Dialogue avec les orthodoxes

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Relief
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Re: Dialogue avec les orthodoxes

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archi a écrit : oui, le clergé marié peut être tout à fait valable... exemples parmi d'autres).
Rappelons que chez les orthodoxes, on peut être pope et marié, mais à l'unique condition d'être déjà marié avant de devenir prêtre. Une fois prêtre, on ne peut plus se marier.
De plus, contrairement au prêtre célibataire, les prêtres mariés ne bénéficient pas d'un grand prestige auprès de la population.
joxo
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Re: Dialogue avec les orthodoxes

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Relief a écrit :
archi a écrit :
De plus, contrairement au prêtre célibataire, les prêtres mariés ne bénéficient pas d'un grand prestige auprès de la population.
Que voulez-vous dire quand vous dites que les prêtes mariés ne béneficient pas d'un grand prestige auprès de la population?
Cinci
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Re: Dialogue avec les orthodoxes

Message non lu par Cinci »

«... on a déjà fait allusion de manière indirecte aux églises orthodoxes d'Orient. Comment se développent les rapports avec elles ?

Les contacts sont en apparence seulement plus faciles, mais en réalité , ils présentent de graves difficultés. Ces églises ont un enseignement authentique, mais statique, comme bloqué : elles demeurent fidèles à la Tradition du premier millénaire chrétien. mais rejettent les développements qui ont suivi, parce que les catholiques les auraient décidés sans elles. Pour elles, en matière de foi, seul un Concile ''vraiment oecuménique'', et par conséquent élargi à tous les chrétiens, est à même de décider. C'est pourquoi elles ne jugent pas valide ce qui a été déclaré par les catholiques après la séparation. En fait, elles sont d'accord sur bien des points qui ont été établis, mais elles considèrent que cela se limite aux églises qui dépendent de Rome, et que cela ne fait pas norme pour elles.

Est-ce que l'ecclésiologie constitue ici un problème moins insurmontable ?

Oui et non. Certes, les églises orientales partagent avec nous la conviction de la nécéssité de la succession apostolique; leur épiscopat, leur eucharistie sont authentiques. Mais elles conservent aussi l'idée des églises autocéphales qui, tout en étant unies dans la foi, sont en même temps indéprendantes l'une de l'autre. Elles n'arrivent pas à accepter que l'évêque de Rome, le Pape, puisse être le principe, le centre de l'unité, et qu'il le soit aussi dans une Église universelle entendue comme communion.

Je demande : alors on ne peut pas même espérer avec l'Orient une amorce de réunion dans un avenir plus ou moins proche ?

Je ne vois pas, à vue humaine, de possibilité d'une union complète qui aille au-delà d'une phase initiale pratiquable (et déjà pratiquée). Mais cette difficulté gît au niveau théologique. Sur le plan du vécu, les relations sont plus faciles, nous le constatons là où catholiques et orthodoxes vivent côte à côte (et vont jusqu'à partager la même persécution). Si les ecclésiologies restent divisées sur la théologie, dans la vie concrète, les églises font l'expérience d'un échange vital, dans la mesure où il y a réciprocité sacramentelle et où l'intercommunion (sous des conditions d'ailleurs déterminées) est possible, à la différence de ce qu'il en est avec les communautés issues de la Réforme.

Quelques uns après le Concile proclamèrent qu'il aurait suffi à l'Église catholique de s'engager dans la voie de la réforme pour retrouver l'unité avec les frères séparés. J'ai ici, au contraire, un document récent sur l'oecuménisme, du point de vue protestant, approuvé par les églises vaudoises et méthodistes italiennes. On y lit : «Catholicisme et protestantisme, tout en se réclamant du même Seigneur, sont deux façons différentes de comprendre et de vivre le christianisme. Ces façons différentes ne sont pas complémentaires mais alternatives». Qu'en dit le cardinal Ratzinger ?

Je dis que tel est encore la réalité, malheureusement. Il ne faut pas prendre les mots pour les choses : quelques progrès sur le plan théologique, quelques documents communs ne signifient pas encore un rapprochement vraiment vital. L'eucharistie est vie, et cette vie n'est malheureusement pas partageable avec celui qui a une conception de l'Église - et donc du sacrement - si différente. Il y a danger dans un oecuménisme qui ne se place pas de manière réaliste devant cette difficulté pour le moment insurmontable aux hommes. Il est au demeurant certain qu'il y avait aussi des dangers dans la situation pré-conciliaire, marquée qu'elle était par la fermeture et l'intransigeance, qui ne laissaient que peu de place à la fraternité.

Source : Entretiens sur la foi (V. Messori, Joseph Ratzinger), p. 200
jean_droit
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Re: Dialogue avec les orthodoxes

Message non lu par jean_droit »

Le dialogue continue ....

Mais les petits pas ne se transforment vraiment en grands pas seulement s'il y a une très grande volonté de chaque côté.

Se voir de temps et discutailler c'est nettement insuffisant. Et c'est là le piège.

Si l'on veut que l'Eglise Catholique et l'Eglise Orthodoxe ( les Eglises ... ) se fiancent il faut que l'on sorte des éternels relations d'amitié.

Et se fiancer c'est faire de grandes concessions mutuelles, c'est se respecter ...

Qui y est prêt ?

Quand on voit les difficultés de notre Saint Père pour ramener dans l'Eglise la modeste FSSPX ce n'est pas demain que l'unité avec les orthodoxes viendra, ni après demain, ni après après demain ...

Donc réjouissons nous mais sans grandes illusions.

http://belgicatho.hautetfort.com/archiv ... olona.html
14.08.2012
Quand des ponts sont jetés entre Russes orthodoxes et Polonais catholiques
Source : Radio Vatican

Un évènement marquant aura lieu cette semaine : la visite en Pologne d’une délégation du Patriarcat orthodoxe de Moscou qui signera vendredi avec l’Episcopat polonais un appel à la réconciliation destiné aux peuples russe et polonais et en particulier aux fidèles catholiques et orthodoxes. Un acte commun de fraternité et d’obéissance à la volonté du Christ, une nouvelle étape importante pour le rapprochement entre les deux Eglises.

Le texte sera souscrit par le Patriarche Kyrill 1er et par le président de la Conférence épiscopale de Pologne, Mgr Józef Michalik. La cérémonie se déroulera au palais royal de Varsovie.

Mgr Michalik tient à préciser que cet évènement ne doit pas être interprété sous un angle politique, mais comme un pas sur le chemin du pardon. L’archevêque de Lublin, Mgr Budzik, qui travaille depuis deux ans à l’élaboration du texte, souligne, pour sa part, que cette démarche se situe dans le contexte du cinquantenaire de l’ouverture du Concile Vatican II qui a donné une impulsion décisive au dialogue œcuménique. Il souhaite que cela permette aux deux peuples de relire leur difficile histoire commune dans la plénitude de la vérité.

Côté orthodoxe, le métropolite Hilarion Alfeyev rappelle que les divergences qui ont entravé la réconciliation entre polonais et russes ne sont pas seulement d’ordre théologique. Il y a des blessures profondes héritées d’un passé marqué par l’inimitié entre les deux voisins. Pour permettre une collaboration ecclésiale et missionnaire entre les deux Eglises, il faut, selon lui, surmonter les barrières érigées au cours d’une histoire jalonnée de chapitres dramatiques, et trouver un langage commun.

En signe de réconciliation, le Patriarche Kyrill s’était rendu le mois dernier à Katyń, où près de 22.000 officiers et prisonniers polonais furent massacrés en 1943 par l’Armée rouge. « Rien ne rapproche davantage que la souffrance si elle est partagée » – avait-il commenté.

Ce n’est pas encore un tournant, mais c’est sans nul doute un bon début.
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Re: Dialogue avec les orthodoxes

Message non lu par jean_droit »

Si le dialogue doctrinal avec la FSSPX peut paraitre compliqué qu'en sera-t-il, au fond, avec les orthodoxes hors des déclarations d'amour réciproques.

J'en veux pour preuve le problèmes des divorces et des remariages :


http://chiesa.espresso.repubblica.it/ar ... 50312?fr=y

Tout petit extrait des activités du Vatican :
il est confirmé que la pratique des Églises orthodoxes consistant à admettre, à certaines conditions, un deuxième mariage, puis un troisième, après l’échec du précédent reste "inacceptable pour des raisons doctrinales".
jean_droit
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Re: Dialogue avec les orthodoxes

Message non lu par jean_droit »

J'ai posté une entrée sur l'Eglise Catholique en Roumanie.
La fin de l'article montre bien la difficulté du dialogue avec les othodoxes.
Au delà des bonnes intentions, au delà des rencontrent fraternelles il y a la réalité du terrain.
On voit bien combien est difficile le rapprochement avec la FSSPX, combien est plus rocailleux le chemin vers les orthodoxes.

http://www.kipa-apic.ch/index.php?&pw=& ... &ki=235864
Les moines voient le diable dans l’Occident

Les monastères orthodoxes, "qui voient le diable dans l’Occident et l’accusent de vouloir détruire l’Eglise orthodoxe", constituent un obstacle notoire. Cependant les choses changent petit à petit, car avec la forte émigration vers les pays d’Europe occidentale, les gens deviennent plus ouverts. La visite du pape Jean Paul II en Roumanie, en mai 1999, a marqué un tournant dans les rapports avec l’Eglise orthodoxe. "Avant, le regard sur les catholiques était terrible. La visite du pape a pacifié les relations, avec des effets positifs au niveau de la hiérarchie. Mais sur le terrain, peu de choses ont réellement changé".

Les orthodoxes roumains estiment encore qu’en signant l’acte d’union avec Rome, les catholiques de rite byzantin leur ont volé leurs églises en 1700… Mgr Vasile souligne que pour les orthodoxes, quand l’Etat communiste a pris aux gréco-catholiques leurs cathédrales, leurs églises, leurs cimetières, leurs livres liturgiques et leurs archives, pour les donner à l’Eglise orthodoxe, il n’a fait que leur "rendre justice". Le chemin de la réconciliation entre orthodoxes et gréco-catholiques en Roumanie reste par conséquent long et laborieux.
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archi
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Re: Dialogue avec les orthodoxes

Message non lu par archi »

jean_droit a écrit :J'ai posté une entrée sur l'Eglise Catholique en Roumanie.
La fin de l'article montre bien la difficulté du dialogue avec les othodoxes.
Au delà des bonnes intentions, au delà des rencontrent fraternelles il y a la réalité du terrain.
On voit bien combien est difficile le rapprochement avec la FSSPX, combien est plus rocailleux le chemin vers les orthodoxes.
Quand on lit le texte que vous reproduisez, et d'autres du même genre qui sont assez fréquents, on se dit que finalement une part certainement significative des orthodoxes n'a guère changé dans leur attitude depuis l'époque où ils purifiaient les autels sur lesquels les Croisés venaient de célébrer avant de pouvoir les réutiliser. C'est un facteur qu'il faut bien prendre en compte si on veut que le "dialogue" soit autre chose qu'un monologue.

Pourtant, quand je vois l'état de l'Eglise catholique, quand je lis les déclarations de l'évêque catholique roumain que vous citez... je me demande comment les orthodoxes pourraient bien prendre l'Eglise catholique au sérieux. Ce prélat fait des textes de Vatican II l'objectif de la formation de ses prêtres. Les prêtres, doivent-ils connaître la Foi de l'Eglise, plus particulièrement dans la tradition byzantine qui est la leur, et que plusieurs Papes ont demandé aux orientaux d'approfondir et de garder fidèlement, ou bien seulement Vatican II? Les textes du dernier concile doivent-ils s'inscrire au côté de tous les autres ou bien sont-ils une fin en soi? On a vraiment l'impression qu'il les considère de cette 2e façon. Encore l'herméneutique de rupture...

Tant que l'Eglise catholique restera incapable de prendre la mesure de la catastrophe liturgique et intellectuelle de ces 40 dernières années, on ne voit pas comment les orthodoxes pourront la prendre au sérieux. Même les plus conciliants et "oecuméniques" d'entre eux répètent que malgré le dialogue récent, nous n'avons fait que nous éloigner d'eux...

Actuellement, je ne me vois absolument pas dire à un orthodoxe "venez chez les catholiques, c'est mieux". Au contraire, il y a vraiment des fois où je me dis que les faits leur ont plutôt donné raison...
C'est triste à dire. :cry:

In Xto,
archi.
Nous qui dans ce mystère, représentons les chérubins,
Et chantons l'hymne trois fois sainte à la vivifiante Trinité.
Déposons maintenant tous les soucis de ce monde.

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AdoramusTe
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Re: Dialogue avec les orthodoxes

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archi a écrit : Tant que l'Eglise catholique restera incapable de prendre la mesure de la catastrophe liturgique et intellectuelle de ces 40 dernières années, on ne voit pas comment les orthodoxes pourront la prendre au sérieux. Même les plus conciliants et "oecuméniques" d'entre eux répètent que malgré le dialogue récent, nous n'avons fait que nous éloigner d'eux...
Bonsoir,

Je pense que ce sont de faux arguments.
D'abord, l'uniatisme a toujours laissé la liberté aux uniates de conserver leurs rites. Donc, la question liturgique ne les concerne pas.
Deuxièmement, le problème intellectuel est réglé par le Magistère et le Magistère post-conciliaire est hors de cause.
Qu'il y ait des opinions hérétiques, ce n'est pas nouveau dans l'Eglise. Et on peut voir que l'Eglise a été bien servie de ce côté-là
au cours de son histoire, de façon bien pire qu'à notre époque. Je crois qu'on aurait tort de croire que tout allait bien avant le Concile
et que notre époque est la pire de toutes.

En réalité, ce sont des problèmes humains qui sont des obstacles à l'unité : l'orgueil est le plus gros.
En effet, la dénomination «Orthodoxe» veut tout dire : c'est celui qui a gardé la Vraie Foi face aux autres.
Ensuite, il y a le fait d'être indépendant et de n'avoir à rendre compte à personne.
(En y réfléchissant bien, c'est très similaire au cas de la FSSPX : indépendants et garants de la Tradition. Sauf que pour
la FSSPX, il y a aussi la question de l'argent et des généreux donateurs en majorité «séparatistes», sans qui elle ne serait rien).
Enfin, ces églises orthodoxes sont happées par le pouvoir temporel : elles sont nationales, pour ne pas dire nationalistes.

C'est pour ces raisons que les choses sont si compliqués en réalité.
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archi
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Re: Dialogue avec les orthodoxes

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AdoramusTe a écrit :
archi a écrit : Tant que l'Eglise catholique restera incapable de prendre la mesure de la catastrophe liturgique et intellectuelle de ces 40 dernières années, on ne voit pas comment les orthodoxes pourront la prendre au sérieux. Même les plus conciliants et "oecuméniques" d'entre eux répètent que malgré le dialogue récent, nous n'avons fait que nous éloigner d'eux...
Bonsoir,

Je pense que ce sont de faux arguments.
D'abord, l'uniatisme a toujours laissé la liberté aux uniates de conserver leurs rites. Donc, la question liturgique ne les concerne pas.
Bien sûr que si! Comment pourraient-ils avoir envie d'entrer en communion avec les catholiques et sous l'autorité de leur Pape quand ils rentrent dans un de nos églises et voient ce qui s'y déroule le plus souvent?
Bien sûr qu'il y a d'autres problèmes, mais je ne vois pas comment celui-là ne pourrait pas être rédhibitoire même pour les mieux disposés.
Deuxièmement, le problème intellectuel est réglé par le Magistère et le Magistère post-conciliaire est hors de cause.
Les orthodoxes ne sont pas (contrairement à trop de catholiques) des obsédés du "Magistère" (notion qu'ils ne connaissent guère), par contre ils regardent la vie intellectuelle et spirituelle (ça comprend des pratiques traditionnelles comme le jeûne qui a été complètement perdu dans l'Eglise latine). Le fait est que les orthodoxes byzantins se sentent généralement de la même foi (malgré les disputes et les anathèmes réciproques) que les orthodoxes pré-chalcédoniens, et vice-versa. Avec les catholiques, c'est beaucoup moins vrai, même s'il faut nuancer selon les pays.
En réalité, ce sont des problèmes humains qui sont des obstacles à l'unité : l'orgueil est le plus gros.
En effet, la dénomination «Orthodoxe» veut tout dire : c'est celui qui a gardé la Vraie Foi face aux autres.
Ensuite, il y a le fait d'être indépendant et de n'avoir à rendre compte à personne.
(En y réfléchissant bien, c'est très similaire au cas de la FSSPX : indépendants et garants de la Tradition. Sauf que pour
la FSSPX, il y a aussi la question de l'argent et des généreux donateurs en majorité «séparatistes», sans qui elle ne serait rien).
Enfin, ces églises orthodoxes sont happées par le pouvoir temporel : elles sont nationales, pour ne pas dire nationalistes.
Ces choses-là sont vraies, mais même si on les surmontait, par une volonté unificatrice suffisante et des efforts des 2 côtés, il reste que l'état actuel de l'Eglise latine est rédhibitoire. Tant qu'il n'y a pas de progrès net de ce côté-là, je vois mal comment on peut espérer une convergence dans les relations réciproques...

Evidemment, une volonté unificatrice suffisante tiendrait quelque peu de l'intervention miraculeuse, comme d'ailleurs la reprise de vigueur de l'Eglise romaine, donc peut-être bien que de quelque aspect qu'on envisage les choses, c'est tout ce qu'il y a à attendre...

J'ai tout de même l'impression que les catholiques, dans l'ensemble, ont plus à faire pour devenir orthodoxes (spirituellement, intellectuellement, liturgiquement et même ecclésiologiquement) que les orthodoxes pour devenir catholiques (c'est-à-dire surtout ne pas être repliés sur eux-mêmes d'une façon ou d'une autre, sur la vie et les traditions de leur seul église locale).

In Xto,
archi.
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AdoramusTe
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Re: Dialogue avec les orthodoxes

Message non lu par AdoramusTe »

archi a écrit : Bien sûr que si! Comment pourraient-ils avoir envie d'entrer en communion avec les catholiques et sous l'autorité de leur Pape quand ils rentrent dans un de nos églises et voient ce qui s'y déroule le plus souvent?
Bien sûr qu'il y a d'autres problèmes, mais je ne vois pas comment celui-là ne pourrait pas être rédhibitoire même pour les mieux disposés.
Mais quelles églises ? Ces églises orthodoxes les plus importantes, comme je l'ai dit, sont nationales. Et donc les catholiques y sont minoritaires tout comme leurs lieux de culte.
Vous avez une vision des choses où l'orthodoxie est minoritaire, comme en France.
Mais au contraire, Rome discute avec les russes, les grecs, bref les églises orthodoxes qui ont du poids et qui ont tout fait pour écarter les catholiques de leur territoire.
Les orthodoxes ne sont pas (contrairement à trop de catholiques) des obsédés du "Magistère" (notion qu'ils ne connaissent guère), par contre ils regardent la vie intellectuelle et spirituelle (ça comprend des pratiques traditionnelles comme le jeûne qui a été complètement perdu dans l'Eglise latine). Le fait est que les orthodoxes byzantins se sentent généralement de la même foi (malgré les disputes et les anathèmes réciproques) que les orthodoxes pré-chalcédoniens, et vice-versa. Avec les catholiques, c'est beaucoup moins vrai, même s'il faut nuancer selon les pays.
Les discussions doctrinales ont lieu avec Rome, c'est ce qui compte pour nous.
Ces choses-là sont vraies, mais même si on les surmontait, par une volonté unificatrice suffisante et des efforts des 2 côtés, il reste que l'état actuel de l'Eglise latine est rédhibitoire. Tant qu'il n'y a pas de progrès net de ce côté-là, je vois mal comment on peut espérer une convergence dans les relations réciproques...
Vous avez une vision des choses «européano-centrique». L'Eglise latine ne se résume pas à ce qui se passe chez nous, que ce soit sur le plan liturgique ou celui des vocations.
Il faut comprendre que le centre de gravité est en train de se déplacer et n'est plus sur l'Europe.
Par exemple, au Vietnam, dans un diocèse lambda, 25 nouveaux séminaristes (le nombre maximal est limité par l'Etat communiste), des églises bondées malgré la dictature.
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archi
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Re: Dialogue avec les orthodoxes

Message non lu par archi »

AdoramusTe a écrit :Mais quelles églises ? Ces églises orthodoxes les plus importantes, comme je l'ai dit, sont nationales. Et donc les catholiques y sont minoritaires tout comme leurs lieux de culte.
Vous avez une vision des choses où l'orthodoxie est minoritaire, comme en France.
Mais au contraire, Rome discute avec les russes, les grecs, bref les églises orthodoxes qui ont du poids et qui ont tout fait pour écarter les catholiques de leur territoire.
Certes. Mais les fidèles orthodoxes de ces pays, ils voyagent aussi. Ils ne connaissent pas forcément les messes catholiques de chez nous, mais le choc n'en est que plus grand quand ils voyagent en Occident et y rentrent...
Les discussions doctrinales ont lieu avec Rome, c'est ce qui compte pour nous.
Les discussions doctrinales sont utiles et nécessaires, mais elles ne suffiront pas s'il n'y a pas une ratification populaire: on a déjà essayé, ça s'est appelé les Conciles de Lyon et de Florence, et on connaît la suite. :cry:
Vous avez une vision des choses «européano-centrique». L'Eglise latine ne se résume pas à ce qui se passe chez nous, que ce soit sur le plan liturgique ou celui des vocations.
Il faut comprendre que le centre de gravité est en train de se déplacer et n'est plus sur l'Europe.
Par exemple, au Vietnam, dans un diocèse lambda, 25 nouveaux séminaristes (le nombre maximal est limité par l'Etat communiste), des églises bondées malgré la dictature.
Oui, le dynamisme est certainement plus grand que chez nous, mais là encore, quelle liturgie, quelles pratiques spirituelles? C'est un point sur lequel les orthodoxes sont très sensibles, et je sais que l'impression d'éloignement de plus en plus grand sur ces points a été mentionnée par des prêtres grecs (de Grèce) - pas des prêtres vivant dans l'Occident de tradition latine ni dans les pays émergents, et il s'agit de responsables engagés dans le dialogue oecuménique, pas de moines extrémistes de l'Athos...

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Re: Dialogue avec les orthodoxes

Message non lu par Toto »

A propos, à Notre Dame de Paris, des vêpres orthodoxes seront célébrées bientôt, par des orthodoxes.
Autant j'ai une certaine estime pour les orthodoxes qui ont subi le joug communiste athé, autant je trouve que cette manière de faire est source de confusion. Qu'en pensez-vous?
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Re: Dialogue avec les orthodoxes

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Une question commence de se poser pour le "naïf" que je suis dans toutes ces questions. La tentative de réconciliation avec la FSSPX ayant échoué, je n'aurai bientôt plus aucune messe en semaine à laquelle je pourrai assister. Que vais-je faire ? Tromper une église avec une autre ? Je me souviens vaguement de la liturgie en latin et j'ai assisté quelque fois à des offices de la FSSP, mais j'ai dû me déplacer assez loin. La question que je me pose est celle-ci et elle est simple: un catholique peut-il valablement participer à une messe FSSPX ou orthodoxe, sans devenir ipso facto schismatique ?
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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archi
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Re: Dialogue avec les orthodoxes

Message non lu par archi »

etienne lorant a écrit :Une question commence de se poser pour le "naïf" que je suis dans toutes ces questions. La tentative de réconciliation avec la FSSPX ayant échoué, je n'aurai bientôt plus aucune messe en semaine à laquelle je pourrai assister. Que vais-je faire ? Tromper une église avec une autre ? Je me souviens vaguement de la liturgie en latin et j'ai assisté quelque fois à des offices de la FSSP, mais j'ai dû me déplacer assez loin. La question que je me pose est celle-ci et elle est simple: un catholique peut-il valablement participer à une messe FSSPX ou orthodoxe, sans devenir ipso facto schismatique ?
La référence est le Canon 844 (le canon 861 mentionné concerne les ministres du baptême):
Can. 844 - § 1. Les ministres catholiques administrent licitement les sacrements aux seuls fidèles catholiques qui, de même, les reçoivent licitement des seuls ministres catholiques, restant sauves les dispositions des §§ 2, 3 et 4 du présent canon et du [link] can. 861, § 2.

§ 2. Chaque fois que la nécessité l'exige ou qu'une vraie utilité spirituelle s'en fait sentir, et à condition d'éviter tout danger d'erreur ou d'indifférentisme, il est permis aux fidèles qui se trouvent dans l'impossibilité physique ou morale d'avoir recours à un ministre catholique, de recevoir les sacrements de pénitence, d'Eucharistie et d'onction des malades de ministres non catholiques, dans l'Église desquels ces sacrements sont valides.§ 3. Les ministres catholiques administrent licitement les sacrements de pénitence, d'Eucharistie et d'onction des malades aux membres des Églises orientales qui n'ont pas la pleine communion avec l'Église catholique, s'ils le demandent de leur plein gré et s'ils sont dûment disposés; ceci vaut aussi bien pour les membres d'autres Églises qui, au jugement du Siège Apostolique, se trouvent pour ce qui concerne les sacrements dans la même condition que les Églises orientales susdites.

§ 4. En cas de danger de mort ou si, au jugement de l'Évêque diocésain ou de la conférence des Évêques, une autre grave nécessité se fait pressante, les ministres catholiques peuvent administrer licitement ces mêmes sacrements aussi aux autres chrétiens qui n'ont pas la pleine communion avec l'Église catholique, lorsqu'ils ne peuvent pas avoir recours à un ministre de leur communauté et qu'ils le demandent de leur plein gré, pourvu qu'ils manifestent la foi catholique sur ces sacrements et qu'ils soient dûment disposés.
Bon, ça concerne l'administration des sacrements (donc ici la communion), pour la simple assistance, il ne devrait pas y avoir de problème, il reste le fait d'"éviter tout danger d'erreur ou d'indifférentisme", mais si on s'abstient de communier il me semble que ce problème est évité.

Néanmoins, pour ce qui est des Orthodoxes, en général, ils ne communient pas les non-orthodoxes, sauf certaines Eglises des 3 ou 4 Conciles qui ont des accords d'intercommunion avec Rome. J'ai cependant lu qu'on trouve parfois des prêtres (au moins dans les pays de l'Est) qui acceptent de le faire si on leur demande. Il est bien sûr indispensable de demander respectueusement, communier "en douce" en se disant que rien ne montre extérieurement qu'on n'est pas Orthodoxe serait contraire à la plus élémentaire charité.

Néanmoins, comme les Orthodoxes n'ont généralement pas de liturgie en semaine (à part dans les monastères?), la question a peu de chances de se poser. :>

Pour la FSSPX, je n'ai jamais entendu dire qu'elle refusait que les catholiques "non FSSPX" communient chez elle (enfin je ne m'étonnerais de rien).

In Xto,
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Re: Dialogue avec les orthodoxes

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Eh bien, après tout ça, je me sens ragaillardi :s :( mais merci pour l'information !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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