Comment réguler la mondialisation économique ?

Écoles et doctrines - Économie politique - Politique monétaire - Comptabilité nationale
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Christophe
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Comment réguler la mondialisation économique ?

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Bonsoir

Dans le chapitre intitulé "Libéralisme économique et économie de marché selon la pensée sociale catholique" du recueil Eglise et Economie, voici ce qu'écrit Ildefonso Camacho :
Le consensus sur un modèle d'économie mixte pour dépasser le capitalisme libéral s'impose sans cesse davantage dans les années 1950-1960. Les pays appliquant e modèle trouvent en lui une voie de stabilité sociale et de bien-être économique, qui semble définitive. En même temps toutefois, les disparités entre Nord et Sud s'approfondissent à l'encontre des espoirs qu'avaient suscitées en bien des pays en retard le processus de décolonisation et les initiatives prises pour aider ces pays. L'économie mondiale est passées par une phase de succès soutenu grâce à la reconstruction qui a fait suite à la Seconde Guerre mondiale. En même temps, certes, l'interdépendance entre les économies nationales devient de plus en plus profonde. Ce qui explique qu'on commence à parler, avec raison, de système économique mondial, unique système dans lequel s'intègrent progressivement toutes les économies nationales. Et dans ce système mondial se retrouvent tous les problèmes du capitalisme libéral du XIXe siècle. Les agents économiques se meuvent désormais dans un marché chaque jour plus ouvert, avec des frontières de moins en moins rigides. A ce niveau, les gouvernements des États ne sont plus les instances régulatrices capables de veiller aux intérêts généraux de la société et de corriger les dysfonctions des marchés, ils sont réduits à la condition d'agents particuliers défendant les intérêts de chaque pays dans le marché mondial. Il manque une instance régulatrice mondiale qui assumerait à l'échelle de la planète la fonction qu'avait naguère chaque gouvernement dans les frontières de son État.
J'avais écrit il y a très longtemps une "critique du néo-libéralisme économique", mais il me semble que la citation de Camacho "plante" extrêmement bien la question à résoudre : comment réguler la mondialisation économique dans une situation de compétition inter-étatique ?

Je ne m'attarderai pas sur les raisons de la nécessité d'une telle régulation : elle doit être réguler pour que soient évités les excès du capitalisme sauvage et ses conséquences dramatiques sur les conditions de vie des travailleurs.

Comme le laisse entrevoir la dernière phrase de l'extrait cité, l'Église propose - bien que ce soit peut-être là outrepasser son rôle - la régulation de la mondialisation par la communauté internationale, et en particulier par les organisations internationales. Cf. en particulier les paragraphes §370 à §372 du Compendium de la Doctrine Sociale de l'Église (CDSE) :
c) Le rôle de la communauté internationale à l'ère de l'économie globale

370 La perte par les acteurs étatiques de leur rôle central doit coïncider avec un plus grand engagement de la communauté internationale dans l'exercice d'un rôle décisif sur le plan économique et financier. En effet, une conséquence importante du processus de mondialisation consiste dans la perte progressive d'efficacité de l'État-nation dans la conduite des dynamiques économiques et financières nationales. Les gouvernements des différents pays voient leur action dans le domaine économique et social toujours plus fortement conditionnée par les attentes des marchés internationaux des capitaux et par les requêtes toujours plus pressantes de crédibilité provenant du monde financier. À cause des nouveaux liens entre les opérateurs globaux, les mesures traditionnelles de défense des États apparaissent condamnées à l'échec et, face aux nouvelles aires de la compétition, la notion même de marché national passe au second plan.

371 Plus le système économique et financier mondial atteint des niveaux élevés de complexité fonctionnelle et d'organisation, plus le devoir de réguler ces processus apparaît prioritaire, pour les finaliser à la poursuite du bien commun de la famille humaine. L'exigence apparaît clairement de voir, à côté des États-nations, la communauté internationale assumer cette fonction délicate, à l'aide d'instruments politiques et juridiques adéquats et efficaces.
Il est donc indispensable que les institutions économiques et financières internationales sachent trouver des solutions institutionnelles plus appropriées et qu'elles élaborent les stratégies d'action les plus opportunes afin d'orienter un changement qui, s'il était subi passivement et livré à lui-même, provoquerait des résultats dramatiques surtout au détriment des couches les plus faibles et sans défense de la population mondiale.
Au sein des Organismes internationaux, les intérêts de la grande famille humaine doivent être représentés de manière équitable; il est nécessaire que ces institutions « en évaluant les conséquences de leurs décisions, (...) tiennent toujours dûment compte des peuples et des pays qui ont peu de poids sur le marché international mais qui concentrent en eux les besoins les plus vifs et les plus douloureux, et ont besoin d'un plus grand soutien pour leur développement ».

372 La politique aussi, tout comme l'économie, doit savoir étendre son rayon d'action au-delà des frontières nationales, en acquérant rapidement une dimension opérationnelle mondiale pouvant lui permettre d'orienter les processus en cours à la lumière de paramètres non seulement économiques, mais aussi moraux. L'objectif de fond sera de guider ces processus en garantissant le respect de la dignité de l'homme et le développement complet de sa personnalité en vue du bien commun. Remplir cette tâche comporte la responsabilité d'accélérer la consolidation des institutions existantes, ainsi que la création de nouveaux organes auxquels confier cette responsabilité.763 De fait, le développement économique peut être durable s'il se réalise au sein d'un cadre clair et défini de normes et d'un vaste projet de croissance morale, civile et culturelle de l'ensemble de la famille humaine.
Je ne suis pas convaincu que "le machin" [ l'ONU - NdR ] (comme disait De Gaulle) ou ses avatars soient capables de porter la résolution du problème évoqué. Si tel est néanmoins le cas, comment - selon vous - les choses devraient-elles se passer concrètement : comment l'ONU (ou une autre institution internationale : G8, OMC, OMT par exemple) pourrait-elle devenir ou faire émerger une instance régulatrice mondiale ?

Il me semble que l'Union Européenne devrait mettre cette vision politique au coeur de ses préoccupations. L'Europe se cherche une forme institutionnelle : elle devrait déjà se chercher un but. Car ce n'est pas la structure qui donnera son poids politique à l'Europe, mais sa capacité d'entrainement. On débat beaucoup pour savoir si l'Europe doit être fédérale, confédérale, communautaire ou autre. Mais rarement on se demande à quoi elle va bien pouvoir servir. Mais l'influence internationale se mesure au rayonnement de ses idées...

A vos crayons !
Christophe
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Message non lu par elisseievna »

Une bonne dictature mondiale, c'est la solution ...

Il faudrait d'abord que les citoyens du monde libre sachent ce qu'ils veulent en matière économique.

Un petit livre utile : " Le plein s'il vous plait"
explique que la solution est de payer l'energie à son "vrai" prix, c'est a dire tres cher.
Ce qui relocaliserait les économies.
Les problemes de justice seraient alors un peu plus simple à résoudre que sous un gouvernement "mondial".

Si les sociétés et économies locales sont saines, assurant un minimum pour chacun-e, une concertation au niveau mondial ou continentale peut tres bien se faire sans "machin",
par contre un "machin" réunissant des sociétés conflictuelles, cela ne peut qu'etre l'instrument de dictatures continentales ou d'une dictature mondiale.

Il suffit de voir ce qu'etait le projet de "traite constitutionnel" europeen (une oligarchie !), ou la "commission des droits de l'homme" de l'ONU présidée par la Lybie, ou les multiples textes avancés pour interdire toute critique de l'islam par l'ONU, etc
Roublev, peintre de genie, chretien ou pas.
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Message non lu par Jol »

Déjà si on prend la théorie libérale, a niveau égal les pays s'auto équilibrerez sur les marchés(b/s,travail/financiers etc)
Donc la vrai question est comment arriver à donner une chance au pvd? sachant que le fait qu'ils se plante complétement depuis 50 ans nous profite à merveille.
Alors oui certains pays sortent de l'ombre, la chine, l'inde...
Mais c'est surtout l'afrique qu'il faut relever, et là c'est pas gagné.
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Bonsoir

Pour "réguler" la mondialisation économique, il y a, je pense, une solution très simple.

Deux conditions sont indispensables - et à mon avis suffisantes - pour qu'un pays se développe vraiment :
1° la paix
2° l'Etat de droit.

Ce qui explique les misères de l'Afrique (aucune condition remplie) ; ce qui explique les irrégularités de la croissance en Amérique du Sud (manque de droit) ; ce qui explique aussi pourquoi, en termes de développement, l'Inde a plus d'avenir qu'une Chine qui souffre de l'absence totale d'Etat de droit, du pillage de ses richesses par ses dirigeants, de l'exploitation de ses habitants par le Parti, et dont maintes provinces sont en quasi-état de guerre civile.
Lorsqu'on a l'impression d'un "couac" dans la mondialisation, c'est presque toujours en raison de l'intervention d'Etats qui ne respectent pas le droit, ou qui font la guerre.

Bref : ce sont ces deux choses-là qu'il faut soutenir pour permettre à tous de se développer le plus harmonieusement possible.

A bientôt !
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Message non lu par Jol »

la situation n'est hélas pas si simple, en grande partie l'afrique repose sur des entreprise pme à la limite de l'illégalité, informationelles.
l'état ne peut pas influer sur celle ci et les réguler, en même temps si on les supprime on supprime le seul moyen de survie de ce peuple.
le dilemne est là et les solutions ne sont pas si évidentes.
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Le Téméraire
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Charité bien ordonnée commençant par soi-même, il faut d'abord regler les problemes de l'économie en France avant de s'occuper du reste du monde. Comment peut-on être crédible dans le monde si l'on est même pas capable de résoudre ses propres problemes nationaux.

Rétablissons des droits de douanes, instaurons la préférence économique aux entreprises françaises, baissons la pression fiscale qui pèse sur les entreprises, stoppons tout apport supplémentaire d'étrangers sur notre sol, ne consacrons les avantages sociaux français qu'aux seuls nationaux, et réduisons de manière prioritaire la dette.

Il n'y a pas 36 solutions pour relever un pays, il faut être dur, seul la volonté politique prime. Il ne faut jamais laisser le sentimentalisme et les bonnes intentions nous détourner de notre effort de redressement. Nos enfants nous en remercierons!
"puis Jésus entra dans le Temple et chassa tous les vendeurs et acheteurs qui s'y trouvaient : il culbuta les tables des changeurs et les sièges des marchands de colombes, et il ne laissait personne transporter d'objets à travers le Temple" Marc 11-15
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Quel est le problème avec la mondialisation ?

Message non lu par Christophe »

Maintenant qu'un site Internet m'a diagnostiqué une "ressemblance" avec Nicolas Miguet, il me faut remettre en question certaines des idées que je croyais avoir jusqu'alors...

Ainsi, il paraît que la mondialisation aurait des effets négatifs, effets négatifs qu'il conviendrait de corriger. Le correctif prendrait la forme d'une "régulation" adéquate afin de transformer la mondialisation de l'économie en un processus intégralement bénéfique.

Quels sont donc ces "effets négatifs", dégâts collatéraux de la mondialisation ?

J'en vois deux : d'une part la délocalisation des industries à forte main d'oeuvre - et des emplois qui vont avec - vers les pays où le coût du travail est moindre (et parfois les conditions de travail proprement inhumaines) ; d'autre part (et cela peut paraître contradictoire avec le premier point), la montée des inégalités entre les pays économiquement les plus développés et les pays économiquement les moins développés.

Il s'agirait d'abord de savoir si les faits sont fondés, et imputables à la mondialisation de l'économie.

Les délocalisations dans le secteur industriel sont certainement une réalité (en tout cas, mon expérience de l'industrie confirme cette idée) et prennent deux formes : les délocalisations de sites (par exemple fermeture d'un site français et ouverture ou développement d'un site polonais appartenant au même groupe, par transfert des marchés) ; les faillites des PMI incapables de rivaliser avec les PMI concurrentes des pays à moindre coûts. Quoiqu'il en soit, les effets sont quasiment les mêmes...
En soi, ce ne serait pas une catastrophe si les personnes licenciées pouvaient retrouver un emploi. Car c'est là qu'est réellement le problème : certains pays industrialisés connaissent le plein emploi et les délocalisations sont compensées par la création d'emplois. Pas en France, et c'est ce problème de croissance et de modernisation de l'économie qu'il convient de résoudre pour éliminer les effets dramatiques des délocalisations et des restructurations.

L'aggravation des inégalités entre pays riches et pays pauvres mériterait d'être relativisée dès lors que la croissance (du PIB) des pays industrialisée est plus faible que la croissance mondiale. Mais il est souvent vrai que la croissance dans les pays "émergents" profite à des entreprises multi-nationales "originaires" de pays industrialisés. Mais le capital est apatride, et les français ne verront pas la couleur des bénéfices records opérés par Total, et auxquels les français n'ont d'ailleurs que très marginalement contribué... Il est vrai que certaines zones du monde (Afrique et pays musulmans du Proche et Moyen-Orient) ne profitent absolument pas de la croissance mondiale. Ce sont là que des questions de stabilité politique telles que celles évoquées par MB interviennent peut-être...

Quant à nos politiques, ils n'ont pas de solutions et - sans doute - ne voient même pas les problèmes. Pour résoudre les problèmes de délocalisation, la gauche (y compris socialiste) propose la recapitalisation de l'industrie par des fonds publics (même des régions !!!) quand l'extrême-droite propose une forme obsolète de protectionnisme douanier, qui est - tout comme l'interdiction des licenciements - un refus de la compétition économique et qui coupe l'économie des réalités mondiales. C'est ce qu'avait fait l'URSS, avec les conséquences économiques que l'on sait... Enfin, la droite "sociale-libérale" ne sait trop sur quel pied danser, prise qu'elle est entre son idéologie libérale, son incapacité à réformer le pays et les angoisses de tous ceux dont l'emploi est menacé... par électoralisme, elle épouse alors les thèses sociales-démocrates en matière d'interventionnisme politique en économie.

Pax vobiscum
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Message non lu par Jol »

Le Téméraire a écrit :Charité bien ordonnée commençant par soi-même, il faut d'abord regler les problemes de l'économie en France avant de s'occuper du reste du monde. Comment peut-on être crédible dans le monde si l'on est même pas capable de résoudre ses propres problemes nationaux.

Rétablissons des droits de douanes, instaurons la préférence économique aux entreprises françaises, baissons la pression fiscale qui pèse sur les entreprises, stoppons tout apport supplémentaire d'étrangers sur notre sol, ne consacrons les avantages sociaux français qu'aux seuls nationaux, et réduisons de manière prioritaire la dette.

Il n'y a pas 36 solutions pour relever un pays, il faut être dur, seul la volonté politique prime. Il ne faut jamais laisser le sentimentalisme et les bonnes intentions nous détourner de notre effort de redressement. Nos enfants nous en remercierons!
vous ouvrez la porte de l'autarcie, et de la dictature "douce" là...
et ça n'a jamais donné de bons résultats...
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Message non lu par Le Téméraire »

La préférence nationale n'a rien à voir avec l'autarcie... une politique ferme n'a rien à voir avec la dictature.... vous avez la caricature facile!
"puis Jésus entra dans le Temple et chassa tous les vendeurs et acheteurs qui s'y trouvaient : il culbuta les tables des changeurs et les sièges des marchands de colombes, et il ne laissait personne transporter d'objets à travers le Temple" Marc 11-15
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Message non lu par Jol »

en même temps le protectionnisme est illégal...
et favoriser les produits créer dans un pays, c'est une forme d'autarcie.
Et limiter l'accés d'un pays au poduits du reste du monde, vous appellez ça comment? de la préférence nationale, vous pouvez y mettre les mots qui vous vont, et masquer derrières de belles phrases ce que vous voulez, il n'empêche que la solution n'est pas de s'enfermer sur soit même ! surtout dans un monde ou l'économie devient mondiale!
ce qu'il faut c'est avoir un avantage fort, pour la chine c'est la main d'oeuvre, l'inde les hautes technologies, à la france de trouver et developper le sien.
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Re: Quel est le problème avec la mondialisation ?

Message non lu par Christophe »

Salut Guillaume
Karol W a écrit :Il me semble que le FN propose, non pas de supprimer la compétition économique, mais d'ajuster le niveau des droits de douanes frappant les produits en fonction des conditions de travail dans lesquelles lesdits produits sont fabriqués: c'est l'idée des "droits de douane nouvelle génération". Dans cette configuration, les droits de douane pèseraient surtout sur les produits des pays émergents (Chine, Asie du Sud-Est), où les coûts de travail sont si bas qu'il est chimérique d'envisager que nos produits puissent concurrencer les leurs.
Ok, je comprends mieux l'idée. C'est la première fois que j'entends parler des "droits de douane nouvelle génération"... Il me semble que certains ont proposés la même chose concernant l'impact écologique des produits importés pour ne pas créer de concurrence déloyale entre les pays à forte règlementation environnementale et les autres pays.
Mais, concernant les "conditions de travail", quelle est la finalité ? Est-ce d'agir comme un levier pour la promotion des droits sociaux des travailleurs dans les pays émergents ? Est-ce une marque de la volonté - que vous qualifiez très justement de chimérique - de vouloir rester compétitif sur certains marchés face aux pays à faible coût de main-d'oeuvre ?
La prise en compte des "réalités mondiales" ne nous interdit pas d'envisager une forme de protectionnisme quand nos industries sont menacées : les Etats-Unis et le Japon ne rechignent pas à le faire. Que je sache, la mondialisation n'est pas un phénomène aussi nouveau qu'on veut bien le dire, l'économie mondiale était à la fin du XIXème siècle au moins aussi ouverte que la nôtre (avec les colonies jouant le rôle assumé aujourd'hui par le Tiers monde): pourtant, à la même époque, de nombreux pays ont introduit des tarifs douaniers (Bismarck en 1878, la France en 1892 avec les "tarifs Méline"), ce qui n'a pas empêché la période qui s'étend de 1890 à 1914 d'être une période de prospérité remarquable. Lire à ce sujet "L'illusion économique" d'Emmanuel Todd. Il ne faut pas faire du libre-échange un dogme, il y a des périodes où il est nécessaires, d'autres où il fait courir un risque sur la santé économique du pays.
Malgré le diagnostique récent et surprenant de ma ressemblance avec Nicolas Miguet (qui passe la nuit en garde à vue !!!), je n'ai pas particulièrement de sympathie à l'égard de l'idéologie ultra-libérale. Je n'ai rien contre une certaine forme de protectionnisme, si elle est faite avec intelligence et a propos...
Les taxes douanières peuvent être pertinentes si elles servent à rétablir une équité, mais si elles servent à se protéger, il faudra s'attendre à ce que nos partenaires commerciaux fassent la même chose à notre encontre... Vouloir préserver la "santé économique du pays" en le mettant à l'abri derrière des barrières douanières me semble illusoire et contre-productif... On ferait mieux de s'interroger sur la façon d'améliorer la compétitivité de notre économie...
Mais une politique industrielle européenne, et la protection volontaristes de secteurs stratégiques (énergies, télécommunications, transport, etc.) me semble un impératif. Concernant la "préférence nationale" (ce que Villepin nommait le "patriotisme économique"), je suis assez pour : la prise de décision devrait prendre en compte tous les coûts induits en terme de retombées en emplois, en impôts, en charges sociales, etc. pour examiner les réponses aux appels d'offres publics. Je crois que l'Europe devrait se donner les moyens juridiques de protéger ses fleurons industriels contre les prises de contrôles étrangères... ce qui éviterait de voir Arcelor - qui a coûté des milliards aux contribuables français - partir aux mains des Indiens...

Effectivement, le processus de mondialisation économique n'est pas nouveau : c'est un processus. L'économie n'a jamais été autant mondialisé qu'aujourd'hui et pourtant demain, elle le sera encore davantage : les flux des capitaux, des produits, des personnes deviennent de plus en plus fluides.

Bien à vous
Christophe
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Message non lu par Le Téméraire »

Jol a écrit :en même temps le protectionnisme est illégal...
et favoriser les produits créer dans un pays, c'est une forme d'autarcie.
Et limiter l'accés d'un pays au poduits du reste du monde, vous appellez ça comment? de la préférence nationale, vous pouvez y mettre les mots qui vous vont, et masquer derrières de belles phrases ce que vous voulez, il n'empêche que la solution n'est pas de s'enfermer sur soit même ! surtout dans un monde ou l'économie devient mondiale!
ce qu'il faut c'est avoir un avantage fort, pour la chine c'est la main d'oeuvre, l'inde les hautes technologies, à la france de trouver et developper le sien.
Vous voulez vous résinier au chomage de masse, je m'y refuse.
Le protectionnisme n'est par l'autarcie, les USA et le Japon vivent-ils en autarcie?
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Message non lu par Jol »

vous parlez de protectionnisme dur, et citez des exemples de protectionnisme qui est toléré.
vous pensez que la france elle aussi ne fait pas déjà dans le protectionisme?
pourtant les frais de douanes existent, les quotas d'importation aussi.
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Message non lu par Christian »

Bonjour à tous,

De nouvelles occupations me somment de délaisser ce forum, pour votre plus grand bénéfice : je commençais d’y radoter.

Mais je ne résiste pas à la tentation d’intervenir sur ce fil, à force d’y lire de troublants sophismes.

1. Les Etats-Unis et le Japon sont tous deux signataires des accords de l’OMC. Leur protectionnisme est donc limité au seul domaine dans lequel aucun accord n’a pu être trouvé à l’OMC, l’agriculture. Et la France est, de cet échec, le plus grand responsable. Elle a rallié l’EU à sa cause, malgré l’opposition des Britanniques et de nombreux pays ; elle montre du doigt les Etats-Unis, mais ne demande pas à ceux-ci de démanteler leur politique agricole, au contraire, elle s’en sert comme bouclier. Les plus pénalisés dans cette triste affaire sont les agriculteurs les plus pauvres de la planète, interdits de vendre leur production aux consommateurs les plus riches, et nos propres agriculteurs français, fragilisés, en survie artificielle, honteusement parasitaires, incapables à la fois de s’adapter à la nouvelle demande d’une agriculture de qualité, bio, saine, exportatrice, et de produire à cause de structures familiales d’un autre âge une agriculture de masse. Perdants sur les deux tableaux.

Mais c’est normal. C’est ce qui arrive quand on attend sa survie des hommes de l’Etat.

2. Si les Etats-Unis étaient protectionnistes, ils n’auraient pas un déficit commercial de 701 milliards de dollars, soit 532 milliards d’euros, équivalent à 1733 euros par habitant. Le déficit commercial de la France est de 24,2 milliards d’euros, soit 400 euros par tête de pipe. (chiffres 2005).

3. Il existe une excellente raison pour laquelle vous et moi, et des millions d’autres Français, achètent des produits importés : ils sont moins chers et/ou de meilleure qualité (sinon, je me demande bien pourquoi nous les achèterions). Pensez-vous que l’on s’appauvrit lorsqu’on achète moins cher et mieux ?

4. Et donc toute mesure protectionniste, quota, taxe, y compris les débiles droits de douane nouvelle génération, portent atteinte à la prospérité de notre pays. Ces mesures sont contraires à la préférence nationale, puisque les Français préfèrent acheter nombre de produits importés, bons et pas chers. Ces droits de douane nouvelle génération, en plus d’être économiquement niais, sont moralement scandaleux, pénalisant le plus lourdement les plus pauvres. A la préférence évangélique pour les pauvres, le FN oppose désormais "la taxe sur les pauvres".

5.
ce qui éviterait de voir Arcelor - qui a coûté des milliards aux contribuables français - partir aux mains des Indiens...
Oui. La réponse, cependant, n’est pas d’interdire aux Indiens d’acheter Arcelor, mais de ne plus utiliser l’argent du contribuable pour renflouer des actionnaires défaillants.

6. Comment réguler la mondialisation économique ?

Défendre les droits de propriété individuels, faire respecter les contrats, ne plus rien subventionner, laisser l’intelligence collective des hommes et des femmes de cette planète décider quoi acheter, avec qui travailler, quel projet entreprendre, taxer le moins possible, et ouvrir grand nos mains pour recueillir les bienfaits de la prospérité.

Cordialement

Christian




You cannot bring about prosperity by discouraging thrift.
You cannot strengthen the weak by weakening the strong.
You cannot help the wage earner by pulling down the wage payer.
You cannot help the poor by destroying the rich.
You cannot keep out of trouble by spending more than you earn.
You cannot build character and courage by taking away
man’s initiative and independence.
You cannot help men permanently by doing for them
what they could and should do for themselves.

Abraham Lincoln
(Je n’aime guère les Américains, et je n’ai guère d’admiration pour Lincoln,
mais ce texte n’est pas mal après tout.)
Renaud
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Message non lu par Renaud »

À Christian,

Étant un peu dans la même situation, et ne disposant plus d'assez de temps pour participer au forum, je m'aperçois qu'un forum ne peut pas toujours être utiliser pour ratiocinner indéfiniment sur une idéologie qui semble fixée définitivement.

Aussi, encore une fois stigmatisant les États nous ruinent à peu près complètement, encore une fois vous nous montrez un exemple unijambiste, vous préférez en rester aux demies vérités.

L'État se retranche derrière la "loi", même si vous avez la tête sur le billot, êtes saisi, ou étiez mobilisé au front, etc, les banques devenues aussi puissantes, sinon plus que les États, se retranchent, de la même façon, derrière leurs actionnaires (tout comme les assurances qui sont le troisième "pilier" de ce système dominé entièrement par le contrôle de l'argent). Le commerce mondial est "piloté" dans le même sens. Lorsque les banques prêtent des dizaines de fois leur capital, l'argent étant créé sur la "base" du néant, il faut, au final, rembourser aux banques davantage d'argent qu'elles en ont créé. À défaut, il faut réemprunter aux banques (jusqu'à l'absence totale de solvabilité!!) pour, soit disant "finir" de payer les dettes!! Ce qui est collectivement impossible (donc, à plus forte raison encore moins possible nationalement et "mondialement"). Ainsi, ce tandem États-banques, (et ce n'est pas d'aujourd'hui!) vampirise et s'approprie progressivement les nations et le monde qui deviennent leur propriété. Les États devenant chaque fois un peu plus les valets des banques.
Qui ne voit qu'une cloche n'entend qu'un son.
À bon entendeur salut

Deus in adjutorium
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