Et encore. Et encore X)Raistlin a écrit :Pas sur tous les points, c’est certain : seulement ceux liés à la foi et aux mœurs.Théodore a écrit :Petit paragraphe de réaction à chaud : Je doute que le Seigneur ait jugé nécessaire de laisser un moyen infaillible de discerner l'erreur de la vérité sur tous les points.
J'ai dit "tant que nous sommes sauvés". Les bases de la foi nous sauvent, et d'au moins celles-là, nous sommes sûres. Les développements et subtilités qui viennent après sont, je crois, l'objet de la recherche.Raistlin a écrit :Il nous laisse chercher quelle vérité ? Sur la foi ? C’est problématique car s’il faut la foi pour être sauvé, mais si vous devez la chercher sans être sûr de connaître la vraie, vous êtes dans l’impasse.Théodore a écrit :Il a laissé, c'est incontestable, de quoi guider les hommes vers le salut, par le témoignage des croyants, en tous temps et en tous lieux. Mais je crois que, tant que nous sommes sauvés, il nous laisse chercher la Vérité, et le chercher Lui. Pas en restant passif bien sûr, mais en respectant notre libre-arbitre.
"L'essentiel", qu'il y a à croire pour être sauvé, nous est révélé à la descente de l'Esprit. "L'accessoire", lui, est l'objet de nos recherches et de notre désir, animés par l'Esprit.
Bien sûr qu’il n’y a qu’une seule succession apostolique : elle est ininterrompue depuis les apôtres dans les églises catholique et orthodoxe.Théodore a écrit :Oui, elle existe : c’est ce qu’ont cru les chrétiens de l’Église primitive (nous vous l’avons prouvé par les textes des auteurs chrétiens), c’est ce que croient les églises catholique et orthodoxe depuis 2000 ans. Il faudra attendre la Réforme – soit 15 siècles après – pour que cette succession soit mise en doute, sans aucune raison.Le problème avec la succession apostolique, si elle existe, c'est qu'elle est censée conserver la Vérité, et que cette Vérité est Une. Ainsi, il n'y a qu'une seule succession apostolique, si il y en a une.
Les chrétiens des Églises primitives ont fait des erreurs. Ils n'étaient pas unis. Voire les Épîtres, et les diverses hérésies qui fleurirent dès le passage de l'an 100.[/quote]
Le filioque est une question aux enjeux importants, au contraire, je crois. Je cite ce que dit un orthodoxe (pour info seulement, inutile de débattre dessus avec moiThéodore a écrit :Il y a deux erreurs dans ce que vous dites. Premièrement, il n’y a pas de divergences si grandes entre les églises orthodoxe et catholique : le filioque, par exemple, est davantage un problème de clarification théologique qu’autre chose. Mais les orthodoxes ne sont pas des hérétiques car ce qu’ils disent de la foi, même si c’est incomplet par rapport à ce que dit l’Église catholique, n’est pas faux..Le problème, c'est que l'Église Catholique Romaine connaît plusieurs divergences plus ou moins graves de doctrines avec des Églises (orthodoxes et orientales notamment ; elles sont relativement nombreuses, si mes souvenirs sont exacts) qui se réclament également de la Succession Apostolique, et chez qui elle reconnaît cette succession.
"Cette question est fondamentale. En effet, la Trinité constitue le sommet de la révélation chrétienne. Toute altération de ce qui forme le coeur même de la foi de l'Église a des conséquences incalculables. Cela revient à donner à un ingénieur qui construit un pont ou un avion des règles mathématiques ou physique erronées: le pont ne peut que s'effondrer ou l'avion s'écraser. En l'occurrence, la théologie trinitaire se trouve déséquilibrée, l'Esprit Saint devenant une personne de second ordre par rapport au Père et au Fils égaux entre eux. Cette innovation dogmatique de la part des catholiques romains a entraîné de manière directe ou indirecte les autres divergences, que ce soient la question de la primauté de Rome ou celle des dogmes de l'immaculée Conception ou de l'infaillibilité pontificale."
Je ne parle pas de "plusieurs successions" au sens "plusieurs évêques successeurs". Je parle de succession au sens "plusieurs chapelles issues de la succession". Cela me semble un obstacle incontournable.Théodore a écrit :Encore une fois, un évêque isolé n’est pas infaillible. Certes, chaque évêque a la charge de guider le troupeau qui lui est confié en enseignant la vraie foi qu’il a lui-même reçu, et en préservant ses ouailles de l’erreur. Mais lorsqu’il s’agit de définir, développer, et clarifier la foi, c’est la collégialité en communion avec le successeur de saint Pierre qui compte. Cette infaillibilité s’est exercée lorsqu’il a fallu par exemple s’opposer aux hérésies, choisir quels textes du Nouveau Testament étaient inspirés et rejeter les autres, etc. La Bible est le fruit de l’infaillibilité de l’Église.Or, s'il y a plusieurs successions apostoliques, chacun prêchant des messages différant, où est la Vérité que la soi-disante infaillible Succession est censée conserver ?
Mais indépendamment de l’infaillibilité, la succession apostolique demeure essentielle car seuls les évêques sont habilités à donner certains sacrements dont l’Eucharistie. Seuls les apôtres, et leurs successeurs, ont reçu ce pouvoir de la part du Christ.
Faux. En-dehors de points précis et essentiels, qui sont de toute façon révélés par Dieu lui-même lors de la conversion (à savoir, Salut par la foi, foi en la régénération par l'Esprit... bref, la base) , rien n'est présenté comme étant la Vérité.Théodore a écrit :Je suis bien d’accord. Et c’est pourquoi le protestantisme pose problème, puisqu’il fait éclater la vérité.Serait-elle plurielle ? Certes non ! Car la Vérité est unique !
Comme expliqué ci-dessus : il est faux d'affirmer, comme le dit Bouleau : "Tout protestant fut pape, une Bible à la main.". Se croire infaillible seul est une grave erreur, un péché d'orgueil caractérisé ; et nous le rejetons.Théodore a écrit :Je crois que l’orgueil est plutôt du côté de ceux qui prétendent que l’Esprit va leur inspirer infailliblement la vérité. C’est ce que croit le protestantisme : que chacun est infaillible s’il lit la Bible « sincèrement ». Quand nous discussions avec Gérard – un autre protestant – c’est exactement ce qu’il affirmait implicitement : l’Église catholique se trompait forcément lorsqu’elle affirmait des choses contraires à ce qu’il croyait, et lui ne se trompait jamais bien entendu.Cette prétention est, je crois, vaine, et potentielle source d'orgueil.
La révélation est une parcelle (la plus importante, certes) de l'Entière Vérité. Celle-là, nul ne peut prétendre la connaître.Théodore a écrit :Et qu’est-ce qui empêche Dieu de communiquer la vérité ? Seriez-vous relativiste pour dire que nul n’a le droit de prétendre connaître la vérité ? La Révélation est justement la vérité communiquée par Dieu aux hommes. A partir de là, nous pouvons dire connaître la vérité, sans aucun orgueil.Que la Vérité que je crois détenir me soit dictée par Dieu ou par des intermédiaires avec Dieu, elle est toujours source d'orgueil ; parce que je crois la connaître, alors que seul Dieu la connaît ; et parce que, dans le cas où elle m'est transmise par des intermédiaires, je me l'approprie tant que c'est comme si elle m'était tombée dans les mains. Il me semble en tout cas.
C'est l'orgueil du Pape et de la cour de Rome. Ne vous en déplaise, l'Église Catholique était alors une institution aux mœurs dissolue, compromise dans ce monde par la folie qu'était le pouvoir temporal du Pape, et auquel de dernier ne pouvait renoncer.Théodore a écrit :Son orgueil a malheureusement provoqué exactement le contraire, déchirant le corps du Christ. On juge l’arbre à ses fruits, vous savez. L’unité, le Christ l’a voulue pour ses disciples, et pas qu’une unité de façade : un seul cœur et une seule âme, donc une seule foi.Je précise d'ailleurs que la Réforme ne consiste pas en un "du passé faisons table rase !". Luther n'a jamais voulu faire sécession, il avait le profond désir que l'Église reste unie, et se réforme d'elle-même.
Accepter les thèses de Luther signifiait signer la disparition de l'ordre politique d'alors, qui reposait sur le catholicisme romain.
Que Luther ait voulu changer la foi, cela ne fait pas le moindre doute. Mais il ne voulait pas diviser l'Église, et il y fut forcé ; quand un bateau coule, et que le capitaine s'obstine à ne rien calfeutrer, on ne reste pas à bord.Théodore a écrit :Mais l’Église s’était déjà réformée sans Luther. Et elle pouvait encore le faire sans lui. Que l’Église doive se réformer de temps en temps, nul ne l’a jamais nié. Mais cela ne peut se faire au prix de la foi et de l’unité. Ainsi, l’Église se réforme toujours dans la continuité avec ce qui précède. Luther a voulu réformer en brisant l’unité et en changeant la foi. Et il s’est fait mesure de la vérité. Il a même osé s’attaquer à la Sainte Écriture, en dévalorisant des livres ou des lettres qui ne lui convenaient pas. Quel orgueil !L'un des cinq piliers du protestantisme n'est pas "Nulle Tradition" ; il est "l'Église doit toujours se réformer". La Tradition a sa place dans la vie du croyant ; mais elle doit être critiquée, et soumise par lui à l'analyse des textes ; et, si elle lui est contradictoire, elle doit être rejetée. Parce que l'Église, et ce qu'elle édicte, est un organe humain, donc faillible.
J'en conviens : Luther a parfois sérieusement déconné. Tout ce qu'il a dit n'est pas à garder.

