Les économistes non partisans contre Hollande

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patrick_mtl
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Re: Les économistes non partisans contre Hollande

Message non lu par patrick_mtl »

Auriez-vous un exemple de société ultralibérale qui donne envie d'y vivre ? (Les USA ? )
L'économie aux USA est tout, sauf déréglementé. C'est l'intervention de l'État qui a produit la crise.

Nous devons souhaiter la mise en place d'un libre marché qui implique, selon l'Institut Von Mises, la fin des banques centrales publique, le retour de l'étalon or et la fin des réserves fractionnaires. Ce qui est déjà tout un programme !
Omnes cum Petro ad Iesum per Mariam.
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Un gentil athée
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Re: Les économistes non partisans contre Hollande

Message non lu par Un gentil athée »

Bonjour Marie,
marie du hellfest a écrit :Bonsoir Mikaël,

Avez-vous vu la vidéo en entier ? Ces spéculations ont causé des morts, 250 millions d'affamés de plus dans le monde, de émeutes de la faim dans 30 pays ... tout ça pour qu'une poignée de personnes s'en mettent plein les fouilles !! Comment pouvez-vous raisonnablement comparer cette situation avec les exemples que vous m'avez donné ? C'est une façon de tuer des gens qui ne sera jamais punie par la loi ! Est-ce que le libéralisme compte laisser les gens libres de causer du tort aux autres ?

Les 250 millions de personnes qui n'ont pas eu les moyens de se nourrir, elles étaient libres, elles ? Libres de subir les conséquences des rêves démentiels des spéculateurs ?
Le libéralisme (le vrai), par définition, défend une conception de la liberté qui est la suivante : "chacun a le droit de faire tout ce qui ne nuit pas à autrui". Donc une prétendue liberté qui consisterait à violer les droits d'autrui ne serait pas une liberté libérale.

Ceci étant dit, je ne crois pas que la spéculation soit responsable des maux évoqués dans la vidéo, bien au contraire. Je ne suis pas spécialiste en économie, donc je vous renvoie à cet article, qui vous permettra d'avoir un deuxième son de cloche :

http://www.contrepoints.org/2012/04/30/ ... ors-la-loi
La liberté économique, ça ne marche que pour ceux qui sont au sommet. Les autres, ils en entendent beaucoup parler, mais ils l'attendent encore.
Concernant les conditions initiales, c'est un argument souvent évoqué contre le libéralisme, ou du moins pour l'amender. On estime que la liberté libérale serait bonne si tout le monde partait des mêmes conditions matérielles de base. Or, puisqu'il y a des inégalités matérielles, la liberté libérale est donc mauvaise. On connaît la phrase d'Henri Lacordaire qui résume bien cet état d'esprit : « Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c'est la liberté qui opprime et la loi qui libère ».

Quelques objections :
- L'égalité matérielle parfaite est impossible. Il faut donc tolérer une certaine inégalité matérielle. Jusqu'à quel point ? Pourquoi fixer le seuil ici, plutôt que là ? etc.
- Les êtres humains ne sont pas seulement inégaux en richesse matérielle, ils sont également inégaux en intelligence, beauté, charisme, etc. Pourquoi ne pas décider d'égaliser tout ça également ? Pourquoi ne pas créer un droit au sexe opposable ou un droit à avoir des amis ? Ne riez pas, ce type d'inégalité est un argument de Houellebecq contre la liberté amoureuse et sexuelle. Lisez ou relisez Extension du domaine de la lutte. L'auteur y compare les "méfaits" du libéralisme économique aux "méfaits" du libéralisme amoureux et sexuel. Avec cohérence - à défaut de justesse - il considère donc qu'il faut lutter sur les deux fronts à la fois. On voit bien, avec cet exemple, en quoi il est incohérent d'être pour le libéralisme des mœurs mais contre le libéralisme économique (ou l'inverse). L'un implique l'autre. La négation de l'un implique la négation de l'autre. Enfin si on veut bien être logique jusqu'au bout.
- Si les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets, en revanche, des causes différentes ne produisent pas toujours des effets différents. Ainsi, pauvres et riches, en exerçant leur liberté libérale, pourront espérer atteindre asymptotiquement des conditions de vie semblables (à condition bien entendu que l'Etat ne s'en mêle pas avec ses réglementations liberticides : SMIC, charges dites patronales, contraintes à l'embauche et au licenciement, etc.). La richesse n'est d'ailleurs pas nécessairement un avantage. Elle peut parfois être une contrainte. Par ailleurs, elle n'est pas le seul paramètre qui entre en ligne de compte pour mesurer les conditions initiales des individus (avoir de l'intelligence, de la beauté, du charisme, cela aide parfois mieux que d'avoir des millions de dollars).

Cela dit, je suis un libéral pragmatique, et pas contre une intervention publique limitée, pour constituer un filet de sécurité face à la pauvreté et à l'incapacité, uniquement dans le cas où les initiatives privées seraient insuffisantes. Cela implique l'existence d'un impôt, mais qui doit être le plus rationnel, faible et simplifié possible, afin qu'il altère le moins possible la liberté libérale des acteurs économiques.
Et quid du capitalisme de connivence ? Si ce n'est pas la faute de la liberté économique, merci de m'expliquer comment l'idéologie libérale compte éviter cet effet pervers (sans réglementation ? :clown: ). Je suis d'accord pour dire qu'on ne vit pas dans une société ultralibérale en France, mais qu'en est-il au niveau des marchés financiers ? Auriez-vous un exemple de société ultralibérale qui donne envie d'y vivre ? (Les USA ? :incertain: )
Quand je parle d'excès de réglementations, c'est au niveau de l'activité économique elle-même. Ça ne veut pas dire que je suis contre toute réglementation en politique. Et ainsi, pour éviter les conflits d'intérêt, on peut avancer quelques mesures : interdire toute subvention publique aux entreprises, ou alors soumettre le versement de ces subventions à un référendum, interdire à l'Etat d'être actionnaire dans des entreprises privées, etc.
Je suis également curieuse de voir quels excès de réglementations sont responsables de la situation décrite dans la vidéo ? Merci de m'éclairer ...
Voir mon lien.

Cordialement,

Mikaël
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marie du hellfest
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Re: Les économistes non partisans contre Hollande

Message non lu par marie du hellfest »

Vous estimez donc que le raisonnement développé par l'intervenant de l'émission est faux ? Que les nouvelles méthodes introduites par les banques qui ont investis ces marchés ne sont pas responsables de la hausse des prix (jusqu'à pratiquement x10, tout de même, alors qu'avant qu'elles n'arrivent les prix étaient à peu près stables ?).

Pourtant votre lien est hors sujet. Ce sont des situations différentes, qui nécessitaient des réponses différentes.

2008 n'a jamais manqué de blé, c'est même, comme dit l'intervenant, une année record au niveau de la production. Il y avait de quoi nourrir pratiquement deux fois la population mondiale. Les famines ont été provoquées artificiellement par quelques personnes pour pouvoir s'enrichir, pas parce qu'une guerre quelconque empêchait l'approvisionnement.
C'est la différence entre les famines anciennes où la nourriture manquait (où qu'on avait pas les moyens de l'acheminer correctement), et les famines actuelles où les marchands préfèrent jeter leurs stocks périssables plutôt que de perdre de l'argent en les donnant.
Les montagnes d'oranges invendues aspergées d'essences pour pas que les américains puissent se servir en 1929, ça vous rappelle quelque chose ?

Et puis votre exemple oublie une donnée essentielle : si les prix avaient grimpé pendant le siège, on en serait revenu toujours au même point : il n'y aurait eu que les riches pour pouvoir se payer à manger, et, comme d'habitude, ce serait les pauvres qui auraient crevé la dalle. Vous pensez sérieusement qu'elle aurait pu se défendre longtemps, la ville, avec seulement les riches en état de se battre ? En espérant qu'il n'y ait pas eu de troubles internes parce que le peuple avait faim ... Il y aurait peut-être eu plus de provisions si les marchands extérieurs avaient quelque chose à y gagner, mais ça n'aurait probablement fait que rallonger d'autant le siège.

Bref, vous dites que vouloir réguler la finance est liberticide. De mon côté j'estime que vouloir laisser quelques guignols qui nagent déjà dans les millions (voire les milliards ?) de se faire encore plus de fric en affamant des centaines de millions de personnes c'est parfaitement honteux.

Je n'ai pas le temps de tout développer maintenant, j'essaierai de finir ce soir.
Cinci
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Re: Les économistes non partisans contre Hollande

Message non lu par Cinci »

lmx :
Et que de dire de l'université française dans le domaine des sciences sociales notamment, où (et je sais de quoi je parle) les pensées déconstructionnistes en tout genre qui s'appliquent à saper les notions de nation, de culture, d'identité à l'aide des schémas marxistes les plus éculés règnent en maîtres. D'ailleurs, on n'y apprend pas à réfléchir, mais à lire la réalité selon des paradigmes bien taillés et à reconstruire la réalité selon ces mêmes paradigmes.
D'accord sur le fait qu'il puisse continuer de subsister des intellectuels universitaires. Puis alors plusieurs peuvent tenir des discours délirants. Mais ce ne sont pas ces intellectuels qui régissent politiquement la société. Ils ne sont pas en passe d'instaurer le régime de la Corée du Nord en France, et alors qu'ils peuvent être laquais ou larbins au service du capital.

Les Lénine, Trotsky et leurs affiliés n'auront toujours souhaiter qu'une seule chose et c'était d'envoyer au poteau les socio-démocrates (nos socialistes comme flanby justement) et à titre de traîtres, vendus, collabos et complices des affameurs des puits d'huile de Bakou, amis des exploiteurs du peuple, etc.

Vous dite :
Lui [Sarkozy] au moins, contrairement aux fossoyeurs de gauche qui sont les alliés objectifs du marché, n'a pas théorisé la destruction de la culture française. Mais, l'arrogance et l'hypocrisie des homme des gauches qui excellent à faire croire que c'est toujours de la faute des méchants capitaliste et que l'idéologie "libérale" règne partout est répugnante. La vérité c'est que sur le plan intellectuel le marxisme culturel a depuis longtemps triomphé en occident et que sa haine de la culture, de la tradition bref de toute forme stable susceptible de faire qu'il y ait un monde qui nous précède et qui survivra à nos petites individualités (la culture), haine motivée par l'idée que rien ne précède un homme radicalement autonome qui doit pouvoir tout faire et défaire, a aboutit à la destruction de toute forme d'hétérogénéité ontologique s'opposant à l'alignement de toute chose sur une valeur quantitative et à l'absorption de toute chose dans un processus de consommation, elle a donné un fondement, une cosmologie, à l'idéologie marchande.

Les fossoyeurs de gauche sont les alliés objectifs du marché. Oui, c'est en cela que la pensée néo-libérale règne partout en Otanistrie de l'Ouest.

Puis vous évoquerez aussi le fait de fournir une sorte de cosmologie à l'idéologie marchande. Si vous voulez, une sorte de marxisme culturel dégradé constitue un ''émollient facilitateur'' plus qu'une barrière à l'invasion sans frein par les marchands du temple. On a une période faste pour ces derniers. Et ce sont bien eux qui règnent. Obama, quel beau symbole. La [fausse] gauche comme superficiellement apparentable au gaucho-marxiste et à la revanche des damnés de la terre (tutti quanti, le sans-papierisme gna-gna), mais qui est en réalité le fer de lance de Wall Street.

La simili-gauche de carnaval travail préférentiellement à saper le christianisme évidemment, tout en chouchoutant les mille babioles du dalaï-lamaïsme, de l'islam et n'importe quoi d'autre. Ce faux gauchisme souhaite le bazar, dans lequel tel ou tels pourront s'amuser à jouer aux révolutionnaires, et, tout en ayant simultanément celle liberté, celle de consommer un maximum des produits les plus recherchés et provenant des quatre coins de l'horizon. «On veut jouir !» Ce sont bel et bien des alliés de la banque, du marchand d'arme Khashoggi, de Rockfeller et toute la famille. C'est ce que disait aussi Soljenitsyne dans un de ses ouvrages, en mentionnant comment les capitalistes de New-York s'étaient empressés de financer la révolution russe à ses débuts (tous très volontaires pour abattre le régime tsariste naturellement), avant que l'on ne s'avisât de l'obstination réelle des bolshéviks, leur militantisme déraisonnable.

C'est fascinant de voir, par ailleurs, le gentil athée ressurgir de terre, et comme précisément maintenant, puis et en tant qu'allié avoué de l'école néo-libérale de Chicago.
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Re: Les économistes non partisans contre Hollande

Message non lu par Un gentil athée »

Bonsoir Marie,

J'ai trouvé un article qui critique votre vidéo :

https://www.contrepoints.org/2011/09/01 ... e-le-monde

Cordialement,
Mikaël
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Re: Les économistes non partisans contre Hollande

Message non lu par Un gentil athée »

Cinci a écrit :C'est fascinant de voir, par ailleurs, le gentil athée ressurgir de terre, et comme précisément maintenant, puis et en tant qu'allié avoué de l'école néo-libérale de Chicago.
Hum ? Pourquoi est-ce si fascinant ?... Je sais que ce forum est très porté sur la politique. Je voulais donc voir ce qu'il s'y disait au sujet de l'élection d'Hollande comme président de la République... Quant à mes idées libérales, je ne crois pas m'en être caché au cours de mes diverses interventions par le passé...
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marie du hellfest
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Re: Les économistes non partisans contre Hollande

Message non lu par marie du hellfest »

Bonsoir Mickaël,

A propos de votre article, soit je suis vraiment très fatiguée et je n'ai rien compris, soit il contient pas mal de contradictions et ne conteste pas le fait que ce sont les banques d'investissement qui sont en bonne partie responsables de ce scandale.

L'article ne conteste pas le fait que l'augmentation des prix est directement lié à la stratégie agressive de ces banques sur le marché des grains. Mais en gros, il dit que c'est pas la faute aux spéculateurs qui ont fait des conneries, mais c'est la faute au système fédéral qui a donné les moyens aux spéculateurs de faire leurs conneries. Trop fort ! Moi aussi, je vais demander de l'argent à ma banque pour causer du tort aux gens, et quand on viendra me demander des comptes je dirai que c'est ma banque la responsable ! :sonne:

Comme solution au problème, l'auteur préconise de "faire confiance à la liberté" ; je suis vachement rassurée, dites donc ! Voilà un programme clair et pertinent, convainquant ! Blague à part, c'est bien beau de prédire plein d'effets néfastes pour les réglementations qui ne plaisent pas, mais si c'est pour y opposer une "solution" pareille, son auteur aurait mieux fait de se taire, parce qu'en fait il ne propose que du vent. Franchement, niveau crédibilité, ça le fait pas.

Donc si on prend la conclusion de l'article : "Oui, Wall Street affame le monde, mais ce n’est pas à cause de la spéculation, de la pseudo-dérèglementation des marchés financiers ou des « esprits animaliers », c’est bel et bien à cause d’un système monétaire étatique déficient, liberticide et anti-capitaliste."
Pour déficient je dis pas, mais l'auteur n'a nulle part précisé dans l'article en quoi le système monétaire est :
- liberticide : WTF ?? OU et QUAND un quelconque organisme a-t-il empêché les banques de faire leurs petites affaires, ou les a-t-elles contraint d'une quelconque manière ? Ce n'est précisé nulle part dans l'article !
- anti-capitaliste : le système fédéral a prêté des sommes colossales aux banques pour qu'elles puissent spéculer librement, et se faire ainsi des bénéfices encore plus colossaux, mais se voit pourtant taxé d'anti-capitaliste ?! C'est du foutage de gueule !!

Bref, l'auteur de l'article tire des conclusions totalement déconnectées de la réalité et même de ses propres réflexions. Il lance des condamnations qui ne reposent sur rien et sont en contradiction avec ce qu'il a écrit quelques lignes plus haut ; il ne démontre rien du tout. Bref, ça tient plus de la propagande que d'un avis argumenté. Et, cerise sur le gâteau, il ne propose aucune solution concrète, rien de mieux que de "faire confiance à la liberté", comme si d'un coup de baguette magique des spéculateurs capables d'affamer des millions de personnes sans que personnes ne cherche à les en empêcher allaient se trouver une conscience si on finissait de démanteler les règles existantes ...

Désolée Mikaël, mais plus ça va et moins je suis convaincue.
Cinci
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Re: Les économistes non partisans contre Hollande

Message non lu par Cinci »

Gentil athée,

C'est fascinant de voir que vous revenez avec le retour des beaux jours pour ces socialistes et dont on dirait qu'ils sont les alliés des puissances d'argent. C'est votre discours pouvant se faire présent au carrefour et alors quasiment en simultané avec ce que venait de dire lmx plus haut. C'est la coïncidence, si vous voulez.

lmx en arrivait à ceci :
Bref, ce pays est atteint de sida mental, j'en viens à le détester et à me réjouir de sa disparition programmée.
Et, de votre côté, comme à un point de vue de minarchiste souhaitant le moins de présence étatique possible. Par ailleurs, on a aucun mal à imaginer qu'un Hollande se passerait facilement de l'État français mais pour peu que l'insertion dans un grand empire assurerait plus et mieux les valeurs ''socialistes'' qui seraient les siennes.

AUSSI

Pourrais-je faire remarquer rapidement la chose suivante : le temps serait donc vraiment peu favorable à l'éloge de la patrie, à l'intervention nationale, la frontière et tout. Du moins, la structure de représentation nationale semble une mal-aimée pour bon nombre de personnes.
Cinci
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Re: Les économistes non partisans contre Hollande

Message non lu par Cinci »

Marie du hellfest :
Comme solution au problème, l'auteur préconise de "faire confiance à la liberté" ; je suis vachement rassurée, dites donc ! Voilà un programme clair et pertinent, convainquant ! Blague à part, c'est bien beau de prédire plein d'effets néfastes pour les réglementations qui ne plaisent pas, mais si c'est pour y opposer une "solution" pareille, son auteur aurait mieux fait de se taire, parce qu'en fait il ne propose que du vent. Franchement, niveau crédibilité, ça le fait pas.
Oui.

C'est l'assise du discours idéologique des économistes de Chicago, ce qui inspirait la présidence de Ron Reagan et Margaret Thatcher en Angleterre.
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Re: Les économistes non partisans contre Hollande

Message non lu par Un gentil athée »

Bonsoir Marie,
marie du hellfest a écrit :A propos de votre article, soit je suis vraiment très fatiguée et je n'ai rien compris, soit il contient pas mal de contradictions et ne conteste pas le fait que ce sont les banques d'investissement qui sont en bonne partie responsables de ce scandale.
Alors on va dire que vous étiez vraiment très fatiguée, car je ne vois pas de contradiction dans l'article. Certes, il ne conteste pas que la banque d'investissement Goldmann Sachs est en partie responsable de ce scandale, mais le libéralisme, ce n'est pas de dire : "les banques ne font jamais de conneries" mais : à chacun d'être libre et donc d'assumer ses responsabilités. Par conséquent, si les banques font des conneries, c'est à elles seules qu'il devrait revenir de les assumer, pas aux autres personnes. Or, en l'état, ce n'est pas ce qui se passe, à cause d'institutions étatiques comme les banques centrales, qui donnent aux banques d'investissement des "faux droits" décrits par l'article. Or, tout "faux droit" existe au détriment d'un vrai droit qui est donc violé. Le système étatique est donc complice du pouvoir financier, à l'encontre des principes libéraux.

La substance de l'article se trouve ici :
Le vrai problème est le système bancaire à réserves fractionnaires et sa banque centrale, qui permettent aux banques d’investissements d’avoir un poids démesuré sur le marché avec de l’argent créé ex nihilo qui ne leur appartient pas. Un système monétaire sain éliminerait ce problème. Il y aurait de la spéculation quand même, ce qui est souhaitable, mais cette spéculation n’engendrerait pas de bulles et de chocs.

L’autre phénomène à considérer est que lorsque la Federal Reserve crée d’immenses quantités de monnaie à partir de rien pour mener ses programmes de « Quantitative Easing », elle met de la pression à la baisse sur la valeur du dollar américain. Comme plusieurs pays maintiennent un taux de change plus ou moins fixe relativement au dollar, leur banque centrale doit créer de la monnaie domestique pour acheter des dollars US afin de maintenir le taux de change stable. Cette nouvelle monnaie est injectée dans l’économie locale sous forme de dette, ce qui engendre de l’inflation. L’économie est un peu comme un ensemble de vases communicants; cette inflation fini donc tôt ou tard par affecter les prix des denrées alimentaires.
En somme, émettre de la monnaie à partir de rien, c'est un peu de la tromperie, car la monnaie ainsi émise donne l'impression qu'elle correspond à une valeur réelle alors qu'elle repose sur une valeur factice, et mélangée indistinctement aux autres monnaies, c'est la valeur de chaque pièce ou billet qu'elle diminue... En fait, c'est de la vraie fausse monnaie...
marie du hellfest a écrit :L'article ne conteste pas le fait que l'augmentation des prix est directement lié à la stratégie agressive de ces banques sur le marché des grains. Mais en gros, il dit que c'est pas la faute aux spéculateurs qui ont fait des conneries, mais c'est la faute au système fédéral qui a donné les moyens aux spéculateurs de faire leurs conneries.
C'est aussi la faute aux spéculateurs, mais dans une société libérale, les conneries des spéculateurs seraient assumées par eux-mêmes.
marie du hellfest a écrit :Trop fort ! Moi aussi, je vais demander de l'argent à ma banque pour causer du tort aux gens, et quand on viendra me demander des comptes je dirai que c'est ma banque la responsable ! :sonne:

Comme solution au problème, l'auteur préconise de "faire confiance à la liberté" ; je suis vachement rassurée, dites donc ! Voilà un programme clair et pertinent, convainquant ! Blague à part, c'est bien beau de prédire plein d'effets néfastes pour les réglementations qui ne plaisent pas, mais si c'est pour y opposer une "solution" pareille, son auteur aurait mieux fait de se taire, parce qu'en fait il ne propose que du vent. Franchement, niveau crédibilité, ça le fait pas.

Donc si on prend la conclusion de l'article : "Oui, Wall Street affame le monde, mais ce n’est pas à cause de la spéculation, de la pseudo-dérèglementation des marchés financiers ou des « esprits animaliers », c’est bel et bien à cause d’un système monétaire étatique déficient, liberticide et anti-capitaliste."
Pour déficient je dis pas, mais l'auteur n'a nulle part précisé dans l'article en quoi le système monétaire est :
- liberticide : WTF ?? OU et QUAND un quelconque organisme a-t-il empêché les banques de faire leurs petites affaires, ou les a-t-elles contraint d'une quelconque manière ? Ce n'est précisé nulle part dans l'article !
Pourquoi prenez-vous cause pour les seules banques ? Je vous signale que le libéralisme pourrait se résumer dans cette célèbre maxime : la liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres. Il n'y a donc pas que les banques à considérer mais l'ensemble des êtres humains. Or, donc, la banque centrale est liberticide :
- parce qu'elle créé de la vraie fausse monnaie qui vient perturber l'économie, en appauvrissant, en diminuant le pouvoir d'achat des gens (il va falloir plus d'argent pour acheter la même chose) ;
- parce qu'elle impose autoritairement une valeur aux bons du trésor qu'elle émet (c'est pourquoi, si j'ai bien compris, Goldmann Sachs a placé ses investissements en bons du trésor, pour être sûr de les arracher aux fluctuations du marché).
Alors c'est sûr, les banques peuvent faire leurs choux gras avec un tel système car aux uns on accorde la liberté, aux autres on fait assumer la responsabilité. Ça n'a donc rien de libéral car en libéralisme, la liberté va de paire avec la responsabilité.
- anti-capitaliste : le système fédéral a prêté des sommes colossales aux banques pour qu'elles puissent spéculer librement, et se faire ainsi des bénéfices encore plus colossaux, mais se voit pourtant taxé d'anti-capitaliste ?! C'est du foutage de gueule !!
Non, mais c'est vrai que "capitalisme" est un terme un peu vague. L'auteur parlait sans doute du "capitalisme libéral". Là nous en sommes loin puisque l’État intervient, prête des sous, etc.

Rappel : l'argent de l’État, c'est le nôtre (si on exclut la vraie fausse monnaie émise par la planche à billets), celui prélevé par l'impôt et les taxes. La moindre des choses, c'est qu'on ne l'utilise pas ensuite n'importe comment, contre notre intérêt.

Cordialement,

Mikaël
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Re: Les économistes non partisans contre Hollande

Message non lu par marie du hellfest »

Mais qu'est-ce que vous proposez, CONCRÈTEMENT, pour lutter contre ces abus ??

C'est bien beau de dire que les interventions de l'état sont liberticides, qu'il faut démanteler les lois et tout ce qui entrave la liberté, mais vous comptez faire appliquer comment le "la liberté des uns s'arrête où commence celle des autres" ? Comment vous comptez faire assumer aux banques leur responsabilité dans les famines qu'elles ont provoqué ?

En faisant confiance à la liberté ? :s
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Re: Les économistes non partisans contre Hollande

Message non lu par Un gentil athée »

Eh bien, justement, en système libéral, les banques n'auraient pas pu provoquer de famine, car il n'y aurait pas eu de banque centrale. Du reste, même dans notre société, quand quelqu'un viole le droit de quelqu'un d'autre, il existe des forces de police pour le rechercher et l'arrêter, un système judiciaire pour le juger, et un système pénal pour le punir et l'empêcher de nuire. Les fonctions régaliennes (c'est-à-dire celles qui assurent la sécurité et la justice) seront d'ailleurs d'autant mieux exercées que l'état se désengagera dans d'autres domaines.

Un point mérite d'être souligné : on pense souvent que les libéraux sont contre la culture (par exemple), parce qu'ils veulent que l'état se désengage de la culture. Erreur : peu de personnes sont autant pour la culture que les libéraux, puisque la culture émancipe et que les libéraux sont pour l'autonomisation de la personne humaine. Simplement, les libéraux préfèrent une culture vraiment libre, où chaque acteur culturel a sa chance en fonction de son mérite, de son talent, etc. et non en fonction de telle ou telle idéologie d'état qui fait qu'un coup on va subventionner tel type d'expression culturelle (ce qui va occulter les autres types), puis après tel autre, etc. Les libéraux ne sont donc pas contre la culture, ils sont contre l'étatisation de la culture, ils souhaitent séparer la culture de l'état comme en 1905 on a séparé la religion de l'état.

Avez-vous déjà réfléchi à la chose suivante ? Les étatistes sont pour que des pans entiers de l'existence, comme l'éducation par exemple, restent dans le giron de l'état, en invoquant des arguments tels que : "l'éducation est un bien fondamental, ça ne doit pas devenir une marchandise !" (comme si "privé" était synonyme de "à but lucratif", alors que le privé, c'est aussi les particuliers qui s'engagent pour telle ou telle cause, les associations, les religions, les mutuelles, les coopératives, etc.). Pourtant, si l'éducation est effectivement un secteur crucial et de première importance - ce que je ne conteste pas : l'éducation, j'y travaille ! - ça n'implique aucunement qu'il faudrait qu'elle reste dans le giron de l'état. En effet, s'il y a quelque chose de bien plus important encore que l"éducation, c'est bien l'alimentation. Manger, boire, ce sont des biens vitaux. Pourtant, à part peut-être sous les dictatures communistes, la vente de nourriture et de boisson a toujours été confiée au secteur privé marchand...

Cordialement,
Mikaël
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Re: Les économistes non partisans contre Hollande

Message non lu par marie du hellfest »

Un gentil athée a écrit :Eh bien, justement, en système libéral, les banques n'auraient pas pu provoquer de famine, car il n'y aurait pas eu de banque centrale.
Bin bien sûr que si, cette blague ! C'est juste qu'au lieu de placer leur fric dans des bons du trésor ils l'auraient placé dans les fonds privés les plus intéressants qu'ils auraient trouvé sur le moment. Ça n'aurait strictement rien changé, à part peut-être qu'ils y auraient un peu moins gagné ...

L'intervenant l'a pourtant bien expliqué : "vous me donnez 100$ ; j'en utilise 5 pour spéculer sur le marché des céréales et tenir votre position de 100$, je place les 95 restant dans les bons du trésor pour me faire une énorme réserve de cash". (A partir de 7' dans la vidéo).
Ce n'est pas la banque centrale qui a provoqué la famine, elle n'a été qu'un moyen de gagner énormément d'argent avec la partie des investissements qui n'avaient pas été placés sur le marché du blé. Ce marché aurait donc très bien pu être bouleversé sans la banque centrale. Son seul "crime" était qu'elle proposait les placements les plus intéressants ; sans elle, ils auraient placé cet argent ailleurs, pour le même résultat final.


Donc en gros, si j'ai bien compris, vous êtes contre la réglementation des excès qui causent du tort aux autres mais pour les lois punissant ces mêmes excès ?
Faire une règlementation qui empêche les banques de créer des famines dans le monde c'est mal, mais faire des lois qui punissent les banques de créer des famines dans le monde c'est bien ? Vous avez pas l'impression que c'est un peu bancal comme raisonnement ?
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Un gentil athée
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Re: Les économistes non partisans contre Hollande

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marie du hellfest a écrit :
Un gentil athée a écrit :Eh bien, justement, en système libéral, les banques n'auraient pas pu provoquer de famine, car il n'y aurait pas eu de banque centrale.
Bin bien sûr que si, cette blague ! C'est juste qu'au lieu de placer leur fric dans des bons du trésor ils l'auraient placé dans les fonds privés les plus intéressants qu'ils auraient trouvé sur le moment. Ça n'aurait strictement rien changé, à part peut-être qu'ils y auraient un peu moins gagné ...
Vous oubliez deux choses :
- Le secteur privé (le vrai, qui ne dépend pas de l’État), contrairement à l’État, doit faire face à la notion de risque. Il ne va donc pas dire "oui" à tout, car s'il prend des risques inconsidérés, c'est lui après qui va devoir en assumer les conséquences positives, mais aussi négatives (faillite). L’État, en revanche, est totalement irresponsable, puisque il est à la fois juge et parti. Des banques d'investissement soutenues par l’État vont donc pouvoir faire des conneries en toute impunité, sans risque de faillite, car l’État est là pour les "aider"...
- L’État est le seul acteur économique qui a le droit d'utiliser la planche à billets, et il ne s'en prive pas...

Je vous renvoie à cet article qui explique de manière pédagogique et ludique pourquoi un tel système ne peut que se casser la gu... et en quoi un véritable capitalisme libéral est préférable sur le long terme.
http://www.dantou.fr/crise.html

Cordialement,

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Re: Les économistes non partisans contre Hollande

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marie du hellfest a écrit :
Un gentil athée a écrit :Eh bien, justement, en système libéral, les banques n'auraient pas pu provoquer de famine, car il n'y aurait pas eu de banque centrale.
Bin bien sûr que si, cette blague ! C'est juste qu'au lieu de placer leur fric dans des bons du trésor ils l'auraient placé dans les fonds privés les plus intéressants qu'ils auraient trouvé sur le moment. Ça n'aurait strictement rien changé, à part peut-être qu'ils y auraient un peu moins gagné ...

L'intervenant l'a pourtant bien expliqué : "vous me donnez 100$ ; j'en utilise 5 pour spéculer sur le marché des céréales et tenir votre position de 100$, je place les 95 restant dans les bons du trésor pour me faire une énorme réserve de cash". (A partir de 7' dans la vidéo).
Ce n'est pas la banque centrale qui a provoqué la famine, elle n'a été qu'un moyen de gagner énormément d'argent avec la partie des investissements qui n'avaient pas été placés sur le marché du blé. Ce marché aurait donc très bien pu être bouleversé sans la banque centrale. Son seul "crime" était qu'elle proposait les placements les plus intéressants ; sans elle, ils auraient placé cet argent ailleurs, pour le même résultat final.


Donc en gros, si j'ai bien compris, vous êtes contre la réglementation des excès qui causent du tort aux autres mais pour les lois punissant ces mêmes excès ?
Faire une règlementation qui empêche les banques de créer des famines dans le monde c'est mal, mais faire des lois qui punissent les banques de créer des famines dans le monde c'est bien ? Vous avez pas l'impression de c'est un peu bancal comme raisonnement ?
Bonjour, je suis tombé sur ce fil par hasard.

Avant tout je me présente :
- je suis fils d'immigrés en Belgique.
- J'ai grandi dans une famille qui est très catholique du coté de mon père et très communiste (donc très athée) du coté de ma mère.
- j'ai 31 ans
- je suis technicien en électronique.
- je m'intéresse beaucoup à la philosophie politique et à l'économie.
- je suis une buse en orthographe mais je me soigne.

J'interviens ici parce que j'ai lu des choses inexactes sur la spéculation. Et je voulais vous faire part de ce que j'ai appris sur la spéculation et mon point de vue sur l'origine de la famine de 2008

La spéculation c'est quoi ?

Au sens large du terme, c'est une activité qui consiste à imaginer l'activité et les réactions des autres et à les comparer à notre propre activité propre et à en tirer des conclusions qui vont influencer notre comportement.

Au sens économique, la spéculation consiste à prendre des décisions en se basant sur une anticipation d'un état économique futur.

Prenons un exemple, la production de bois de chauffage.
Celle-ci est à peu près constante toute l'année, mais le bois de chauffage se vend surtout en hivers.
L'offre étant constante et la demande étant basse en été et élevée en hiver, le bois de chauffage et beaucoup moins cher en été qu'en hivers.
La spéculation consiste à acheté du bois de chauffage pas cher en été pour soit l’utiliser pour soit même, soit le revendre plus cher en hiver.

Tout le monde spécule. Quelqu'un qui achète des meubles de jardin à la fin de l'automne spécule, car il sait qu'il les plaira plus cher que s’il les achète au début du printemps suivant.
Quelqu'un qui achète le matériel scolaire de ses enfants en juin plutôt qu'en septembre spécule.
Quelqu'un qui choisi de partir en vacance en mai/juin plutôt qu'en Août spécule tout autant.


Spéculer, c'est parier sur les variations de prix futur et c'est toujours un pari car il y a toujours un facteur risque plu ou moins élevé.
Dans chacun des exemples que j'ai cités plus haut le spéculateur peut se tromper à cause d'un évènement inattendu.

La demande de bois de chauffage peut être extrêmement faible pendant un hiver très doux inattendu.
Le prix des meubles de jardin peut baisser soudainement suite à une surproduction des producteurs de meuble de jardin qui susciterai une avalanche de promotions, ou une baisse soudaine du cours du pétrole qui a un impacte directe sur le prix du plastique ou un printemps pourri qui fait chuter la demande, ...
Les prix des fournitures scolaires peuvent baisser fortement en septembre suite, par exemple, à une baisse du taux de TVA, ou d’une matière première qui sert à la protection du papier (par exemple le bois).
Le prix des voyage d’août peut baisser soudainement pour des tas de raisons (variation importante du prix du pétrole, attenta près de la destination choisie qui fait massivement baissé la demande pour cette destination, ... ... ...)

Le spéculateur prend donc toujours un risque, parfois proche de zéro, parfois très élevé. Il fait un pari sur l’évolution futur d’un prix dans l’espoir d’en tirer un avantage, soit de limiter une perte, soit de faire un bénéfice plus important.

Quelles sont les conséquences de la spéculation sur l'économie et la vie quotidienne des gens ?

Reprenons l’exemple du bois de chauffage, imaginons un spéculateur qui achète massivement du bois chauffage en été et qui le revend plus cher en hiver.
En augmentant la demande en été, l’offre étant pareille par ailleurs, son action à pour conséquence se faire monter les prix en été.
Le producteur de bois de chauffage est très content de trouver un acheteur en été car ça lui permet de payer ses ouvriers et de maintenir son activité.
Viens ensuite l’hiver, il revend le bois de chauffage massivement, l’offre augmentant, la demande étant pareille par ailleurs, son action à pour conséquence faire baisser les prix en hiver.

Les consommateurs sont ravis de pourvoir acheté du bois de chauffage à prix plus faible.

La conséquence de la spéculation, c’est lisser les prix.

Le spéculateur, en achetant quand personne ne voulait acheter et en vendant quand personne ne voulait vendre, à rendu service à tout le monde : aux producteurs, aux consommateurs et à lui-même.

En agissant dans son intérêt, il a limité les variations de prix. Il a limité les pertes des producteurs en été et les pertes des consommateurs en hivers.

Et il n’est pas nécessaire d’être un gros investisseur riche à million pour agir de la sorte sur le cours du bois de chauffage. N’importe quel consommateur qui achète 3 buches de bois de chauffage en été pour le payer moins cher qu’il ne le paierait en hivers, a un effet bénéfique sur l’ensemble de l’économie.

Pour la nourriture, c’est pareil, c’est même exactement pareil. Toute spéculation dans le secteur alimentaire à pour conséquence, d’encourager la production et de réduire les famines. La spéculation est une bénédiction en cas de crise car elle limite les dégâts. Elle à toujours un effet optimisant.

En exemple, on peut parler des oignons aux US, seul commo agricole ou les marchés à terme sont interdits : les prix y sont volatiles, imprévisibles et ce au détriment des agriculteurs et des consommateurs contrairement à des marchés de taille comparable (ovins, …)

Je sais que l’ensemble de la presse française, pour qui le mot libéralisme inspire autant de mépris et d’horreur que le mot nazisme, diffuse massivement l’idée contraire. Mais cela est lié à sa méconnaissance générale presque pathologique des principes économiques de base.

Alors comment expliquer les famines de cette période dans ce cas ?

1° L’augmentation de la demande

La hausse des cours ne vient pas de manœuvres spéculatives mais de la raréfaction des stocks, raréfaction qui provient elle-même d'une diminution des terres cultivées et d'une hausse de la consommation.

Et ceci est du à plusieurs facteurs :

Primo, la Chine et l’Inde qui se développent massivement, consomment de plus en plus de nourriture tout en en produisant de moins en mois (car les agriculteurs préfèrent travailler dans les usines car ça paie mieux et ils ont l’audace d’envoyer leurs enfants à l’école pour y faire des études dans l’espoir qu’ils travaillent dans les secteurs high-tech (qui paient beaucoup beaucoup mieux) plutôt que de leur faire reprendre leur ferme)

Ensuite, la famine diminue d’année en année, comme le rappel les chiffres de la FAO et d’action contre la faim et c’est une excellente nouvelle même s’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir. Mais la conséquence est que la demande en nourriture ne cesse d’augmenter, ce qui là aussi est une très bonne nouvelle, mais ça à une conséquence sur les prix.

Par ailleurs la consommation de viande explose, et l’augmentation de la production de viande implique de diminuer les surface utilisée pour l’agriculture au profit de celle exploitées pour l’élevage.

Ensuite, il y a cette mode débile du biocarburant, je n’ai pas besoin de vous faire un dessin, ça a fait terriblement grimper la demande de façon très rapide et il va de soit que l’offre ne peut pas suivre aussi vite.

La hausse des cours est donc un évènement mécanique (la demande augmente, l’offre ne s’adapte pas instantanément, les prix montent) et il est souhaitable puisqu'il réorganise la production en faveur de l'agriculture et in fine d'une hausse de la production agricole. Plus la demande augmente vite, plus les prix augmentent vite et plus ceux qui ont envie de gagner plein de sous sont incité à produire.

Ce phénomène ne fait qu'inciter à la lutte contre l'urbanisation des terres agricoles. Ils s'engagent à assurer sur le long terme le revenu des paysans qui vont produire demain le blé qui manque aujourd'hui, freinant ainsi l'exode rural et la pauvreté dans les bidonvilles.
Enfin, il faut comprendre que si les cours montent, cela enrichit les paysans et cela montre que de plus en plus de monde gagne les moyens de procéder à ces dépenses (sans quoi les prix stagneraient et la production aussi). Ce doit être terrible de réaliser cela pour toutes ces personnes qui souhaitent voir éternellement les pauvres vivre de la charité occidentale mais c’est une réalité.

2° l’inflation

Il faut également prendre conscience de l’impacte qu’ont sur les prix les monnaies nationales. Pourquoi lorsqu'on dit que les prix on été multiplié par 10, alors qu'en US$ qui s'est pourtant bien cassé la gueule en 2007 le prix du blé n'a que triplé ? En francs suisse le prix n'a que doublé par exemple. http://www.indexmundi.com/commodities/? ... &months=60

Parce que certaines monnaies sont plus fragiles que d’autre, parce que les banques centrales aiment faire tourner la planche à billet pour assurer le train de vie de leur état, ce qui a pour conséquence directe l’inflation. Si le prix a été multiplié par 10 dans certaines monnaies et seulement par 2 dans d’autres, alors que le cours est le même pour tous, c’est à cause de l’inflation ce qui revient à dire à cause des gouvernements.

Quand un gouvernement n’a plus de sous pour payer ses factures, il imprime plus de billets et l’affaire est réglée. Seulement si aujourd’hui, il y 1000 x pour représenter la richesse globale en circulation, chaque x vaut " richesse globale" divisée par 1000.

Si demain le gouvernement décide d’émettre 4000 x de plus. La richesse globale en circulation n’a pas changée, mais il y a maintenant 5000 x en circulation. Dès lors, chaque x vaut " richesse globale" divisée par 5000. Et on peut donc acheter beaucoup moins de blés avec un x.

Les média français de tout bord fond croire que le monde n’a jamais été aussi libéral alors que c’est précisément le contraire. On confond le libéralisme qui n’est rien d’autre que le « non interventionnisme » avec les politiques interventionnistes de droite.
Non les banques et les grosses entreprises ne sont pas libérales ni néolibérales ni même ultra libérales. Elles ont un énorme intérêt à ce que les états interviennent en leurs faveurs. Et pour ça elles peuvent compter autant sur les partis dit de droite que sur ceux dit la gauche.
Le secteur bancaire est extrêmement réglementé, les Etats y ont mis leur nez partout, ils y ont propulsé leur amis à leur tête, et c’est même parfois l’inverse : des banquiers nommés à la tête de certains Etats.
Les politiciens reporterons toujours leurs erreurs sur autrui.
D'abord parce que leur niveau de connaissance en économie est presque aussi faible que celui des journalistes mais aussi et surtout parce que leur but est de se faire ré-élire et non pas d'améliorer la situation du peuple en apprenant des erreurs passées.

J’ai bien conscience que ma réponse est très longue, mais elle a le mérite d’être précise et de poser les arguments de façons structurée.
Pardonnez moi les quelques fautes d’orthographes qui m’ont échappée, je me suis relu 2 fois, mais je sais que j’en laisse toujours passer quelques unes.
"Quand deux esclaves se rencontrent, ils disent du mal de la liberté" (proverbe africain)
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