Il n'a pas besoin d'avoir ces perfections, puisqu'Il est ces perfections, ce qui est encore mieux.Raistlin a écrit :Oui mais, dans ce cas, vous reconnaissez qu’il existerait des perfections que l’Absolu ne possède pas. Mais puisque l’Absolu est l’Être par soi, c’est-à-dire Celui qui est à la source de tous les êtres (et donc de leurs perfections), comment comprendre qu’il ait pu donner l’existence à des êtres pourvus de perfections qu’Il ne possède pas Lui-même ? Ca me semble absurde.
Je l'ignore, mais de toute façon, je pense également que l'Absolu est simple (en partie pour les raisons que vous évoquez).Raistlin a écrit :Rejeter la simplicité divine me semble hasardeux. En effet, rappelons une démonstration de cet attribut divin : Dieu n'est pas composé de parties puisque s'il était composé de parties, celles-ci seraient finies ou infinies. Si elles étaient finies, Dieu ne serait plus l'infini, car l'addition du fini avec le fini ne donne pas l'infini. Dire, d'autre part, que les parties sont infinies est une chose contradictoire puisque la notion d’infini implique l’unité. Par ailleurs, saint Thomas, dans sa Somme contre les Gentils, démontre qu’en Dieu, rien n’est accidentel donc que rien n’est autre chose que l’essence divine.
Si Platinga veut rejeter la simplicité divine, comment réfute-t-il ces démonstrations de la simplicité divine ?
Oui mais attention, en parlant d'abstraction, je ne parlais justement pas de vagues représentations mentales, je parlais d'entités encore plus vraies que le vrai et plus réelles que la réalité. Des formes platoniciennes en quelque sorte.Raistlin a écrit :L’erreur ne viendrait-elle pas plutôt de ce que ce que nous prenons pour des abstractions à notre niveau, ne le sont pas en Dieu ? Par exemple, à notre niveau, le Bien peut être considéré comme une abstraction. Mais c’est oublier que Dieu est le Bien et qu’Il est à ce titre le « modèle » de ce que nous tenons pour une abstraction, et que les biens particuliers que nous trouvons en nous ne sont que le reflet de la bonté divine.
Oui donc là je vois bien qu'on ne s'est pas compris depuis le départ. En parlant d'abstraction, je n'entendais pas du tout un concept au sens mental du terme, mais une réalité idéale subsistant par elle-même. C'est au contraire cette réalité idéale qui fait que nos concepts mentaux peuvent être vrais ou faux et ne sont pas simplement des "fictions utiles".Raistlin a écrit :Ca, ça me semble contradictoire. L’Absolu que nous cherchons a une définition bien précise : il est l’Être par soi, celui qui est à l’origine de tous les êtres. Il en est la Cause Première. A moins de dire que tous les êtres ne sont que des objets abstraits, je vois mal comment un objet abstrait – c’est-à-dire sans réalité concrète (c’est bien ça que vous entendiez, n’est-ce pas ?) – pourrait donner naissance à des êtres réels (ce que nous sommes, à moins de nier l’évidence).
Et puis, comment un objet abstrait pourrait-il « exister » en dehors d’une intelligence qui le conceptualise ? Cela reviendrait à dire que l’Absolu ne peut exister que s’il y a une intelligence pour Le penser, non ? On tomberait alors dans une contradiction insurmontable.
Cordialement,
Mikaël



