Un gentil athée a écrit :
Amhà, il faut :
- que le client et la prostituée aient la capacité de contrôler les conséquences émotionnelles de la sexualité : d'expérience, je vois bien que bon nombre de gens en sont incapables... et naissent alors des passions d'exclusivité, de possessivité, des envies d'aller plus loin (mariage, enfants...) alors que la compatibilité n'y est pas, ou que des engagements sont déjà pris ailleurs.
Je ne vois de toute façon pas comment une personne pourrait être saine d'un point de vue émotionnelle si elle arrive à considérer son prochain comme un bout de viande/un objet sexuel.
- que toute possibilité de procréation soit exclue : étonnez-vous mais j'ai beau être très ouverts en matière de mœurs, je suis en revanche convaincu (parce qu'on m'a apporté des bons arguments) du fait que l'avortement est un crime s'il est commis délibérément. Par ailleurs, pour le bien de la progéniture, il faut que cette dernière soit le fruit d'un projet parental, et non d'un accident de partouze ou de prostitution...
Il est bien connu que les méthodes contraceptives sont fiables à 100%

. Qu'arrive t il à une malheureuse tombant enceinte ? Si elle se prostitue sous la contrainte, elle se verra dans l'obligation d'avorter pour continuer à exercer.
Un gentil athée a écrit :
La liberté de l'acte doit être supposée par défaut sauf raisons de croire le contraire. Sinon, il faudra croire que personne n'est jamais libre de rien choisir. Exemple : je vais m'acheter du pain. Comment puis-je déterminer que la boulangère est libre de son choix de me le vendre ?
Même si vous avez pris cet exemple en toute innocence, il est tout de même intéressant par ce qu'il cache. J'espère que vous n'allez pas voir cela comme une attaque personnelle.
La boulangère est celle qui vend du pain à tout ceux qui en veulent, et cela est normal. Et par comparaison, la prostituées seraient celles qui vendent des rapports sexuels à tous ceux qui en veulent. Une femme ainsi immédiatement accessible et disponible est une attirance masculine assez commune. Il suffit de voir les publicités orientées vers un public masculin, où une créature de rêve est présentée avec le produit. Au point que parfois on se demande si ils vendent la femme ou le produit en question, comme si en quelque sorte la femme était fournie avec le produit.
Nous avons tous des attirances et elles sont ce qu'elles sont. Mais quand on confond le fantasme de la réalité, cela s'appelle une perversion.
Tout le malheur du sujet est que la perversion est entretenue par les prostituées:
-par celles qui sont vraiment libres (comme le témoignage que vous nous avez fourni), nous faisant ainsi croire qu'elles sont majoritairement dans ce cas. De plus, je ne peux que me poser des questions sur leur santé psychologique.
-par toutes les prostituées (libres ou non) dans leur relation avec le client. Pour éviter de donner mauvaise conscience au client et ainsi le fidéliser, elles ne montrent évidemment pas qu'elles ne sont pas libres. Elles simulent même pour améliorer le petit ego de monsieur. Le client se sent ainsi conforté et s'enlise dans sa perversion.
Toute époque confondue, la prostitution est généralement forcée et il faut donc supposer par défaut qu'elle n'est pas libre contrairement à la boulangère.
80% des prostituées font partie d'un réseau de proxénétisme (source :
http://www.solidarite.gouv.fr/espaces,7 ... ,6179.html).
Et puis, il y a celles aussi dont on ne peut pas vraiment dire qu'elle sont forcées par quelqu'un mais dont on ne peut pas dire non plus qu'elles sont libres. Une grande détresse financière (en particulier dans le cas d'une addiction à une drogue) est un moyen de jeter quelqu'un sur le trottoir.
Si certaines filles subissent le rapt, les cas les plus fréquents restent les faux contrats qui promettent un emploi de serveuse ou de fille au pair.[...]
Une fois prises au piège, leurs papiers d'identité leur sont confisqués. Les filières rendent ensuite irréversible l'état de dépendance en menaçant la victime de représailles sur sa famille, et en pérennisant cette dépendance par l'endettement (coût du transport, hébergement, etc.).
Les jeunes femmes sont ensuite emmenées dans des "camps de dressage", concentrés en Albanie et en Italie, où elles subissent des traitements inhumains, visant à détruire en elles toute forme de résistance. Viols collectifs, coups, privations de nourriture, tous les instruments de la torture sont mobilisés pour soumettre définitivement les victimes et leur retirer toute dignité et respect d'elles-mêmes. Dociles, elles peuvent ensuite être vendues sur les marchés occidentaux.
[...]les proxénètes leur imposent un rendement qui doit atteindre 5 000 francs par nuit - la passe est à 200 francs - sous peine d'être encore plus violemment battues. Ce système de prostitution assure un isolement absolu des filles entre elles et vis-à-vis de l'extérieur. [...]
L'isolement linguistique permet aussi un contrôle absolu de la vie quotidienne. [...]
Il faut enfin insister sur leurs terribles conditions sanitaires: les prostituées n'ont bien entendu pas accès à un suivi gynécologique, elles sont exposées aux MST et l'on relève jusqu'à des cas de galle! Certaines sont acculées à des avortements à répétition, provoquant des séquelles physiques et des traumatismes psychologiques graves.
Régulièrement battues par les proxénètes, hématomes et fractures sont chez elles monnaie courante. Le plus souvent, elles n'ont pas accès aux soins hospitaliers; dans tous les cas, elles doivent continuer chaque soir à se prostituer.
source :
http://www.regard-est.com/home/breve_contenu.php?id=175
Je peux vous assurer que ce genre de témoignage n'est pas un délire d'abolitionnistes. J'ai entendu beaucoup de récits de membres d'une association venant en aide aux prostituées, ils sont tous du même genre.
(note: j'ai volontairement choisi un article pas trop horrible. Il existe des témoignages encore plus ignobles, en particulier dans les pratiques imposées).
Et je vous invite aussi à vous renseigner sur le temps où les maisons closes étaient alors ouvertes en France.
Bien qu'à cette époque les prostituées étaient majoritairement française, le schéma était le même : maintenues dans leur condition grâce à l'endettement et à la torture. Pire encore l’État était complice. Il reconnaissait le droit aux maisons closes de réclamer leur dette. Et les prostituées étaient soumises à un régime particulier: interdiction de s'approcher d'une église, d'une école ou d'autres lieux publiques. Ainsi elles étaient séquestrées en toute légalité.