Théodore a écrit :Deux remarques :
- Concernant le rapport entre l'Église et les femmes, le sujet est en partie traité (à charge) par Uta Ranke-Heinemann dans son ouvrage Des Eunuques pour le Royaume des Cieux, que je conseille

Interdite d'enseignement, se déclarant comme excommuniée. Belle référence.
Deuxièmement, on a rapidement évoqué le rétablissement du diaconat féminin, aboli au VIIIe siècle. Qu'en pensez-vous ?
Il me semble, d'une perspective protestante, que ce serait une initiative d'un grand intérêt pour l’œcuménisme, notamment pour l'accueil dans l'Église d'ex-pasteurs femmes.
C'est une excellente idée! Je propose, dans le même ordre d'esprit, que nous :
-abandonnions l'idée de transsubstantiation
-gardions uniquement le baptême et la communion
-supprimions le rôle du Saint-Père
-supprimions toute référence au Magistère et à la Tradition
-abandonnions le culte des saints
-...
Ce ne sont en effet là que quelques détails minimes qui ne pèsent pas bien lourd face à l’œcuménisme, pardon, à l'Oecuménisme (il faut la majuscule), nouvel alpha et oméga de l'Eglise.
Afin de nous rapprocher davantage de nos frères protestants, qui sait, peut-être une cérémonie de repentance collective, pour la Saint-Barthélémy et Compagnie, ainsi que la levée d'excommunication de Luther, suivie de sa canonisation, seraient bien vues?
Ah, mais on me souffle dans l'oreillette que l'on doit aussi se rapprocher de nos frères musulmans. Ah, zut, compliqué, comment contenter en même temps les deux? En effet, les protestants reconnaissent le Christ comme le Fils de Dieu, mais pas les musulmans. Aïe...
Flûte, je reçois un deuxième message, qui me dit qu'en me focalisant sur les protestants et les musulmans, je fais une abominable discrimination envers les non-abrahamiques, et qu'il faut également dialoguer (mais pas convertir, hein! Surtout pas!) avec nos frères hindous. Bon, là cela risque d'être compliqué. A la rigueur ou arrivera à faire de notre Seigneur Jésus Christ un dieu parmi le panthéon hindouiste, mais proclamer qu'il est le seul, cela sera difficile à avaler.
Bon, restons sérieux cinq minutes. Même Vatican II (certes sans l'affirmer haut et fort) reconnaît (c'est le minimum syndical, mais au moins il y a cela) qu'on n'est pas obligé de brader notre religion, même pour dialoguer avec nos frères ceci et nos aînés cela.
Sur le fond, ce serait bien sûr scandaleux d'avoir des femmes diacres. On a déjà des femmes laïques faisant les lectures à la messe et distribuant la communion, c'est déjà beaucoup trop, alors des diaconesses...
Oui, je sais, on me citera Saint-Paul, que pour une fois nos aimables progressistes sortiront du placard où ils l'avaient soigneusement rangé : "Je vous recommande Phébée, notre soeur, diaconesse de l'Eglise de Cenchrées" (Ro, XVI, 1). Sauf que :
-je doute fortement que le rôle du diacre ait été pleinement clarifié et défini à l'époque
-Si l'on se réfère à Ac 6, 6 : "Cherchez, frères, sept hommes" pour parler de l'institution de diacres.
-Dans Ti III, 8 : "Les diacres, eux aussi, seront des hommes dignes"