Si je puis me permettre d'apporter mon regard de non-chrétien...
Dieu, tout le monde ne s'accorde pas sur son existence, sa nature, ce qu'il a fait, ce qu'il a révélé, etc.
En revanche, l'amour, la justice, sont des valeurs partagées par un bon nombre d'individus ou du moins que de nombreux individus sont susceptibles de pouvoir partager (qui préfèrerait être haï qu'aimé ? qui préfèrerait que l'on se comporte de manière injuste que juste à son endroit ?).
L'au-delà, tout le monde ne s'accorde pas sur son existence, sa nature, et cela vient de toute façon après la mort.
Le besoin d'amour et de justice est déjà réel dès ici-bas, maintenant. Se convertir sur son lit de mort et léguer sa fortune aux bonnes oeuvres, c'est bien. Agir dès maintenant pour fonder la civilisation de l'amour et de la justice, c'est mieux, avec ou sans la foi. Si Dieu existe, et s'il est juste et miséricordieux, il tiendra certainement grand compte des actes d'amour de l'incroyant et le sauvera quand même, tandis qu'il réprimandera sans doute assez vertement le croyant qui n'aura pas mis en pratique sa foi... A la limite, un incroyant juste et aimant est quelque part plus méritant car il ne fonde pas son action sur la crainte d'un jugement divin, et pourrait au contraire être conduit à un certain désespoir qu'il va devoir combattre. En revanche, un croyant qui ne pratiquera pas l'amour et la justice alors qu'il pense qu'on lui demandera des comptes après la mort, et que sa religion commande d'aimer son prochain comme soi-même et promet le Royaume de Dieu sur Terre, est plus que déméritant, il est inconséquant !
Donc sur un certain plan, que je qualifierais de "pastoral", la priorité n'est pas Dieu, mais bel et bien l'amour et la justice. L'Eglise catholique se veut universelle par son étymologie. Eh bien, elle doit donc avoir un discours qui est universel, qui touche les gens en leur conscience, qui aille les chercher là où ils se trouvent, qui fasse un bout de chemin vers eux (mince alors, je me mets à parler comme un prêtre
Bien cordialement,
Mikaël



