Je rebondis sur ce qu'a écrit Colette-le Fureteur :
le fureteur a écrit :Travaille bien à l'école.

Evidemment ! Aucun adulte ne te conseillera le contraire ...! Et je te souhaite évidemment de réussir dans tes études, MAIS ...
... mais, j'ose dire que
cela n'a rien à voir avec l'appel que tu entends. L'éducation, la réussite dans les études, la "performance" comme on dit, ça n'est pas la sainteté, pas plus que la charité chrétienne : nous croisons des saints sans instruction, ni diplôme, d'autres franchement ignorants et même quelques-uns pas très doués ou pas très intelligents. Un exemple, il nous est donné parfois de rencontrer des personnes malades ou handicapées mentales et des gens bien mal partis dans la vie qui sont de véritables apôtres là où ils vivent ...
Apparemment, tu as la chance d'avoir de bon résultats. Tant mieux, et ton
devoir d'état (une expression que tu entendras souvent dans ton cheminement), c'est de le faire de ton mieux (c'est le conseil "travaille bien"), mais surtout de le faire AVEC AMOUR : amour du travail bien fait, amour de ceux que tu rencontres au quotidien, un amour qui doit inclure les versants moins drôles ou franchement ordinaires de la vie familiale ou scolaire, sans oublier les vacances et les loisirs.
Quelles études ?
fille de 12 ans a écrit :Savez-vous quel genre d'études sont à faire ?
Là encore, en jouant la provocation, j'oserai te répondre :
on s'en fout ! 
. Fait les études qui t'intéressent, en chimie, littérature, plomberie, ou cuisine... Fait les études qui peuvent t'amener à un emploi, à un métier qui te convient. La vie religieuse ne consiste pas d'abord à exercer un métier plutôt qu'un autre, mais à travailler à la mission qui est confiée par la congrégation avec amour, dans la fidélité à l'intuition des créateurs ou créatrices de la congrégation. Un diplôme et un métier ne gâche rien, mais ce n'est pas cela l'essentiel. Des exemples : à l'abbaye de la P..., l'imprimeur était juriste avant de devenir moine, quant à l'abbé lui-même, il avait été apprenti-boulanger ; dans mon diocèse, le vicaire général a été pharmacien pendant dix ans ; au monastère de B., le prieur était tailleur de pierre, ... j'arrête ici la liste, tu comprends ce que je veux dire : il y en a pour tous les goûts.
Contrairement à ce que laisse entendre Colette-le Fureteur, (
Soeur Emmanuelle et Mère Térésa étaient toutes les deux des enseignantes ...), aucune des deux n'était enseignante avant d'entrer dans leur congrégation respective. Elles ont été formées à l'enseignement une fois religieuses. Une congrégation n'attend pas des diplômes, on ne présente pas un CV pour entrer dans un ordre. Ce qui compte est ailleurs : une attitude de coeur, une disponibilité à Jésus, c'est ça qui compte, car c'est ça qui oriente TOUTE la vie, TOUT ce qu'on fait de sa vie. C'est autrement plus qu'un simple métier.
Sur le dernier point, je vais encore contredire Colette-le Fureteur (qui va croire que je lui en veut

, mais bien sûr que non

).
Ce n'est peut-être pas encore le moment d'en parler à tes parents, surtout si tu as l'impression qu'ils ne sont pas prêts à l'entendre. Pas d'inquiétude, avance sur ton chemin, sois bien accompagnée, c'est le plus important. Le moment viendra, naturellement, où tu pourras leur dire (peut-être pas aux deux en même temps, ça arrive aussi). Ce jour-là, ne t'inquiète pas, le Seigneur saura te donner les mots.
Pour l'instant, rien ne presse. A douze ans, tu as pas mal de temps devant toi pour que l'appel mûrisse, évolue, soit plus clair et plus précis sur ce que le Seigneur attend de toi. A toi de laisser faire Son Esprit. A toi de te laisser faire par Lui.
Pardonne-moi d'avoir été aussi long et bavard.
Même si j'ai des enfants qui ont ton âge ou à peu près, c'est en frère dans le Christ que je m'adresse à toi.
Prie, Prie pour toi,
Prie pour moi, je prie pour toi,
Très fraternellement
Jean-Mic