"elle perdrait donc l’existence en tant qu’énergie pour devenir autre chose. Or lorsqu’on possède l’existence par soi-même, on ne peut pas la perdre. Donc l’énergie n’est pas l’être nécessaire qu’on recherche."
Oui mais dans ce cas l'énergie ne perd pas son existence, elle se transforme en matière ("devenir autre chose", vous le dites), mais elle ne "meurt" pas, ne disparait pas, elle peut donc bien être l'être nécessaire à toute forme de vie.
Sur le changement de l'Univers qui prouverait selon vous sa non nécessité, j'avais écris cela plus tôt : "De plus, justement, je serais tenté de dire, la seule chose qui ne change pas, qui est éternelle est justement le changement, et ce n'est pas pour faire un simple jeu de mots, il me semble effectivement que la possibilité de la vie nait de ce changement perpétuel et infini (la fin d'un univers l'apparition d'un autre, les changements de la matière qui se transforme). Je suis d'accord justement avec cette contingence, ou du moins même si je n'en suis pas certaine à 100pour cent, le hasard, la contingence me semble garante de l'infini, alors que la volonté d'un Dieu me parait plutôt aboutir à un univers fini, défini, donc pas absolu.", et je le pense toujours...
"Si par abréger les souffrances de l’innocent, vous entendez plutôt intervenir pour que le mal n’ait pas lieu, ou pour qu’il cesse immédiatement, c’est une question complexe."
C'est bien cela que j'entendais, pas le fait de faire mourir ceux qui souffrent.
Il est donc sain de se révolter contre le mal : c’est le signe le plus évident (n’en déplaise aux matérialistes) que nous ne sommes pas faits pour ça, qu’à la base nous ne devions pas connaître tous les maux qui nous accablent. Voilà précisément pourquoi l’athéisme, au sujet du mal, ne tiendra jamais la route : les athées sont contraints d’affirmer que les maux qui nous accablent sont « naturels ». Mais si c’était le cas, nous ne nous révolterions pas, nous pourrions certes chercher à améliorer notre sort mais sans révolte… or ça ne correspond pas un seul instant à l’expérience humaine.
Même si on peut effectivement considérer que les maux qui nous accablent sont naturels, cela n'empêche pas de penser que la révolte est elle aussi naturelle pour les Hommes, car ils ont une conscience à la différence des animaux (qui n'ont pas conscience de leur propre conscience des choses, qui ne peuvent élaborer des critères de vie et des critères moraux). Cette conscience qui nous rend uniques par rapport aux animaux, rien ne prouve qu'elle vient de Dieu, qu'elle n'est pas une caractéristique naturelle de notre espèce humaine. Peut-être même existe-t-il dans l'Univers des êtres bien plus intelligents que nous. Après, certains maux peuvent ne pas paraitre très "naturels" en effet (mais le sont pourtant car ils viennent de nous ou d'autres Hommes) en comparaison avec le mode de vie de certains peuples qui vivent en harmonie avec la nature et se tiennent éloignés de l'esprit de compétitivité, de l'appât du gain au mépris de la vie humaine, parmi lesquels pas un individu mourant de faim n'est laissé sans secours (sans doute du fait de leur éloignement géographique avec le monde moderne, de leur type d'habitation qui fait que l'on ne peut ignorer ses voisins, ou parce que leur communauté est plus restreinte et qu'ils se connaissent tous). Certains maux sont reconnus non naturels car on sent bien qu'on aurait pu les éviter, qu'il aurait pu en être autrement mais qu'ils sont du fait d'un engrenage et qu'on se sent impuissant.
"L’athéisme, pour ne parler que de cette idéologie, ne résout pas la question du Mal, ne propose rien sinon l’oubli de la question comme si il ne fallait pas vraiment s’en préoccuper."
C'est faux, l'athéisme ne délaisse pas la question du mal. Certains athées certes s'en soucient peu, sont matérialistes au sens courant du terme et ne cherchent qu'à jouir de la vie sans se soucier de l'améliorer mais ce n'est pas le lot de tous. Sartre proposait bien l'engagement pour la cause qu'on estime juste et vraie, Camus a été résistant, a lutté dans la guerre civile chinoise etc. Enfin je ne vais pas citer tous les athées qui ont cherché à améliorer la vie (donc à lutter contre le mal, ou ce qu'ils estimaient être le mal). Pour ma part, je dirais que lutter contre le mal consiste à apporter son aide et son affection à ceux qui en ont besoin, à tenter de communiquer avec tous ceux qui veulent bien le faire, en écartant au maximum les préjugés que l'on peut avoir, à ne pas juger, se faire une opinion hâtivement d'une personne (je ne dis pas ça pour vous, mais c'est vraiment une chose que je remarque souvent un peu partout, et ça a le don de vraiment m'agacer, car je trouve que même au bout de deux mois on ne peut vraiment connaitre quelqu'un, et qu'on ne peut jamais vraiment connaitre en profondeur quelqu'un, serait-ce un proche), à faire plaisir aux autres, à respecter autrui, à ne pas nuire à la liberté d'autrui en exerçant la sienne. Donc les athées aussi peuvent réfléchir sur la question du mal.
"L’argument des multi-univers n’est qu’une interprétation de l’équation d’évolution d’Heisenberg, équation problématique lorsque confrontée à la réalité de l’expérience. Il est donc fallacieux d’utiliser une interprétation hypothétique d’une équation comme argument métaphysique, surtout quand ladite interprétation est elle-même problématique.
Rappelons la problématique initiale : l’équation d’évolution d’Heisenberg est une équation de la mécanique quantique décrivant l’évolution dans le temps d’une fonction d’onde.
Le problème c’est que cette équation décrit une évolution continue et ne permet pas d’expliquer l’effondrement de la fonction d’onde, effondrement qui survient au moment de la mesure expérimentale." (Amfortas)
J'avoue ne rien comprendre à tout cela, pour moi c'est du chinois vraiment (pas à cause de vous mais du fait que je n'ai pas les bases sur la physique quantique etc.) mais je vais lire dès que j'aurai un moment une vulgarisation de cette théorie du multi-univers et des cordes, pour tenter d'en reparler ensuite (vu que ça intéresse aussi Raistlin). Désolée, je n'ai encore pu me renseigner du fait de ce début de vacances (elles ont commencées début juillet pour moi) passées à voir pleins d'amis, pour tenter de "rattraper" tous les mois où j'ai étudié, révisé mes cours et mes bouquins comme une malade au moins huit heures par jour pour tenter d'avoir mon concours. et félicitation. Bon, j'ai déjà compris ce qu'est l'anthropisme en venant ici

. Quand j'aurai lu tous les livres que j'ai acheté (des romans), je lirai peut-être Y a-t-il un grand architecte dans l'univers?, mais est-il abordable pour les non scientifiques, donne t-il des explications simples et synthétisées, des définitions des mots scientifiques, ou s'adresse t-il seulement aux confirmés ?
"Ânerie monumentale car ce qu’il est convenu d’appeler le vide quantique, n’est pas rien, mais est au contraire un champ de possibles. D’ailleurs en probabilité on parle de l’univers des possibles pour désigner l’ensemble des évènements susceptibles de se réaliser au cours d’une expérience aléatoire." (Raistlin)
Pour le coup je suis d'accord là, ou alors cet auteur voulait dire "vide quantique" mais a été maladroit dans se formulation en utilisant "rien"…
"et félicitation Alouette pour votre capes de lettre" (l'observateur)
Merci !
"que l'Univers soit éternel ou pas ne change rien au fait qu'il n'a pas l'existence par lui-même" (Raistlin)
Là je ne comprends pas car vous avez dit auparavant que ce qui n'a pas d'existence en lui-même ne la possède pas et donc ne peut être éternel, que seul ce qui a l'existence en lui-même est éternel. Donc si l'Univers est éternel (supposition, je ne prouve rien bien sûr), c'est qu'il a l'existence en lui-même.
"Tout a une cause mais justement, il faut bien une cause première !!"
"Ce n'est qu'une hypothèse, aussi rationnelle soit elle."
"Non, ce n'est pas une hypothèse, c'est une évidence. Tout effet a une cause, c'est même là le fondement de la démarche scientifique." (ce dernier propos de Raistlin)
Mais si vous dites que tout a une cause, vous ne pouvez pas admettre à côté l'idée de quelque-chose (Dieu) qui aurait toute éternité, c'est contradictoire. Et si on admet que quelque-chose peut ne pas avoir de cause, et donc être éternel, il peut s'agir aussi bien d'un Dieu transcendant que d'un élément physique (les deux sont possibles, la deuxième possibilité n'est pas ridicule).