Sur le féminisme

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prodigal
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Re: Sur le féminisme

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Jeremy43 a écrit :Je préfère personnellement une femme présentée comme une bonne ménagère gérant bien son foyer que la bombe sexuelle croqueuse d'homme et carriériste qui est présentée aujourd'hui comme modèle de société.
Chacun ses goûts. :siffle:
Mais vous savez il y a d'autres femmes. Vous devriez leur demander ce qu'elles préfèrent elles, il y a fort à parier que vous entendrez souvent la réponse ni l'une ni l'autre.
Un féminisme respectable, éloigné des caricatures, serait par exemple de refuser cette alternative où votre discours enferme les femmes.
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu
Cinci
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Re: Sur le féminisme

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(en passant)

Sans le dire trop fort, je pense que le pape François recommande lui-même le "mariage à l'essai". On parlerait bien ainsi du mariage civil, si l'on veut. Il reste que c'est tout de même logique.



Sur le féminisme

Merci Axou pour le petit effort de synthèse, le schéma concernant le féminisme.

[...]

Je pense que le féminisme d'une certaine époque était justifié, tout comme je crois que les notions de liberté, d'épanouissement, de réalisation, concernent bien tout le monde.

Toujours d'actualité

Une certaine lutte reste toujours de mise pour les femmes, au travers du fait qu'un certain féminisme peut correspondre aussi (on va satisfaire ici la critique catholique) à "une récupération politique" par le pouvoir en place et tout ce qu'il y a de plus masculin, à part ça, afin de détruire, d'anéantir , de "passer par les armes de belle façon" tout ce qui pourrait encore subsister de forces susceptibles de relever la tête et pour dire "merde!" aux patrons de Wall-Mart, aux conseillers financiers de Bill Clinton, aux avocats fiscalistes de Bono, à Georges Soros et aux jeunes ambitieux à la Justin Trudeau junior.

Je crois possible l'ambiguïté à propos de certaines organisations féministes "récupérées-récupérables" et pouvant servir le grand jeu de la chambre de commerce, des grandes banques, comme celui des investisseurs du Qatar ou de la ligue arabe à l'ONU. Oui, il existe bien un féminisme de "collabo".

D'ailleurs, je serais porté à ranger le groupuscule très visible des femens dans la mouvance "féminisme de collabo", au coude à coude avec des patronnes beaucoup plus sobres du Conseil du Statut de la femme ou chez certaines militantes syndicales. Nombre de féministes peuvent nuire elles-mêmes à la cause de leurs soeurs. Ainsi, nos grandes féministes à la Françoise David au Québec (version du féminisme de l'an 2000, inclusif, mondialiste, diversitaire, immigrationiste, post-moderne, mère Thérèsa remixée, etc.) nuisent à la cause des Djemilla Benhabib (version du féminisme repiqué sur le logiciel 1970, laïciste, égalitaire, intégrateur, assimilationniste, féministe "gaullien", moderne, rationnel).

Pour ma part, mon combat serait infiniment plus compatible avec celui d'une Djemilla Ben habib.
Jeremy43
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Re: Sur le féminisme

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Bonsoir,
Ah bon! Parce que Dieu le père fixe sa loi à Jésus??
Effectivement oui, le Père engendre le Fils, Jésus durant son ministère terrestre a toujours dit qu'Il faisait la volonté de son Père. Le Père n'existe qu'en relation avec son Fils et vis versa.
Renseignez vous auprès des femmes ,vous verrez que malgré cet état de fait la majorité ne voudrait pas revenir à leur situation antérieure!
Cela doit certainement dépendre des classes sociales car si pour une femme avocate, médecin ou exerçant une profession à haute valeur ajoutée, être cantonnée au rôle de ménagère serait certainement très dégradant, ce n'est pas le cas pour une femme ouvrière ou de ménage qui aurait là au contraire l'occasion d'un accès au bonheur dans sa vie.

Sauf si bien sûr une femme s'épanouie en passant 7 / 8 heures chaque jour derrière une machine plutôt qu'à s'occuper de sa maison, de ses enfants, en attendant que son mari rentre du travail.
Les présentations faites par les médias de la femme objet, ne représentent pas la réalité de la majorité des femmes travaillant qui ne sont pas des croqueuses d'hommes carriéristes
Tout à fait mais je parle bien de l'image de la "femme parfaite" que la société véhicule et qui marque de façon plus ou moins importante les esprits. Le modèle jadis c'était la Bienheureuse Marie toujours Vierge.
On est également d'accord , mais le fait que la femme travaille n'empêche pas les couples d'êtres heureux ,même s'ils sont débordés
Là j'en doute, nous vivons dans un monde de plus en plus rapide piloté par l'informatique et qui va vers toujours plus de matériel. Alors que l'homme est fait pour le spirituel, le matériel n'étant qu'un support, or la nature de l'homme n'évolue pas.

Il y a donc obligatoirement un soucis quelque part, le fait d'ailleurs que nous ayons besoin de toujours plus de matériel et donc de mouvement pour combler un vide que seul Dieu peut combler est d'ailleurs symptomatique d'un monde qui détruit la nature humaine profonde (qui est faîte pour la contemplation des choses célestes) et l'oblige, pour survivre, à multiplier les consolations sensibles.

C'est à ce niveau que, je pense, nous ne voyons pas les choses sous le même angle. Le but de la vie ici bas est d'acquérir des biens intérieurs, biens qui ont besoin de conditions propices pour être acquis (ce pourquoi les moines vivent la vie qu'ils vivent, ce n'est pas sans raison). Les biens que le monde offre sont tous reliés au crée (même lorsqu'il s'agit de biens intellectuels), or Dieu ne se situe pas sur ce plan mais bien au delà.

Je n'ai absolument aucune honte à affirmer que les femmes véritables sont celles qui sont dans les monastères, elles passent leur vie à acquérir les vertus qui correspondent à leur nature et à devenir ainsi des images de Dieu sur terre, ce sont à ce titre les plus belles de toutes.

Ce type de discours serait-il tout simplement audible pour les féministes ?
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Suliko
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Re: Sur le féminisme

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Sans le dire trop fort, je pense que le pape François recommande lui-même le "mariage à l'essai". On parlerait bien ainsi du mariage civil, si l'on veut. Il reste que c'est tout de même logique.
Vraiment?! Et alors ? Si le pape nous suggérait de nous mettre la corde au cou, devrions-nous le faire? Evidemment que non !
Pour ma part, mon combat serait infiniment plus compatible avec celui d'une Djemilla Ben habib.
Oui, mais la véritable question est : le féminisme est-il compatible avec notre religion ? Je pense que non, car aux dernières nouvelles, tous les courants féministes, du moins en Occident, luttent pour le droit à l'avortement, à la contraception et ne témoignent d'aucun respect pour le mariage et la famille traditionnelle.
C'est pourquoi elle seule, prédestinée avant les générations et annoncée par les prophètes, la Mère du Créateur de tout l'univers, non seulement n'a participé en rien à la tache originelle, mais elle est toujours demeurée pure comme le ciel et toute belle. (extrait du règlement pour le monastère de Biélokrinitsa (1841)
Trinité
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Re: Sur le féminisme

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Effectivement oui, le Père engendre le Fils, Jésus durant son ministère terrestre a toujours dit qu'Il faisait la volonté de son Père. Le Père n'existe qu'en relation avec son Fils et vis versa.

Vous m'inquiétez beaucoup là....Alors Jésus ne serait venu nous rachetez nos pêchés, que suivant la volonté du père et non pas de la sienne!!

Sauf si bien sûr une femme s'épanouie en passant 7 / 8 heures chaque jour derrière une machine plutôt qu'à s'occuper de sa maison, de ses enfants, en attendant que son mari rentre du travail.

Là encore je pense que vous vous trompez ! Dans toutes les femmes de conditions modestes que je connais la majorité ne voudrait pas revenir à la maison ,pour s'occuper uniquement des enfants ,pour deux bonnes raisons :
1° / le salaire du mari n'est pas suffisant pour faire vivre la famille
2°/ Elles ne se voient plus à la maison 24h/24 à s'occuper uniquement des enfants ,mais il est vrai quelles souhaiteraient pour le plus grand nombre un travaille à mi-temps!


Là j'en doute, nous vivons dans un monde de plus en plus rapide piloté par l'informatique et qui va vers toujours plus de matériel. Alors que l'homme est fait pour le spirituel, le matériel n'étant qu'un support, or la nature de l'homme n'évolue pas.

Il y a donc obligatoirement un soucis quelque part, le fait d'ailleurs que nous ayons besoin de toujours plus de matériel et donc de mouvement pour combler un vide que seul Dieu peut combler est d'ailleurs symptomatique d'un monde qui détruit la nature humaine profonde (qui est faîte pour la contemplation des choses célestes) et l'oblige, pour survivre, à multiplier les consolations sensibles.

C'est à ce niveau que, je pense, nous ne voyons pas les choses sous le même angle. Le but de la vie ici bas est d'acquérir des biens intérieurs, biens qui ont besoin de conditions propices pour être acquis (ce pourquoi les moines vivent la vie qu'ils vivent, ce n'est pas sans raison). Les biens que le monde offre sont tous reliés au crée (même lorsqu'il s'agit de biens intellectuels), or Dieu ne se situe pas sur ce plan mais bien au delà.

Il y a certainement un problème avec un monde voulant toujours produire plus, et qui dans un sens comme vous le dites détruit la nature humaine,mais ce phénomène est irréversible , il faut bien assumer cet état de fait.
Il ne faut pas rêver mon cher jérémy ,imaginez un monde de contemplatif comme les moines!!!
Il faut être pragmatique, on peut très bien acquérir des "biens intérieurs" par nos actions envers les autres et la charité et bonté que nous pouvons dispensée à nos frères qui vivent autour de nous!
N'est ce pas aussi valorisant que de s'enfermer dans un monastère et de prier? La question reste entière...


Je n'ai absolument aucune honte à affirmer que les femmes véritables sont celles qui sont dans les monastères, elles passent leur vie à acquérir les vertus qui correspondent à leur nature et à devenir ainsi des images de Dieu sur terre, ce sont à ce titre les plus belles de toutes.

Et bien je regrette pas pour moi!
Les femmes véritables sont celles qui pleines d'abnégation travaillent toute la journée ,le soir s'occupent de leurs enfants et leur apportent éducation ,joie ,tendresse et AMOUR et en sus participent avec leur maris dans le cadre de leurs discussions à l'évolution de leur petite famille! :coeur:
Et ne vous trompez pas!Elles existent ces femmes là!
Il est évident que dans un couple harmonieux ,toutes ces taches doivent êtres partagées avec le mari!
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Kerniou
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Re: Sur le féminisme

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Cher Jérémy que faites-vous de :
- "Croissez, multipliez-vous" si toutes les femmes vont au monastère ? ...
Dieu appelle certaines femmes au monastère et d'autres à la vocation du mariage ...
Le travail des femmes n'est pas que productif quand la très large majorité des postes dans les hôpitaux les écoles, les services sociaux, l'enfance inadaptée, l'animation et les services de l'enfance sont occupés par des femmes et souvent des mères ...
Les parents d'enfants handicapés sont toujours émus de voir que ce sont des"mamans d'enfants normaux" qui s'occupent de leurs enfants.
- "Comment vous est venue l'idée de penser à enfants handicapés, à nos enfants " ?
Quand nous partions en classe verte, si nos maris et enfants nous accompagnaient à la gare, certains parents allaient les remercier de nous laisser partir avec leurs enfants ... Ils étaient loin d'imaginer combien nous étions si peu payées pour le faire ... Alors la productivité du travail des femmes ... Qui restent encore sous payées à postes et qualifications égaux avec les hommes ...
Quand les femmes se retrouvent seules après un veuvage, un divorce ou le chômage de leur mari, il est important qu'elles aient un revenu pour s'occuper de leurs enfants. J'ai connu, dans ma jeunesse, tant de veuves sans ressources ...
Les mères qui travaillent continuent à s'intéresser à leurs enfants ! Je vous rassure !
Quand j'habitais à Issy les Moulineaux, j'étais allée voir Mr Santini à propos de l'amplitude des horaires d'activités de loisirs il m'a répondu, qu'il était content de constater qu' une mère qui travaille s'intéresse à ses enfants !.. SIC ... J'espère qu'en tant qu'employeur, il aménageait les horaires des mères qui travaillaient dans les services municipaux ! ...
" Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu , car Dieu est Amour " I Jean 4,7.
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Philon
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Re: Sur le féminisme

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Ben le leadership, oui, aujourd'hui on peut dire que les femmes l'ont de facto car elles ont la culture, la vie professionnelle, l'indépendance financière alors l'homme se dit "cette jeune fille n'aura pas besoin de moi".
Plus rien n'oblige donc l'homme à l'épouser car elle se débrouille fort bien toute seule et une fois mariée elle pourra même divorcer. Cela fait bien des exigences et les hommes se disent "on ne va plus être à la hauteur et si en plus elle me répond à égalité sur le plan intellectuel, ouh là là".
Mais en se féminisant ils feraient une erreur.
Les femmes n'aiment pas beaucoup cela au fond.
D'abord on n'aime pas avoir une "concurrente" à la maison une "autre femme" qui s'occuperait "aussi bien" des enfants par exemple ( un pédiatre, Aldo Naouri, citait le cas d'un père qui donnait des biberons à ses bébés en revêtant une chemise de sa propre mère !!!!Sa femme a piqué sa crise et failli demander le divorce !), on ne veut pas voir confisquer le lien très beau qu'on a avec nos bébés et les petits en bas âge, là il y a une relation à la mère qui est spécifique. Les femmes ont neuf mois cet enfant dans leur sein...cela ne peut pas être "pareil"que la relation avec le père !
Ensuite on veut se sentir protégée par la force masculine qu'on a pas ( la personne qui écrit cela ne pèse même pas 50 kilos) alors je pense que les femmes pourraient accepter bon gré mal gré d'en rabattre ur leurs ambitions personnelles de faire des études longues et une carrière et de continuer même en ayant des enfants. Arrêter son travail uen fois mère est un choix d'ailleurs plébiscité par un nombre croissant de jeunes femmes( qui font râler Elisabeth Badinter).
Cela doit rester un choix libre mais je le pense bon pour les raisons suivantes :
1 c'est acrobatique et souvent ingérable et stressant de "concilier vie privée et vie professionnelle", cela coûte cher ( nounous, charges sociales) et on est exilée de sa maison et de ses enfants.
2 pourquoi avoir une famille si c'est pour la déléguer à quelqu'un d'autre ?
3 c'est mieux pour les enfants d'avoir leur mère et pour elle, elle ne les idéalisera pas si elle passe toute la journée avec eux, tandis que si elle ne les voit que le soir en rentrant elle aura tendance à les traiter en "enfants-rois". Elle culpabilisera pendant son travail et le soir, elle ne voudra avoir que de bons moments avec les enfants alors elle ne jouera plus son rôle éducatif mais sera dans les cadeaux et l'affectif. Ce qui n'aidera pas les enfants à se structurer en acceptant le manque.
4 c'est mieux aussi pour le couple en général car le mari aura toujours le leadership de l'argent qu'il gagne. Ceci dit il en est qui n'acceptent pas et n'épouseront qu'une femme gagnant sa ve et décidée à garder son emploi pour que le foyer ait un double salaire; Tout dépend des priorités qu'on a , famille ou argent.
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Re: Sur le féminisme

Message non lu par Cinci »

Suliko :
Vraiment?! Et alors ? Si le pape nous suggérait de nous mettre la corde au cou, devrions-nous le faire? Evidemment que non !
Je songeais à cette intervention "franciscaine" où il était question du mariage civil. Notre Saint Père trouvait que nombre de couples mariés civilement jouissaient tout à fait du charisme sponsiale. Que préfère-t-on? Des épousailles à l'église à l'âge de dix-neuf ans pour faire plaisir à maman? pour ensuite divorcer à vingt sept ans? pour s'enferrer dans tout un tas de complications religieuses? C'est peut-être plus rationnel le mariage civil pour des jeunes de vingt-cinq ans ... pour ensuite se marier religieusement à trente-six ans ou à quarante ans.

La réalité c'est que nous ne sommes plus en l'an 1134 après Jésus-Christ. Les gens ne vivent plus dans des villages isolés parmi des populations de faible densité, alors que le taux de mortalité des personnes encore jeunes est effarant, quand l'espérance de vie tournerait autour de trente-cinq ou quarante ans. L'ensemble de la société ne prise pas du tout la fidélité comme valeur, pas en l'an 2000, si ce pouvait être le cas au temps de Jeanne d'Arc. La culture intégrale de notre société impose un "stress" aux individus qui n'existait tout simplement pas naguère. Sans même parler de tout le poids qui repose maintenant sur les individus, sur des couples isolés, sans plus de famille élargie, ne permettant plus de dissiper différentes tensions et tiraillements dû au fait de devoir gérer une vie commune avec ses responsabilités.

Une adaptation au monde est possible. L'Église dispose aussi d'une certaine souplesse dans ses enseignements ou ses façons d'opérer. Les croyants ne se trouvent pas plongés dans la situation "dramatique" où leur choix se limiterait à devoir se marier religieusement à vingt ans ou rien! Des différences dans le modus operandi ne signifient pas forcément "trahison".
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Re: Sur le féminisme

Message non lu par Cinci »

Oui, mais la véritable question est : le féminisme est-il compatible avec notre religion ? Je pense que non, car aux dernières nouvelles, tous les courants féministes, du moins en Occident, luttent pour le droit à l'avortement, à la contraception et ne témoignent d'aucun respect pour le mariage et la famille traditionnelle.
Il dépend de ce que entendrez par féminisme. Si vous considérez que le féminisme doit se borner à une sorte de parti politique, disposant d'une charte précise, posant l'abjuration du christianisme comme exigence préalable d'admission au sein du club ... mais oui ... là, vous allez créer une contradiction insurmontable.

Il serait peut-être mieux de dire que la pensée de certains leaders qui sera véhiculée dans des milieux féministes peut être totalement incompatible avec le discours de l'Église catholique. Ça, c'est sûr. Nombre d'idées de Simone de Beauvoir sont incompatibles.

... tous les courants féministes, du moins en Occident, luttent pour le droit à l'avortement, à la contraception et ne témoignent d'aucun respect pour le mariage et la famille traditionnelle.
La question du "droit à l'avortement" se comprend dans le contexte politique qui est celui de notre société. Il ne sert à rien de se payer de mots.

A partir du moment où les évêques n'incitent pas les fidèles à la désobéissance civile, à la grève, à l'occupation des mairies, etc; mais bien à se soumettre à la décision du parlement, de faire "avec" le vox pop, le comportement de l'Église ne sera pas différent de celui des féministes dont vous parlez. C'est inutile de reconnaître les évêques d'un côté, pour ensuite villipendre, de l'autre, des chrétiennes seulement, de simples fidèles. Par ailleurs, des catholiques peuvent très bien endosser des idées présentes chez nombre de féministes, sans pour cela encourager des croyantes à interrompre volontairement une quelconque grossesse chez elles, pas plus que d'y présenter à quiconque l'idée de supprimer des foetus comme un idéal de vie (!)

La contraception? Eh bien, les fidèles ont parfaitement le droit de diverger d'opinion avec l'archevêque de Cracovie, de Chicago ou même de Rome. Il est possible d'opiner différemment sur des questions de société épineuses. Au delà du fait de savoir qui a tort et qui a raison, la divergence d'opinion sur de semblables sujets (même quand le fidèle aurait la conscience obscurcie) n'est pas le genre de chose qui empêchera la communion dans l'Église.

Aucun respect pour le mariage traditionnel?

Je ne pense pas que les féministes tiendraient toutes un même discours et pour y dénoncer le mariage religieux en lui-même. Je n'ai jamais entendu parler non plus d'une orthodoxie féministe exigeant la destruction du mariage chrétien. Il est plus probable que nombre de féministes demanderaient que les dissidents ou dissidentes ne soient pas pénalisé(e)s, ostracisé(e)s socialement, châtié(e)s par la loi, dégradé(e)s par monsieur tout le monde, etc.

Je comprend que pour certains chrétiens les tolérances qui seront celles des féministes seront aussi assimilées à du laxisme nuisible quant à la diffusion de la vérité enseignée par Monseigneur au collège de la Sainte Trinité, etc. Oui, mais ... mais ce n'est là que le développement de la société démocratique avec le suffrage universel. Il faudrait refaire sans cesse le procès du régime démocratique.
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Re: Sur le féminisme

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Cinci a écrit :Je ne pense pas que les féministes tiendraient toutes un même discours et pour y dénoncer le mariage religieux en lui-même. Je n'ai jamais entendu parler non plus d'une orthodoxie féministe exigeant la destruction du mariage chrétien
Eric Zemmour dans son livre "Le suicide français" montre combien le féminisme des années 70 s'oppose au mariage et à la maternité. Cette opposition est telle que lorsque dans les années 90 certaines féministes cèdent à la fois aux "sirènes" du mariage et de la maternité, elles sont méprisées par leur consœurs orthodoxes.

Simone de Beauvoir : "Le principe du mariage est obscène parce qu'il transforme en droits et devoirs un échange qui doit être fondé sur un élan spontané :
il donne aux corps en les vouant à se saisir dans leur généralité un caractère instrumental, donc dégradant ; le mari est souvent glacé par l'idée qu'il accomplit un devoir, et la femme a honte de se sentir livrée à quelqu'un qui exerce sur elle un droit." Le Deuxième Sexe (1949)

"L'amour maternel n'a rien de naturel." Le Deuxième Sexe (1949)

Une des premières féministes, Claire Demar, dans son livre Appel au peuple sur l'affranchissement de la femme (1833) qualifie le mariage de prostitution légale.
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Re: Sur le féminisme

Message non lu par Astya »

Jésus Marthe et Marie.

Marthe travaille, elle fait la bouffe à la cuisine.

Marie écoute, elle est assise parmi les hommes.

Qui est à sa place ? Elles sont à la place qu'elles ont choisie, et c'est la meilleure puisque c'est celle qu'elles ont librement choisie.

Si un homme (ou une femme, dans ce cas) veut les faire changer de place, si il ou elle considère qu'il(elle) sait mieux ce qui est bien ou mal, cette personne (H/F) se met au dessus de Jésus. C'est quand même dur à avaler de la part de catholiques !

PS : au début de ce fil il y a un lien vers une lettre aux évêques concernant la place des femmes, écrite par Mgr Ratzinger avant qu'il ne devienne Benoît XVI .Très intéressante. @ PaxetBonum : vous y trouverez une interprétation du début de la Genèse très intéressante !

PS 2 : vous évitez tous (y compris Mgr. Ratzinger) les questions relatives à la sexualité dans le mariage. Faut peut être relire la lettre de Paul VI (vita quelque chose) : j'avais compris en la lisant que la sexualité est toujours tenue par l'Eglise comme une composante principale du mariage : se refuser à son conjoint est un péché et sabote le mariage. Paul VI était (lui !) pleinement conscient que la procréation incontrôlée peut devenir un fardeau pour les familles et peut même entrainer les parents dans un péché de négligence des enfants. C'est pourquoi la contraception naturelle est permise aux catholiques : la sexualité non procréative est permise (et même recommandée) aux catholiques.

PS 3 : Les femmes ont toujours travaillé (cf Marthe), y compris à la défense (Judith, Jeanne d'Arc, ...), et elles ont toujours fait les enfants. Comme environ une femme sur trois mourrait en couches avant le 18è, les hommes ont toujours été (et sont toujours) capables de s'occuper des bébés. Notre société n'est pas idéale mais c'est aussi à nous de l'améliorer.

PS 4 : Les Femens sont des c... et alors ? Est-ce que toutes les femmes sont obligées d'être super intelligente et très raisonnable pour arriver à l'égalité avec les hommes qui sont eux si responsables et généreux ? Et si galants qu'ils se lèvent toujours dans le métro pour laisser s'asseoir les femmes enceintes ?
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prodigal
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Re: Sur le féminisme

Message non lu par prodigal »

Il me semble important, pour éviter de stériles disputes, de distinguer deux féminismes.
Le premier défend les femmes contre les hommes. Il est à la fois le plus spectaculaire et le moins répandu. Il est clair, par exemple, qu'un tel féminisme ne peut être qu'opposé au mariage, censé perpétuer la domination masculine. La religion catholique sera également considérée par lui comme un facteur d'oppression, en tant qu'elle est une religion de mâles dirigée par des mâles.
Mais il existe aussi un féminisme qui échappe aux reproches adressés au précédent, un féminisme qui défend l'égalité de l'homme et de la femme, en tant que bénéfique à tous deux. S'il défend d'abord les femmes, c'est tout simplement parce que ce sont elles qui ont le plus besoin d'être défendues, et qui sont victimes, trop souvent, de la violence masculine (et tout particulièrement de violences sexuelles).
Rejeter ce féminisme-ci, cela revient à dire soit que l'oppression des femmes n'existe pas, soit qu'elle est une bonne chose, ce qui me paraît dans les deux cas intenable.
Et pour reprendre le même exemple, il est clair que ce féminisme n'est pas opposé au mariage, puisqu'il peut être le lieu où se réalise l'harmonie du couple, pourvu que le mari soit respectueux de sa femme, conformément à l'enseignement de l'Eglise.
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Re: Sur le féminisme

Message non lu par Kerniou »

Le féminisme est compatible avec notre religion quand il veille au respect des droits des femmes. mais les droits de femmes ne doivent pas se défendre par une opposition militante aux hommes. Les hommes ne sont pas nos ennemis !
Les hommes sont nos pères, nos maris, nos fils ! Nous établissons avec eux des liens d'amour, pas de haine !
Certaines femmes ont vécu des drames épouvantables avec ces hommes de leur entourage qui se sont mal comportés avec elles et vouent à la gente masculine une haine sans fin.
Pour moi, le féminisme se vit avec les hommes pas contre eux. L'égalité des droits ente hommes et femmes me semble aller de soi et ne contrarie en rien le message de l'Evangile. Seul, Saint-Paul donne des recommandations de son temps !
Jésus s'est-t-il montré, une seule fois dévalorisant à L'égard es femmes de son entourage et des femmes en général ?
_ NON !
IL est vrai que la mariage, la famille qui sont, en principe, des lieux d'amour et d'épanouissement peuvent de transformer en lieux de souffrances ... tenues secrètes. C'est à ces situations là, qu'elles ont tendance à généraliser, que les féministes vouent tout leur agressivité et leurs diatribes ... Il est vrai, que dans le silence, de nombreuses femmes ont beaucoup souffert de manque d'amour et de la domination de leurs pères, maris, frères et fils ...
Fort heureusement, ce n'est pas la règle générale !
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Kerniou
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Re: Sur le féminisme

Message non lu par Kerniou »

Je découvre votre message et je suis tout à fait d'accord avec vous, Prodigal .
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Re: Sur le féminisme

Message non lu par Relief »

Retour à la réalité pour l'idéologie féministe et le "jouir sans entraves" de Mai 68

Le Figaro de ce jour

Forte hausse des infections sexuellement transmissibles

Les chiffres d’infections à gonocoques (la «chaude-pisse») sont éloquents: «Entre 2013 et 2015, le nombre de gonococcies, a augmenté d’environ 100 % chez les HSH (hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes, NDLR), de 32 % chez les femmes hétérosexuelles et de 8 % chez les hommes hétérosexuels», soulignent les auteurs du BEH.

Le doublement des cas répertoriés concernant les HSH est particulièrement inquiétant, d’autant qu’ils constituent les deux tiers des infections recensés et qu’ils ne concernent pas que les gonocoques. On observe en effet la même tendance pour d’autres maladies bactériennes, notamment la syphilis, dont la résurgence en France date de 2000, ou les infections rectales à Chlamydia.

La suite ici : http://sante.lefigaro.fr/article/forte- ... smissibles
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