Il n'y a aucune ambiguïté, c'est très clair que c'est bien la croyance elle-même qui est digne de respect.
Pour moi, ce n'est guère évident. Pourquoi devrions-nous respecter l'islam et pas seulement les musulmans? Les chrétiens des premiers siècles respectaient-ils le paganisme de l'Empire? Qu'entendez-vous par respect?
Vous avez peut-être raison, mais reconnaissez que c'est une bien étrange manière de lire les messages pontificaux que de les lire en un sens non catholique, en passant par une déformation, car le pape François n'a rien dit qui soit relativiste. Ce n'est pas au nom d'une opinion personnelle qu'il demande qu'entre croyants de confessions différentes il y ait un respect mutuel. C'est une obligation qu'il rappelle, ou qu'il enseigne, selon qu'on était au courant ou pas.
Vous parlez du respect entre personnes, ce qui est évident, mais plus haut, vous écrivez bien que le respect demandé est celui de la croyance elle-même.
En ce qui concerne l'étrangeté qu'aurait une interprétation non catholique des messages du pape, je vous répondrais simplement que depuis quelques décennies, nombre de clercs, papes compris, ont une attitude et des paroles ambigues dans le cadre du dialogue interreligieux ou oeucuménique et que cela peut être source d'égarement pour les fidèles catholiques. (Et ça l'est!)
Je ne suis pas naïf, et je sais que cette attitude existe, et est même fréquente. Je ne vois pas cependant qu'il faille en tirer la conclusion que les chrétiens devraient faire la même chose.
Les chrétiens doivent défendre leur foi, c'est tout ce que je voulais dire. Inciter des catholiques qui connaissent très mal leur propre religion à regarder du côté musulman peut être très dommageable pour leur salut.
Sur ce point vous êtes en accord avec le pape François. La différence, s'il y en a une, est qu'il insiste sur la réciprocité du bien.
Mais pour qu'il y ait réciprocité, il faut aussi savoir se montrer ferme. La Norvège en est un bon exemple. Qu'entendez-vous par réciprocité du mal (en opposition à réciprocité du bien)?
Là encore, je vous suis, et je ne vois pas de contradiction avec le message du pape, mais l'ouverture à l'autre n'a rien à voir avec le relativisme, et ce n'est pas en méprisant la pensée de l'autre qu'on peut créer un climat propice à la compréhension.
Il ne s'agit pas de mépriser (pour cela, les musulmans ont globalement la palme, hélas, et surtout par ignorance...), mais de ne pas mettre la vérité de côté sous prétexte d'ouverture. Si au moins le pape dans son message avait invité les musulmans à s'intéresser au christianisme ou avait formulé une prière pour qu'ils découvrent la vérité...