Cinci a écrit : Le judaïsme a parfaitement bien survécu aux Pays-Bas, en Amérique, en Italie (à Rome entre autres), en Russie, etc.
J'ai fait quelques recherches sur la "parfaite survivance" du judaïsme. J'ai commencé par la Russie (sur Wikipedia, tout simplement):
Avant 1880
Les Juifs ashkénazes sont présents en grand nombre dans l'est de l'Europe depuis les xiiie et xive siècles. Ils y ont joui d'un statut favorable jusqu'en 1646, date du soulèvement des Cosaques zaporogues et de la population ruthène conduit par Bogdan Khmelnitski. De nombreux massacres secouent l'Ukraine pendant deux ans, touchant les populations catholiques et, plus encore, les Juifs. Près de 100 000 Juifs périssent3.
Les Juifs subissent de nouveaux massacres lors de l'invasion de la République des Deux Nations entre 1654 et 1656 par les armées tsaristes.
Dans l'Empire russe
La première vague de massacres désignés comme pogroms eut lieu entre 1881 et 1884. Alexandre III, qui succède à son père Alexandre II assassiné, met fin à la politique libérale de ce dernier. Conseillé par son ancien précepteur, Konstantin Pobedonostsev, devenu procureur du Saint-Synode, il mène dès son avènement une politique réactionnaire et antisémite. Les Juifs sont rendus responsables de l'assassinat du tsar précédent. La politique du gouvernement au sujet des Juifs tient dans ce programme : « Un tiers des Juifs sera converti, un tiers émigrera, un tiers périra3 ». En 1881 éclatent plus de cent pogroms : les principaux sont ceux d'Elisabethgrad le 15 avril 1881, de Kiev le 26 avril, d'Odessa du 3 au 5 mai 1880, de Varsovie, alors possession russe entre décembre 1881 et janvier 1882 et de Balta le 22 mars 18825. Les populations locales chrétiennes, soutenues et souvent incitées par la police du tsar, attaquent les communautés juives de la ville ou du village avec l'approbation des autorités civiles et religieuses. Aux destructions et pillages des biens des Juifs s'ajoutaient les viols et les assassinats. La troupe n'arrive souvent que trois jours après le début du pogrom. Le gouvernement russe utilise les pogroms pour limiter les droits économiques des Juifs et les expulser des villages.
Alors que la Russie traverse une grave crise révolutionnaire, une deuxième vague de pogroms frappe les populations juives entre 1903 et 1906. Les plus importants sont ceux de Kichinev le 6 avril 1903, de Jitomir en mai 1905 et de Bialystok le 1er juillet 1906. À Kichinev, où la presse et les autorités alimentent des rumeurs antisémites depuis plusieurs mois, c'est le meurtre d’un jeune chrétien, Michael Ribalenko, qui met le feu aux poudres. Accusés de crime rituel, les juifs subissent un pogrom de trois jours, le gouverneur ayant donné l'ordre à la police de ne pas intervenir. Après le pogrom d'avril 1903, les Juifs de Kichinev organisent des comités d'autodéfense. Cela n'empêche pas 19 d’entre eux de périr lors de nouvelles attaques les 19 et 20 octobre 1936.
Après la Révolution russe d'octobre 1917, les Juifs de Russie ont continué à être persécutés par les tsaristes et on compte des milliers de victimes de pogroms pendant la guerre civile de 1918 à 1921, en particulier des Juifs d'Ukraine et de Pologne orientale, certains les accusant d'être à l'origine du bolchévisme, donc de la Révolution d'Octobre et parlent alors de judéo-bolchévisme. Des bandes de paysans en lutte contre l'Armée rouge massacrent les Juifs avec l'appui de certaines troupes ukrainiennes du président Simon Petlioura comme en particulier à Proskourov le 15 février 1919. Ce dernier sera assassiné à Paris en 1926 par Samuel Schwartzbard. En Russie même, l'Armée blanche de Denikine est à l'origine de plusieurs pogroms dont celui de Fastov le 15 septembre 19195. Pour l'année 1919, les historiens ont recensé 6 000 morts dans les pogroms anti-juifs en Russie.
En tout, la Russie a été pendant cette période le lieu de pogroms majeurs et 349 mineurs, qui auraient fait plus de 60 000 morts. Les pogroms ont une double conséquence : l'émigration massive de 600 000 Juifs au cours des vingt dernières années du xixe siècle, vers les États-Unis essentiellement, et la création du mouvement sioniste.
Et après la seconde guerre mondiale
La prise du pouvoir par les Bolcheviques en 1917 a donné lieu à de grandes campagnes en faveur de l'athéisme dans les années 20 : l'hébreu, considéré comme langue "contre-révolutionnaire", est mis hors-la-loi, les synagogues fermées, les mouvements politiques juifs interdits et la culture juive étouffée.
En s'éloignant de leurs origines, plusieurs Juifs arrivent tout de même à intégrer l'appareil du Parti communiste (Trotsky, Zinoviev,…). De 1930 à 1939, c'est un Juif qui est en charge de la politique étrangère soviétique, avant d'être relevé de ses fonctions à la signature du pacte germano-soviétique de non-agression.
En 1947, les autorités empêchent la sortie du Livre noir, un recueil de témoignages sur les atrocités perpétrées par les nazis contre les Juifs, rédigé à la demande du comité antifasciste juif d'Union soviétique. Les membres de ce comité seront accusés de "cosmopolitisme" et emprisonnés en 1948.
En 1952 éclate "le complot des blouses blanches" : la police secrète accuse des chercheurs juifs d'avoir ourdi une conjuration pour éliminer les chefs du parti communiste. C'est dans ce climat que les membres du comité antifasciste sont jugés et condamnés à mort. S'ensuit une vague d'élimination des intellectuels juifs : près de 450 sont tués, accusés d'être complices du " sionisme international ". L'antisémitisme, théoriquement prohibé, n'est dans la pratique ni poursuivi ni combattu. Il est même utilisé comme arme politique pendant la guerre froide : Staline se sert des Juifs comme boucs émissaires, en les accusant d'être des agents au service de l'impérialisme occidental. Dans les années 60, l'alliance militaire entre l'Union soviétique et les pays arabes se renforce, dans une stratégie "anti-impérialiste" englobant les pays du Tiers-Monde. L'antisémitisme se dissimule alors derrière un antisionisme* virulent : à cette époque, les Juifs sont exclus de l'administration, de l'armée, du Parti, des quotas leur barrent la route de l'université et ils sont moins présents dans les professions scientifiques et intellectuelles. On met en doute leur loyauté envers l'Etat en invoquant leurs liens avec Israël et les Etats-Unis.
La guerre des Six Jours, qui voit la défaite des armées arabes équipées par l'URSS, donne lieu à une campagne officielle contre les Juifs : le judaïsme est présenté comme une religion criminelle, raciste et haineuse, et les Juifs comme des comploteurs cherchant à dominer le monde. Les livres antisémites fleurissent - parmi lesquels les Protocoles des Sages de Sion* - et les parodies de procès se succèdent jusque dans les années 80. Les termes "sioniste" et " juif " sont interchangeables dans la propagande massive qui circule. Les Juifs sont aussi tenus responsables du manque de cohésion de la société russe, des échecs économiques et militaires, de la chute du tsarisme, de la cruauté de la Révolution russe, des camps du Goulag et de la terreur stalinienne. On les interne dans des camps en Sibérie, on interdit l'étude de l'hébreu et la pratique du judaïsme, on les empêche d'émigrer (ceux à qui l'on refuse un visa de sortie prennent alors le nom de "refuzniks", comme Ida Nudel ou Nathan Shtaransky).
A la fin des années 80, à mesure que le communisme se désintègre, l'antisémitisme croît : les écrits antisémites de la presse officielle se multiplient, les mouvements d'extrême-droite comme le Pamiat prennent de l'ampleur. La chute du communisme voit se renforcer les alliances entre communistes et fascistes, les théories racistes sont diffusées à grande échelle, les journaux antisémites se vendent ouvertement. Depuis 1989, plus d'un million de Juifs ont quitté l'ex-URSS, dont 800 000 à destination d'Israël.
Ilya EHRENBOURG et Vassili GROSSMAN : Le Livre noir, Paris, Actes Sud/Solin, 1995.
L. KOCHAN (éd.): Les Juifs en Union soviétique depuis 1917, Paris, Calmann-Lévy, 1971.
Elie WIESEL : Les Juifs du silence, Paris, Seuil (points), 1966.
C'est en réalité, cette pseudo "parfaite survivance' des Juifs, principalement en Russie (selon Cinci) qui ont entraîné le retour en Israël sur une large échelle.