Dieu a créé l'univers, mais avant ?

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Amfortas
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Re: Dieu a créé l'univers, mais avant ?

Message non lu par Amfortas »

Chinotard a écrit :

D'ailleurs la délimitation pour un "être" est totalement arbitraire. Deux bille juxtaposée ne forme pas un être. Vous non plus alors ? Car les règle physique qui s'exerce sur deux bille juxtaposée sont les même que celle qui s'exerce sur deux atomes et que celles qui s’exerce entre la terre et la lune. Vous qui êtes composé que d'atomes, vous n’êtes donc pas plus un être que deux bille juxtaposées ou que la terre et la lune.

La délimitation d’un être n’est pas arbitraire, par exemple : je ne suis pas vous, vous n’êtes pas moi, vous et moi sommes deux êtres distincts, nier une évidence aussi manifeste revient à sombrer dans l’inintelligible.

Par contre votre remarque est judicieuse dans la mesure où elle permet d’ouvrir le procès du matérialisme. En effet la physique contemporaine nous montre l’inexactitude de l’atomisme démocritéen qui postulait l’existence d’ êtres ultimes microscopiques avec des formes plus ou moins différentes, composant tous les êtres du macrocosme. D’une part cette notion de particule ultime est repoussée à chaque fois que de nouvelles particules élémentaires émergent dans les cyclotrons suite au cassage de noyaux que l’on pensait jusque là être insécables. D’autre part la mécanique quantique a montré que les microparticules n’avaient pas de forme à proprement parler. (que par exemple le schéma de l’atome de Bohr avec sa géométrie inspirée du système solaire était inexacte).

Par conséquent, oui on peut dire : un agrégat matériel n’est pas un être, les molécules qui le composent pas davantage, les atomes qui composent ces molécules non plus, les neutrons et protons qui composent ces atomes non plus, les quarks qui composent ces neutrons et protons non plus, etc…

Alors vous allez me dire : mais alors la notion d’être n’est pas matériel ? Tout à fait, c’est la seule conclusion logique possible et c’est la ruine du matérialisme. L’être ne provient pas de la matière.

Et donc pour en revenir à l’exemple de l’être humain : la matière seule ne fait pas l’être humain, pour avoir l’être humain il faut l’unir à une forme, en l’occurrence l’âme.
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Antoine Marie
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Re: Dieu a créé l'univers, mais avant ?

Message non lu par Antoine Marie »

Brillant ! :clap:
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Trip
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Re: Dieu a créé l'univers, mais avant ?

Message non lu par Trip »

Je reviens un peu tard après vos réponses à mon message. Pour reformuler ce que vous avez dit, dites moi si je me trompe, mais la cause première est la chose qui fait que tout existe plutôt que rien. L'énergie ne peut être la cause première puisqu'il est concevable d'avoir un monde sans énergie (sans matière) aussi bien qu'un monde avec de l'énergie (avec matière). Ces deux mondes étant possibles, il faut bien que quelqu'un ou quelque chose ait choisi l'un des deux. De la même manière, la quantité d'énergie présente dans l'univers semble limitée, il faut bien qu'il y ait quelqu'un ou quelque chose qui ait définit cette quantité à un moment donné. Et donc, ma question, pour la re-préciser, revient à : n'y aurait-il pas pu y avoir un monde sans créateur (rien du tout) plutôt qu'un monde avec un créateur ? Et qui a choisi entre les deux ? En fait il m'est tout aussi difficile d'imaginer un monde avec cause première comme un monde sans cause première. Si j'ai bien compris, Dieu est parfait et absolu, hors du temps, et n'a pas besoin de créateur. Cela est inconcevable pour l'humain, mais je ne trouve pas que ça soit plus concevable qu'un monde sans créateur. Pour moi, cela ne répond pas à mes questions, j'ai l'impression que le problème est simplement repoussé plus loin. Mais attention, je ne tente absolument pas de prouver l'inexistence de Dieu, ce qui est de toutes façons impossible, puisqu'il n'est pas possible de prouver l'inexistence d'une chose.

Ensuite, ça n'a pas trop de rapport avec cette question et ça n'a peut être qu'un rapport léger avec la religion, vous parlez de lois qui régissent le monde, de lois qui régissent la statistique et le hasard. Je ne suis pas d'accord avec ça. L'entropie, comme cela a été dit, est une mesure du désordre, elle n'a absolument rien de physique, elle n'est pas réelle. C'est l'humain qui décide de ce qui est ordonné et désordonné. Cela a un intérêt pratique pour l'humain puisque, de ce qui est ordonné, il peut tirer de l'énergie à l'échelle macroscopique et l'utiliser, ce qui n'est pas le cas d'un système fermé où l'entropie serait maximale, quand bien même il contiendrait de l'énergie. Mais pour l'atome, l'entropie n'est rien. Pour l'atome il n'y a que lui et son environnement et un enchainement de causes et de conséquences "déterministes". L'entropie n'est qu'une description humaine du résultat "collectif" (tous les atomes) de ces causes et de ces conséquences. Il en est de même pour la statistique ou la théorie du chaos. La statistique est une simplification d'un ensemble d'évènements qui a pour but de le rendre intelligible et exploitable par l'homme. La statistique simplifie, elle transforme un ensemble de données discrètes en distributions, en moyennes, et calcule des probabilités. Elle simplifie la réalité de façon irréversible. Mais l'atome, lui, se fiche de la statistique, il n'y a que son petit environnement et lui même. Encore une fois, la statistique est une description humaine du résultat collectif des interactions entre atomes. Le monde n'a pas besoin de la statistique pour fonctionner, mais l'homme en a besoin pour le comprendre. La statistique n'existe nulle part si ce n'est dans le cerveau de l'homme. La statistique n'est rien de réel. Et pourtant on peut passer sa vie à l'étudier.

Pour moi, il n'y a que l'infiniment petit, tout le reste n'est que déterminisme. Mais l'infiniment petit pause le même problème que l'origine des temps. En remontant vers l'infiniment petit, on rencontre forcément une force qu'on n'explique pas, une particule dont on ne sait de quoi elle est faite, comme cela est très bien décrit par Feynman dans cette série de vidéos : http://www.youtube.com/watch?v=XRxAn2DRzgI
Mais je pense que tout le reste, ce ne sont que des lois ou des simplifications que nous utilisons pour rendre l'information utilisable. Pour un truc aussi simple que de différencier deux billes. Aucun des atomes de chaque bille ne sait à quelle bille il appartient, et il s'en fiche. C'est l'humain qui décide qu'il s'agit de deux objets séparés et qui leur donne un nom. C'est l'humain qui décide à partir de quand il s'agit d'une bille et non d'un amas de silice transparent. C'est l'humain qui décide qu'une voiture est une voiture et non un ensemble de pièces métalliques et de carburant. C'est lui qui décide où commencent et s'arrêtent les choses en les désignant par un nom. Et c'est bien plus simple comme ça.
La délimitation d’un être n’est pas arbitraire, par exemple : je ne suis pas vous, vous n’êtes pas moi, vous et moi sommes deux êtres distincts, nier une évidence aussi manifeste revient à sombrer dans l’inintelligible.


Et, pour moi, c'est l'humain qui décide où commence son corps et d'où il s'arrête. Les atomes qui composent son corps sont les mêmes que ceux qui composent la table de sa salle à manger, ou le corps de son voisin. Donc pour moi, les êtres ne sont séparés les uns des autres dans la conscience humaine mais pas dans la réalité. Je ne crois pas en l'âme et je ne pense pas que la terre ou l'humanité aient un esprit en commun. C'est comme ça que je pense que les choses sont, mais je pense qu'il est inutile de s'en soucier (dans le sens que ça ne rend pas l'existence plus facile) et je pense qu'il est inutile d'avoir conscience des ces choses au quotidien. Pour moi, l'homme humanise la réalité, donne continuellement un sens aux choses qui n'en ont pas forcément. (et comme dit, je le fais moi même puisque je suis humain). Je pense que même la différenciation entre le vivant et le minéral n'est qu'une histoire "d'humanisation de la réalité", puisque le microscopique, lui, ne voit pas la différence, et les lois de la physique sont les mêmes pour le vivant et le minéral.

Je pense que tout ce que l'on ne connait pas, ne peut mesurer, ne peut démontrer, prend un aspect un peu "magique" comme un axiome, qui aurait été dicté par une force mystérieuse. C'est le cas du problème de l'existence, de l'origine des temps, de l'infiniment petit, et aussi de la conscience humaine. De la même manière qu'un photon ne peut être utilisé pour observer quelque chose de plus petit que sa longueur d'onde, la conscience ne peut être utilisée pour ressentir ce qu'est réellement la conscience et de quels mécanismes elle découle, ou, en quelque sorte, quelle est sa particule élémentaire, sa vraie nature. En cela elle prend un aspect que, pour moi, je qualifie de magique, comme si elle n'avait pas, justement, de particule élémentaire, comme si elle était là parce qu'elle doit être là, parce qu'elle est. Comme si il n'y avait rien en amont. Mais je pense, comme tout matérialiste qui se respecte, que la conscience n'est que le résultat d'interactions entre neurones. Mais je pense que cette vision des choses n'empêche pas d'avoir une spiritualité. Je crois en des choses, ma vie a un but, j'ai toujours un sens moral, je parle aux gens et les considère comme des êtres vivants et avec respect, non comme des machines, tout comme le ferait quelqu'un qui croit en l'âme. Je sais aimer, je souffre quand je perd un proche, je souffre quand on me fait mal... Au quotidien, je ne vis absolument pas dans cette réalité que je décris puisque je suis un humain et ne suis supérieur à aucun autre et vis dans la même réalité que les autres, la réalité humaine. Je croit en cette réalité matérialiste, mais je pense qu'il est totalement inutile d'avoir pleinement conscience d'elle. Je pense que l'homme a évolué vers quelque chose de fonctionnel et que, percevoir la réalité telle qu'elle est n'est absolument pas nécessaire à sa survie et serait de toutes façons certainement impossible. L'homme ne tend pas et ne tendra certainement jamais vers cela. Comme celui qui regarde un film (désolé pour la triste comparaison, mais je ne trouve pas mieux dans l'immédiat) sait que l'image qu'il perçoit est due à des pixels sur un écran qui sont activés par un champ électrique, mais il s'en fiche car c'est une vision des choses inutile dans l'instant, et il préfère se concentrer sur le sens humain qu'il donne aux choses. Je pense que la réalité est une chose, et que le monde dans lequel l'humain vit en est une autre.

Je ne veux pas vous faire croire en la même chose, loin de là, je voulais simplement expliquer ma croyance matérialiste, essayer de montrer que ça n'est pas une bête erreur de logique, mais une croyance tout à fait respectable, et, tout comme l'existence de Dieu, impossible à réfuter. (mais je ne doute pas que vous vous ferez un plaisir de me montrer le contraire).

En fait, j'y crois très fermement, et je suis désolé si j'ai pu me montrer un peu direct et parler comme si c'était vraiment la vérité, comme si je voulais vous l'imposer ou démontrer que votre croyance vallait moins que la mienne. Ca n'est absolument pas le cas, mais évidemment, comme vous, je crois en la mienne et en cherchant à démontrer que tout se tenait chez moi, je ne cherchais pas à dire que tout ne se tient pas chez vous. Bon, c'est mal dit, mais je pense que vous comprenez ce que je veux dire.
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Trip
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Re: Dieu a créé l'univers, mais avant ?

Message non lu par Trip »

J'ai dit :
Donc pour moi, les êtres ne sont séparés les uns des autres dans la conscience humaine mais pas dans la réalité.
Mais il est en fait tout aussi humain de dire que les êtres sont unis. J'aurais très bien pu dire aussi que ce que l'on appelle un corps humain est en fait un amas de cellules organisées et bien distinctes et que chaque cellule pourrait être considéré comme un organisme a part entière et le corps humain comme une communauté évoluée d’êtres unicellulaires plutôt qu'un individu unique. Mais la encore, le choix de définir la cellule comme l’entité vivante est un choix humain. Je voulais juste montrer que classer, séparer en entités, sont selon moi des choix humains et arbitraires, mais absolument nécessaires a sa compréhension du monde ou même simplement a sa survie. Enfin ça n'est pas vraiment un choix puisque justement ces classifications sont imposées par l'environnement et la nécessité de survivre.
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Trip
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Re: Dieu a créé l'univers, mais avant ?

Message non lu par Trip »

Oups, voilà en fait la vidéo dont je voulais parler, qui résume cette idée de choses inexplicables lorsque l'on va vers l'infiniment petit. Je n'ai malheureusement pas trouvé de version sous-titrée :
http://www.youtube.com/watch?v=wMFPe-DwULM
Maintenant j'arrête de flooder et j'attends vos réponses.
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Raistlin
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Re: Dieu a créé l'univers, mais avant ?

Message non lu par Raistlin »

Trip a écrit :Et donc, ma question, pour la re-préciser, revient à : n'y aurait-il pas pu y avoir un monde sans créateur (rien du tout) plutôt qu'un monde avec un créateur ? Et qui a choisi entre les deux ?
Non, il ne peut y avoir de monde sans Cause première nécessaire (que l'on identifie ensuite à Dieu) comme le découvre la droite raison. Même dans la perspective d'un Univers éternel, on est confronté au fait que rien dans l'Univers ne possède l'existence par soi. On est donc inévitablement amené à conclure qu'il existe une Cause ayant l'existence par elle-même.

Par contre, je ne comprends pas votre deuxième question. Pourquoi voulez-vous donc que "quelqu'un" ait choisi entre un monde sans Cause et un monde avec ? Les choses sont ainsi, point final.

Ce que vous devez comprendre, c'est que celui que nous appelons Dieu est l'unique Être nécessaire. En gros, la seule alternative rationnelle à la Cause première dont nous parlons, c'est le Néant. Or le Néant étant stérile par définition, cela revient à dire que rien n'existerait. Donc la question ne se pose pas en termes de monde avec créateur / monde sans créateur, mais en termes de Être / Néant. S'il y a de l'être, il y a une Cause première. S'il y a le Néant, il n'y a rien et il n'y aura jamais rien. Or il y a bien quelque chose puisque nous sommes là à en parler. D'où la conclusion logique qui s'impose.
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mystike
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Re: Dieu a créé l'univers, mais avant ?

Message non lu par mystike »

Au fur et à mesure que nos connaissances nous permettent de concevoir des théories sur les origines de notre univers, de la constitution de la matière, de la vie etc.…, je ne vois personnellement rien qui permette d'écarter le divin.
L'existence de quelque chose basée sur l'auto création instantanée ou provenant de phénomènes qui amènerait à ce que tout ce qui nous entoure soit apparu comme par enchantement du fait du hasard, d'une organisation plus rationnelle plutôt qu'une autre, certains diront que c'est la nature, l'évolution etc… il arrive un moment ou on dit stop c'est impossible. En partant de rien on n'arrive à rien. On ne peut concevoir notre existence qu'en partant de quelque chose, et ce quelque chose, il a bien du divin puisqu'il est l'origine, et qu'il n'a pas besoin d'une cause pour exister.
Il peut d'ailleurs y avoir à mon avis une organisation naturelle des choses en fonction de l'environnement, ce qui ne change rien au fait que pour évoluer il faut que quelque chose existe, et ce quelque chose, l'évolution n'explique pas son apparition.
Il sera certes intéressant de percer les mystères de la matière, si cela est humainement possible, mais à mon avis ce n'est pas certain que cela nous éclairera sur l'origine de notre univers ni sur l'apparition de la vie.
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ti'hamo
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Re: Dieu a créé l'univers, mais avant ?

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@Trip
Il me semble que vous commettez la même erreur (de raisonnement) que Chinotar : tenir à une croyance, une impression, une idée, que pourtant la réalité concrète dément :


. "vous parlez de lois qui régissent le monde, de lois qui régissent la statistique et le hasard. Je ne suis pas d'accord avec ça."
Vous pouvez ne pas être d'accord.. il n'en demeure pas moins que, de fait, les lois décrites sont effectives et vérifiées. Vous dites qu'elles sont simplifiées ou simplificatrices : oui, soit. Les lois décrites par Newton sont une application particulière, une simplification, de lois plus complexes que l'on a découvertes et décrites depuis, et qui elles-mêmes sont sans doute un cas particulier plus simple de lois plus complexes, plus générales.

Et ? Le fait qu'une loi soit simplifiée, autrement dit qu'elle ne décrive qu'un certain type d'interactions entre un certain type d'objets dans certaines circonstances, ne signifie absolument pas que cette loi ne corresponde pas à la réalité : simplement, et il suffit de relire cette phrase pour s'en rendre compte, elle correspond à une partie de la réalité.

Conclure, du fait que ces lois sont simplifiées et simplificatrices, qu'elles ne correspondent pas à une réalité ou qu'elles seraient purement arbitraires, est donc une conclusion fausse, abusive, qui ne repose sur rien de solide, et qu'aucun raisonnement rationnel ne soutient (soit dit sans agressivité : je parle de l'erreur que je constate, pas de vous personnellement).
Ce qu'il est logique de conclure, c'est que la réalité ne se résume pas à ces lois, que ces lois ne décrivent jamais complètement toute la réalité, que la réalité dépasse ces lois.

Mais, concrètement, les avions volent, les fusées vont dans l'espace, les locomotives roulent, on peut aller au cinéma voir un film, et ma tablette graphique me permet de dessiner sur mon écran d'ordinateur :
donc, de fait, on le constate directement, les lois physiques utilisées fonctionnent, elles sont effectives, elles décrivent bien la réalité, réellement, puisqu'on peut les utiliser pour prévoir un effet. C'est un fait constaté.
Simplement, chacune ne décrit qu'une partie de la réalité.


. Par contre, nous sommes d'accord qu'il n'y a pas "quelque chose" qui serait "la gravité", indépendamment des objets entre lesquelles elle s'exerce : les lois, les forces, sont réelles mais dans le sens où elles décrivent les interactions entre ces êtres.


. Pour l'atome, dites-vous, l'entropie n'est rien. Ou encore que "l'atome, lui, se fiche de la statistique".
Ou encore qu'"aucun des atomes de chaque bille ne sait à quelle bille il appartient, et il s'en fiche".
Certes.
Mais là encore, le fait qu'il soit indifférent, pour l'atome, d'appartenir à telle ou telle bille, ne l'empêche pas de faire partie de cette bille, et n'empêche pas les interactions entre les atomes, et n'empêche pas les lois découvertes par les hommes de s'appliquer ici et de décrire correctement ces interactions.

On confond ici deux choses :
> la réalité de ces interactions, de ces faits, d'une part ;
> l'intelligibilité de ces lois, d'autre part.

Ce que vous soulignez, en fait, c'est que le monde fonctionne indépendamment du fait qu'il y ait des observateurs pour prendre conscience de son intelligibilité, et que ce monde n'est (en partie) intelligible qu'à nous, humains.

Mais, là encore, on ne voit pas du tout par quel raisonnement, par quel enchaînement de pensées rationnelles, vous passez de ce constat à la conclusion que cette intelligibilité ne serait qu'une illusion :
le fait que l'atome soit inconscient de l'intelligibilité des phénomènes qui le concernent n'empêche ni la réalité de ces phénomènes, ni la réalité de leur intelligibilité.

Ayant une conscience capable de percevoir cette intelligibilité dans la réalité, nous seuls la percevons. De cela, on conclue qu'apparemment seul l'humain a la capacité de percevoir cette intelligibilité, et non que cette intelligibilité ne serait qu'illusions (car, encore une fois, les lois que nous en tirons et que nous appliquons, fonctionnent)

C'est comme si, au milieu de personnes aveugles, constatant qu'ils ne perçoivent pas la lumière, vous en concluiez que notre perception de la lumière est une illusion et que la lumière n'existe pas.


. Concernant la délimitation des êtres, vous écrivez :
pour moi, c'est l'humain qui décide où commence son corps et d'où il s'arrête. Les atomes qui composent son corps sont les mêmes que ceux qui composent la table de sa salle à manger, ou le corps de son voisin
Et bien, de fait, non. Les atomes qui composent votre corps sont du même type, du même modèle, que ceux qui composent le corps de votre voisin, mais ce ne sont par définition pas les mêmes. Sinon vous n'auriez aucun moyen de vous différencier de votre voisin.

Dire que c'est l'humain qui déciderait où commence son corps et où il s'arrête c'est ne pas même avoir pratiqué la médecine la plus basique : si je m'écorche au doigt, c'est moi qui aurait mal ; pas vous. Si je bois trop, c'est mon foie qui trinque, pas le vôtre. Et si je traverse sans regarder à droite et à gauche, c'est moi qui vais me faire percuter par une voiture, mais vous, vous resterez sur le trottoir et serez indemne.

Votre affirmation est donc démentie par l'expérience la plus immédiate et la plus évidente. Et si vous voulez nier la valeur de cette expérience immédiate et évidente, alors sur quoi votre affirmation serait-elle fondée ? Sur rien du tout.


. De même, quand vous dites de deux billes que c'est "l'humain qui décide qu'il s'agit de deux objets séparés et qui leur donne un nom" :
C'est l'humain qui leur donne un nom, soit, mais ce n'est pas lui qui décide qu'il s'agit de deux objets séparés et qui met arbitrairement une limite entre les deux :
> mettez deux billes côte à côte ;
> pouvez-vous en prendre une en laissant l'autre ?
> maintenant, décidez autrement : décidez que la limite entre deux êtres appelés "billes" passe au milieu d'une des deux billes : pouvez-vous, de même, aussi facilement, simplement en la prenant, prendre la moitié de la bille et laisser l'autre moitié sur place ?

De fait, non. Parce que la cohésion des atomes au sein d'une bille n'a rien à voir avec les interactions et les forces s'exerçant entre les deux billes. Les deux sont bien constituées du même type d'atomes, les interactions entre eux sont du même type,
mais il y a d'une part les forces entre les atomes d'une même bille, et d'autre part les forces entre les atomes des deux billes, et ces forces ne sont pas les mêmes et s'exercent différemment,
faisant d'une bille un bille et de deux billes deux billes.

Nous ne sommes pas dans Matrix : ce n'est pas la pensée qui modèle la réalité à sa guise, mais la réalité qui est connue (partiellement) par la pensée.
À nouveau, votre affirmation contredit les faits (ou les faits contredisent votre affirmation)


. De même, lorsque vous dites :
"même la différenciation entre le vivant et le minéral n'est qu'une histoire "d'humanisation de la réalité", puisque le microscopique, lui, ne voit pas la différence, et les lois de la physique sont les mêmes pour le vivant et le minéral."
Les lois de la physiques en général, oui. Mais elles ne s'exercent pas de la même manière dans chaque, puisqu'il existe les lois de la biologie, qui s'exercent dans le végétal mais pas dans le caillou.

La structure du caillou découle des lois de la physique, de même que les lois de la biologie ; mais, ne s'exerçant pas du tout de la même manière dans ces deux êtres, puisque dans le végétal on voit émerger des propriétés qui n'existent pas dans le caillou,
cela définit bien le caillou et le végétal comme deux êtres différents.

Que les frontières de la classification ne soient pas aussi strictes que ce qu'on s'imagine parfois, cela est vrai. Mais cela ne veut pas dire du tout que la différence entre un caillou et une fougère serait imaginaire. Encore une fois, votre affirmation ne correspond pas aux faits.


Et vous commettez à nouveau l'erreur de confondre la réalité de ces faits avec leur intelligibilité :
> ces faits sont des faits, indépendamment de la présence d'un observateur capable de saisir leur intelligibilité ;
> les êtres dans lesquels existent ces phénomènes et interactions n'ont pas besoin de saisir leur intelligibilité pour qu'ils aient lieu ;
> cependant, arrive un être doué d'une intelligence, capable de saisir l'intelligibilité des êtres, il perçoit cette intelligibilité, ce qui n'interagit aucunement avec la réalité de ces phénomènes : ils continuent d'advenir, et l'intelligence d'en saisir l'intelligibilité.



. Quant à la cause première :
par définition la cause première est ce qui donne l'existence à toute chose existante et ne la reçoit de rien. Qui est, même, avant même l'ex-istence - qui désigne plutôt le fait d'être "à partir" de quelque chose d'autre.
Se demander ce qui a décidé de l'existence de la cause première est donc une question qui n'a pas de sens - qui est inintelligible : il existe quelque chose, donc il est une cause première de qui provient l'existence de toute chose existante. Rien ne décide de l'être de cette source première puisque, hors de la cause première, sans cause première, il n'est que néant - c'est à dire, rien, de quoi rien ne peut advenir.

La question ne se trouve donc pas à nouveau repoussée.
“Il serait présomptueux de penser que ce que l'on sait soi-même n'est pas accessible à la majorité des autres hommes.”
[Konrad Lorenz]

Celui qui connaît vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l'homme.
[Konrad Lorenz]
Extrait de L'Agression
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Trip
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Re: Dieu a créé l'univers, mais avant ?

Message non lu par Trip »

On est donc inévitablement amené à conclure qu'il existe une Cause ayant l'existence par elle-même.
Oui, je suis d'accord. Mais je ne comprends pas pourquoi Dieu peut avoir l'existence par lui même et pas directement l'univers. Vous m'avez bien expliqué que l'existence d'une chose doit forcément avoir une cause et qu'on ne peut remonter à l'infini. Pourtant, lorsque l'on arrive à Dieu, vous expliquez qu'il n'a pas besoin de cause pour exister, parce qu'il est "de toute éternité". J'ai l'impression que cela revient à dire "il n'a pas de cause, puisque, par définition, il n'a pas de cause". C'est pour cela que je disais qu'un Dieu qui est de toute éternité me semble tout aussi difficile à concevoir qu'un univers de toute éternité, un univers sans cause. Je n'ai aucune réponse à cette question moi même. J'ai l'impression que l'éternité de Dieu, pour un croyant, est tout aussi inconcevable que l'existence de l'univers pour un athée (que l'univers soit éternel ou pas). J'ai l'impression que tous les points de vue sont équivalents puisque, de toutes façons, on finit par aboutir à quelque chose d’insaisissable.
Au fur et à mesure que nos connaissances nous permettent de concevoir des théories sur les origines de notre univers, de la constitution de la matière, de la vie etc.…, je ne vois personnellement rien qui permette d'écarter le divin.
Moi non plus, et je ne souhaite pas écarter le divin coute que coute ni démontrer que vos croyances sont fausses. J'essaye juste de comprendre ce que je ne comprends pas, j'essaye d'accrocher les morceaux d'un manière qui me satisfasse et en laquelle je crois. Mais je n'y arriverais peut être jamais. Probablement jamais.
On ne peut concevoir notre existence qu'en partant de quelque chose, et ce quelque chose, il a bien du divin puisqu'il est l'origine, et qu'il n'a pas besoin d'une cause pour exister.
Voilà, c'est exactement cette dernière partie que je ne comprends pas. Comment le divin peut exister sans cause ? Et, l'explication que vous me donnerez, pourquoi ne peut-elle pas s'appliquer à l'univers. Mais je ne suis pas là pour vous agacer non plus. Je vous assure que je fais un effort pour comprendre et j'ai bien lu ce que vous avez écrit. J'espère ne pas passer pour un borné.
et ce quelque chose, l'évolution n'explique pas son apparition.
Ca non, c'est certain. Mais j'ai rencontré plusieurs personnes qui niaient totalement l'évolution de l'homme et des espèces, sous prétexte que l'évolution n'expliquait pas l'apparition (ou création) de la vie. Ca n'a jamais été une prétention de la théorie de l'évolution, ni même une prétention de la science entière. La science travaille justement avec l'inconnu. Mais c'est un tout autre débat.
Et ? Le fait qu'une loi soit simplifiée, autrement dit qu'elle ne décrive qu'un certain type d'interactions entre un certain type d'objets dans certaines circonstances, ne signifie absolument pas que cette loi ne corresponde pas à la réalité : simplement, et il suffit de relire cette phrase pour s'en rendre compte, elle correspond à une partie de la réalité.
Je suis absolument d'accord. Ca n'est pas ça que je voulais dire. Ce que je voulais dire c'est que la statistique, par exemple n'a rien de physique, elle est simplement un genre d' "outil de visualisation du monde". Je veux dire qu'elle n'est pas une "force" en elle même. Il n'y a rien qui fait obéir le monde à cette loi, les lois de la statistiques découlent simplement de la logique. Bon, c'est un peu bête puisque c'est le cas de toutes les lois que l'on comprend (d'ailleurs je ne sais pas si on a le droit de parler de lois dans ce cas). Mais la statistique marche parfaitement bien, je n'ai aucun problème avec ça. Mais en quelque sorte, ces lois qu'on ne comprends pas, le fait que deux particules de charge opposées soient attirées l'une vers l'autre par exemple, elle agissent sur la matière. La statistique n'agit pas. En cela, elle n'est rien de physique. (mais elle marche très bien, on est d'accord). Pour l'entropie c'est la même chose, elle n'agit pas. Quand on explique l'interaction entre deux atomes par exemple, on dit qu'un atome "voit" son voisin. Sa position, sa vitesse, sera modifiée par lui. Mais un atome ne "voit" pas la statistique. La statistique découle simplement de la logique. Quand on met une goutte d'encre dans de l'eau, les molécules d'encre s'éparpillent en prenant une distribution gaussienne. Mais il n'y a aucune force qui les fait prendre cette distribution gaussienne. C'est simplement un résultat purement logique du mouvement aléatoire de ces molécules d'encre et d'eau qui "se voient". En cela, la statistique qui prédit cette distribution gaussienne n'est rien de réel, c'est simplement un outil humain qui sert à prédire simplement un résultat sans se soucier de ce qui se passe chez chaque molécule. Mais ça marche très bien. En quelque sorte, on ne comprend pas la nature des forces électrostatiques, et on pourrait dire que deux particules chargées sont attirées par une "main invisible". Mais pour ce qui est de la statistique, il n'y a pas de main invisible qui s'assure que les lois sont respectées, en cela, la statistique n'a rien de physique, elle est juste logique et découle de ce qui se trouve en amont.
Et avec ça, j'en venais au fait que l'homme a besoin de cette simplification de la statistique pour comprendre le monde. (la statistique est une simplification, non pas dans le sens où elle serait inexacte, mais dans le sens où elle se fiche de chaque individu, mais considère les choses comme un tout - tout comme un ordinateur peut simuler correctement le rebond d'une balle de tennis sans avoir forcément à simuler les interactions entre chaque atome de la balle de tennis et du sol, individuellement). L'homme vit dans ces simplifications, sans se soucier de l'atome, alors que, cette "main invisible" ne touche qu'à l'atome. Une loi très simple comme la loi d'ohm : U = RI n'est pas "directement" physique mais est une description macrosopique du résultat de chocs individuels des electrons avec les atomes d'un matériau. En quelque sorte, la "main invisible" ne connait pas la loi d'ohm, mais elle se soucie simplement de "vérifier" que chaque électron interagisse bien comme il faut avec ses voisins à 1 nm de là. Le reste vient tout seul. La loi U=RI n'est qu'une manière de voir les choses.
Bon, je ne suis pas très clair.
Pour moi, le fait de désigner un objet ou une personne comme un être unique est aussi un genre de simplification, c'est une manière de voir les choses, et c'est la seule manière utilisée par l'homme et moi-même puisque j'en fais partie. Et cette désignation n'a rien de réel, rien de physique (mais encore une fois, elle marche très bien, aucun problème). Il n'y a rien de physique qui fait qu'un livre est différent d'une chaise. Physiquement, ce ne sont que des amas d'atomes, ce qui change c'est la forme qu'on leur donne et ce qu'on veut en faire.
Ce que je veux dire ne change rien à la réalité, à la physique. Je veux dire que de dire qu'un livre est un livre c'est une vision des choses. Mais de dire que c'est un amas d'atomes, ça n'est pas une vision des choses, c'est bien la réalité. (enfin j'ai pris l'atome comme exemple, mais il peut lui aussi être considéré comme un amas de quarks et on peut être qu'on pourra encore continuer un peu plus loin d'ici quelques décennies, ou maintenant déjà, je sais pas). Je veux dire que l'atome est déjà plus près de la réalité, le reste est une conséquence.

Mais, là encore, on ne voit pas du tout par quel raisonnement, par quel enchaînement de pensées rationnelles, vous passez de ce constat à la conclusion que cette intelligibilité ne serait qu'une illusion :
le fait que l'atome soit inconscient de l'intelligibilité des phénomènes qui le concernent n'empêche ni la réalité de ces phénomènes, ni la réalité de leur intelligibilité.

Ayant une conscience capable de percevoir cette intelligibilité dans la réalité, nous seuls la percevons. De cela, on conclue qu'apparemment seul l'humain a la capacité de percevoir cette intelligibilité, et non que cette intelligibilité ne serait qu'illusions (car, encore une fois, les lois que nous en tirons et que nous appliquons, fonctionnent)
Je ne veux pas vraiment dire que c'est une illusion, comme un monde à la matrix. Ce que je veux dire ne se résume pas, je pense, à un jeu intellectuel amusant pour adolescents (je parle de matrix :) ). Je ne pense pas qu'on puisse appeler ça une illusion d'ailleurs. Je ne veux pas dire que l'on vit dans un monde imaginaire totalement différent du monde réel. Le monde réel est là et on le voit tel qu'il est. Mais le sens que l'on donne aux choses, lui, n'existe pas en tant que tel. Pour moi il n'y a que la matière et la physique qui ne touche qu'à l'atome. Mais on vit avec ce sens, et moi-même, en tant qu'humain, je vis avec ce sens, et le fait que je crois en tout ça ne me fait pas prendre de recul par rapport à lui.
C'est comme si, au milieu de personnes aveugles, constatant qu'ils ne perçoivent pas la lumière, vous en concluiez que notre perception de la lumière est une illusion et que la lumière n'existe pas.
Mon exemple de départ est le livre. Ce que je voulais dire c'est que, lorsque l'on voit un livre, on l'appelle livre, on décide qu'il s'agit d'un objet individuel. Pourtant on pourrait dire qu'il s'agit de pages assemblées entre elles, ou à l'extrême, dire que c'est un amas d'atomes. Toutes ces visions sont égales et certaines ont plus de sens que d'autres. Mais physiquement, le livre n'est qu'un amas d'atomes. On peut aimer un livre, c'est un objet qui a du sens lorsqu'on le voit comme un tout. Mais scientifiquement, cliniquement, physiquement, il s'agit d'un amas d'atomes et le sens qu'on lui donne est humain, et n'est pas réellement contenu physiquement dans les pages du livre, mais dans ce que nous évoquent les mots que l'on lit. En cela, le fait de considérer le livre comme livre, c'est une chose que je considère humaine. Le livre est livre de par son sens et son sens n'est pas contenu dans sa matière, il est abstrait.
Pour ce qui est de l'humain, je suis d'accord que c'est une vision beaucoup plus difficile à faire partager et que vous ne partagerez certainement jamais puisqu'elle est très évidemment contraire à la religion. Mais je considère également que l'homme n'est pas un individu, et qu'il n'a rien de plus que sa matière.
Comme je le disais, la conscience donne l'illusion (cette fois je parle vraiment d'illusion) d'être sa particule élémentaire, d'être unique et indivisible. J'avais lu une description d'une expérience qui avait été faite sur des épileptiques. Ils n'avaient pu soigner une personne que par la chirurgie, en séparant les deux hémisphères du cerveau à un endroit. à la suite de l'opération, ils avaient présenté une image au patient : moitié gauche, un oeil, moitié droite une abeille. Ils lui avaient demandé de décrire ce qu'il voyait et il avait décrit un oeil entier. Ils lui avaient demandé de dessiner ce qu'il avait vu, et il avait dessiné une abeille entière. En fait, les signaux situés du côté gauche sont traités par un hémisphère, et ceux du côté droit par l'autre. Et le "traitement" visuel se fait également par un hémisphère et le traitement oral par l'autre (j'ai peut être inversé droite et gauche, et tout n'est certainement pas aussi simple).
Bien évidemment il était totalement incapable de voir son erreur. C'est un peu comme si, en un sens, en" séparant son cerveau en deux", les médecins l'avaient rendu double, mais la conscience conservait l'illusion de son unicité. Pour moi, cela va un peu dans le même sens que ce que je disais. Je pense que la conscience est le résultat des interactions collectives entre neurones et je pense qu'il n'y a rien de plus, que l'unicité de l'être n'est qu'une impression, que l'humain ne perçoit pas cela, simplement parce que cela ne lui sert à rien.
Pour moi, tout cela est tout à fait cohérent.
Dire que c'est l'humain qui déciderait où commence son corps et où il s'arrête c'est ne pas même avoir pratiqué la médecine la plus basique : si je m'écorche au doigt, c'est moi qui aurait mal ; pas vous. Si je bois trop, c'est mon foie qui trinque, pas le vôtre. Et si je traverse sans regarder à droite et à gauche, c'est moi qui vais me faire percuter par une voiture, mais vous, vous resterez sur le trottoir et serez indemne.
Bien évidemment ça n'était pas ça que je voulais dire. Pour moi l'humain est une machine, soit un ensemble de pièces, qui se croientt individu. Les exemples que vous donnez montrent simplement que l'humain est une machine qui marche très bien. Si c'est vous qui ressentez votre douleur, ça n'est que parce que votre cerveau est relié à votre corps, parce que toutes les pièces marchent bien, mais pas, selon moi, grâce à au fait que l'unicité de l'individu à un sens physique. Mais pour moi, c'est l'humain qui choisi où commence et s'arrête son corps, c'est lui qui choisi que son corps est délimité par la zone couverte par ses terminaisons nerveuses et ce qui y est attaché de façon mécanique. Il "choisi" de faire cela, parce que c'est ce qui est le plus approprié. C'est tellement approprié que toute autre définition semble aberrante, je suis d'accord, et c'est tout à fait normal. C'est un bon "choix", le seul choix possible pour ne pas tomber dans quelque chose d'inutile, d'aberrant pour un humain dans sa vie de tous les jours, c'est un "choix" logique, mais ça reste un "choix", dans le sens de quelque chose d'arbitraire que rien de physique ne vient forcer. Je pourrais dire que le chemin sur lequel je marche fait partie de moi sans être attaché mécaniquement à mon corps et sans avoir de terminaisons nerveuses. Personnellement, je ne dis pas que c'est le cas, je ne pense pas qu'il existe une délimitation du corps humain dont l'humain n'aurait pas conscience, je donne simplement des exemples pour montrer que toute délimitation n'a pas de réalité physique, et que du point de vue de la matière, pas de celui de la conscience humaine qui selon moi est, oui, dans un genre d'illusion, il est absurde de faire une quelconque délimitation. Il n'y en a simplement pas dans le monde physique. Nous ne sommes pas non plus un ensemble d'atomes ou de cellules, en fait. Pour moi c'est l'homme qui nomme et donne des limites quelles qu'elles soient. A moins bien sûr que l'âme existe. Je ne peux prouver le contraire, mais ça n'est pas ce en quoi je crois. Donc ce dont je parle au sujet de la délimitation de l'humain et de son illusion d'être un est tout à fait incompatible avec l'existence d'une âme, est impossible à prouver de façon sûre et relève certainement de la croyance. Mais je trouve que c'est une croyance qui se tient, comme plusieurs autres certainement. Une question qui m'a longtemps taraudé est la suivante : pourquoi suis-je moi et pas quelqu'un d'autre ? Pourquoi est-ce que j'habite ce corps et pas celui d'un autre ? J'aurais pu être mon frère, alors pourquoi suis-je moi et ne suis-je pas lui ? Et cette question m'a sérieusement fait penser à quelque chose tel que l'âme, quelque chose d'individuel qui me caractérise et qui aurait été placé là. Mais je crois aussi que le cerveau seul est siège de la pensée. Que chaque neurone est un composant au fonctionnement prévisible et imitable par la science. Et si il était possible de reconstruire une machine ayant le même "circuit" que moi, dans le même état, fonctionnant exactement comme mon cerveau, alors cette machine ce serait certainement posé la même question, sans, elle, avoir d'âme. Donc, selon ma croyance, (puisque tout cela ne peut être vérifié), je suis convaincu que le fait de se poser cette question ne veut pas dire nécessairement que j'ai une âme. Et, encore une fois, je trouve que tout se tient.
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Trip
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Re: Dieu a créé l'univers, mais avant ?

Message non lu par Trip »

Il me semble que vous commettez la même erreur (de raisonnement) que Chinotar : tenir à une croyance, une impression, une idée, que pourtant la réalité concrète dément :
Et vous commettez à nouveau l'erreur de confondre la réalité de ces faits avec leur intelligibilité :
> ces faits sont des faits, indépendamment de la présence d'un observateur capable de saisir leur intelligibilité ;
> les êtres dans lesquels existent ces phénomènes et interactions n'ont pas besoin de saisir leur intelligibilité pour qu'ils aient lieu ;
> cependant, arrive un être doué d'une intelligence, capable de saisir l'intelligibilité des êtres, il perçoit cette intelligibilité, ce qui n'interagit aucunement avec la réalité de ces phénomènes : ils continuent d'advenir, et l'intelligence d'en saisir l'intelligibilité.
Vous dites bien que le monde n'a pas besoin de saisir sa propre intelligibilité pour tourner, mais que cette intelligibilité peut exister en tant que telle sans être saisie par quiconque. L'intelligibilité n'est perçue que lorsque l'être doué d'intelligence arrive. La seule preuve de l'existence de cette intelligibilité est son observation par l'être intelligent. Vous dites que cette intelligibilité existe bel et bien en tant que tel, même sans cet être, je dis qu'elle n'est contenue que dans la conscience de l'être intelligent. Ces deux croyances me semblent tout à fait valables et la réalité ne vient contredire aucune des deux. Mais je crois en mon interprétation car je crois uniquement en la matière et selon ces croyances, cette intelligibilité ne peut trouver de contenant pour exister et l'humain n'a aucun sens pour l'observer. Selon cette croyance l'intelligibilité nait seulement dans la conscience, juste après la perception.
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mystike
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Re: Dieu a créé l'univers, mais avant ?

Message non lu par mystike »

On ne peut concevoir notre existence qu'en partant de quelque chose, et ce quelque chose, il a bien du divin puisqu'il est l'origine, et qu'il n'a pas besoin d'une cause pour exister.

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Voilà, c'est exactement cette dernière partie que je ne comprends pas. Comment le divin peut exister sans cause ? Et, l'explication que vous me donnerez, pourquoi ne peut-elle pas s'appliquer à l'univers. Mais je ne suis pas là pour vous agacer non plus. Je vous assure que je fais un effort pour comprendre et j'ai bien lu ce que vous avez écrit. J'espère ne pas passer pour un borné.
Comment le divin peut exister sans cause ?
C'est la définition même du divin. Quelque chose qui existe et qui n'a pas besoin de cause pour exister.

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Pourquoi cela ne s'applique pas à l'univers? L'univers vient de quelque chose. 
La science travaille justement avec l'inconnu. Mais c'est un tout autre débat.
Non la science ne peut travailler qu'avec les éléments qui sont à sa disposition.
La science est muette sur l'avant big bang.
Si vous ne croyez pas au divin, vous admettez que notre univers est apparu spontanément sans cause.
Toute chose ayant une cause, on peut remonter indéfiniment jusqu'à l'apparition de la substance de ce qui permet à l'univers d'exister. Cette substance appelons là énergie dans l'instant primaire (peut être que l'on découvrira quelque chose que nous ne connaissons pas et qui permet à l'énergie d'exister par autre chose)
Et on remontera indéfiniment jusqu'à quelque chose qui n'a pas besoin de cause pour exister : le divin.
Ou alors il va falloir trouver une explication à quelque chose qui apparait spontanément à partir de rien.
Personne ici ne pourra vous expliquer l'inexplicable. Personne non plus ne vous forcera de croire en Dieu. Mais si vous ne croyez pas au divin, vous admettez que du néant peut apparaître quelque chose, et qu'ensuite le hasard fait bien les choses.
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Trip
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Re: Dieu a créé l'univers, mais avant ?

Message non lu par Trip »

Non la science ne peut travailler qu'avec les éléments qui sont à sa disposition.
Je voulais dire que la recherche se fait là où il y a de l'inconnu, pas à partir d'inconnu uniquement. Je veux dire qu'avancer vers l'inconnu c'est le sens même de la recherche scientifique. Tout cela pour dire que le fait que l'inconnu coexiste avec la recherche est tout à fait normal, et même rassurant.
La science est muette sur l'avant big bang.
Si vous ne croyez pas au divin, vous admettez que notre univers est apparu spontanément sans cause.
En effet, la science montre que l'on ne saura certainement jamais si il y avait quelque chose avant le big bang. Mais la science ne peut, et ne pourra donc certainement jamais affirmer qu'il s'agit de l'origine des temps.
Et on remontera indéfiniment jusqu'à quelque chose qui n'a pas besoin de cause pour exister : le divin.
J'ai bien compris tout cela. Mais comme vous dites, c'est de l'inexplicable.
Tout mon précédent message est en fait une défense de ma croyance athée. J'ai lu à plusieurs endroits, et dans votre message également, que la logique athée se heurtait à des incohérences, qu'il était comme illogique d'être athée tandis que la croyance en Dieu était une évidence tout à fait logique. Je pense, quant à moi, qu'aucune de ces deux croyances n'apporte de réponse plus satisfaisante l'une que l'autre. Pour l'athée comme pour le croyant, l'origine de tout, la cause première, est inexplicable. La religion donne un nom à cet inexplicable, mais ça ne le rend pas plus explicable à mon sens. En gros, la question de l'athée est "pourquoi et comment l'univers ?", et la question que le croyant pourrait se poser serait "pourquoi et comment Dieu ?". Et lorsque vous me dites que la réponse à cette question est simplement que c'est la définition du divin, pour moi le serpent se mord la queue, c'est une manière de répondre "pourquoi Dieu ?" "parce que".
Vous dites que Dieu est de toute éternité, un athée pourrait dire qu'il pense là même chose de l'univers, que nous vivons dans une dimension où le temps avance inexorablement, où les conséquences succèdent aux causes, mais que, peut être, notre univers serait inscrit dans un univers plus grand où le temps n'existerait pas, où ces évidences ne fonctionnent pas, où il n'y a ni causes ni conséquences, un autre pourrait dire que le temps est cyclique et tourne en boucle à l'infini, un autre pourrait dire que l'univers a peut être un début et une fin, mais que chaque instant de la vie de l'univers est un univers figé pour l'éternité, que tous ces univers forment un continuum et que nous voyons le temps passer parce que nous ne percevons qu'un seul de ces univers à la fois, mais tous sont éternels. Ce sont des choses un peu absurdes mais qui répondraient également à cette question. Ce sont des explications qui ont en commun qu'elles sont non vérifiables et inexplicables. Elles repoussent aussi la question. Si on demandait d'où vient ce continuum d'univers éternels dans lesquels on se déplace ? On pourrait répondre "par définition ces univers sont éternels et ne sont pas créés". On a en fait bouché un trou en en creusant un autre à côté.
Ce débat pourrait se simplifier de cette façon :

Conversation A.1 :
- Pourquoi existe-t-il un univers plutôt que rien ?
- C'est Dieu qui en a décidé ainsi.
- Mais pourquoi existe-t-il un Dieu plutôt que rien ?
- Par définition, Dieu est de toute éternité, il est nécessaire, donc cette question n'a pas de sens.

Conversation A.2 :
- Pourquoi existe-t-il un univers plutôt que rien ?
- Par définition le Big Bang est un instant nécessaire, donc cette question n'a pas de sens.

Pour moi, ces explications sont toutes deux tout aussi insatisfaisantes. Et, en ce sens, l'athéisme et la religion se trouvent sur un pied d'égalité.

Je n'aurais pas la prétention de vous convaincre de ma croyance, je viens juste donner une réponse à cette affirmation comme quoi ma croyance serait illogique ou incohérente.

Et au sujet du hasard qui fait bien les choses, je crois que l'évolution est une chose extraordinaire, et que, si elle a été capable de choses si incroyables c'est parce que le temps qu'elle a eu pour œuvrer est, lui aussi, incroyable.
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Chinotar
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Re: Dieu a créé l'univers, mais avant ?

Message non lu par Chinotar »

Mystike, vous me faite bien rire, merci pour cette réponse très argumentée : "C'est la définition même du divin. Quelque chose qui existe [...]" Ya même pas besoin de terminer la phrase pour voir la pétition de principe, le manque de raisonnement est manifeste. :clap:
Voilà, c'est exactement cette dernière partie que je ne comprends pas. Comment le divin peut exister sans cause ? Et, l'explication que vous me donnerez, pourquoi ne peut-elle pas s'appliquer à l'univers.
Trip en gros je vous explique l'idée... Il y a une cause première. ( jusqu'alors tout va bien, ça peut être l'univers, ou Dieu). Cette cause première n'a pas reçu son existence par une autre cause, d'où le fait qu'elle ne peut avoir l'existence que par elle même.

C'est là que les croyants disent que, du fait qu'elle a l’existence par elle même, et qu'elle est la première à la posséder, il est logique qu'elle la possède de manière absolue... parce que si elle possédait qu'une partie de l'existence, d'où viendrait le reste, m'voyez ? (Oui chez les croyants, il est possible d’exister un peu, beaucoup, passionnément, etc... ). Elles possède la "plénitude de l’être", et de ce fait tout les attributs de l'être : Elle est parfaite. L'omnipotence, l’omniscience et l’intelligence découle directement de cette perfection. Et seul Dieu est parfait et omnipotent, donc la cause première est Dieu, et pas l'univers.

Bien sur c'est totalement absurde. La "plénitude de l’être" ne veut rien dire. On ne peut exister à moitié, ou aux trois quarts. On existe ou on existe pas, c'est tout, et ce quelque soit les attributs qu'on a. Si je devient parfait, je n'existerait pas plus qu'a l'époque ou je ne l'était pas.

Mais comme il sont persuadé que c'est logique, il faut leur démontrer que ces attributs ne rentre pas dans ce qui est plénitude de l’être. Ce qui est vrai, puisque ces attribue ne sont pas des réalité, mais des désignation arbitraire et relative au contexte.

@Thi'amo, ce n'est pas un soucis de connaissance et de cohérence qui me rende difficilement convainquant, c'est juste que vous ne m'avez pas comprit.

Vos contradictions n'en sont pas, sur la majorité des points nous avons le même avis, j'essayerais de ne pas m'attarder sur les points physique :

C'est le E=mc² qui lie matière et énergie, nous sommes bien d'accord. Le problème c'est que cette formule toute seul peut laisser penser qu'il s'agit de deux chose distinctes. Si on comprend ce qu-est l'énergie, alors on en déduit que la matière créer sont propre mouvement.

Elle se meut par elle même... pensez à saint Thomas d'Aquin et rempacez Dieu par cause premiére.
un moteur premier qui ne soit lui-même mû par aucun autre, et un tel être, tout le monde comprend que c'est Dieu.
Je ne confond pas néant et vide. Je parlais bien du néant. Là ou il n'y à pas de matiére, ce n'est pas le vide, mais bel et bien le néant. Car sans matière, pas d'espace temps. Vous citez la lumiére mais cela ajoute de l'eau a mon moulin. Elle n'a pas de masse au repos. Un photon au repos n'est ni onde, ni corpuscule. Alors qu-est ce qu’un photon au repos ? Un photons au repos n'est pas.

Un photon qui se déplace est corpuscule, donc il ne peu pas se déplacer dans le néant, puisque la où il y a matiére, ce n'est plus le néant.
les différents type de matière se définissant comme des limitations différentes de la matière
Différent type de matière ? Je croit que nous ne parlons pas de la même chose. Peut être que le terme de masse vous parleras mieux. Il n'y a qu'un seul type de masse. Ce qui a une masse est matière et existe, ce qui n'a pas de masse n'est rien. Par exemple un photons au repos n'existe pas..

Enfin, la possibiliter de quantifier la matière présentes dans l'univers ne la limite en rien. La matière calculée représente toute la matiére, par conséquent, il n'y a aucune interaction avec aucune masse extérieur. Ainsi cette masse peut être d'un mg ou de 10^54 kg, ça ne a limite en rien puisque 1 mg avec rien autour, ou 10^54kg avec rien autour, ça revient toujours au même. Au passage, quand vous dite que Dieu à l'unicité, vous le quantifier en disant qu'il est 1.
je vous réécrit ma conclusion que vos observations confirment sans jamais la contredire : l'énergie est alors la matière première, ce qui n'est pas la même chose que la cause première.
En effet mes observations ne la contredisent pas vraiment. Ceci dit, si la "matière première" existe par soi, il est aussi absurde de lui trouver une cause que se demander ce qu'il y avait avant dieu. Mais ok, je vous le concède disons que l'énergie ne soit que la matière première, il faudra toujours me démontré que la cause première a l’intelligence et la volonté.
Vous affirmez, de façon certaine, que la délimitation en êtres serait arbitraire, et que ni vous ni moi ne sommes plus un être que deux billes juxtaposées.
Or :
> de toute évidence, dans cette discussion, vous vous considérez comme un être s'adressant à d'autres êtres, puisque vous utilisez les notions de "moi" et de "vous" et que vous avez visiblement l'impression de proposer votre avis contre celui d'autres êtres. Votre propos est donc auto-contradictoire, ce qui l'anéantit.
Soyez sérieux, il n'y a aucun contradiction là dedans, trip l'explique bien mieux que moi sur trois page. Dans cette discutions, il est plus commode de considérer que vous êtes vous, et moi je suis moi. Je rejoins trip, c'est juste une "choix" pratique, en aucun cas une réalité.
Par conséquent, oui on peut dire : un agrégat matériel n’est pas un être, les molécules qui le composent pas davantage, les atomes qui composent ces molécules non plus, les neutrons et protons qui composent ces atomes non plus, les quarks qui composent ces neutrons et protons non plus, etc…

Alors vous allez me dire : mais alors la notion d’être n’est pas matériel ? Tout à fait, c’est la seule conclusion logique possible et c’est la ruine du matérialisme. L’être ne provient pas de la matière.

Et donc pour en revenir à l’exemple de l’être humain : la matière seule ne fait pas l’être humain, pour avoir l’être humain il faut l’unir à une forme, en l’occurrence l’âme.
Si l’être ne provient pas de la matière et qu'il faut une composante immatériel, cela voudrais dire que mon vase à une composante immatériel, ma lampe à une composante immatérielle, un caillou à une composante immatériel, puisque ce sont des être. Et quand je me roule une clope, je créer une composante immatériel. Si je fume ma clope, sa composante immatériel est-elle détruite ou Va-elle au ciel ? en enfer ? Au purgatoire ?

Absurde... La réponse est beaucoup plus simple. L'être n'est pas une réalité. L’être est une désignation arbitraire qui dépend du contexte, et je ne voit toujours pas de problème a ca.
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mystike
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Re: Dieu a créé l'univers, mais avant ?

Message non lu par mystike »

Soit vous concevez notre existence à partir de celle d'un créateur, soit vous concevez que tout s'est créé tout seul.
S'il n'y a pas de cause première, on se pose la question de l'origine. Le scientifique se demande qu'elle est la cause du big bang . Ainsi que la cause de la cause. Si on remonte à l'infini sans qu'il n'y ait une cause première, on aboutit à un processus sans cause, sans début puisqu'il n'existe pas de cause première et probablement sans fin. Je fais tout de même un constat, dans notre univers rien n'est indépendant.
Notre univers lui même dépend de quelque chose qui forcement a une existence et donc un début.
Ecarter la cause première c'est aussi aller dans un mur.
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Re: Dieu a créé l'univers, mais avant ?

Message non lu par PriereUniverselle »

l'observateur a écrit :Si Dieu crée eternellement, mais que le temps a été crée, peut être peut on conjecturer que Dieu n'est pas "éternel" sur le point de vue temporel: il n'aurait que 13.7 milliards d'années, "moment" de l'apparition du temps.
Si on prend l'âge de notre soleil, la galaxie dont nous faisons partie comporte des millions de soleils ! Nos télescopes les plus modernes captent des informations sur des soleils qui ont disparu et dont la lumière ne nous parvient que maintenant, peut être existaient-ils avant la venue de notre propre soleil.
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