Merci de ce texte intéressant que je ne connaissais pas.
Je voudrais parler de cette question du regroupement familial que le FN veut supprimer. Le FN ne prétend pas valoriser la famille , mais valoriser la famille française. Que penseriez-vous de quelqu'un qui ne serait pas "contre l'avortement" mais "contre l'avortement des bébés français" ? Je vous dirais que si en pratique c'est "mieux que rien", il y a derrière ce principe une grave erreur quant à la conception de la dignité humaine que l'on veut défendre en s'opposant à l'avortement. Voilà en quoi la fin ne justifie pas les moyens. L'espérance chrétienne c'est même tout le contraire : c'est de croire qu'en usant de moyens justes et saints, alors la fin engendrée sera juste, que ce soit le fait d'une justice immanente ou de la grâce divine.
De même, donc, pour ce qui est de la défense de la famille. On ne défend pas la famille parce qu'elle est française, mais parce que porte une dignité bien particulière. Aussi, le regroupement familial n'est pas une option. Le refuser est très révélateur de la conception profondément viciée que le Front National a de la famille, en la subordonnant au concept de nation. Je trouve cela très très dangereux. Autant que je fuirais une conception de la vie ou de la personne humaine subordonnée au concept de nation.
La dignité de la personne et celle de la famille sont supérieures aux intérêts de la nation. Voilà ce qui est évangélique. Et le contraire n'est que le fruit d'un paganisme hautement toxique.
Notez bien qu'ici le débat n'est même pas de savoir s'il faut favoriser ou pas l'immigration. Je trouverai à la limite moins dangereux quelqu'un qui supprime le droit du sol, rétablit des frontières, et met dehors toutes les personnes étrangères, plutôt qu'une personne qui accepte une immigration de travail mais refuse, dans ce contexte, de favoriser le regroupement familial. Il n'aurait tout de même pas mon aval, puisqu'il s'opposerait ainsi au droit à des migrants, mais au moins il ne bafouerait pas de manière aussi outrancière la dignité de la famille.
Il me semble tout de même que l'on parle de l'élection du président pour la France et pas de la présidence du Monde, non ?
Je sais bien qu'avec nos belles idées universalistes françaises, on voudrait en venir en aide au monde entier, mais je pense qu'il faut en revenir à certain bon sens.
La préférence nationale écorche encore les oreilles, même si elle existe dans tous les pays sans que cela fasse scandale.
Il faut voir la volonté de supprimer la regroupement familial comme le reflux d'une générosité excessive pratiquée pendant des décennies.
Certes, la générosité est louable, mais il ne faut pas oublier que ce regroupement familial pèse sur la communauté nationale.
Je crois qu'une personne politique responsable doit ternir compte de la situation économique actuelle, qui n'est pas celle de l'époque ou le regroupement familial fut autorisé, et de savoir prendre des décisions difficiles, souvent impopulaires.
A situation de crise, remède de cheval. Je pense que si l'on avait les moyens d'être généreux, on le ferait volontiers.
Je vois plutôt dans cette remise en cause une dissuasion d'immigration qu'une volonté de séparer les familles.
En même temps, il faut éviter de voir les choses par le bout de la lorgnette : il y a parallèlement une volonté de MLP de coopération avec les PED pour aider les populations à se fixer dans leur pays. Il y a tout de même une cohérence.
J'en vois d'ici qui vont me dire que rien de cela n'est sincère, mais ils feront bien de répertorier d'abord les promesses jamais tenues des partis pour lesquels ils vont voter.
AdoramusTe a écrit :Bien entendu, on peut opter pour le purisme en espérant en un avenir meilleur
Ca c'est amusant, ça me fait penser à ce que vous dites par ailleurs de Marine le Pen (je vous cite) :
Elle ne s'est compromise avec aucun des gouvernements dont elle pense que les idées sont incompatibles avec les siennes.
Donc, tout accusation de dangerosité contre elle relève du procès d'intention pour l'instant.
La "pureté" semble aussi vous intéresser. Par ailleurs, je vous ai montré que sa dangerosité n'était pas qu'un procès d'intention, mais un procès de programme politique.
Pas du tout, j'ai déjà déclaré que ça pourrait être mieux concernant MLP.
Mais il me semble que contrairement à certains autre candidats, elle n'a jamais participé au pouvoir à son plus haut niveau.
La nouveauté est pour moi un avantage, tout comme le choix de société proposé.
Il est étrange de voir les autres candidats dénoncer qu'elle ne soit pas capable d'exercer le pouvoir quand eux-mêmes ont pu montrer à plusieurs reprises leur incompétence.
Vous parlez de procès de programme politique. C'est plutôt de procès en sorcellerie dont il faudrait parler en fin de compte.
AdoramusTe a écrit :mais d'ici-là, nous serons sous le régime de la charia et nous aurons tout le temps de regretter.
Nous parlons bien de 2012-2017, là ? Le problème de la dette française : l'islam ? Le problème de l'emploi : l'islam ? la culture de mort (avortement, euthanasie pour bientôt, désagrégation de la famille naturelle, ...) : l'islam ? Les problèmes environnementaux : l'islam ?
Au-delà de cette focalisation absurde, on le voit bien, sur l'islamisation (qui me donne envie de vous rappeler que le plus grand danger spirituel ET culturel pour notre société actuellement, c'est sa sécularisation, et non pas son islamisation), votre angoisse inspirée par la contemplation des persécutions des minorités religieuses dans les pays qui appliquent la charia fait une transposition sur la France qui n'a pas de sens. C'est comme comparer une pomme et une banane. Vous comparez des cultures radicalement différentes, et vous faites de la France le sujet d'une improbable conversion/soumission globale à l'islam. Il y a un moment où il faut être un tout petit peu réaliste. Il y a des débats et des choses bien claires, parfois bien fermes, à poser concernant la laïcité en France. Mais autant que je sache, Marine le Pen n'est pas la seule à le proposer. Ce qui me semble inquiétant, c'est qu'elle en fasse une telle priorité. Non seulement on voit bien que le diagnostic et l'urgence politique sont complètement déconnectés de la réalité, mais en plus ça ne présage rien de bon pour ce qui est de la liberté religieuse y compris pour les autres religions. A ce sujet, je vous rappelle que la liberté religieuse n'est pas un principe négociable dans la doctrine sociale de l'Eglise. Aussi il me parait assez éloigné de la DSE de vouloir "lutter contre l'islamisation de la France", dans la mesure où - si Marine le Pen veut se distinguer sur ce plan là - cela porte inévitablement à mettre à mal cette liberté religieuse.
Voyez-vous, les qualités d'un homme politique est d'anticiper les problèmes pour éviter les grands malheurs de demain. Beaucoup d'hommes politiques aujourd'hui ont reconnu à JMLP d'avoir eu raison sur bons nombres de problèmes qui arrivent en France aujourd'hui, même s'ils contestent les solutions proposées. Mais en attendant, aucun ne propose de solutions.
Aujourd'hui vous trouvez cela absurde, vous estimez qu'il n'y a pas d'urgence. Mais, c'est justement quand il y a urgence que c'est déjà trop tard.
C'est très significatif du fonctionnement politique actuel : on navigue à vue, on colle des rustines en attendant la prochaine crevaison mais aucun problème de fond n'est résolu.
Il existe en France certains signes qui sont assez alarmants. Il suffirait pourtant de faire appliquer la loi avec fermeté mais il ne faut pas attendre cela des candidats de l'ordre établi.
Je crois qu'on peut méditer ce qui se passe en ce moment dans les pays d'Afrique du Nord. Le cas du Kosovo est lui-aussi très instructif.
J'ajouterai que la persécution des minorités religieuses ne touche pas que ces pays.
Il y a des endroits en France où c'est déjà le cas, au dire ce certains réfugiés chrétiens qui croyaient trouver en France la protection qu'ils n'avaient plus dans leur pays.