heureux en Lui-même, a voulu que d’autres êtres que Lui puisse goûter à sa joie et sa béatitude éternelle. Et qu’effectivement, le fait que d’autres qui Lui puisse vivre de sa vie participe à sa gloire.
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Re: Question(s) autour du libre arbitre.

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Didyme a écrit :Pourquoi l’amour n’existerait pas sans possibilité de choix ?
Si je prends l’exemple de sentiments amoureux homme-femme, ce n’est pas quelque chose qui se choisit, on ne dit pas dans ces cas-là « je décide de tomber amoureux de cette personne » ?! Et quand bien même on accepte ou pas de répondre à ce sentiment qui nous envahit, il n’empêche qu’il est là malgré tout.
Après, il y a généralement un travail volontaire à faire pour entretenir cet amour mais ça montre qu’à la base ce n’est pas nécessairement une question de choix.
Comme cela a été dit plus haut, il ne faut pas confondre l'amour sentiment, sexuel, attirance physique, amour qui prend (Eros) et l'amour don de soi (agapé) qui est un décentrement de soi même vers autrui.
Les sentiments et l'attirance passent, ou du moins s'atténuent avec le temps (c'est ce qui pousse la pensée moderne à dire "je ne t'aime plus"), tout être humain est capable de ressentir un sentiment d'attirance et des papillonnements dans le ventre à proximité de l'être aimé.
L'amour agape est plus exigeant, demande un réel renoncement, de sacrifier jusqu'à sa vie pour son prochain, indépendamment des sentiments que l'on a pour lui, c'est l'amour auquel Dieu nous appelle.

Plus d'infos sur les différentes façons d'aimer
Didyme a écrit :Mais pour ce qui est du choix entre le bien et le mal, d’où vient qu’une personne choisisse le mal. Je ne pense pas que cela vienne de son for intérieur car cela signifierait qu’elle est crée tel quel, ce qui m’interpelle. Mais si ce n’est pas de son for intérieur, cela signifie qu’autre chose est venu se greffer dessus pour l’amener à ce choix.
L'homme a été créé bon par nature (à l'image de Dieu) mais à cause du péché il est enclin au mal. Dieu lui donne une conscience et des repères (sa Parole) pour garder cette conscience éveillée, le monde lui donne des divertissements des contre valeurs pour l'endormir. Si l'homme laissesa conscience s'endormir, il se perd, tombe dans les ténèbres, et n'apprend plus à aimer en vérité.
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Re: Question(s) autour du libre arbitre.

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L'amour agape est plus exigeant, demande un réel renoncement, de sacrifier jusqu'à sa vie pour son prochain, indépendamment des sentiments que l'on a pour lui, c'est l'amour auquel Dieu nous appelle.
Dieu nous appelle à un amour à la fois agapè et eros, cf. Cantique des cantiques et plein d'autres références bibliques, Deus caritas est de Benoît XVI, les prédications du P. Cantalamessa de ce carême.
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Re: Question(s) autour du libre arbitre.

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Raistlin a écrit :Vous confondez sentiment amoureux et amour, ce qui est classique dans notre société dominée par l'émotionnel. En théologie, l'amour dépend de la volonté, non de l'émotion. Pour l'avoir vécu personnellement, je suis d'accord. On peut choisir d’aimer… comme on peut choisir de pardonner indépendamment de notre sentiment.
Il est vrai que je me suis peut-être un peu égaré ici.
Mais j’avoue que ce n’est pas forcément aussi clair que je le croyais sur ce point.
Pour cet amour homme-femme, le fait qu’il y ait eros n’empêche pas qu’il y ait aussi agape, non ?
De même, je me demande si dans l’agape, il n’y a pas aussi une forme d’eros. Je veux dire par là dans le fait que parfois on puisse être pris d’un tel amour pour l’être qu’on voudrait « fusionner » avec. Eros est-il purement quelque chose de physique ?
Je ne suis pas forcément très à l’aise avec les nuances.
De même, n’est-il pas question aussi de sentiment dans l’agape ? A quoi ressemble un amour sans sentiments ?
Ça y est, je suis complètement embrouillé. Image

Et puis, si je suis d’accord pour dire qu’on peut choisir d’aimer, ne peut-il pas arriver qu’on ait un amour agape qui ne provienne pas de la volonté (l’amour vient, on ne s’y ferme pas certes mais il n’est pas non plus le fruit d’un choix) ?
Raistlin a écrit :Attention, qui a dit que tous les choix possibles étaient acceptables ? Certainement pas moi. Comme vous l'avez dit, Dieu ne dit pas à Adam et Eve "choisissez de manger de l'arbre ou non" mais "ne mangez pas de l'arbre". Cependant, il faut bien admettre que Dieu a créé ses créatures libres de choisir d'entrer dans sa volonté ou pas. Pourquoi ? La réponse la plus satisfaisante me semble être l'amour, sans quoi le monde ne deviendrait qu'une espèce de test ce qui est impensable et inacceptable.
D’un côté, c’est vrai et votre remarque me titille car il est un fait qu’on est libre de nos mouvements de volonté, qu’on peut choisir. Et on le sent quand on dit normalement « oui » ou « non » que c’est bien nous qui faisons ce choix sans contraintes et que ce choix vient de nous. Et ceci m’interpelle sur le fait que si Dieu nous a doté de cette capacité (ce qu’on peut appeler libre-arbitre) alors c’est forcément pour une raison. Vous dites l’amour et je vais y cogiter.

Mais ne serait-ce pas simplement le fait de la nature raisonnable, de pouvoir penser, de dire « je suis », d’être simplement une personne qui induit cette possibilité de mouvement de notre volonté.
Et non pas pour pouvoir faire à un moment donné le choix d’aimer mais pour être conscient de l’amour, pour être réceptif.
Quel sens prendrait l’amour pour une plante qui n’a pas conscience de l’amour et ne peux y répondre ?
Et ensuite d’accord, il faut le mouvement de notre volonté en faveur de cet amour pour ouvrir la porte et qu’il y ait ensuite échange et communion.

Mais le but de Dieu dans ce « libre-arbitre » est-il de voir si on va répondre « oui » ou « non », juste pour voir, pour en tirer une gloire ? Mais j’ai du mal avec cette idée car je ne suis pas sûr qu’il y ait une question de gloire là-dedans comme si Dieu avait « gagné » l’amour de la créature, ce qui sous-entendrait qu’il y ait une question de mérite en ce qui concerne Dieu, ce qui n’a pas de sens. (Je peux comprendre quand vous parlez de gloire mais plus dans le sens d’une gloire venant du fait que Dieu partage sa vie, de plus à des créatures comme nous, et de la façon dont Il nous a racheté)
Ou le but de Dieu était simplement de permettre cet échange qui est rendu possible par ce « libre-arbitre » ?
Parce que si ça se ressemble, ça ne veut pas tout à fait dire la même chose.

Car dans le premier cas, on pourrait peut-être dire comme vous le disiez « le monde ne deviendrait qu'une espèce de test ».
Raistlin a écrit :L'amour exige bien la liberté. Autrement, ce n’est pas de l’amour mais de l’aliénation ou de la sujétion.
Il est vrai qu’un amour forcé est bien ce que vous dites.
Mais ce qui me fait cogiter c’est « l’amour exige bien la liberté » ce qui renverrait à l’idée qu’il faille être libre d’accepter ou de refuser l’amour pour que ce soit vraiment l’amour alors que j’aurais plutôt tendance à penser que la liberté est dans l’amour. L’amour n’a pas besoin de la liberté (mais plutôt d’un mouvement de notre volonté) mais la liberté est dans l’amour.

D’ailleurs, vous dites bien :
De fait, la liberté chrétienne est la liberté de choisir le bien, donc Dieu in fine. Mais cette liberté inclue aussi la possibilité de ne pas s'orienter vers le bien. Je suis d'accord avec vous pour dire que cela revient à se réduire en esclavage - ce que la Bible dit d'ailleurs - et que donc on n'est vraiment libre qu'en choisissant le bien et Dieu. Seulement, voilà, pas besoin de chercher bien loin pour constater que certains préfèrent renoncer à leur liberté plutôt qu'à autre chose.
Mais c’est là où ça me pose quelques problèmes car Dieu a crée chaque être pour la liberté, pour la vie éternelle (si je ne me trompe pas ?), donc si nous refusons l’amour de Dieu alors cela ne vient pas naturellement de notre for intérieur mais du péché qui pollue tout. Car si certains préfèrent renoncer à leur liberté, ce n’est pas la conséquence d’un rien.
J’ai du mal avec l’idée de perdition éternelle dans ces conditions, ce qui quelque part renvoi aussi à l’idée que le péché puisse disputer des âmes à Dieu, en tenir captif. Mais que penser quand il est dit « La mort a été engloutie dans la victoire. » (1Corinthiens 15:54) ?
L'autre est un semblable.
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Re: Du libre arbitre.

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Cher Didyme,

pour bien comprendre l'amour, rien ne vaut la vision de Saint Thomas d'Aquin, et un papier et un crayon !
Dessinez sur votre feuille un triangle isocèle, que vous couperez en trois étages. Ce triangle représente la construction intérieure de l'homme, ce n'est pas compliqué à dessiner !
Au rez, il y a l'"âme" végétative (croissance, nutrition, reproduction), au milieu se trouve l'"âme sensitive" partagée avec les animaux, notre dimension psychologique et nos passions. Tout en haut siège l'"âme spirituelle" qui comporte deux facultés spirituelles : l'intelligence (notre capacité à saisir ce qui est vrai) et la volonté (notre capacité à choisir ce qui est bien). Je vous laisse donc couper en deux le dernier étage, de manière verticale, en plaçant un I pour Intelligence à gauche, et un V pour la volonté, à droite.

Ces trois étages communiquent entre eux, bien sûr.

Quel est le lien de tout cela avec l'amour ? Tout simplement, c'est que l'homme à des attirances à divers niveaux. Saint Thomas parle plutôt d'appétit. Il en distingue trois.

a) l'appétit naturel, c'est l'attirance que j'ai à cause de ce que je suis. Un caillou est attiré vers le sol à cause de ce qu'il est (nous aussi d'ailleurs). S'il avait été un ange, cet attrait n'existerait pas. Mais le caillou n'a pas faim, moi si, à cause de ma nature. Au niveau sensitif, je suis poussé à exercer mes facultés sensibles (voir, toucher, etc.). Mon intelligence, elle est naturellement faite pour la vérité, et ma volonté est attirée naturellement par ce qui est bien.
Cet attrait est irrépressible et aveugle. Je ne peux pas par exemple m'empêcher d'avoir faim. Donc à ce niveau, pas de liberté possible.

b) l'appétit sensitif est l'attrait que j'ai envers quelque chose suite à une connaissance sensible. Un lion affamé qui perçoit une gazelle aura un amour pour elle sans concession. Un gars passe devant une fille et hop, quelque chose se réveille en lui. A ce premier stade l'attrait n'est ni bon ni mauvais, même si l'homme est marié. Il ne pêche donc pas lorsque s'éveille cet attrait en lui.

c) l'appétit rationnel (=attrait vers le bien = notre volonté). Comme l'être humain est doté d'un "étage" spirituel et donc de faculté spirituelle, il est capable d'être attiré vers ce qui est bon. l'étologie nous montre qu'un lion affamé qui voit une gazelle ira forcément la croquer à pleine dents, tandis que s'il n'a pas faim, il ne les dérangera pas, même si une de ces bêtes vient boire au ruisseau près de lui.
Chez nous, ce n'est pas ainsi. Je puis être repu, puis percevoir un morceau de chocolat et le manger ou non. Ou au contraire, je peux manger juste pour goûter ou pour faire plaisir à quelqu'un. Ou simplement parce que c'est bon.

Ces trois appétits ne sont pas séparés dans la réalité. St Thomas distingue toujours les choses pour mieux les unir. Mais en fait, on remarque qu'il y a très souvent des conflits intérieurs. Que nous sommes tiraillés de part et d'autre. Que je fais le mal que je ne veux pas et je ne fais pas le bien que je voudrais, comme dit St-Paul. Nous ne sommes pas unifiés.
Normalement, l'étage spirituel devrait toujours gouverner, et prendre la température au niveau des émotions (au deuxième étage) avant de prendre une décision. L'homme marié qui réagit émotionnellement devant une fille ne pêche pas au début, il subit. Mais dans un deuxième temps son intelligence (=sa capacité à saisir ce qui est vrai) et sa volonté (= sa capacité à saisir ce qui est bon) se mettent en marche. Et là se situe sa liberté qui s'appuie sur ces deux facultés. En choisissant d'être fidèle à sa femme, il choisit le bien en toute connaissance de cause. En choisissant de conquérir cette dame (pour prendre un extrême), il rate sa cible première (celle d'être fidèle), et donc il pèche (verbe qui signifie justement "rater la cible"). C'est donc à l'étage spirituel que se joue le libre-arbitre. Pour poser un acte libre, je dois donc avoir une certaine connaissance de ce que je choisis, et je dois être capable de le choisir du dedans.

En résumé, je suis "fait" intérieurement par 3 étages qui ont chacun des attraits extérieurs (pour faire simple). Au niveau végétatif, je n'ai pas de liberté. Au niveau sensible, j'ai une relative liberté (si j'ai faim, je peux décider de jeûner un certain temps, mais pas trop). Au niveau spirituel, c'est la liberté totale (je peux garder les yeux fermés devant un vilain spectacle, ou même ne pas y adhérer intérieurement si je suis contraint de le regarder parce qu'on a placé des broches qui m'empêchent de fermer les paupières).

La Bible nous enseigne que le désordre en l'homme est dû au péché originel - avec le tentateur dans le coup -, à mes péchés personnels et à ceux des autres. On comprend ainsi qu'on a besoin d'un sauveur pour nous ordonner définitivement.

Je voulais aussi poursuivre avec l'amour de convoitise et l'amour d'amitié, mais le devoir m'appelle. (Il me semble qu'il y a aussi de la matière à digérer pour vous :p ).
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Didyme
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Re: Du libre arbitre.

Message non lu par Didyme »

Merci pour cette explication, je vais y réfléchir mais je me sens toujours assez confus à première vue. Image :-D

ça me fait peur car ça me donne l'impression que l'amour agape est quelque chose de tellement raisonné, réfléchi qu'il perd tout son feu, sa folie.
Là, j'ai besoin d'approfondir le sujet car je me retrouve heurter dans quelque chose de primordial pour moi. Je ne sais plus trop quoi penser.
L'autre est un semblable.
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