Ce n’est pas parce que la Cause première est transcendante qu’elle ne cause pas notre Univers, même au sens moderne du terme.Un gentil athée a écrit :Certains (je crois notamment ti'hamo), m'avaient fait remarquer, il y a longtemps, que même si l'univers n'avait pas de commencement, et que les phénomènes s'enchaînaient les uns les autres par le seul jeu des lois de la physique depuis l'infini des temps, il resterait à expliquer l'ensemble infini de cet enchaînement : pourquoi les lois de la physique sont-elles ainsi et non autrement ? pourquoi même y en-a-t-il ? Ainsi, la Cause première n'est donc pas une cause au sens des sciences de la nature, ce n'est pas une cause qui se situe dans le continuum espace-temps-énergie. Que "mon" Absolu ne soit pas un agent causal en ce dernier sens "naturaliste" n'a donc strictement aucune importance pour le sujet qui nous occupe. Premier point.
Si la raison arrive à la connaissance d’une Cause première, c’est justement parce que l’Univers, et tout ce qu’il contient, est contingent. Tout aurait pu ne pas exister, l’Univers n’a pas l’être par lui-même. Il faut donc nécessairement une Cause qui ait l’Être par elle-même, et de qui l’Univers tire son être. Cette Cause première est donc bien causale, et au sens tout à fait moderne du terme car sans elle, l’Univers matériel n’existerait pas. Une cause est une cause, il ne me semble pas nécessaire d’introduire des distinctions inutiles et confusantes.
Je ne sais pas exactement ce qu’on peut entendre par « universaux » mais vous commettez, il me semble, une grave confusion. Les lois de la Nature ne sont pas des abstractions, elles sont le résultat d’interactions entre matière, énergie, etc. Ce que je veux dire, c’est que le concept de triangle n’a pas besoin d’un triangle matériel pour exister. En revanche, une loi physique n’existe pas hors de ce qui lui donne d’exister : le réel. Votre erreur vient du fait que vous confondez deux niveaux différents : celui de la physique et celui des mathématiques. Mais nos modélisations mathématiques du réel ne sont pas les lois en elles-mêmes, elles n’en sont que la transcription, la traduction oserais-je dire.Un gentil athée a écrit :De plus, elles sont supposées indépendantes du temps, du lieu, immatérielles (personne n'a jamais rencontré la loi de la gravité universelle se baladant le long des quais de la Seine...), etc. Si un philosophe scholastique venait à recevoir un cours de physique contemporaine, probablement qu'il jugerait que les lois et théories physiques sont des universaux. Ce sont les archétypes ou les modèles des relations entre les êtres matériels, de même que la beauté, la triangularité, la rougeur, etc. sont des archétypes ou modèles des êtres matériels eux-mêmes (dans une certaine mesure, ces dernières propriétés peuvent également caractériser les relations entre les êtres matériels : ainsi on parlera de la beauté d'une loi physique).
Et c’est là où je ne vous suis plus du tout. Vous partez de l’exemple des lois de la Nature – qui ont quand même une efficacité causale (sens moderne) bien réelle – pour dire que votre Absolu peut causer l’existence sans avoir d’efficacité causale.Un gentil athée a écrit :Par conséquent, l'Absolu, même s'il est une réalité archétypale, peut fort bien, il me semble, causer l'existence de l'univers matériel, bien que dépourvu d'efficacité causale au sens moderne du mot "cause".
Vraiment Mikaël, tout cela est flou et confus. Faites quand même attention : il me semble que dans un raisonnement philosophique, il y a plusieurs niveaux d’abstractions et qu’il n’est jamais bon de les confondre (c’est la première chose qu’explique Jean Daujat dans son libre Y a-t-il une vérité ?). En mélangeant physique, mathématique et métaphysique (donc en confondant les niveaux), vous brouillez les cartes davantage que vous ne clarifiez les choses.
Lorsque nous nous intéressons à la Cause première, nous la prenons comme Cause de l’être de tout ce qui existe, c’est-à-dire comme Principe ayant l’Être par soi. L’Absolu est nécessairement l’Être par soi, et c’est de là que tout découle. Vous considérez l’Absolu comme une abstraction archétypale, mais ce genre de chose n’a pas d’existence en dehors de celui qui la pense. Or ça ne convient pas du tout à l’Absolu. C’est une nécessité que l’Absolu soit causal au sens fort du terme, c’est-à-dire dans le sens où il est la cause de tout ce qui existe, de tout mouvement, de toute réalité, etc.
Cordialement,



