Bonjour Axou,
Merci pour la communication. Le message (le vôtre, page 7) est généreux. Et c'est parfait comme ça.
Je penserais moi aussi que l'urgence devrait consister en un virage significatif sur le plan de la politique intérieure. Quand vous écrivez :
- «Mes propos ne sont évidemment pas signe d'un penchant vers l'extrême droite, je crois au contraire qu'il est urgent de ne plus laisser à l'extrême droite l'exclusivité de certains constats et que nous avons tous une guerre à mener pour défendre nos valeurs niées par ce courant mortifère.»
Exactement.
Le foulard en effet n'est pas anodin, il y a 15 ans déja qu'Antoine Sfeir précisait que "les intégristes, pour s'emparer d'un quartier, commencent par imposer peu à peu le foulard".
C'est le début en effet.
Le problème n'étant pas le fait qu'un chacun puisse bien vouloir porter «ce qui lui plaît», «en lien avec des croyances accessoires ou pas», comme le fait d'un caractère nouveau et outrancier (déconstruisant la notion de «bien commun») d'une sorte d'agir déclaré comme impérieux, procédant d'une «charte divine» et permettant aux intéressé(e)s de tenir comme nulles et non-avenues les lois de la république.
Sur le plan des principes (de la simple justice), il est proprement inacceptable qu'un pays comme la France laisse se développer sur son sol des zones de non-droit, des sortes de bulles dans lesquelles accorder toute licence aux fanatiques du djihad pour imposer par la force (c'est le mot juste) le seul comportement qui leur plaît à eux.
Il y aurait une réflexion à mener de ce côté (compris à partir de textes de notre Église), parce que nombre d'observateurs catholiques ont trop tendance à se ranger facilement du côté d'une sorte de «laisser-faire» religieux. Je dis ça parce que je crois bien aussi que la pensée de l'Église en réalité (oui, oui, la nôtre) ne donnerait pas raison à ce comportement actuel de nos extrémistes religieux d'islam ou d'ailleurs. Néanmoins, on aura bien vu jusqu'à des évêques ne pas se priver de prendre la part des islamistes contre la loi de la cité, au motif d'une soi-disante crainte d'un laïcisme agressif. Voyons ! ... il y aurait bien des choses à nuancer de ce côté.
L'autre point
Concernant l'intervention militaire en Syrie, je ne sais pas ce qu'il faut faire et comment, mais je constate moi aussi que toute intervention occidentale dans un bourbier oriental déchiré par la guerre civile a toujours empiré le bourbier.
Oui.
Je croirais que sans éliminer totalement la possibilité d'une réplique ponctuelle d'ordre militaire (style : détruire les puits d'huile aux mains de l'État islamique, éliminer leurs facilités commerciales sur le terrain au besoin, dans le très immédiat) ou ne serait-ce que d'aider un État syrien légitime qui est déjà en place, à maîtriser lui-même la situation chez lui, la priorité devrait consister à isoler la «créature» de ses soutiens actuels en Turquie, en Arabie saoudite, aux États-Unis (eh oui ! si nécéssaire). Dans un monde idéal, il prendrait une solide campagne «diplomatique» de pression, afin de discréditer complétement tous ces temporisateurs pour qui l'extrémisme religieux des uns ne serait pas un réel problème, pas la priorité, etc.
Ce qui serait plus efficace pour venir à bout de la fièvre extrémiste, plus efficace que des campagnes de bombardements : un réel soutien politique donné aux musulmans aspirant à «autre chose» que la bêtise manichéenne, de même que le fait de devoir abandonner carrément (soyons fou, oublions les politiciens que nous avons) toute la doctrine économique actuelle de nos néo-libéraux, celle de ces gus qui règnent pratiquement sans partage sur les esprits dans les cabinets politiques, au moins depuis l'ère Reagan-Thatcher. L'idée de faciliter la vie (faire payer moins d'impôt aux «créateurs de richesse»); de richesse ? ... de désert, en fait, de famine et ruine pour la masse; cf propos de Claudine au sujet des amateurs d'évasion fiscale ou les yeux doux à faire aux gros capitalistes date de ce moment, on s'en souvient. Il y aurait ici un «nom de Dieu de nom de Dieu de combat de Tonnerre de Brest» à livrer contre l'opinion d'une certaine droite catholique aussi bien, de droite ou d'extrême-droite, tout ce que vous voulez.
En attendant, cette affaire de «guerre au terrorisme» va mener nulle part, et aussi vrai que la «guerre contre la drogue« à Washington débouche sur du vent depuis longtemps (depuis Nixon en fait. Résultat ? Nada); rien sinon dans une pure hypocrisie ou sinon rien qu'une couverture, la plupart du temps, pour faciliter les opérations obscures et peu avouables de nos gouvernements à l'étranger. La guerre au terrorisme sert surtout les despotes afin qu'ils puissent mener confortablement leurs répressions à domicile, comme l'excuse de la guerre à la drogue peut servir d'alibi au fait de donner plus de moyens à des amis afin qu'il liquide leurs mécontents.
En fait, ce que je crois : c'est que le réel combat en serait un (devrait l'être) pour la démocratie. Et ce n'est pas facile du tout, du tout, du tout. Ce n'est pas facile car ce sont nos propres gouvernements qui sont affectés eux-mêmes d'un déficit croissant de ce côté.