Sur la théorie du genre

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marie du hellfest
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Re: L'idéologie totalitaire du Gender à l'oeuvre

Message non lu par marie du hellfest »

Peccator a écrit :Tout le problème commence quand on fait d'une théorie scientifique descriptive une idéologie normative.
Les études de genre, dans le cadre des sciences sociales, sont souvent intéressantes. Leur application politique est désastreuse.
C'est malheureusement le cas non seulement des études de genre, mais d'une bonne partie des sciences sociales.
Je suis d'accord avec vous sur un point : les utilisations politiques et idéologiques de théories ou études scientifiques peuvent être dangereuses.

Pour le reste, je ne suis pas catholique (ni même croyante dans une religion), je ne partage pas votre conception de la sacralité de la famille ni même de l'individu. J'ai lu vos arguments depuis facilement un an maintenant (je pense avoir fait à peu près le tour ^^) et je ne partage pas vos positions ni vos inquiétudes concernant le genre, le mariage homo ou autre.

Le monde évolue, la société évolue, les mentalités aussi. Il en a toujours été ainsi et c'est pas maintenant que les technologies modifient de plus en plus rapidement nos comportements que ça va ralentir. Je comprends que ça déstabilise des gens, mais tant qu'il n'y a pas de mal fait de façon évidente, je vois pas pourquoi je devrais être contre. Oui, ça va changer des choses ; pourquoi le résultat devrait être pire ?

L'église aussi a évolué. Certains ici ont beau répéter que ses principes n'ont pas bougé, les interprétations de ces principes, oui, parfois.
Un exemple, l'évangélisation. L'église a toujours appelé à évangéliser. Avant, ça pouvait se faire en détruisant les idoles des païens et en les convertissant de force (certains sont même devenus saints ou ont été loués pour ça ...). Maintenant tout le monde (hiérarchie de l’Église en tête) trouverait ces méthodes aberrantes, irrespectueuses et contre-productives.
Qui nous dit que la position de l'église sur la "théorie des genres" et le mariage homosexuel n'aura pas évolué dans quelques siècles, si finalement on se rendait compte que ça n'a pas bouleversé grand chose ?

Ce n'est pas que je me fous des conséquences de ces modifications sociales ou que je suis la position dominante par paresse, mais quand on a pas la chance d'avoir la foi et un dogme auquel se raccrocher, on est bien obligé de se démerder avec sa raison et ses quelques principes de base. Ma position est une position par défaut, celle que j'estime être la moins pire, qui dépend de mes connaissances (incomplètes) sur le sujet et de mes réflexions (imparfaites).
Si l'expérience montre que ces applications sont objectivement mauvaises on sera toujours à temps de militer pour revenir à des bases plus saines. Mais militer contre quelque chose qui n'a jamais été expérimenté en prétextant que ça ne peut être que mauvais (sur la base d'arguments qui ne m'ont pas convaincue) ... comptez pas sur moi.



J'ai largement débordé sur la réponse à votre message proprement dit mais je ne souhaite pas continuer le débat sur ce sujet. Vous (et le Gyrovague, avec qui j'ai été un peu abrupte) en avez maintenant les raisons. Par expérience je peux assez rapidement m'énerver sur ce genre de débats, et après la discussion précédente il est plus sage que je finisse de laisser retomber la pression.
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PaxetBonum
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Re: L'idéologie totalitaire du Gender à l'oeuvre

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marie du hellfest a écrit : Une théorie scientifique n'a pas à rendre les gens heureux.
Il ne s'agit pas ici d'une théorie scientifique puisque précisément cette théorie s'oppose diamétralement à toutes les découvertes scientifiques médicales modernes (ADN, génétique…)

marie du hellfest a écrit : Je serais plutôt sceptique sur le résultat d'une telle greffe, puisque ce serait du matériel qui ne viendrait pas de la même espèce ...
Mais si vous voulez partir en Afrique vivre aux milieu de vos congénères, vous avez toute ma bénédiction (faites toutefois attention à vous, les braconniers sont plus actifs que jamais)
Bref, tout est acceptable pour vous.
On ne doit pas aider son prochain quand il est dans l'erreur mais lui donner toute notre aide pour perdurer dedans et aux frais de toute la société. Je ne vois pas la vie comme cela, je pense que vouloir la Paix et la Joie de chacun est un devoir. Abandonner des personnes dans leur marasme est criminel, alors vous imaginez ce que je pense de ceux qui veulent l'enseigner dans une institution normalement prévue pour "l'éducation"…
J'imagine que vous êtes pour le suicide assisté et remboursé ?
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Re: L'idéologie totalitaire du Gender à l'oeuvre

Message non lu par PaxetBonum »

marie du hellfest a écrit : Qui nous dit que la position de l'église sur la "théorie des genres" et le mariage homosexuel n'aura pas évolué dans quelques siècles, si finalement on se rendait compte que ça n'a pas bouleversé grand chose ?
Là n'y comptez pas, car cela s'oppose à la révélation divine.
Et je suis prêt à vous parier que ces changements (surtout le genre et PMA-GPA) conduira a une explosion du mal être de toute la société, on ne peut couper l'homme de la nature (Dieu pardonne toujours, l'homme parfois, la nature jamais).
marie du hellfest a écrit :Mais militer contre quelque chose qui n'a jamais été expérimenté en prétextant que ça ne peut être que mauvais (sur la base d'arguments qui ne m'ont pas convaincue) ... comptez pas sur moi.
Bref on a eu raison d'expérimenter le nazisme, le communisme…
Quand on voudra expérimenter la pédophilie on vous trouvera a militer aussi avec les écolos ?
Et pour ma théorie de l'espèce vous conviendrez avec moi qu'il est temps de réserver un budget de premier ordre pour rattraper l'immense retard égalitaire que l'on a pris ?
Il faut rapidement expérimenter les tentatives de greffes de trompes d'éléphants sur ceux qui le demandent !
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Re: L'idéologie totalitaire du Gender à l'oeuvre

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Les théories du genre ne sont pas scientifiques pour deux sous et tout scientifique sérieux et surtout honnête s'oppose à cette récupération de théories sociales pseudo-scientifiques.

La biologie humaine s'oppose elle même à ces théories notamment au travers de l'étude des hormones. Les femmes et les hommes sont constitués des mêmes hormones mais en quantité différentes : oestrogènes et progestérone caractérisent le cycle féminin, la testostérone caractérise l'hormone mâle et se trouve biologiquement en faible quantité chez la femme. Un déséquilibre en testostérone chez la femme vient perturber les hormones du cycle féminin. Ca c'est une connaissance biologique de base prouvant l'existence de deux genres uniquement : femme ou homme.

Maintenant que des gens ne se sentent pas en adéquation entre leur psychée et leur biologie c'est une chose (et il y a aujourd'hui de multiples voies à explorer dans les sciences humaines pour chercher le pourquoi du comment) mais de mettre la biologie dans l'affaire me paraît malhonnête. C'est apporter une réponse "à côté de la plaque" et c'est faire entrer des gens éprouvant certainement une grande souffrance dans un monde de plus grande souffrance encore. (voir ou revoir l'histoire de David Reimer ou plus récemment le drame de Nathan Verhelst)

Avec ces délires on plonge des gens souffrant en enfer car rien ne dit qu'un déséquilibre à un moment de la vie ne sera pas régulé à un autre, qu'un trouble de l'identité ne sera jamais équilibré. Qui n'a jamais éprouvé ce sentiment d'être à l'étroit dans sa peau, de ne pas comprendre les changements corporels et psychiques de l'adolescence? et même plus tard, une fois adulte, rien n'est acquis, notre corps n'est souvent pas ce que l'on souhaite ou ce dont on rêve. Il faut aider les gens en souffrance car toute souffrance s'écoute et doit mobiliser des ressources pour la soulager. Mais pas en prônant n'importe quoi.

Et de plus en plus de question se posent : à partir de quand estime t-on que l'identité sexuelle est définitivement acquise? (les spécialistes ne sont même pas d'accord entre eux), à partir de quel âge on peut décider d'un changement de sexe? Quels conséquences les hormones à hautes doses ont elles sur l'organisme? Que faire si plusieurs années plus tard, la personne n'est toujours pas bien et regrette les changements opérés? (l'exemple de Nathan Verhelst fait froid dans le dos)

En novembre dernier le premier enfant transgenre a été reconnu... à seulement 6 ans. Cet enfant a tout une vie a construire et on ne peut qu'espèrer et prier pour qu'il aille bien. Mais qui peut lui assurer qu'il n'y aura pas un effet "rebond" à l'adolescence ou dans sa vie adulte?
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marie du hellfest
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Re: L'idéologie totalitaire du Gender à l'oeuvre

Message non lu par marie du hellfest »

cora a écrit :Mais qui peut lui assurer qu'il n'y aura pas un effet "rebond" à l'adolescence ou dans sa vie adulte?
Personne.

Ni avec votre méthode, ni avec la mienne.

C'est bien le problème des sciences qui ne sont pas exactes, et plus encore les sciences sociales ou qui se rapportent à la psyché humaine, on est dans le flou total.
Il est d'ailleurs fort à parier qu'il n'existe pas qu'une seule méthode, et qu'il faudrait adapter la réponse à chaque individu en fonction de ce qu'il ressent, son parcours, etc ...
Peut-être pour certains faut-il une opération pour les soulager d'une partie de leur poids, peut-être que pour d'autres ça va faire empirer les choses.
Peut-être que chez certains, refuser une opération pour tenter de lui guérir "la tête" sera un déni insupportable et une longue souffrance inutile, alors que pour d'autre ce sera une solution suffisante.

Comme je vous l'ai dit, j'ai basé mon opinion sur les éléments que j'ai à ma disposition. Vous faites de même. Chacun est de bonne volonté. On est pas d'accord sur le résultat. La discussion s'arrête là pour moi.
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Peccator a écrit :Et en fait, je pense que ça ne veut rien dire : en quoi les hommes ne seraient pas attirés par les relations sociales ? Vous n'avez pas dû passer beaucoup de temps à fréquenter des bistrots... Les hommes ne sont pas des ours solitaires.
Qu'est-ce qu'un domaine technique ? La couture, c'est technique, ou c'est social ? La cuisine, c'est technique, ou c'est social ?

La réalité, c'est qu'on confie généralement aux femmes le soin de s'occuper de la maison, pendant que les hommes sont à l'extérieur. La même activité sera considérée comme féminine lorsqu'elle est domestique, et masculine lorsqu'elle est professionnelle.
Désolé, mais c'est une caractéristique physique propre à l'homme d'avoir plus de facilité à prendre des risques, à sortir à l'extérieur, à défendre etc. De la même façon, c'est une caractéristique physique propre à la femme que d'avoir plus de facilité à prendre soin, protéger, etc.
Et cela, quelle que soit la culture ou l'endroit.

MAIS !!! Il ne s'agit pas non-plus de tomber dans l'excès inverse, qui voudrait IMPOSER cette généralité. Ce serait le même excès que ces crèches neutres, dans l'autre sens cette fois.
Et je suis bien évidemment, comme vous, contre ce type d'inhibition ou de pression sociale. On juge un professionnel à ses capacités, par exemple, et pas à son sexe. Une femme maçon ne devrait pas souffrir d’à-priori sexiste, c'est évident pour moi.
Peccator a écrit :
Que dire aussi des comportements chez les autres animaux, c'est encore plus évident...
Je ne vois pas du tout où est l'évidence en éthologie animale...
Ah bon ? La nature ne nous montre pas de comportement masculin et féminin ? Il me semble au contraire que c'est particulièrement typé.

Pour le reste nous sommes bien d'accord. :oui:
___
cora a écrit :mettre la biologie dans l'affaire me paraît malhonnête. C'est apporter une réponse "à côté de la plaque" et c'est faire entrer des gens éprouvant certainement une grande souffrance dans un monde de plus grande souffrance encore. [...]
rien ne dit qu'un déséquilibre à un moment de la vie ne sera pas régulé à un autre, qu'un trouble de l'identité ne sera jamais équilibré. [...] Qui n'a jamais éprouvé [...] les changements corporels et psychiques de l'adolescence ?
Exactement. La vraie question, c'est :
Comment aider ces personnes à s'accepter ? Est-ce que c'est en les transformant dans le sens inverse de leur corps, quitte à le mutiler ? Ou est-ce en les aidant psychologiquement à être "bien dans leur peau" telle qu'elle est ?
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Re: L'idéologie totalitaire du Gender à l'oeuvre

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marie du hellfest a écrit : Peut-être pour certains faut-il une opération pour les soulager d'une partie de leur poids, peut-être que pour d'autres ça va faire empirer les choses.
Peut-être que chez certains, refuser une opération pour tenter de lui guérir "la tête" sera un déni insupportable et une longue souffrance inutile, alors que pour d'autre ce sera une solution suffisante.
Mais le corps opéré ou non continuera à s'opposer à la "tête" dans tous les cas !
Le problème ne peut jamais venir du corps qui est en adéquation avec sa propre identité génétique indissoluble et inaltérable. C'est bien la tête qui est malade en croyant que ce corps ne lui convient pas.
La théorie du genre conduit a faire croire que c'est une situation normale et donc conduit a abandonner voire à conforter la personne dans sa position autodestructrice.
Mais proposer une autre voie de soutien (permettre l'adéquation de la tête avec le corps et non l'inverse) est considéré comme du fascisme rétrograde s'opposant au merveilleux progrès de la théorie du genre…

Voici un des nouveaux génocide de ce siècle… un de plus…
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Re: L'idéologie totalitaire du Gender à l'oeuvre

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Bonsoir,
(j'ai fait mon inscription, comme ça cela sera plus pratique --> je suis donc le "touriste" de la page dernière :ciao: )
Vous noterez que la question des hermaphrodites est tout à fait autre : il s'agit là d'un problème d'indétermination du sexe biologique, et non d'une identité de genre qui serait différente du sexe.
J'ai parlé des hermaphrodites car eux et elles aussi bénéficient des opérations de changement de sexe. Les hermaphrodites sont le plus souvent décrétés femelles à la naissance et doivent prendre des hormones dès l'enfance. Parce que la société exige d'avoir absolument un sexe déterminé on prive ces personnes d'un temps de réflexion et d'une décision plus mûre.

En admettant qu'il en soit ainsi, pourquoi vouloir modifier la biologie pour la faire correspondre à l'identité, au lieu de modifier l'identité pour la faire correspondre à la biologie ? En quoi est-ce plus logique ? 

Il ne s'agit pas de nier la souffrance des gens : elle est bien réelle. Mais pourquoi considérer comme légitime de leur infliger un traitement chirurgical et hormonal lourd, qui ne leur donnera jamais réellement le sexe opposé, plutôt que de traiter leur problème d'identité ? Pourquoi considérer la chirurgie comme plus légitime que la psychiatrie ?
Mais ce traitement est celui qu'ils et elles choisissent, estimez-vous être mieux placé(e) qu'eux pour savoir ce qu'il convient de faire de leur situation ? De plus ils obtiennent le sexe opposé de façon de plus en plus correcte (ablation ou développement de la poitrine et reconstructions des parties génitales qui les rendent fonctionnelles).


Mais il est absurde de demander une égalité vis-à-vis de la possibilité d'avoir un enfant (et c'est là qu'est toute la question du mariage "pour tous"). C'est nier la réalité. Pour faire un enfant, il faut un homme et une femme (et il faut que les deux soient féconds). C'est comme ça.
Mais le mariage pour tous est là pour garantir les mêmes droits à tous les couples. Certains conjoints homosexuels sont écartés de toute décision lorsqu'il arrive quelque chose à leur moitié, ils peuvent aussi perdre leur logement et leur patrimoine commun, et j'en passe... Voilà la première utilité de ce mariage : permettre aux couples homosexuels de sceller la même union que les autres couples.
Les questions liées aux enfants sont traitées séparément de cette loi. Ne trouvez-vous pas normal qu'une femme qui vit avec et élève l'enfant de sa conjointe ait des droits et des devoirs envers cet enfant ?
Par ailleurs vous parlez de fécondité, mais beaucoup de couples hétéros ont recours à la PMA. Trouvez-vous que cette pratique devrait être supprimée ? Dans le cas contraire pourquoi refuser à un couple homosexuel infertile de fait ce qui est autorisé à aux couples hétéro infertiles ?


Attention à ne pas confondre orientation et choix. Je ne choisis pas mon orientation sexuelle. Mais je choisis de passer à l'acte ou non. Je vis avec ma compagne, mais il m'arrive d'être attiré par d'autre femmes. Je fais le choix de ne pas céder à cette attirance, et de rester fidèle. Les gens qui ont fait le choix du célibat ne sont pas moins exposés à la tentation, qu'ils soient hétéros ou homos.
Aujourd'hui, on voit se répandre un peu partout l'idée fausse que parce qu'on est homo, on n'a pas d'autre choix que de coucher avec quelqu'un du même sexe que soit. C'est faux. On n'a pas le choix d'être attiré, mais on a le choix de faire ou de ne pas faire. Il n'y a aucune obligation à coucher avec qui que ce soit ! (ou alors, c'est un viol).

La preuve en est que de nombreux homosexuels choisissent l'abstinence (et de nombreux hétérosexuels aussi). Que de nombreux bisexuels choisissent de rester fidèle à leur conjoint de sexe opposé, et de résister aux autres tentations (et de nombreux hétérosexuels aussi).
Mais pourquoi quelqu'un.e dont l'orientation sexuelle est homosexuelle devrait se retenir de vivre des histoires d'amour et de couple ? Pourquoi devrait-il/elle se mettre en ménage avec quelqu'un d'un sexe qui ne l'attire pas ? Il n'y a pas d'obligation, mais pourquoi devrait-il y avoir rétention (ce que, je pense, vous sous-entendez) ? Choisir de ne pas tromper se comprend, on peut blesser son conjoint, mais qui blesse t-on quand on décide de sortir avec quelqu'un du même sexe ?
Par ailleurs c'est un cliché de croire que les bisexuels sont plus infidèles que les autres... Ils ne le sont ni plus ni moins.

Je voulais plutôt parler des mesures pratiques qui se font dans les "crèches neutres" par exemple, où on empêche purement et simplement l'enfant de jouer comme il l'entend lorsque "ça fait trop genré". C'est de cette inhibition là que je parlais (mais c'était confus, j'avoue).
Mais cela ne se passe dans aucune crèche, en tous les cas en France. On n'empêchera un enfant de jouer avec un jouet que s'il s'en sert pour taper sur les autres enfants :p . Par contre il est bon de désinhiber celles et ceux qui souhaitent jouer avec un jeu particulier mais ne l'osent pas parce qu'on (parents, société, autres copains) leur a dit que cela n'était pas pour eux.

Les garçons deviennent plus doués en orientation parce que sociologiquement on leur permet plus d'aller explorer à l'extérieur quand ils sont petits, on les encourage plus à bouger, à développer leur physique (même avant de marcher), bref on leur envoie tout un tas de signaux qui vont en ce sens. Les petites filles quant à elles sont plus calmes et parlent plus tôt parce qu'on va plus les cajoler, leur parler doucement. Ce n'est pas représentatif de 100% des foyers mais c'est globalement ce qui se passe et qui engendre l'appui des stéréotypes plus tard.
Refuser ce qui serait "trop genré", c'est une autre manière d'imposer les mêmes stéréotypes...
Tout à fait ! Après on peut aussi refuser des choses aux enfants parce qu'elles sont trop bêtes ou violentes.
Mais l'attribution de genre (genrification ?) des jouets est une chose terrible qui s'aggrave d'année en année (c'est pour segmenter, pousser à la consommation en ciblant pour que le jouet dise « je suis fait exprès pour vous ») : pendant mon enfance j'avais des playmobils neutres (la ferme, le zoo, la maison, etc), aujourd'hui il faut choisir entre des boîtes roses (avec la maison, la princesse, le chaton, les fées) et des boîtes noires (les pirates, les fantômes, les vaisseaux spatiaux) le tout tiré à la caricature (les pirates-zombies ont des expressions cruelles, les fées ont de grand yeux et des joues roses... Tout ça bride l'imagination).

Sur le pourquoi du comment de traiter les stéréotypes dès la maternelle : l'école n'est pas le seul lieu où les enfants vivent, leur apporter un éclairage différent de celui que la société leur renvoie ne peut que leur ouvrir l'esprit.
Pourquoi y a t-il tant de viols et de violences envers les femmes ? Précisément parce qu'on considère cela comme quelque chose qui va un peu de soi, que l'homme est supérieur, que son désir sexuel est plus important, etc. Ce qu'on cherche à obtenir via de telles initiatives (ABCD de l'égalité etc) c'est une société plus apaisée où les deux sexes vivent en bonne intelligence, où les homosexuels ne sont pas poussés au suicide parce qu'on les rejette, où les trans ne se retrouvent pas SDF parce que considérés comme des monstres.

Une anecdote qui vous intéressera peut-être : j'ai une amie universitaire qui a mené des recherches sur le travestissement. A une certaine époque (XIXe si je ne m'abuse) il n'était absolument pas honteux pour un homme de se déguiser en femme, ça ne faisait à la rigueur ni chaud ni froid à personne. Par contre, une femme qui osait s'habiller en homme entraînait tout de suite un scandale. Or cela s'est inversé : aujourd'hui cela ne pose aucun problème qu'une femme soit en pantalon ou même se déguise en capitaine Crochet ; par contre une homme qui met une robe ou qui se déguise en princesse est tout suite dans l'outrance, ridicule, moqué ou moquant. La question est : pourquoi ? Pourquoi est-ce ridicule d'être comme une femme pour un homme ? Pourquoi une petite fille pourra se costumer en pirate, en Peter-Pan, en Batman sans souci alors qu'un petit garçon n'aura jamais l'idée ou l'audace de se costumer en princesse, en Pocahontas ou en petit Chaperon Rouge ?


PS : les kilts sont en effet des vêtements très lourds (plusieurs épaisseurs de laine) et très chers qui se portent avec des chaussettes hautes... En bref un vêtement adapté aux températures écossaises parfois rudes ! :-@
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Re: L'idéologie totalitaire du Gender à l'oeuvre

Message non lu par Pacem »

Peccator a écrit :Et en fait, je pense que ça ne veut rien dire : en quoi les hommes ne seraient pas attirés par les relations sociales ? Vous n'avez pas dû passer beaucoup de temps à fréquenter des bistrots... Les hommes ne sont pas des ours solitaires.
Qu'est-ce qu'un domaine technique ? La couture, c'est technique, ou c'est social ? La cuisine, c'est technique, ou c'est social ?

La réalité, c'est qu'on confie généralement aux femmes le soin de s'occuper de la maison, pendant que les hommes sont à l'extérieur. La même activité sera considérée comme féminine lorsqu'elle est domestique, et masculine lorsqu'elle est professionnelle.
Désolé, mais c'est une caractéristique physique propre à l'homme d'avoir plus de facilité à prendre des risques, à sortir à l'extérieur, à défendre etc. De la même façon, c'est une caractéristique physique propre à la femme que d'avoir plus de facilité à prendre soin, protéger, etc.
Et cela, quelle que soit la culture ou l'endroit.

MAIS !!! Il ne s'agit pas non-plus de tomber dans l'excès inverse, qui voudrait IMPOSER cette généralité. Ce serait le même excès que ces crèches neutres, dans l'autre sens cette fois.
Et je suis bien évidemment, comme vous, contre ce type d'inhibition ou de pression sociale. On juge un professionnel à ses capacités, par exemple, et pas à son sexe. Une femme maçon ne devrait pas souffrir d’à-priori sexiste, c'est évident pour moi.
Peccator a écrit :
Que dire aussi des comportements chez les autres animaux, c'est encore plus évident...
Je ne vois pas du tout où est l'évidence en éthologie animale...
Ah bon ? La nature ne nous montre pas de comportement masculin et féminin ? Il me semble au contraire que c'est particulièrement typé.

Pour le reste on est d'accord.
___
cora a écrit :mettre la biologie dans l'affaire me paraît malhonnête. C'est apporter une réponse "à côté de la plaque" et c'est faire entrer des gens éprouvant certainement une grande souffrance dans un monde de plus grande souffrance encore. [...]
rien ne dit qu'un déséquilibre à un moment de la vie ne sera pas régulé à un autre, qu'un trouble de l'identité ne sera jamais équilibré. [...] Qui n'a jamais éprouvé [...] les changements corporels et psychiques de l'adolescence ?
Exactement. La vraie question, c'est :
Comment aider ces personnes à s'accepter ? Est-ce que c'est en les transformant dans le sens inverse de leur corps, quitte à le mutiler ? Ou est-ce en les aidant psychologiquement à être "bien dans leur peau" telle qu'elle est ?
“Pone, Domine, custodiam ori meo, et óstium circumstántiæ lábiis meis: ut non declinet cor meum in verba malítiæ, ad excusándas excusatiónes in peccátis.”
Placez, Seigneur, une garde à ma bouche et une barrière tout autour de mes lèvres. Que mon coeur ne se porte pas à des paroles mauvaises qui servent de prétexte au péché.
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Re: L'idéologie totalitaire du Gender à l'oeuvre

Message non lu par cora »

Nous voyons en effet chez les espèces animales que les comportements sociaux sont en accord avec le genre : les femelles sont souvent les gardiennes des petits alors que les mâles protègent et chassent . On nous présente dès l'école primaire ce même modèle chez les premiers hominidés.

Il est intéressant de noter que même les théories de l'éthologie ou de l'évolution qui sont tant vantées quand il s'agit de réduire l'Homme à un "animal comme un autre" deviennent encombrantes quand elles se renversent au profit des lois de la biologie... notre système est en pleine schizophrénie tant il s'embrouille dans ses propres mensonges et ne sait même plus à quelle branche se raccrocher (sans mauvais jeu de mot :p ) :zut: :roule:
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Re: L'idéologie totalitaire du Gender à l'oeuvre

Message non lu par PaxetBonum »

cora a écrit :notre système est en pleine schizophrénie tant il s'embrouille dans ses propres mensonges et ne sait même plus à quelle branche se raccrocher (sans mauvais jeu de mot
Très juste.
Je pense que l'on touche à l'extrême limite de toute cette idéologie mortifère tant tout cela confine à la stupidité.
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Re: L'idéologie totalitaire du Gender à l'oeuvre

Message non lu par Silica »

Bonjour,

mon message ne passe pas, peut-être parce qu'il est trop long, je vais le faire plus concis :
Vous noterez que la question des hermaphrodites est tout à fait autre : il s'agit là d'un problème d'indétermination du sexe biologique, et non d'une identité de genre qui serait différente du sexe.
J'ai parlé des hermaphrodites car eux et elles aussi bénéficient des opérations de changement de sexe.
En admettant qu'il en soit ainsi, pourquoi vouloir modifier la biologie pour la faire correspondre à l'identité, au lieu de modifier l'identité pour la faire correspondre à la biologie ? […] Mais pourquoi considérer comme légitime de leur infliger un traitement chirurgical et hormonal lourd, qui ne leur donnera jamais réellement le sexe opposé, plutôt que de traiter leur problème d'identité ?
Je pense qu'il faut faire attention quand on parle de ces questions tant qu'on n'a pas écouté la parole des personnes concernées (de nombreux blogs apporteraient des réponses à vos questions).
Nous ne sommes pas transgenre, nous ne pouvons donc pas entièrement comprendre ce qui se joue.
Aujourd'hui on obtient le sexe opposé de façon de plus en plus correcte (ablation ou développement de la poitrine et reconstructions des parties génitales qui les rendent fonctionnelles).

Mais il est absurde de demander une égalité vis-à-vis de la possibilité d'avoir un enfant (et c'est là qu'est toute la question du mariage "pour tous"). C'est nier la réalité. Pour faire un enfant, il faut un homme et une femme (et il faut que les deux soient féconds).
Mais le MPT est là pour garantir les mêmes droits à tous les couples. Certains conjoints homosexuels sont écartés de toute décision lorsqu'il arrive quelque chose à leur moitié, ils peuvent aussi perdre leur logement et leur patrimoine commun, et j'en passe... Les questions liées aux enfants sont traitées séparément de cette loi.
Par ailleurs vous parlez de fécondité, mais beaucoup de couples hétéros stériles ont recours à la PMA. Trouvez-vous que cette pratique devrait être supprimée ? Dans le cas contraire pourquoi refuser à un couple homosexuel infertile de fait ce qui est autorisé aux couples hétéro infertiles ?
Aujourd'hui, on voit se répandre un peu partout l'idée fausse que parce qu'on est homo, on n'a pas d'autre choix que de coucher avec quelqu'un du même sexe que soit. C'est faux. On n'a pas le choix d'être attiré, mais on a le choix de faire ou de ne pas faire. Il n'y a aucune obligation à coucher avec qui que ce soit !
Mais pourquoi quelqu'un.e dont l'orientation sexuelle est homosexuelle devrait se retenir de vivre des histoires d'amour et de couple ? Pourquoi devrait-il/elle se mettre en ménage avec quelqu'un d'un sexe qui ne l'attire pas ? Il n'y a pas d'obligation, mais pourquoi devrait-il y avoir rétention (ce que, je pense, vous sous-entendez) ? Choisir de ne pas tromper se comprend, on peut blesser son conjoint, mais qui blesse t-on quand on décide de sortir avec quelqu'un du même sexe ?
Je voulais plutôt parler des mesures pratiques qui se font dans les "crèches neutres" par exemple, où on empêche purement et simplement l'enfant de jouer comme il l'entend lorsque "ça fait trop genré". C'est de cette inhibition là que je parlais (mais c'était confus, j'avoue).
Cela ne se passe dans aucune crèche, en tous les cas en France. On n'empêchera un enfant de jouer avec un jouet que s'il s'en sert pour taper sur les autres enfants :p . Par contre il est bon de désinhiber celles et ceux qui souhaitent jouer avec un jeu particulier mais ne l'osent pas parce qu'on (parents, société, autres copains) leur a dit que cela n'était pas pour eux.

Les garçons deviennent plus doués en orientation parce que sociologiquement on leur permet plus d'aller explorer à l'extérieur quand ils sont petits, on les encourage plus à bouger, à développer leur physique (même avant de marcher), bref on leur envoie tout un tas de signaux qui vont en ce sens. Les petites filles quant à elles sont plus calmes et parlent plus tôt parce qu'on va plus les cajoler, leur parler doucement. Ce n'est pas représentatif de 100% des foyers mais c'est globalement ce qui se passe et qui engendre l'appui des stéréotypes plus tard.
Refuser ce qui serait "trop genré", c'est une autre manière d'imposer les mêmes stéréotypes...
Tout à fait ! C'est terrible mais les jouets genrés augmentent d'année en année  : pendant mon enfance j'avais des playmobils neutres (la ferme, le zoo, la maison, etc), aujourd'hui il faut choisir entre des boîtes roses (avec la maison, la princesse, le chaton, les fées) et des boîtes noires (les pirates, les fantômes, les vaisseaux spatiaux) le tout tiré à la caricature (les pirates-zombies ont des expressions cruelles, les fées ont de grand yeux et des joues roses... Tout ça bride l'imagination).

PS : les kilts sont en effet des vêtements très lourds (plusieurs épaisseurs de laine) et très chers qui se portent avec des chaussettes hautes... En bref un vêtement adapté aux températures écossaises parfois rudes ! :-@
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Re: L'idéologie totalitaire du Gender à l'oeuvre

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Silica a écrit :
Vous noterez que la question des hermaphrodites est tout à fait autre : il s'agit là d'un problème d'indétermination du sexe biologique, et non d'une identité de genre qui serait différente du sexe.
J'ai parlé des hermaphrodites car eux et elles aussi bénéficient des opérations de changement de sexe.
Certains bénéficient d'opérations utilisant les mêmes techniques, effectivement. Mais on ne peut pas parler de "changement de sexe", puisque précisément ce n'est en pas un.

Ce n'est pas un hasard si les personnes intersexuées se sont battues pour avoir droit à leur propre initiale dans le sigle "LGBTI" : il est fallacieux de les assimiler aux transgenres.


En admettant qu'il en soit ainsi, pourquoi vouloir modifier la biologie pour la faire correspondre à l'identité, au lieu de modifier l'identité pour la faire correspondre à la biologie ? […] Mais pourquoi considérer comme légitime de leur infliger un traitement chirurgical et hormonal lourd, qui ne leur donnera jamais réellement le sexe opposé, plutôt que de traiter leur problème d'identité ?
Je pense qu'il faut faire attention quand on parle de ces questions tant qu'on n'a pas écouté la parole des personnes concernées (de nombreux blogs apporteraient des réponses à vos questions).
Les personnes concernées souffrent, et cherchent un apaisement de leurs souffrances. C'est normal et légitime. Mais dans cette recherche, elles sont aussi sous l'influence de ce qu'on leur propose.
Et aider une personne, ce n'est pas toujours aller dans son sens. Vous n'aiderez pas un dépressif qui demande à mourir en lui proposant le suicide, mais en soignant sa dépression (soin qui très souvent va aborder d'ailleurs des questions d'image de soi...).

Si on ne cesse de propager le discours que le changement adéquat est la transformation du corps, et qu'on refuse en bloc l'approche psychiatrique, forcément ces personnes vont demander un traitement physiologique.

Pourquoi refuse-t-on la psychiatrie ? Parce qu'il a été décidé que ce n'est pas une maladie. Hors, n'est-ce pas, la psychiatrie de doit servir qu'au traitement de maladies. Mais par quelle aberration admet-on que la chirurgie et l'endocrinologie peuvent légitiment être employés pour quelque chose qui n'est pas une maladie, et que ce n'est pas légitime pour la psychiatrie ?

PS : et qu'est-ce qui vous permet de dire que je n'aurais pas pris soin d'écouter ce que ces personnes disent d'elles-mêmes ?

Aujourd'hui on obtient le sexe opposé de façon de plus en plus correcte (ablation ou développement de la poitrine et reconstructions des parties génitales qui les rendent fonctionnelles).
Prenez un peu de recul face à ces discours, et vous verrez qu'ils sont profondément mensongers (même si les personnes peuvent les tenir de bonne foi).
On n'obtient pas le sexe opposé, mais les principaux caractères sexuels du sexe opposé. Les parties génitales ainsi construites sont envisagées uniquement sous l'angle le plus mécanique de la sexualité, et n'ont aucun rôle procréatif. En vérité, ces transformations ne sont considérées comme fonctionnelles que parce que l'on a totalement dissocié sexualité et procréation, ce qui est une aberration. Elles ne sont considérées comme "correctes" que parce que l'on réduit le sexe aux caractères sexuels.

Je constate d'ailleurs que ce terme tend actuellement à disparaître, alors qu'on ne parle plus que de cela. C'est tout à fait significatif : si autrefois on l'utilisait, c'est bien parce qu'on était conscient qu'il est erroné de confondre le signe (le caractère sexuel) et le signifié (le sexe). Il est pour moi très étonnant qu'une doctrine qui prétend trouver ses fondations dans le structuralisme et la déconstruction fasse une erreur aussi grossière !

D'autre part, les transformations effectuées, même sous traitement hormonales, restent superficielles : le transexuel reste totalement dépendant de son traitement hormonal, le système endocrynien du corps restant le même.

Donc, que fait-on en réalité ? On crée un homme qui aura l'allure extérieure d'une femme, ou une femme qui aura l'allure d'un homme. Mais seul l'apparence est modifiée (de plus en plus profondément, certes), pas la réalité de la personne.



Mais il est absurde de demander une égalité vis-à-vis de la possibilité d'avoir un enfant (et c'est là qu'est toute la question du mariage "pour tous"). C'est nier la réalité. Pour faire un enfant, il faut un homme et une femme (et il faut que les deux soient féconds).
Mais le MPT est là pour garantir les mêmes droits à tous les couples. Certains conjoints homosexuels sont écartés de toute décision lorsqu'il arrive quelque chose à leur moitié, ils peuvent aussi perdre leur logement et leur patrimoine commun, et j'en passe... Les questions liées aux enfants sont traitées séparément de cette loi.
Ne soyez pas naïf (naïve ?) ! La loi déjà votée n'est que la première étape. Les lobbies LGBT militent actuellement, et depuis longtemps, pour les questions de filiation.

Par ailleurs vous parlez de fécondité, mais beaucoup de couples hétéros stériles ont recours à la PMA. Trouvez-vous que cette pratique devrait être supprimée ?
Oui (je suis conscient que ma réponse est brutale, mais la question est directe).

La PMA est une énorme erreur anthropologique. Elle consiste à instaurer le "droit à avoir un enfant", et donc à faire de l'enfant l'objet d'un droit, et non un sujet de droit. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si dans le même temps on cherche à étendre les possibilités d'avortement : là encore, l'enfant n'est pas un sujet de droit (il n'a pas droit à la vie), mais un objet de droit : la mère décide si son enfant a le droit de vivre ou non.
Cette pratique réduit aussi considérablement la notion de fécondité, comme si le seul moyen d'avoir une vie féconde était d'avoir des enfants portant son propre code génétique. Alors qu'il y a tant d'autres manières d'avoir une vie féconde...


Je précise que j'ai des amis proches qui ont fait des tentatives de PMA, que j'ai été à leur côté pendant toutes les années de leur "combat" pour avoir des enfants, et que si je ne l'ai pas vécu personnellement, ce n'est pas non plus pour moi quelque chose d'abstrait. J'étais même initialement plutôt favorable à la PMA, et c'est notamment à travers leur expérience que j'ai mieux compris ce que c'était, ce qui m'a amené à ma position actuelle.



Aujourd'hui, on voit se répandre un peu partout l'idée fausse que parce qu'on est homo, on n'a pas d'autre choix que de coucher avec quelqu'un du même sexe que soit. C'est faux. On n'a pas le choix d'être attiré, mais on a le choix de faire ou de ne pas faire. Il n'y a aucune obligation à coucher avec qui que ce soit !
Mais pourquoi quelqu'un.e dont l'orientation sexuelle est homosexuelle devrait se retenir de vivre des histoires d'amour et de couple ?
Où ai-je écrit que les homosexuels n'auraient pas le droit à vivre des histoires d'amour et de couple ?

Avec ce genre d'idées reçues, on réduit l'amour à la sexualité. C'est grave. Comme si on ne pouvait pas vivre un amour sincère, profond et même total autrement que par le sexe...

De manière un peu plus large, je note que vous dites "des histoires", au pluriel. Nous avons là une conception radicalement différente de la vie. Pour moi, il ne s'agit pas de cumuler des histoires qui se succéderaient les unes aux autres. C'est là une conception très immature de l'amour. Il s'agit de vivre une histoire d'amour. Celle qui dure toute la vie, qui la construit, la nourrit. Et je suis bien conscient que ceci n'a aucun sens si l'on réduit l'amour à la sexualité. Quelle vision étriquée de l'amour...


Vous noterez que j'ai soigneusement éviter d'aborder la question des problèmes de transmission de patrimoine : c'est là un problème purement matériel, qui n'a rien à voir avec une approche anthropologique de l'être humain, et encore moins avec une perspective religieuse. Je pense que c'est un problème purement civil, qui peut se résoudre par des moyens civils. Je ne vois aucun inconvénient à ce que le PACS soit étendu, ni même à ce que hors de tout contrat d'union civil, quiconque puisse donner mandat à qui il veut pour lui donner des droits dans les décisions médicales, la transmission de patrimoine, et toutes ces questions purement civiles. Le code civil actuel est particulièrement rigide, et je pense qu'il y a bien des situations de communauté de vie où il serait souhaitable qu'il y ait plus de souplesse. Sans parler du fait que nombre de "détails" ne sont même pas d'ordre civil, mais fiscal !



Tout à fait ! C'est terrible mais les jouets genrés augmentent d'année en année  : pendant mon enfance j'avais des playmobils neutres (la ferme, le zoo, la maison, etc), aujourd'hui il faut choisir entre des boîtes roses (avec la maison, la princesse, le chaton, les fées) et des boîtes noires (les pirates, les fantômes, les vaisseaux spatiaux) le tout tiré à la caricature (les pirates-zombies ont des expressions cruelles, les fées ont de grand yeux et des joues roses... Tout ça bride l'imagination).
N'ayant pas d'enfants, je reconnais volontiers n'avoir pas prêté grande attention à cette évolution du marché. Je suis tout prêt à vous croire, et c'est terrible.
Mais qu'on n'aille pas dire que ce serait là le résultat d'une influence réactionnaire des catholiques...

Par contre, je constate effectivement que les jeux brident de plus en plus l'imagination. Quand j'étais gamin, les boîtes de Légo étaient des sachets de briques permettant de faire des tas de choses, selon son imaginaire. Les instructions proposaient plusieurs modèles, et en pratique on les construisait une fois, puis on faisait totalement autre chose, généralement inspiré par ce qu'on voyait à la télé. Aujourd'hui, les boîtes proposent des modèles directement issus de ce qu'on voit à la télé (Star Wars, Pirates de Caraïbes...), les composants de base limitent énormément ce qu'on peut faire d'autre, et les gamins restent largement enfermés dans ce monde imaginaire tout fait dans lequel on les confine.
J'ai cru comprendre que cela se retrouve dans leur capacité d'expression à l'école, où l'on constate de moins en moins de capacité d'imagination (ça se voit bien dans les rédactions) et de plus en plus de reproduction de stéréotypes.


C'est terrible, parce que l'imagination est essentielle à la créativité, et donc à l'innovation.
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Silica
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Re: L'idéologie totalitaire du Gender à l'oeuvre

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Bonsoir Peccator,
Peccator a écrit : Ce n'est pas un hasard si les personnes intersexuées se sont battues pour avoir droit à leur propre initiale dans le sigle "LGBTI" : il est fallacieux de les assimiler aux transgenres.
Tout à fait, mais ils peuvent aussi en venir à changer de sexe (faire une sorte de « coming out ») plus tard si le sexe qu'on leur a assigné juste après la naissance ne leur correspond pas. En cela je pense qu'ils peuvent parfois se définir comme transgenre.
Peccator a écrit :Les personnes concernées souffrent, et cherchent un apaisement de leurs souffrances. C'est normal et légitime. Mais dans cette recherche, elles sont aussi sous l'influence de ce qu'on leur propose.[…]
Ces personnes sont suivies par des psychiatres tout au long de leur transformation, et même avant que celle-ci se mette en route (puisque ce sont ces professionnels qui vont décider si la transformation doit ou non avoir lieu).
Peccator a écrit :PS : et qu'est-ce qui vous permet de dire que je n'aurais pas pris soin d'écouter ce que ces personnes disent d'elles-mêmes ?
Je parlais aussi bien pour vous que pour moi même, en général donc :) Je n'ai personnellement pas de trans dans mon entourage direct, je pense donc que mes grandes lacunes me font parfois dire des bêtises. N'y voyez pas de marque d'agressivité de ma part.
Peccator a écrit :Donc, que fait-on en réalité ? On crée un homme qui aura l'allure extérieure d'une femme, ou une femme qui aura l'allure d'un homme. Mais seule l'apparence est modifiée (de plus en plus profondément, certes), pas la réalité de la personne.
En effet, seule l'apparence est modifiée : une personne qui se sent femme est de genre féminin, malgré son sexe biologique mâle. Une personne qui se sent homme est de genre masculin malgré son sexe biologique femelle. La réalité de la personne ne change pas, mais on peut changer le corps pour qu'il y corresponde ; c'est ce qui se passe pour les personnes transgenre.
Peccator a écrit :
Par ailleurs vous parlez de fécondité, mais beaucoup de couples hétéros stériles ont recours à la PMA. Trouvez-vous que cette pratique devrait être supprimée ?
Oui (je suis conscient que ma réponse est brutale, mais la question est directe).
Je salue donc la cohérence de votre propos ! :oui:
Peccator a écrit :Où ai-je écrit que les homosexuels n'auraient pas le droit à vivre des histoires d'amour et de couple ?
Avec ce genre d'idées reçues, on réduit l'amour à la sexualité. C'est grave. Comme si on ne pouvait pas vivre un amour sincère, profond et même total autrement que par le sexe...
Je suis entièrement d'accord, et d'ailleurs certaines personnes sont asexuelles (non-désirantes) et ont pourtant des histoires d'amour magnifique (ce qui est mal accepté socialement en général).
Je vous remercie de qualifier d'immature et étriquée ma conception de l'amour, mais je dirais plutôt que c'est du pragmatisme : on peut se tromper, aimer une personne qui ne vous aimera pas et vous quittera en vous brisant le cœur, apprendre à aimer quelqu'un d'autre... L'amour est un long parcours dont le sexe peut faire partie mais n'est pas une condition sine qua non, je suis bien d'accord. De fait, j'ai vécu plusieurs histoires (et la plupart des gens aussi) et j'imagine que j'en vivrai d'autres, mais ce n'est pas parce que j'ai telle ou telle théorie sur l'amour. Parfois ça rate, parfois ça marche, et on est tour à tour triste ou heureux, rien qui se réduise au sexe dans mon propos je vous assure (et on peut désirer quelqu'un qu'on n'aime pas !).
Peccator a écrit :N'ayant pas d'enfants, je reconnais volontiers n'avoir pas prêté grande attention à cette évolution du marché. Je suis tout prêt à vous croire, et c'est terrible.
Mais qu'on n'aille pas dire que ce serait là le résultat d'une influence réactionnaire des catholiques...
Oh mais je s'insinuait nullement cela ! Je voulais juste faire remarquer qu'on va mine de rien déjà beaucoup dans le sens que certains catholiques professent : le champ des filles et des garçons bien séparés parce que les filles c'est comme ça, ça aime ça, et de même pour les garçon. On est donc loin de la main mise sur la société française des personnes qui défendent les études de genre.

Cela se couple avec le consumérisme : on segmente de plus en plus (« pour fille » « pour trentenaire » « pour les couples », …) pour que chaque produit semble nous dire « je suis pensé spécialement pour vous » et qu'on l'achète dans cette illusion. Et puis en effet, le merchandising fait des ravages.
Ma mère est enseignante et au moment des listes de Noël les enfants lui citent des marques en anglais (« pet shop » « playdoh » « hot wheels » etc.) et non des types de jeux. C'est triste.

Bonne soirée à tous
Peccator
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Re: L'idéologie totalitaire du Gender à l'oeuvre

Message non lu par Peccator »

Bonsoir Silica,
Silica a écrit :Tout à fait, mais ils peuvent aussi en venir à changer de sexe (faire une sorte de « coming out ») plus tard si le sexe qu'on leur a assigné juste après la naissance ne leur correspond pas. En cela je pense qu'ils peuvent parfois se définir comme transgenre.
Effectivement, j'avais négligé cette possibilité. Mais je persiste à penser que la situation est différente.


Je pense que les personnes intersexuées sont celles qui vous nous aider à nous sortir de tout ça : elles nous montrent qu'on ne peut pas réduire le sexe aux caractères sexuels, ni même aux chromosomes (à cause des personnes "mosaïques"), que c'est quelque chose de plus global.
Mais je persiste à penser que le concept de genre est un leurre qui nous mène sur une fausse piste, et que les promesses des théoriciens conduisent ceux qui les écoutent sur une voie mensongère (et ce même si les théoriciens en question sont de bonne foi).
Je le pense, car le concept de genre est un "renversement" du concept "naïf" de sexe : autant le sexe ne regarde que le corps et pas la psyché, autant le genre ne regarde que la psyché, et pas le corps.
Ce dont nous avons besoin, c'est d'unifier corps et psyché, pas de les opposer.
Peccator a écrit :PS : et qu'est-ce qui vous permet de dire que je n'aurais pas pris soin d'écouter ce que ces personnes disent d'elles-mêmes ?
Je parlais aussi bien pour vous que pour moi même, en général donc :) Je n'ai personnellement pas de trans dans mon entourage direct, je pense donc que mes grandes lacunes me font parfois dire des bêtises. N'y voyez pas de marque d'agressivité de ma part.
Je ne connais personnellement aucun transgenre non plus, je me fie donc à ce que je peux lire. Ma vision de la chose est très probablement incomplète.
Mais que je lis, j'essaie aussi de voir un peu plus loin, et je n'oublie pas qu'avant d'être hétéro, homo, cis, trans, inter... nous sommes des êtres humains, dotés d'une chair, d'une âme et d'un esprit, avec tout ce que cela implique. Bien plus que des différences, nous avons tous énormément en commun. C'est cette humanité que nous partageons tous qui me préoccupe le plus.

Peccator a écrit :Donc, que fait-on en réalité ? On crée un homme qui aura l'allure extérieure d'une femme, ou une femme qui aura l'allure d'un homme. Mais seule l'apparence est modifiée (de plus en plus profondément, certes), pas la réalité de la personne.
En effet, seule l'apparence est modifiée : une personne qui se sent femme est de genre féminin, malgré son sexe biologique mâle. Une personne qui se sent homme est de genre masculin malgré son sexe biologique femelle. La réalité de la personne ne change pas, mais on peut changer le corps pour qu'il y corresponde ; c'est ce qui se passe pour les personnes transgenre.
Vous m'aurez mal compris : on ne change pas le corps, on change l'aspect extérieur du corps. Je ne réduis pas la masculinité au fait d'avoir des chromosomes X/Y, mais cela en fait quand même partie. Que je sache, on ne dispose pas de thérapie génique qui retire les chromosomes Y et les remplacent par un chromosome X.

Je maintiens que ces thérapies modificatrices sont mensongères, car le sexe ne peut pas être réduit aux caractères sexuels, alors que c'est la seule chose qui est modifiée. Aucune personne transexuelle devenue "femme" n'est en mesure de porter un enfant. Aucune personne transexuelle devenue "homme" n'est en mesure de féconder une femme. Et la situation à laquelle on aboutit ne peut pas être assimilée à celle de personnes stériles. On ne transforme pas ces personnes en homme ou en femme, mais en chimère ayant plus ou moins les caractéristiques de tel ou tel sexe.

Je vous remercie de qualifier d'immature et étriquée ma conception de l'amour, mais je dirais plutôt que c'est du pragmatisme : on peut se tromper, aimer une personne qui ne vous aimera pas et vous quittera en vous brisant le cœur, apprendre à aimer quelqu'un d'autre... L'amour est un long parcours dont le sexe peut faire partie mais n'est pas une condition sine qua non, je suis bien d'accord. De fait, j'ai vécu plusieurs histoires (et la plupart des gens aussi) et j'imagine que j'en vivrai d'autres, mais ce n'est pas parce que j'ai telle ou telle théorie sur l'amour. Parfois ça rate, parfois ça marche, et on est tour à tour triste ou heureux, rien qui se réduise au sexe dans mon propos je vous assure (et on peut désirer quelqu'un qu'on n'aime pas !).
Je vous présente mes excuses pour avoir utilisé une expression qui vous aura blessé.
Mais je maintiens que cette vision de l'amour est encore trop limitée : l'amour, c'est tellement plus que cela ! C'est tellement plus grand, et tellement plus beau encore !

Il est évident que, quand j'écris cela, j'écris en chrétien. L'amour, pour moi, c'est avant tour l'amour de Dieu. Quand on découvre cela, on regarde les "histoires d'amour" avec une tout autre perspective. Pour commencer, parce qu'on comprend enfin que l'amour n'est pas un sentiment.

Peccator a écrit :N'ayant pas d'enfants, je reconnais volontiers n'avoir pas prêté grande attention à cette évolution du marché. Je suis tout prêt à vous croire, et c'est terrible.
Mais qu'on n'aille pas dire que ce serait là le résultat d'une influence réactionnaire des catholiques...
Oh mais je s'insinuait nullement cela ! Je voulais juste faire remarquer qu'on va mine de rien déjà beaucoup dans le sens que certains catholiques professent 
Merci d'avoir pris soin de préciser certains catholiques. Je pense même que vous pouvez ôter catholiques, car ce n'est pas réservé aux chrétiens, et que c'est loin d'être la position de tous les catholiques, et je ne pense pas que ce soit la position du Magistère.

Le fait que l'on constate qu'il y a deux sexes différents, chacun avec des particularités propres, ne signifie pas du tout que certains jeux ne seraient que pour les garçons, et d'autres que pour les filles. Ni qu'il en serait de même pour des professions, pour les activités domestiques, ou que sais-je encore.
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