Suliko a écrit :Ma position est la suivante : le sacrement de la Cène est symbolique. Il est extrêmement important, mais le pain n'en reste pas moins du pain, le vin n'en reste pas moins du vin. Ce qui donne au sacrement sa mystique est la présence de l'Esprit Saint en chacun des communiants, et la mémoire faite de l'Incarnation et de la Passion - éloignées dans le temps, mais actuelles par leurs effets sur le monde et sur nous.
La Cène nous permet de faire mémoire et de célébrer l'Incarnation et la Passion, et donc, en conséquence, la Résurrection. Si je puis lier les deux sacrements protestants selon une inspiration qui me vient : le baptême célèbre la renaissance de l'individu sauvé par la grâce de Dieu ; la Cène célèbre ce Salut offert à toute l'Humanité.
Ce que je vais écrire va peut-être vous froisser, mais pensez-vous vraiment que tous les chrétiens se soient trompés sur un sujet aussi grave que la présence réelle jusqu'à la Réforme protestante? Parce qu'à ma connaissance, toutes les Eglises traditionnelles reconnaissent cette présence réelle (Eglise orthodoxe, catholique, arménienne, etc...) et ce depuis les premiers temps du christianisme. C'est une remarque qui certes n'est pas un argument théologique à proprement parler, mais qui me semble essentiel. Dieu aurait-il laissé errer les fidèles pendant des siècles?
En même temps... je constate qu'ils ont erré sur des points où il sera difficile de me convaincre (l'adoration des saints, le Purgatoire)... alors, une doctrine erronée de plus ou de moins...

Après, qu'il les ai
laissé errer, je ne pense pas - mais comment dure est l'oreille de l'Homme ! Luther n'a pas été le premier à se lever pour restaurer la Foi ; la seule chose qui a fait la différence, c'est qu'il s'est levé au bon moment (début de l'humanisme et de la diffusion des connaissances, donc fin de l'emprise totale de l'Église sur la vie en Occident ; appui des princes du Saint-Empire...). Il a juste eu l'appui visible du Seigneur
Suliko a écrit :(De plus, j'avais cru comprendre que vous étiez luthérien. Vous devriez donc croire à une certaine présence réelle, appelée impanation, non?)
Il faudrait que je lise les écrits luthériens à ce sujet. La, comme cela, je n'y crois pas ; cette doctrine m'a l'air d'être une pirouette pour ne pas totalement quitter la position catholique. Quoiqu'on en dise, Luther avait des côtés très orthodoxes parfois
Si les catholiques ne prétendent pas renouveler le Sacrifice de la Croix, pourquoi prétendent-ils que, lors de l'Eucharistie, il se passe des choses comme "tout recommence", "tout est relancé", ou encore "les péchés de l'assistance sont lavés" (c'est ce que je crois avoir entendu, arrêtez-moi si je me trompe)... bref, autant de choses qui ne sont attribuables qu'au sacrifice du Christ lui-même ?
Je vous cite un extrait du catéchisme de l'Eglise catholique:
Saint Sacrifice, parce qu’il actualise l’unique sacrifice du Christ Sauveur et qu’il inclut l’offrande de l’Église ; ou encore saint sacrifice de la messe, " sacrifice de louange " (He 13, 15 ; cf. Ps 116, 13. 17), sacrifice spirituel (cf. 1 P 2, 5), sacrifice pur (cf. Ml 1, 11) et saint, puisqu’il achève et dépasse tous les sacrifices de l’Ancienne Alliance.
Nous parlons d'ailleurs de sacrifice non sanglant. Il faudrait que je retrouve une citation de Bossuet que j'avais trouvée très belle. Il s'agit donc bien de perpétuer le sacrifice du Christ.
J'ai peur de commettre un contresens ; il faudrait que vous m'éclairiez sur le sens de "actualiser". S'il signifie ce que j'ai l'impression qu'il signifie, j'ai envie de poser la question : "Quel est le besoin qu'on a d'actualiser le sacrifice du Christ ? Il est actuel à jamais, et n'a nul besoin de nous pour garder tout son sens et sa puissance, et pour laver l'Humanité de ses péchés, jusqu'au jour du Jugement, Amen !"
(C'est drôle ; I P 2,5 ne parle pas de l'Eucharistie, mais de sacrifice spirituel en un sens plus général, quoique sans doute inclusif.)
Je vois qu'en prime, le pain et le vin sont sacrifiés pour le Christ...
L'Incarnation est vide de sens sans la Passion qui la suit et la magnifie.
Mais personne n'a écrit ici que la Passion était à mettre de côté. Au contraire. Et d'ailleurs, lorsque nous parlons de saint sacrifice, c'est bien la Passion que nous évoquons.
En fait, je ne peux que vous conseiller de lire le catéchisme de l'Eglise catholique (très facile à consulter sur internet), et plus précisément son chapitre sur le sacrement de l'Eucharistie. Tout cela vous sera expliqué bien mieux que par moi. Et si vous avez des questions au sujet de cette petite lecture, n'hésitez pas.
Hum, en tapant "cec eucharistie" sur mon moteur de recherche préféré, je suis tombé sur ceci :
http://sd-2.archive-host.com/membres/up ... ristie.pdf
Est-ce bien résumé ?
Quelqu'un d'autre m'avait répondu qu'on ne re-clouait pas Jésus sur la Croix tous les dimanches. À vrai dire, cela vaut mieux, puisqu'ainsi que Paul le dit, il n'y a qu'
un seul sacrifice à jamais suffisant.
Ce que je voulais dire, c'est que la Cène est un sorte de Ré-Incarnation, puisque Dieu descend physiquement sur Terre. Or une telle Incarnation, puisqu'elle est détachée d'une Passion qui la suivrait et lui serait propre, m'a l'air vide de sens.
Fée Violine a écrit :Théodore a écrit :D'ailleurs, nous savons tous que Jésus n'est pas revenu d'entre les morts avec le même corps qui a été martyrisé sur la Croix. Jésus a quitté son corps terrestre, à jamais perdu, retourné à la poussière, pour son Corps de Gloire, semblable à ceux que nous aurons lorsque nous nous relèverons au jour du Jugement.
Mais pas du tout, ce n'est pas ce que nous croyons !
C'est bien le même corps qui est ressuscité, sinon comment pourrions-nous dire qu'il a traversé la mort et qu'il est vivant ?
Vous ne croyez donc pas à la résurrection ?
L'évangile dit pourtant très clairement que le matin de Pâques, le corps de Jésus n'était plus dans le tombeau, et ses disciples ont tous témoigné jusqu'à la mort qu'ils l'avaient vu vivant. Vous ne croyez pas à ce que dit l'évangile ?
Je vous le dit ; si jamais je prêche que Christ n'est pas ressuscité, que je sois anathème !

Je vous renvoie à ceci :
http://www.eglise.catholique.fr/ressour ... iqueID=671
Merci pour vos réponses concernant le "privilège clérical" (entre
gros guillemets

)
Je tiens à faire remarquer ceci ; concernant la postérité immédiate du Sacrement, les Actes et les épîtres nous enseignent :
- Actes II, 42 et 46 et Actes XX, 17 nous informent qu'ils "rompaient le pain". Cela est évidemment une référence à l'Eucharistie, étant donné que cela est ainsi mis en évidence, à part de la notion de prendre les repas. Cette fraction se fait "à domicile", et visiblement entre frères (et donc non dans un rapport de supériorité du clerc vis-à-vis du laïque). De plus, l'expression "fraction du pain" est révélatrice ; puisque, pour les catholiques, au moment où l'Ostie est rompue, elles est
déjà Corps du Christ. Pourquoi, dès lors, parler de "fraction du pain", si ce que l'on rompt n'est pas du pain ? :o
- En I Co X 16-18 et XI 23-29, Paul parle sans cesse de pain et de vin - et non uniquement du Corps et du Sang. Remarquons qu'il dit qu'on mange le pain et le vin, et non le corps et le sang - ce qui est contradictoire avec la transsubstantiation. Il en profite pour souligner l'importance de ne pas souiller ce que ce pain et ce vin figurent : le Corps et le Sang, en prenant part à la communion sans en percevoir le sens. De plus, il est dit que nous
annonçons la mort du Christ lorsque nous prenons la communion... et rien de plus.