Avortement ou abstinence

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Re: Apologie de la pédophilie?

Message non lu par Peccator »

marie du hellfest a écrit :Parce que les seuls qui ont le moindre intérêt à pratiquer l'abstinence sont les croyants, parce que c'est Dieu qui a dit qu'il fallait faire comme ça.
Les premiers à avoir intérêt à l'abstinence, ce sont précisément les ados. Pas pour des raisons religieuses, mais parfaitement naturelles, logiques, rationnelles, matérielles, tout ce que vous voudrez.

Ils y ont intérêt, car ne pas respecter l'abstinence, c'est prendre le risque d'une grossesse. Et alors, 2 solutions : avoir le bébé (et se retrouver avec un gamin quand on est ado, c'est quand même pas idéal) ou avorter (et un avortement, ce n'est jamais un acte facile, qu'on peut faire comme on irait chez le coiffeur).

Il ne s'agit pas là d'abstinence jusqu'au mariage, mais seulement jusqu'à être en situation de pouvoir assumer les conséquences de ses actes.


Bien sûr, il est plus facile de démissionner et de croire qu'il est impossible d'apprendre à des ados à être responsable. Ca augure bien de leur comportement social ultérieur...


Des gens qui sont restés abstinents tant qu'ils étaient ados, j'en connais plein. Pas beaucoup de cathos dans le lot, vu qu'à l'époque, les cathos, je n'en fréquentais pas des masses... Faut arrêter de dire que ce n'est pas possible...

Ou alors, si les hormones travaillent tellement les ados qu'ils ne peuvent pas se retenir, il faut aussi pardonner aux violeurs, parce que donc, c'est pas leur faute, c'est les hormones.



Mac : je ne comprend pas de quoi vous parlez avec cette histoire de tuer des enfants.
Si c'est de l'avortement, il n'est pas question de tuer des enfants, mais des embryons. Qui sont des êtres humains, je suis bien d'accord (et donc, c'est bien un meurtre), mais qui ne sont pas plus des enfants qu'un enfant n'est un adulte.
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Re: Apologie de la pédophilie?

Message non lu par James »

Tout d'abord, je note que c'est loin d'être la foire aux compliments entre vous ce soir... ;)

Ensuite, il y aurait beaucoup à dire sur votre discussion mais je vais me restreindre à un seul point.
Je soutiens mon frère Mac pour la bonne et simple raison que la manière dont vous raisonnez sur la jeunesse, Silica et Marie, amène justement aux conséquences que vous déplorez. En l'occurrence, nous ne sommes pas des machines à assouvir nos envies. Dans tous les domaines, il nous faut nous restreindre volontairement pour des raisons aussi bien physiques que psychologiques (et spirituelles pour les religieux) : le sexe ne fait pas exception.

Un discours sur l'abstinence (pas forcément religieux) ne ferait surement pas de mal à notre jeunesse.
Nous sommes dans une société, qui ne parle que de sexe en permanence et avec bien peu de possibilités pour des jeunes qui voudraient pratiquer de finalement concrétiser. Pour être très souvent en contact avec des jeunes, je peux vous garantir que les occasions de "serrer" comme ils disent ne sont vraiment pas très fréquentes... Et on se moque des "puceaux", on cherche à sexualiser les jeunes de plus en plus tôt, on veut à tout prix briser tous les tabous,... Quels effets croyez-vous que cela aura sur les jeunes tout cela?
Il serait naïf de croire que vous allez créer des générations d'individus responsables et conscients de tout risque.
Ils ne sont pas plus intelligents et responsables que les adultes, vous savez. C'est même généralement l'inverse!
Si vous les mettez en contact avec le sexe bien plus qu'ils ne le sont maintenant, ça ne peut créer statistiquement que d'avantage d'envies qui se concrétiseront dans d'avantage de passages à l'acte et donc plus de MSTs et d'avortements. Souvenez-vous que les contraceptifs ne sont pas à 100% fiables... Gardez à l'esprit aussi que briser les tabous et parler de contraception, ça ne fait pas disparaitre les soirées, l'alcool, les drogues et l’insouciance de la jeunesse...
Et en dernière analyse, à quoi bon parler aux jeunes encore et toujours de sexe alors qu'au final, vous le savez comme moi, ils se retrouveront dans 99% des cas devant des films pornographiques? Vous trouvez peut être la pornographie formidable mais vous n'êtes pas sans ignorer qu'elle génère plus de frustrations qu'elle n'assouvit d'envies (et je ne parle pas de l'image des relations sexuelles ET DE LA FEMME qu'elle véhicule)?

J'espère que la prise en compte de tous ces facteurs pourra vous faire reconsidérer l'abstinence sous un œil moins "ringard"...

Au fait, je voudrais bien savoir ce qu'il y a de religieux dans le fait de dire qu'avorter c'est assassiner une personne...?
C'est un argument utilisé par les religieux mais cela n'a rien de religieux en soi.
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Re: Apologie de la pédophilie?

Message non lu par Mac »

Peccator a écrit :Mac : je ne comprend pas de quoi vous parlez avec cette histoire de tuer des enfants.
Si c'est de l'avortement, il n'est pas question de tuer des enfants, mais des embryons. Qui sont des êtres humains, je suis bien d'accord (et donc, c'est bien un meurtre), mais qui ne sont pas plus des enfants qu'un enfant n'est un adulte.
Sur ces images ce sont des enfants que je vois et vous? :
http://laissezlesvivre.free.fr/sosfm/avortement.htm

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Re: Apologie de la pédophilie?

Message non lu par Peccator »

Mac a écrit :
Peccator a écrit :Mac : je ne comprend pas de quoi vous parlez avec cette histoire de tuer des enfants.
Si c'est de l'avortement, il n'est pas question de tuer des enfants, mais des embryons. Qui sont des êtres humains, je suis bien d'accord (et donc, c'est bien un meurtre), mais qui ne sont pas plus des enfants qu'un enfant n'est un adulte.
Sur ces images ce sont des enfants que je vois et vous? :
http://laissezlesvivre.free.fr/sosfm/avortement.htm

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Je vois des foetus.

La methode de Karman, appelée discrètement "chirurgicale" dans la doc publique pour l'avortement, se pratique jusqu'à 12 semaines. A ce stade, cela fait presque un mois déjà que l'embryon est devenu foetus. Il n'est pas encore viable, mais c'est bien un foetus.
C'est effectivement ignoble, et dans la présentation des différentes méthodes d'avortement, je doute fort que le planning familial entre dans les détails.

Le curetage n'est plus pratiqué en France : il laisse trop de séquelles. On imagine bien que l'utérus morphle quand même bien au passage...
Sur le site de votre lien, je me demande bien comment ils ont pu prendre une photo correspondant au commentaire mis en regard... Ils ont des appareils photo qui voient dans l'utérus ?
J'ai cherché des infos sur le développement neurologique, il semble que le foetus ne puisse ressentir la douleur qu'à partir de 24 semaines. A 12 semaines, le développement distinct de la moelle épinière et du cerveau a commencé, mais il est loin d'avoir les structures cérébrales permettant la sensibilité a la douleur.

Ce qui ne change rien au fait que c'est ignoble, tout ça...


Après, les méthodes indiquées comme illégales, mais pourtant pratiquées en France, il faudrait apporter un minimum de preuves...


Je suppose que la prostaglandine correspond à ce que le planning familial appelle "méthode médicamenteuse", qui n'est autorisée que jusqu'à la 7e semaine, donc quand c'est encore un embryon. Enfin, à 7 semaines, l'embryon est déjà une sacrée crevette.


J'ai bien sur été choqué par la méthode dite "de la naissance partielle". On ne la trouve guère mentionnée que sur des sites opposés à l'avortement, et pour cause puisque cette méthode ne semble pas exister. Si j'ai bien compris, c'est une "proposition" de farfelus soit-disant philosophes américains, qui considèrent qu'on n'est une personne qu'à partir de la naissance, et soutiennent donc que si on tue ainsi le foetus avant qu'il ne soit complètement né, ce n'est pas un infanticide, mais encore un avortement.
C'est totalement ignoble, et me laisse penser que ces types ont du etre décérébré à la naissance par la méthode meme qu'ils proposent. Mais ce n'est pas une méthode médicale, ce n'est encore qu'un fantasme de mort de ces tarés.


Bref, cette page ne me semble présenter des infos largement tendacieuses, et avoir un rapport très discutable à la vérité. Je ne crois pas qu'on puisse protéger la vérité par le mensonge.


En conclusion : sur cette page, les procédures décrites (enfin, celles qui ne sont pas fantaisistes) concernent des embryons et des foetus, pas des enfants.
L'embryon et le foetus étant des stades de développement de l'etre humain, c'est bien de la mise à mort d'etres humains qu'il s'agit.



PS : j'ai été regarder comment le planning familial présente les choses. Euphémismes et gros silences. Ils disent que a mère doit etre informée des méthodes possibles : mais ils se gardent bien de décrire concrètement en quoi consistent ces méthodes. C'est ce qui s'appelle mentir par ommission.
Et je suis choqué par le slogan affiché dans le bandeau du site : "Liberté Egalité Sexualité". Ces gens là montrent que pour eux, les valeurs fondamentales de la République n'ont aucun sens si ce n'est qu'une jolie formule marketing.
Je ne m'étendrai pas sur l'interprétation qu'on pourrait donner au fait de remplacer "Fraternité" par "Sexualité", d'ailleurs...
Dernière modification par Peccator le mer. 02 avr. 2014, 10:46, modifié 1 fois.
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Re: Apologie de la pédophilie?

Message non lu par Mac »

Peccator a écrit :Je vois des foetus.
Ben oui autrement dit des enfants.

Étymologie et prononciation

Le mot fœtus vient du latin fetus signifiant « enfantement, portée de petits ». L’orthographe foetus puis fœtus est secondaire en latin et due à une hypercorrection, restituant une diphtongue non étymologique — fetus est en rapport avec fecundus « fécond », donc d’une racine en e. Pourtant, certaines langues, dont le français, ont privilégié l’orthographe fautive.

En français, fœtus se prononce donc [fe.'tys], mais la prononciation [fø.'tys] se rencontre parfois, comme d'autres mots avec le graphème œ1.
http://fr.wikipedia.org/wiki/F%C5%93tus

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Re: Apologie de la pédophilie?

Message non lu par Peccator »

Mac, vous etes de mauvaise foi. Il donne quoi, comme définition, votre Larousse, celui que vous utilisez si bien quand ça vous arrange en théologie ?

Vous dites souvent "à table, les foetus !", vous ? Moi jamais. Et je n'ai encore jamais croisé d'enfant se promenant avec son cordon ombilical à la main...
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Re: Apologie de la pédophilie?

Message non lu par Mac »

Peccator a écrit :Mac, vous etes de mauvaise foi. Il donne quoi, comme définition, votre Larousse, celui que vous utilisez si bien quand ça vous arrange en théologie ?Vous dites souvent "à table, les foetus !", vous ? Moi jamais. Et je n'ai encore jamais croisé d'enfant se promenant avec son cordon ombilical à la main...
C'est vous qui êtes de mauvaise foi.
Je vous donne l’étymologie du mot foetus. C'est quoi le problème, cette étymologie est fausse???
Vous dites souvent "à table, les foetus !", vous ? Moi jamais. Et je n'ai encore jamais croisé d'enfant se promenant avec son cordon ombilical à la main...
Euh! Les parents parlent à leur enfant quand ils sont dans le ventre de la mère.

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Re: Apologie de la pédophilie?

Message non lu par Peccator »

Mac a écrit :
Peccator a écrit :Mac, vous etes de mauvaise foi. Il donne quoi, comme définition, votre Larousse, celui que vous utilisez si bien quand ça vous arrange en théologie ?Vous dites souvent "à table, les foetus !", vous ? Moi jamais. Et je n'ai encore jamais croisé d'enfant se promenant avec son cordon ombilical à la main...
C'est vous qui êtes de mauvaise foi.
Je vous donne l’étymologie du mot foetus. C'est quoi le problème, cette étymologie est fausse???

Fraternellement. :coeur:
Le problème, c'est que l'étymologie c'est l'origine du mot, pas sa définition...


Sur le site du Larousse, je lis :
Foetus : etre humain du 2e mois de grossesse à la naissance.
Enfant : etre humain de la naissance à l'adolescence.

Ca me semble clair, et j'ai pris soin de consulter un dictionnaire que vous-meme considérez comme une référence fiable.

Tenez, à 9 semaines, ça ressemble à ça.la photo devrait vous etre familière : je l'ai trouvée sur le site du Larousse :
Image

C'est beau, mais je n'appelle pas ça un enfant.


Et je ne vois vraiment pas où est le problème un etre humain, c'est un etre humain. Soit on part du principe qu'un etre humain a des droits intrinsèques, par le seul fait d'etre en vie, et ce à tous les stades de son développement, soit on considère que seuls certains etres humains ont des droits (position des gens favorables à l'avortement), et alors je ne vois pas pourquoi on ne propose pas de rétablir le droit romain, dans lequel le paterfamilias a droit de vie et de mort sur tous les gens de sa maison. Ca simplifierai bien les choses. Et tant qu'on y est, on peut aussi rétablir l'esclavage.

Mais encore une fois, on ne défend pas la vérité par le mensonge.
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Re: Apologie de la pédophilie?

Message non lu par Mac »

Peccator a écrit :Mais encore une fois, on ne défend pas la vérité par le mensonge.
Quel mensonge???
Sur le site du Larousse, je lis :
Foetus : etre humain du 2e mois de grossesse à la naissance.
Enfant : etre humain de la naissance à l'adolescence.
Mais bien sûr que c'est un être humain!!!
Mais c'est quoi cet être humain si ce n'est un petit enfant. Et étymologique cela est confirmé. Si étymologiquement foetus signifie « enfantement, portée de petits » c'est certainement pas parce que c'est un chou!! Où voyez vous des mensonges???

Fin de post parce que votre semblant de précision n'apporte rien à la question.

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Re: Apologie de la pédophilie?

Message non lu par astre »

Peccator a écrit :Vous dites souvent "à table, les foetus !", vous ? Moi jamais. Et je n'ai encore jamais croisé d'enfant se promenant avec son cordon ombilical à la main...
lol :mdr: :supertop: :mdr: lol
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Re: Apologie de la pédophilie?

Message non lu par astre »

Bonjour Mac,

Le foetus est le produit de la conception, à partir de la sixième ou huitième semaine de grossesse.

Avant cette période, c'est un embryon.

A la naissance, et seulement à la naissance, c'est un enfant...

Astre
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Re: Apologie de la pédophilie?

Message non lu par marie du hellfest »

Bon, puisque tout le monde a joyeusement continué dans le hors-sujet, je vais me permettre quelques explications à propos de mon message qui a l'air d'avoir choqué, même si ce n'était pas vraiment son but.

Oui Peccator, les ados ont tout intérêt à pratiquer l'abstinence au début. C'est moi qui ait mal choisi le terme et donc nécessairement, ça n'aide pas à la discussion.
Je voulais donc dire : qui, ado, prendrait l'abstinence au sérieux et non comme un truc ringard et irréaliste ? Et donc la seule chose qui m'est venue à l'esprit, c'était les croyants.

Il semble que ça ait soulevé pas mal de contradictions, alors je précise : cette avis est basé sur mon expérience personnelle. Jamais, de ma vie, je n'ai entendu des gens pas religieux (et encore, pas "ceux du dimanche", j'aurais tendance à dire) ne serait-ce qu'aborder le thème de l'abstinence, et encore moins défendre l'idée. D'où mon "amalgame" qui était bien involontaire. Vous me dites donc que ça existe aussi chez les non-croyants, je ne connaissais pas mais j'en prends bonne note.

Maintenant, opposer une débauche systématique à l'abstinence me paraît largement exagéré. Ce sont là les deux extrêmes de l'échelle du sexe, si je puis dire.

J'ai grandi dans un collège puis un lycée de campagne, je n'ai jamais entendu parler d'abstinence dans mon milieu et pourtant tous les élèves, loin de là, n'étaient pas des dépravés. Je suis prête à parier que si un intervenant serait venu leur vanter l'abstinence, sa proposition aurait été reçue à grand coup de ricanements moqueurs. Peut-être que je me fais des idées. Moi-même j'ai embrassé un garçon pour la première fois de ma vie à la fac, c'est pour dire ... donc dire que ce genre de discours déresponsabilise les jeunes, c'est aller un peu vite en besogne.

Et donc, comme il y a des ados qui ne sont absolument pas intéressés par du sexe à tout va et par les comportements irresponsables, faut bien se rendre compte que certains, l'abstinence, ils n'en auront rien à secouer.
C'est là que la position qui prône uniquement l'abstinence me paraît irréaliste. C'est ce qui était de rigueur quand la morale était plus stricte et ça n'a jamais empêché certains ados ou jeunes adultes de prendre le risque, ni les faiseuses d'anges d'avoir du taf.

Rien que dans ma famille, certains tantes ou cousines de ma mère ont eu des "accidents" avant d'être majeures (c'était avant mai 68), et je ne parle même pas de ma grand tante, toujours célibataire, qui dormait quand elle était jeune avec une photo du curé local (un coureur de jupons notoire) en médaillon sous l'oreiller ...

Silica et moi ne défendons pas la mesure "baisez tous, partouze, wouhou !!". Je reconnais volontiers qu'il ne faut pas attendre la fin de l'adolescence pour parler responsabilité et conséquences des actes, etc. Mais tenir uniquement ce discours en espérant que l'intégralité des ados y seront réceptifs (ce qui ne sera évidemment pas le cas, dans les faits), c'est aussi irresponsable que l'extrême inverse.

Pourquoi donc évacuer de manière automatique les contraceptifs ? Pourquoi ne pas tenir un discours du genre : les moyens contraceptifs sont pas efficaces à 100%, si vous voulez éviter d'avoir des problèmes on vous recommande l'abstinence, mais si vraiment c'est pas possible utilisez quand même des préservatifs (et les préservatifs ça se met dans ce sens, tant qu'on y est) ?
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Message non lu par Peccator »

marie du hellfest a écrit :Pourquoi donc évacuer de manière automatique les contraceptifs ? Pourquoi ne pas tenir un discours du genre : les moyens contraceptifs sont pas efficaces à 100%, si vous voulez éviter d'avoir des problèmes on vous recommande l'abstinence, mais si vraiment c'est pas possible utilisez quand même des préservatifs (et les préservatifs ça se met dans ce sens, tant qu'on y est) ?
Parce que ce discours met les choses dans le mauvais ordre. Relisez attentivement votre phrase, vous verrez.

Vous commencez par "les contraceptifs ne sont pas efficaces à 100%". Il y a là des sous-entendus très perceptibles :
- vous avez envie de sexe (et c'est bien, le sexe c'est cool)
- mais le sexe a un risque : la grossesse
- il est légitime de chercher à éviter ce risque
- le moyen le plus évident, ce sont les contraceptifs
- mais avec les contraceptifs, le risque n'est pas tout à fait réduit à zéro
- donc si vous voulez vraiment un risque zéro, il va falloir autre chose.

Déjà, comme les ados savent bien que de toute façon, "le risque zéro ça n'existe pas" (enfin, là, si, puisque justement c'est possible, mais la formule est tellement ancré dans les cervelles que d'emblée le message ne risque pas de passer), donc passer à la suite du discours, c'est seulement pour les paranos qui ont peur de leur ombre.

Passons à la suite :
l'abstinence est un moyen d'éviter d'avoir des problèmes. Autrement dit, elle n'a pas de vertu en tant que telle, rien en elle ne constitue un bien que l'on pourrait vouloir rechercher. Elle n'est qu'un moyen d'éviter un mal. Ce qui signifie qu'elle n'a pas de valeur intrinsèque, mais seulement relative au mal que l'on cherche à éviter, mais aussi au bien qu'elle nous empêche d'obtenir (le plaisir sexuel).
Je ne sais pas pour vous, mais personnellement, spontanément, mon apétance pour ce qui n'est qu'un moyen d'éviter un mal est considérablement moindre que celle qui me procure un bien.
Quand on ajoute que dans l'histoire intervient le rapport au plaisir, qui, c'est parfaitement connu, fausse l'analyse objective de l'intérêt personnel, on se retrouve donc à devoir choisir entre un truc dont on a vachement envie, qui entraîne un risque, mais qu'on peut quand même pas mal réduire, face à se priver de ce truc dont on a vachement envie, avec pour seul bénéfice éviter ce petit risque.
Y'a pas photo, la majorité des gens vont choisir le plaisir avec son petit risque. Et chez des ados, dans un contexte où on valorise le plaisir et une certaine prise de risque, ça va être vite vu...

Et du coup, il va vraiment falloir charger la dimension risque, en espérant que ça fasse un peu peur. Ayant une certaine expérience professionnelle sur ces questions, j'atteste que ce genre de stratégie par la peur a une efficacité très, très limitée. Et des "effets secondaires" pas trop sympas, en l'occurrence celui de présenter la grossesse comme un mal. Quand on vous martelle le crâne pendant toutes ces années où vous construisez une grande part de votre système de valeurs avec l'idée qu'avoir un gamin c'est mal, faut pas s'étonner après si les jeunes femmes sont pas hyper réjouies à l'idée de faire des enfants : on n'aura pas franchement enrichi leur perception de la grossesse de connotations très positives...



Il me semblerait quand même autrement plus intelligent d'éduquer les ados à ce qu'est l'amour, à ce que signifie avoir des relations humaines, avoir une ouverture à l'autre, à la place du sexe dans tout ça, à ce qu'on gagne avec l'abstinence, à l'éphémère des plaisirs du sexe par rapport à la vraie joie que donne une véritable relation d'amour, et puis effectivement, mentionner aussi les préservatifs, parce que le port ce la capote dans ce contexte n'est pas qu'un parapluie pour éviter les dangers de la grossesse et des MST, mais aussi une façon de prendre soin de l'autre. C'est pas idéal, on est loin de la conception chrétienne de l'amour et du sexe, mais c'est déjà autrement plus humaniste et positif que ne parler du sexe comme d'une source de dangers face à une recherche de plaisirs éphémères.

D'autant que très concrètement, les ados ont bien plus de problèmes avec la découverte qu'ils font des relations amoureuses (et tout ce qu'elles impliquent dans le rapport à soi, le rapport à l'autre, et le rapports aux autres, au groupe, à l'environnement social...) qu'avec le sexe lui-même (même si les hormones travaillent, c'est indéniable).

Et tant qu'on y est, on pourra aussi parler de porno, ça fera pas de mal.


Oh, et d'ailleurs, dans ce genre de programme, il faut savoir que les raisonnements gains / risque, évaluation de l'intérêt personnel, tout ça, en fait ça ne marche pas (ou très, très partiellement). Il faut utiliser d'autres ressorts psychologiques.
La façon de voir que j'ai présentée ci-dessus n'est donc pas un discours à servir aux ados (ça, ça ne marchera pas), mais la manière de considérer la question à partir de connotations positives, constructives et humanistes, au lieu de partir sur des connotations menaçantes, négatives et pessimistes.
La manière de construire le discours pour le présenter à des ados, c'est un autre sujet, et je ne pense pas que nous soyons ici dans un lieu où il serait très pertinent de creuser la question...



J'ai grandi dans un collège puis un lycée de campagne, je n'ai jamais entendu parler d'abstinence dans mon milieu et pourtant tous les élèves, loin de là, n'étaient pas des dépravés.
C'est bien dommage, parce que ce devrait quand même être la première chose dont on devrait parler. A moins de partir du principe que somme toute, il est bon que les ados aient des relations sexuelles, et qu'il faut tout faire pour qu'ils puissent en avoir...
Je suis prête à parier que si un intervenant serait venu leur vanter l'abstinence, sa proposition aurait été reçue à grand coup de ricanements moqueurs.
Quand j'étais ado, il suffisait d'aborder, ne serait-ce que de loin, la question du sexe, pour qu'il y ait des ricanements... Donc si on s'arrête là, on ne pourra pas davantage parler capote.
Mais peut-être que si on ne commence pas par parler d'abstinence, mais d'amour et de relations humaines, on arrivera à poser un autre cadre dans lequel amener ces ados à réfléchir, et surtout à se construire.

PS : je ne suis pas du tout opposé à ce qu'on parle contraception aux ados, au contraire. Mais il est absurde de présenter la contraception comme la réponse à tout, alors qu'elle n'est qu'un moyen de limiter les risques quand on a déjà accepté de prendre un chemin risqué. Et surtout, ce ne devrait pas être la première chose dont on parle, ni se dire qu'à partir du moment où on a fait comprendre que la capote c'est important et voilà comment ça s'utilise, on a assuré l'essentiel. Parce que l'essentiel, on est complètement passé à côté.
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Re: Apologie de la pédophilie?

Message non lu par Silica »

Bonjour à tou.te.s !

@Mac
Pour éclaircir les choses, Marie et moi n'avons pas exactement exprimé la même idée : elle parlait de l'abstinence en elle-même alors que j'étais plutôt sur l'avortement : pourquoi s'abstenir selon vous ? Pour éviter les avortements, qui seraient des meurtres. Or, même si cela ne recouvre pas toute la réalité de cette question, j'ai quand même l'impression qu'il y a un lien assez fort entre cette conception (avortement = assassinat) et le fait d'être religieux, croyant (ceux qui sont contre l'avortement sont aujourd'hui plus souvent des personnes religieuses que des incroyants, d'après ce que je constate). Mais pour la raison de ce lien ce serait plutôt à vous de me fournir les éléments, parce que je ne suis pas sûre de comprendre bien les choses. Cela a certainement à voir avec la sacralisation de la famille (« pourquoi refuser un enfant qui arrive ? ») mais aussi avec le concept d'âme (« un embryon a une âme donc le supprimer c'est un meurtre ») encore qu'il me semble que la question du moment d'insufflation de l'âme a fait beaucoup débat au fil des siècles. Bref, amis chrétiens, pouvez-vous m'éclairer sur ce point ?

Maintenant, on peut parler d'abstinence que lorsqu'il y a contenance d'une envie. Or, la plupart des jeunes ados (au collège) sont déjà tout rouges à la perspective de tenir la main de leur copain/copine, alors le sexe... Cela leur passe complètement au dessus, si j'ose dire. Dans mon collège, celleux qui étaient prêts à avoir une sexualité active et en avaient effectivement une étaient une petite minorité.
Au lycée les choses sont différentes, on est beaucoup plus proches du monde adulte. L'âge moyen du premier rapport est environ 17 ans, soit vers la fin du lycée. Là on peut commencer vraiment à parler de responsabilité, de conscience.
Pourtant, je trouve que parler de contraception, de MST, de consentement, de rapports amoureux dès le collège est très important, même pour ceux qui ne vont pas s'y intéresser concrètement tout de suite : on instruit les adultes de demain. C'est surtout à eux que ça va servir.
Contrairement à Marie, on m'a parlé d'abstinence (celle absolue en cas d'absence de moyens de protection) à l'école. Vu mon caractère, mes parents n'ont pas eu à en remettre une couche, mais pour des personnes que je connais ça aurait été hautement nécessaire d'appuyer ce discours.
Donc le terme d'abstinence pour moi renvoie plutôt à quelque chose de ponctuel : pas de préservatif ? Pas sûre que ce garçon/cette fille se comportera correctement ? Pas sûr d'en avoir envie ? Alors abstinence, pour cette fois.

@James : il y a effectivement un discours de la performance qui se retrouve beaucoup sur le plan sexuel, mais pas que : n'avoir jamais embrassé personne avant l'entrée au lycée c'est la honte aussi. Mais c'est beaucoup de jeu social : ceux qui ont eu de véritables histoires étant jeunes ados sont rares. Cette course à la reconnaissance sociale de « je fais comme les grands avant l'heure » est agaçante et peut avoir des conséquences regrettables, psychologiques ou physiques. Donc ce qu'il faudrait faire c'est en urgence développer un discours sur le ressenti, le consentement, le respect de l'autre qui soit tout aussi audible et dispensé que l'info sur les préservatifs et autre. Cela rejoint ce que dit Peccator :
Peccator a écrit :D'autant que très concrètement, les ados ont bien plus de problèmes avec la découverte qu'ils font des relations amoureuses (et tout ce qu'elles impliquent dans le rapport à soi, le rapport à l'autre, et le rapports aux autres, au groupe, à l'environnement social...) qu'avec le sexe lui-même (même si les hormones travaillent, c'est indéniable).
Les contraceptifs sont globalement fiables, et de toute façon il ne faut jamais traiter la question de la contraception seule : tant que les deux partenaires n'ont pas fait le test du sida après un certain temps d'exclusivité sexuelle, eh bien c'est le préservatif ou rien et puis c'est tout (très difficile à faire comprendre et à appliquer). Après ça, on peut le troquer contre la pilule/les implants/le stérilet (où les cas de grossesses sous contraceptif bien employé existent mais sont très rares).
Je ne trouve pas du tout que le concept d'abstinence soit en lui-même ringard, je le défend lorsqu'il s'impose. Ce que je pourrais trouver ringard c'est l'abstinence pour le principe (avec un fond de christianisme mal digéré qui souffle aux parents « non mais le sexe quand même c'est mal, c'est sale, surtout pour nos enfants »). J'ai eu des amies à qui leur mère interdisait alors qu'elles avaient 18 ans de dormir dans la même pièce que leur copain fixe ; là je trouve ça ringard.
James a écrit :Et en dernière analyse, à quoi bon parler aux jeunes encore et toujours de sexe alors qu'au final, vous le savez comme moi, ils se retrouveront dans 99% des cas devant des films pornographiques? Vous trouvez peut être la pornographie formidable mais vous n'êtes pas sans ignorer qu'elle génère plus de frustrations qu'elle n'assouvit d'envies (et je ne parle pas de l'image des relations sexuelles ET DE LA FEMME qu'elle véhicule)?
Vous croyez que je cautionne l'image désastreuse que donne le porno mainstream de la relation sexuelle/amoureuse et de la femme ? Je suis quelqu'un de cohérent vous savez. Je ne trouve pas encore une fois que le porno soit qqch de mal en soi mais ses déclinaisons et emplois peuvent avoir des impacts très négatifs voir criminels (lorsqu'ils incitent au viol, à la violence). Donc non, le porno je ne trouve pas ça « formidable ».
Je dirais donc, à votre contraire, que puisqu'il y a ce porno (regardé en majorité par les garçons) il faut doublement parler de sexe de la bonne façon, pour contrebalancer ces influences négatives. Il faut avoir un discours sur le porno, leur expliquer que ce sont des professionnels (parfois des esclaves), que cela n'a que peu à voir avec la réalité et qu'il faut prendre ça juste pour ce que c'est : un support masturbatoire. Et bien sûr faire attention à la dépendance (qui n'arrive en principe pas si on a une vie sociale et amoureuse équilibrée).
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Re: Apologie de la pédophilie?

Message non lu par Mac »

Silica a écrit :mais aussi avec le concept d'âme (« un embryon a une âme donc le supprimer c'est un meurtre ») encore qu'il me semble que la question du moment d'insufflation de l'âme a fait beaucoup débat au fil des siècles. Bref, amis chrétiens, pouvez-vous m'éclairer sur ce point ?
Cette vidéo peut vous intéressé puisque vous parlez de l'âme :
Les preuves scientifiques d'une vie après la mort


Fraternellement. :coeur:
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