Le Communautarisme

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Christian
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Bonsoir Franck,
Songeons ainsi au peuple d'Israël qui dut attendre près de deux millénaires pour être de nouveau réuni sur son territoire. Ce peuple a certes changé structurellement au cours des deux derniers millénaires du fait des conversions et des différents métissages qu'il opéra avec d'autres peuples, toutefois la culture juive survécut car le lien national unissant les Juifs ne s'est jamais distendu.

J'ai ainsi été frappé durant mes périples au Liban et en Syrie de rencontrer des personnes ignorant tout de nos beaux principes individualistes au point de me considérer comme l'un des leurs, de m'inviter à dîner chez eux et de me présenter leurs familles et amis alors qu'ils ne me connaissaient quasiment pas. Pourquoi agissaient-ils ainsi? Tout simplement parce qu'ils savaient que je descendais de la même nation qu'eux et qu'en somme, un même sang coulait dans nos veines.
En suggérant dans mon précédent message que nos positions étaient proches, je n’osais espérer que vous abonderiez si résolument dans mon sens. Le peuple juif est l’exemple manifeste d’un peuple qui s’est passé de territoire en maintenant son identité— alors qu’à l’inverse, un même territoire peut porter plusieurs peuples et cultures. Vous l’avez constaté au Liban.

Heinrich Heine le disait : ‘La Bible est une patrie portative.’ Et portatives, toutes les patries aujourd’hui le deviennent.

Cordialement

Christian


Ce n'est pas parce que nous serons moins français que nous serons plus humains
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Renaud
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Très bien vu Karol W, c'est tout à fait exact. D'ailleurs, le "modèle anglo-saxon" est l'un des plus trompeur qui soit (car séducteur) et le monde contemporain, qui s'était mis à son école depuis 2 à 3 siècles, porte de partout les stigmates affreux de cette tricherie y compris sur le plan philosophique et même religieux. L'Evangile dit: "vous les reconnaîtrez à leurs fruits" Et bien nous les reconnaissons tout à fait.

En cette Fête de l'Immaculée Conception

Renaud
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Nanimo
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Re: Le communautarisme

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Je reprends cette conversation, car je crois de moins en moins à la survie des communautés ethnoculturelles telles qu’elles existent aujourd’hui.

Comme on pouvait s'y attendre, toutes les communautés d’origine européenne commencent à s’affaisser en Amérique du Nord, Australie et Nouvelle-Zélande, car elles ne sont plus alimentées d’Europe. Il est facile de voir que les enfants issus de l’immigration européenne, nés ici, affaiblissent ces communautés : ils se marient en majeure partie à l’extérieur et s’en vont grossir les rangs de la communauté nationale. Quand à la communauté culturelle de leurs parents, elle s’effrite, non seulement parce qu’elle est délaissée par les enfants, mais aussi parce que son référent est ailleurs et que la réalité est ici.

Quant aux communautés confessionnelles et culturelles, elles semblent être plus solides, mais le sont-elles réellement? Elles ne sont pas particulièrement imperméables, puisque les enfants apprennent la langue du pays – enseignement obligatoire -, même s’ils fréquentent une école confessionnelle. De là, la communauté n’est plus réellement fermée, elle est forcément vulnérable aux influences. Certaines communautés juives en Amérique du Nord sont traditionalistes et ne fréquentent pour ainsi dire pas l’extérieur (elles ont leurs écoles, leurs quartiers, services, etc.), sans toutefois être absolument fermées au monde moderne. S'il est inutile de leur téléphoner le samedi, il n'en reste pas moins qu'ils ont le téléphone. Toutefois, la plupart vivent à peu près comme tous les membres de la communauté nationale et parmi eux, la différence étant qu’une proportion fréquente la synagogue plutôt que l’église et que leurs fêtes sont différentes. On peut prévoir une évolution semblable pour la plupart des autres communautés confessionnelles.

C’est là où le cas des Mennonites traditionnels qui refusent le téléphone, la télé, etc. retient l’attention. C’est le cas le plus radical de traditionalisme. Leurs communautés sont entièrement autonomes : pas de modernisme. Par ailleurs, on y parle un dialecte pratiquement perdu (probablement suffisamment d'anglais aussi pour vendre des citrouilles). Ce n’est pas la seule raison de leur survie à mon sens : il y a surtout le fait qu’ils sont acceptés et respectés, du moins en Amérique du Nord. Je ne sais trop si c’est en raison de leur sens moral, leur non-violence, leur mode de vie ou tout à la fois, mais ce que je sais c’est que si le pétrole nous lâche, je pars à pied – et vous connaissez les distances par ici – m’installer pas trop loin d’une de leur communauté pour apprendre comment survivre.

Résumons-nous, pour qu’une communauté survive elle doit être absolument autonome et, dans le même temps, acceptée :
- pas de modernisme
- parler un dialecte perdu
- avoir un solide sens moral? Pratiquer la non-violence? (À fouiller.)

Ça fait un paquet de conditions et pas des plus faciles.:siffle:
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Christian
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Re: Le communautarisme

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Bonjour Nanimo,
:)

L’existence n’est pas la fixité. J’existe aujourd’hui et je suis bien différent de celui que j’étais il y a 20 ans. Le raisonnement vaut pour toutes les collectivités, pensez à la France, la Chine, l’Eglise catholique ou votre club de football d’il y a 100 ans et maintenant.

Refuser de se transformer, n'est-ce pas refuser de grandir ? Se retirer du monde, c’est ne rien lui apporter. Les Amish et les Mennonites les plus fondamentalistes (il en est d’autres mieux intégrés à notre société) n’apportent rien à notre monde. Comme vous dîtes, ils ne vous seraient utiles que si une catastrophe vous privait d’électricité et de carburant, mais cette catastrophe serait d’une telle ampleur qu’elle affecterait leur vie aussi, par des radiations, par une épidémie ou une invasion.

Il n’est qu’un seul monde, celui magnifique, exaltant, débordant de vitalité, violent parfois, mais en marche, et qui nous appelle. Vivant, on ne lui échappe pas. Plutôt que de mettre mon unique talent en terre et rejoindre les Mennonites, je préfère prendre le risque de faire fructifier ce que j’ai reçu, partager mes dons, recevoir des autres, et faire confiance à l’Esprit.

Je crois :incertain: que c’est un meilleur moyen de défendre ma culture et ma communauté.

Que faire d'autre que le croire ?

Bien à vous

Christian



Chaque arrivée sur cette planète est un nouveau départ
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Souricette
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Des identités (créant des sortes de castes ) et non une identité française commune sur laquelle tous pourraient se retrouver.
« Une France où l'on serait blanc, noir ou arabe, chrétien, juif ou musulman – éventuellement athée – avant d'être français. Bref, une France de l'apartheid ».
(Daniel Lefeuvre)
En croyant à des fleurs, parfois on les fait naître.
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Re: Le Corporatisme

Message non lu par Christian »

non une identité française commune sur laquelle tous pourraient se retrouver.
Oui, c’est sans doute sur ce point que nous nous trouverons en désaccord.

Il existe une identité française, pour sûr, mais elle n’est plus liée au territoire. Je me considère aussi bon Français que n’importe quel Auvergnat, et voilà des lustres que j’ai quitté la France. Mes enfants n’y ont jamais vécu. Ils sont pourtant français eux aussi, avec une autre composante. J’habite à Londres, je parle la langue comme un indigène, j’ai mon boulot ici, je suis complètement intégré à la vie londonienne, jamais je ne serai britannique.

Et je ne vois pas pourquoi nous insistons tant pour que des Algériens deviennent français, ou des Pakistanais anglais. Qu’ils prennent un passeport, soit, parce qu’il est plus commode de voyager avec celui de la France que celui de leur pays, mais de même que je ne renoncerai pas à ma culture et que j’ai tout fait pour la transmettre à mes enfants (école française, abonnements à des petits journaux français, retours fréquents au pays…), je comprends tout à fait que des familles ne souhaitent pas l’assimilation à leur pays d’accueil. Pourquoi l’exiger ? On s’en fiche totalement. Il est dans l’intérêt même de l’immigrant de parler couramment la langue locale, de trouver un travail, et presque tous le feront. Pour le reste, nous voulons d’eux ce que nous voulons de tous les êtres humains, chez nous comme chez eux : qu'ils soient pacifiques et honnêtes.

Aucun phénomène de castes ici, qui implique une hiérarchie. Celle-ci ne pourrait d’ailleurs se maintenir que si elle était enchâssée dans la loi. Or il s’agit justement, comme vous le demandiez vous-même, de faire reculer le domaine législatif pour faire place aux relations choisies, vécues, authentiques, pour recréer du lien social et non plus administratif.

La civilisation agricole, née au néolithique, est finie. Nous sommes déterritorialisés. Ou pour regarder le phénomène positivement : nous sommes enfin sortis du servage. Nous n’appartenons plus au maître qui régnait sur un territoire. Voilà une bonne nouvelle.

Cordialement

Christian


Nous portons des chaînes, bien que l'œil ne les voie pas,
et nous sommes esclaves bien qu'on nous appelle des hommes libres.

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Bonsoir Christian,
Christian a écrit :Pourquoi l’exiger ?

Pour le confort moral que procure la vie au sein d'un espace géographique culturellement homogène où l'autre demeure dans une certaine mesure un semblable. Il va bien évidemment de soi que la diversité culturelle n'est pas nécessairement mauvaise, un pays comme l'Argentine en est la preuve éclatante, toutefois il faut pour cela que cette diversité se borne à des usages folkloriques -la langue, par exemple. Je suis nettement moins enthousiasmé par les sociétés multiculturelles accordant une place importante à diverses religions. A fortiori lorsqu'il s'agit de sociétés initialement chrétiennes où la coexistence avec l'autre ne peut se faire qu'au détriment de la vocation universelle de la religion chrétienne. Il s'agit ni plus ni moins de rattacher votre communautarisme à une réalité territoriale afin de lui assurer une pérennité.

En Christ,
Franck
Nous ne sommes rien, c’est la condition préalable pour que nous ne soyons fermés à rien ni à personne.
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Souricette
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Re: Le communautarisme

Message non lu par Souricette »

Cher Christian,

En développant ce que Christophe appelle le corporatisme, on crée une unité entre les personnes vivant dans un même immeuble, un même quartier, une même ville, fréquentant une même paroisse, une même école, etc. On crée donc une identité commune puisque les intérêts sont convergents, que chacun se préoccupe de son voisin, etc. Je ne suis pas d'accord avec l'idée qu'une vie de village soit réductrice pour la formation d'un enfat. L'enfant a besoin de grandir dans un univers à sa mesure, dan slequel il a des repères, et dont les dimensions sont humaines. Qu'il ait en outre la possibilité d'avoir un horizon élargi par tous les moyens modernes, très bien, mais à condition que son cadre quotidien soit humain dans ses dimensions et les relations qui s'y tissent.
En croyant à des fleurs, parfois on les fait naître.
(Edmond Rostand)
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Re: Le Communautarisme

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Bonsoir Souricette,
En développant ce que Christophe appelle le corporatisme, on crée une unité entre les personnes vivant dans un même immeuble, un même quartier, une même ville, fréquentant une même paroisse, une même école, etc. On crée donc une identité commune puisque les intérêts sont convergents, que chacun se préoccupe de son voisin, etc.
On ne crée pas cette ‘unité entre personnes’ à laquelle vous aspirez. Elle existe naturellement. Il suffit de ne pas l’étouffer. Lorsque toutes les activités humaines, logement, santé, éducation, mariage, vie associative, entreprises, solidarités, etc., sont régulées et administrées par les hommes de l’Etat, quelle motivation avons-nous d’aller vers le voisin, vers les autres parents d’élèves, vers les habitants du quartier ? Quoi, jouer à la pétanque ? ou au bridge ? Nous n’avons plus rien à décider ensemble, tout est décidé pour nous dans les locaux encombrés de paperasses d’une administration grise.

Supprimez les initiatives et les contrôles bureaucratiques, et vous verrez les gens plongés dans le bain s’auto-organiser, d’abord par nécessité, et ensuite par goût de la responsabilité, participer, trouver l’engagement qui convient aux compétences et aspirations de chacun et renouer le lien social naturel — le regard non plus tourné servilement vers le haut, mais fixé à hauteur d’homme et de femme.

Comme il se doit.




Les grands de ce monde ne nous apparaissent grands
que parce que nous sommes à genoux
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Souricette
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Re: Le Communautarisme

Message non lu par Souricette »

Ca, c'est bien parlé ! :oui:
En croyant à des fleurs, parfois on les fait naître.
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Re: Le Communautarisme

Message non lu par Christian »

Bonsoir Franck,
Pour le confort moral que procure la vie au sein d'un espace géographique culturellement homogène où l'autre demeure dans une certaine mesure un semblable. […] Je suis nettement moins enthousiasmé par les sociétés multiculturelles accordant une place importante à diverses religions.
L’ouverture des frontières est irréversible. Elle procure trop de bénéfices pour que nous mettions fin à ses effets secondaires. La division internationale du travail, l’abaissement relatif des coûts des voyages, le développement et la gratuité des télécommunications, la création de réseaux transnationaux à travers internet, les études à l’étranger, etc. vont accélérer pour longtemps encore la cohabitation dans nos villes d’hommes et de femmes venus d’ailleurs et qui ne rechercheront pas l’assimilation.

Londres est le prototype de cette ville-monde. C'est pourquoi j'ai choisi d’y habiter.

L’expérience de cette mixité culturelle n’est pas inédite. Depuis la haute Antiquité, des populations dissemblables ont vécu côte à côte en bonne intelligence. Alexandrie est un exemple probant. Venise avait des quartiers turcs, allemands, slaves, juifs (celui-là s’appelait le ghetto et le nom a fait florès).

Toutes les villes des empires austro-hongrois et ottomans au 19ème siècle étaient largement multiculturelles. Dans la même Prague, au cours des mêmes années, le juif Kafka écrivait en allemand et Jaroslav Hasek en tchèque. Il faut lire de merveilleux ouvrages comme le récit de Gurdjief Rencontres avec des hommes admirables et le roman Ali et Nino de Kuban Said (nom de plume d’un Juif allemand de Bakou — mais voilà le multiculturalisme) pour découvrir la coexistence ma foi paisible des populations, langues et religions, dans l’Europe orientale d’avant 1914.

Le conflit ne vient pas nécessairement de la mixité culturelle, comme ces exemples historiques le montrent. Et inversement, l’uniformité des populations n’est pas un gage de paix. Au contraire. Elle favorise les discours nationalistes et les levées en masse. La difficulté que nous rencontrons aujourd’hui consiste à accueillir des étrangers, qui culturellement le resteront, au sein d’institutions conçues pour une population homogène.

Nos Etats modernes sont structurés comme des « Etats-nations démocratiques ». Les empires se souciaient peu de la langue, de la religion et des mœurs des habitants, tant qu’ils vaquaient paisiblement à leurs occupations et payaient l’impôt. Nos Etats modernes ont d’autres ambitions. Ils s’occupent d’écoles, d’emplois, de mariages, de logements, d’abattoirs, ils passent des « lois sociales », ils décident qui peut émettre à la radio et à la télé, comment les lycéens doivent s’habiller partout dans le pays, quels sont les jours de congé, quelles fêtes religieuses sont célébrées, quels bâtiments ont le droit d’être construits, etc. Pas facile pour les lourdes bureaucraties chargées de tant de responsabilité d’accommoder la diversité.

En plus, en plus, nos Etats sont démocratiques. Puisqu’il est admis qu’ils se mêlent de tout, le groupe qui détient la majorité décide de tout pour tout le monde. L’enjeu est immense. On comprend que les minorités qui tiennent à leur langue, leurs coutumes, l’éducation de leurs lardons, et leur sécurité soient peu rassurées.

Il va falloir réinventer nos institutions. Retrouver les recettes des empires multinationaux et les adapter à la modernité libérale. Je ne sais pas si « l’espace culturellement homogène » que vous préférez m’est nécessaire. J’ai habité trop longtemps à l’étranger sans doute. Mais cet espace, vous le trouverez. Laissés libres, les gens se regrouperont par affinités, dans des quartiers, voire des villes entières. Micro-pays, qui ne seront pas séparés par de stupides barrières douanières, où chacun pourra s’installer et d’où chacun pourra sortir.

L’essentiel pour moi, comme pour tout le monde, est un espace sûr, où je peux me promener la nuit, ouvrir ma porte aux inconnus, faire confiance à l’honnêteté et à la ponctualité des fournisseurs. Je l’ai souvent écrit ici, l’assimilation est un concept politique qui n’a de pertinence que pour les Etats ; ce qui nous importe à nous, les voisins, les usagers, les clients, les collègues, c’est la sociabilité.

La page de l’Etat-nation est tournée. Célébrons un nouveau chapitre, post-national, de l’évolution de la conscience humaine.

Bien à vous

Christian




— Notre très ancienne tradition, que nous devons respecter, expliqua le noble Hindou, veut que la veuve d’un homme de haute caste se jette dans le bûcher funéraire de son mari.

— Nous avons aussi une tradition, répondit le général anglais. Nous pendons haut et court tous ceux qui sont complices de la mort d’un innocent. Suivez votre tradition, nous suivrons la nôtre.
Renaud
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Re: Le Communautarisme

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AVE MARIA

Je suis d'accord avec vous (Christian et d'autres) au sujet des empires multinationaux, les exemples de l'Empire Austro-Hongrois et de l'Empire Ottoman sont unanimement regrettés. Entre autres, par les hstoriens, historiens remarquablement de tous bords, ou peu s'en faut. Ces empires constituaient des structures équilibrantes et fécondes en bien des points qu'ils serait trop long de traiter ici. Les communautés, pour l'essentiel, y vivaient sans trop de heurts. Ces empires restent des modèles historiques remarquables sur de nombreux plans.

Ce n'est nullement le cas de l' "Europe" brusello-strasbourgeoise. Cette "Europe" marchande et financière issue du projet anglo-saxon qu'aucune "entité européenne" ne se forme et de créer à la place, de façon technocratique, un espace marchand et financier homogène. Le fidéicommissaire en tête de ce projet anglo-saxon fut Jean Monnet. Toute sa vie, Jean Monnet, internationaliste et mondialiste s'il en est, a été un serviteur zélé de la haute finance de la "City". La "City" étant, historiquement, le principal élément des forces financières mondiales dont cette "Europe" brusello-strasbourgeoise est issue. Ce sont ces "forces" qui abattirent les grands empires centraux d'avant 1914 et dont les sociétés secrètes étaient et sont les "relais". Et ce sont ces forces qui "dirigent le monde" aujourd'hui.

Le résultat est l'anéantisement des nations (dans ce qu'elles avaient de bien et de pas bien, dit ici succintement). C'est à dire, transformer et mettre les nations au seul service "domestique" des empires financiers transnationaux apatrides et anonymes, et ceci, sous des "formalités démocratiques" rabâchées ad nauseam qui finissent de nous crétiniser. Voici, à présent, les nations (1) soumisent et insipides devenues de simples concièrges, portiers, ou gardiens d'immeubles d'un gouvernement bancaire apatride mondial qui fait, partout, les questions et les réponses... en s'appropriant progressivement le monde entier (je résume rapidement, mais c'est la vérité et la réalité actuelles).

C'est ainsi que la question du communautarisme émerge, car la communauté est une entité naturelle, les réponses sont à trouver dans les attitudes et les actes. Mais il n'y a pas de normes, ni de manuel à suivre pour "gérer" le communautarisme qui se déploie, ou se redéploie ici et là. Les empires cités plus haut étaient truffés de communautés et ils durèrent ainsi des siècles en formant un ordre qui ne se référait pas aux philosophies des Lumières, donc d'hommes conditionnés, mais se prenant pour "cause d'eux-mêmes", mais un ordre qui se référait à une transcendance extérieure à nous mêmes et qui vient donc de plus haut que nous ici bas. L'ordre de ces empires n'encombrait à peu près personne et la créativité y était grande. Ce fut le cas de l'Empire Austro-Hongrois. Ce fut aussi le cas, à une bien plus petite échelle, au Liban où des villages comportaient, par exemple, une rue musulmane, une rue chrétienne, une rue juive, et cela dura des siècles. Les communautarismes ne sont que la résurgence d'entités naturelles qui se déploient naturellement quand on a voulu les réduire, voire les anéantir; bien sûr, ces communautés peuvent nuire à d'autres, mais c'est bien là où la Justice doit passer, rien que la Justice.

Mais à présent, il n'y plus d'entités inspirées par une force spirituelle, mais par l'argent tout puissant. Il suffit de relire le "Manifeste du parti communiste" de Marx et Engels pour saisir l'identité de la haute finance mondiale et de ce que fut et reste le marxisme. La boucle est bouclée entre ces deux. En effet Marx ne s'en est pris essentiellement qu'à la propriété privée des moyens de production et au processus d'exploitation de classe en découlant, et il a complètement occulté le monde de la finance et ses plus values énormes volées aux usagers. En effet, "son monde" à lui, Marx, est de la MÊME essence que celui de la haute finance mondiale apatride, l'Impérialisme international de l'argent si bien stigmatisé par le Pape Pie XI dans son encyclique Quatragésimo-Anno, qui pointa ainsi le début du mondialisme. En résumé, on a là, avec la haute finance et le marxisme, deux pôles fondamentaux qui s'identifient (même s'ils ne le disent pas) base de la dialectique qui détruit et dissout le monde.

Mais, attention, car ce n'est pas nécessairement le libéralisme pur jus, ou même un autre libéralisme, qui pourrait règler cette question du communautarisme. Car le libéralisme, comme tant d'autres "partis", fait le lit et favorise l'extension, partout, du pouvoir financier apatride. Le libéralisme est un "isme" parmi les autres et comporte forcément les prétentions et les point aveugles de tous les "ismes", donc des erreurs funestes possibles sorties de cervelles humaines. Les exemples historiques surabondent. La dialectique qui s'y développe, comme dans les autres "idéologie", finit par dissoudre l'objet qu'elle veut traiter pour son "bien". D'un autre côté (mais c'est du même côté) les banquiers nous disent: "nous voulons votre bien, et nous l'aurons..."

L'exemple et le modèle de la vie biologique elle même est à méditer. J'ai déjà cité cet exemple assez souvent ici et là. Par exemple, le modèle biologique de la cellule vivante. Celle-ci se développe PARCE QU'elle a une PAROI qui lui permet, justement, d'échanger avec tout son environnement. C'est cette paroi qui est la condition de sa bonne santé et de sa saine vigueur. Enlevez-lui, ou trafiquez-lui sa paroi, et la cellule s'étiole et meurt, ou est dénaturée. Il en est de même dans les composantes de la société, les sociétés entre elles, les provinces, les pays, les nations, certaines cités, des continents, etc. Ni fission, ni fusion à opérer parmis eux. Le modèle libre échangisme (sur tous les plans bien nommé!) est néfaste aux sociétés. Il produit l'effondrement interne des défenses immunitaires et l'exposition, sans défenses internes et encore moins externes à tous les germes de maladies dont le passage est ainsi favorisé avec toutes les conséquences que l'on sait. On le constate dramatiquement partout, le modèle biologique, ainsi d'ailleurs que le modèle physique (au sens de la science de la physique) ainsi que le modèle énergétique, ne sont pas pris en compte dans les politiques et les cerveaux des hommes. C'est l'entropie qui est accélérée dans maint domaines essentiels à la fécondité et la créativité.

À l'échelle non communautaire, les États-Unis, qui sont de plus en plus aux prises avec l'Asie, étaient devenus (historiquement après l'Angleterre) le principal bras exécutif de ce gouvernement bancaire mondial dont le libéralisme erratique est le cheval de Troie par la tromperie et l'entropie qu'il génère à haute dose sur le monde (ce fut le cas particulier de la 2ème moitié du XXème siècle dans le monde); actuellement, seule l'Asie semble se détacher et s'opposer à ce gouvernement bancaire constitué historiquement par l'axe financier Londres - New-York et dont les "ratés" du "moteur américain" annonceraient que sa "toute puissance" invisible, mais omniprésente, toucherait à sa fin (2). Affaire à suivre. Mais, évidemment, sortir d'un impérialisme nord-américain pour subir, à son tour, un impérialisme asiatique ne serait sûrement pas mieux, même si, au début, le changement de forme de l'impérialime pourrait nous "distraire" un moment. Disons ainsi pour faire court, mais vrai.

Comme je l'ai déjà écrit plusieurs fois ici et là, au slogan marxiste: "Prolétaires de tous les pays, unissez-vous!" répond, en écho, plus d'un siècle après ce slogan que j'invente pour la cirsconstance: "Riches du monde entier, vous êtes unis dans la République universelle de l'argent-dictateur, le monde est à vous!".

Christian a écrit:
""(...) célébrons un nouveau chapitre, post-national, de l'évolution de la conscience humaine"" Attention, ça sent la phraséologie marxiste. Beau résultat!...

(1) à l'histoire copieusement discrétitée par tous les médias aux ordres et payés par ces forces financières

(2) les crises au Moyens-Orient élargi pourraient le fossoyeur de l'axe financier Angleterre-USA et sa politique ravageuse sur le monde de plus en plus visible

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Christian
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Re: Le Communautarisme

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Bonjour Renaud,

Que vous le vouliez ou pas, cette mondialisation économique que vous dénoncez est notre avenir. Pourquoi ? parce qu’elle nous est nécessaire, à vous comme à moi, aux riches comme aux pauvres, et surtout aux pauvres. Pourquoi encore ? parce que manufacturer une automobile par des Français pour des Français, est inepte si nous voulons que ce produit (i) soit suffisamment bon marché pour être accessible à tous (ii) incorpore les technologies les plus avancées pour la sécurité, l’environnement, etc. Les Français ont des idées, mais ils ne peuvent pas tout inventer.

Ce qui est vrai de l’automobile l’est de tous les produits. De la pharmacie à l’aéronautique, du textile aux engrais, de la science à la sculpture, il faut penser planétaire pour exister. Nous sommes une seule humanité.

Mais si notre pensée et notre action sont catholiques, c'est-à-dire universelles, notre vie, notre famille, notre culture, s’inscrivent localement. J’habite la langue française. J’en parle d’autres, je suis même payé pour écrire en anglais, mais aucune musique ne me donnera autant d’émotion que celle des vers de Racine. Je me sens chez moi dans le parc de Versailles (ce monstrueux éléphant blanc qui a ruiné politiquement la France) ; je vibre au récit d’Austerlitz (ce coup de génie d’un monstre d’ambition qui a saigné mon pays). Mes enfants sont nés et ont été élevés à l’étranger, je n’ai jamais cessé de leur répéter qu’ils étaient français. C’est pourquoi je sympathise totalement avec les Maghrébins, les Africains, et autres immigrés qui n’en ont rien à cirer de l’assimilation.

(Et je respecte tout autant, bien sûr, ceux qui s’intègrent dans une autre nation, comme le fait un de mes enfants).

Cela pour dire que nous ne sommes pas déterminés par une culture, mais quoi que nous fassions, nous en avons une, soit que nous en ayons accepté l’héritage, soit que nous l’ayons délibérément acquise. Et il n’existe pas, ni n'existera jamais, de « culture mondiale », de « langue mondiale », ni de « politique mondiale ». Encore moins, de « gouvernement mondial ».

L’économie, mondiale, est donc découplée de politiques et de cultures qui ne le sont pas. L’économie s’est affranchie, enfin, des caractères tribaux, nationaux, comme l’a fait le catholicisme dès l'origine, comme l’a fait la science dès le 19ème siècle, comme l’ont fait la technologie, l’architecture, de nombreux arts et de nombreux courants de pensée depuis (vous avez raison : le marxisme en est un, le libéralisme et le féminisme en sont d’autres).

Personne, j’espère, n’est gallican aujourd’hui, ni n’aurait l’idée de rejeter une invention parce qu’elle n’est pas française, ou une philosophie parce qu’elle n’a pas été pensée à la Sorbonne, ou une monnaie parce qu’elle a été émise par un institut étranger. Il est tout aussi stupide (mais notre président et d’autres ne l’ont pas encore compris) de nous interdire d’acheter un produit parce qu’il est fabriqué ailleurs.

Cordialement

Christian


Si les biens ne traversent pas les frontières, les soldats le feront.
Frédéric Bastiat
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Re: Le Communautarisme

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Je suis parfaitement conscient de ce qui est. C'est à dire la globalisation généralisée, non seulement économique, mais sur d'autres plans. À l'instar de Jacque Attali, l'on voit bien que le tandem: sédentarisation-nomadisme penche nettement vers le nomadisme. C'est ainsi. On voit clairement que les tenants de la globalisation cultivent LEUR rentabilité hyper mobile au détriment, de toutes façons, des pays, des gens majoritaires et de la planète. Le nombre de milliardaires, ou millionnaires en euros et dollars ne cesse d'augmenter. Mais leur nombre, leur solvabilité, leur capacité supérieure en pouvoir d'achat, bien que spectaculaire, est dérisoire, ce qui brouille les cartes de compréhension saine de cette situation tellement les médias égarent notre jugement malgré le quotidien qui devrait nous ramener à plus de raison. Avant la nomadisation, alias mondialisation ou globalisation, les pays et les nations (il y a une petite différence entre ces deux) devraient pouvoir cultiver, dans toute la mesure possible de leurs ressources, la mise en valeur souveraine de ce qui, jusqu'à nouvel ordre, est sensé leur appartenir, avant de pouvoir, sans dépendance, participer au "banquet planétaire". Bien sûr entre la Chine (je crois avec 1,3 milliards d'habitants) et, par exemple, le Nicaragua (environ 5,5 millions d'habitants), il n'y a aucune commune mesure ni comparaison possible. Simplement, la "capitalisation mondiale"offre tellement d' "opportunités" dans cette ouverture généralisée (alias entropie généralisée) que rien n'y résiste. Ni les gouvernements des pays pauvres qui semblent n'avoir prise sur rien, la corruption, largement inaugurée et cultivée par les riches de la planète depuis les "indépendances" des anciennes colonies, ronge l'écrasante majorité des pays pauvres et la globalisation semblerait les "achever"... Je ne parle même pas des difficultés énergétiques qui pointent leur nez de partout dû à la très forte demande exponentielle d'énergie. Exemple parmi des centaines d'autres, les immatriculations nouvelles de camions poids-lourds, rien qu'en Europe, sont d'environ 200 000 par an, le trafique maritime explose de partout, les chantiers navals sont débordés. Tout ceci est très bien, et qui s'en plaindrait parmi ceux que cela permet de travailler et d'avoir des revenus? Mais tout ceci est la cerise sur l' "iceberg". Car, quoiqu'on en dise, lorsque les écarts se creusent entre riches et pauvre, ne pas s'étonner des retours de flamme et de possible règlements de comptes de contentieux (exemple: Islam-Occident) anciens, ou de l'attitude des chinois pour la première fois (en dehors de leurs diasporas) hors de leurs grandes murailles.



Des textes d'auteurs catholiques, d'avant la chute du communisme (exactement: avant la chute de - ce - communisme) soucieux de cultiver les vérités évangéliques, et qui, pour le bonheur et la lucidité de ceux qui les lisent, montrant ainsi une très grande sûreté doctrinale catholique, stigmatisaient le socialo-communisme dont, historiquement, le libéralisme fit largement le lit, ces textes peuvent être relus aujourd'hui avec le grands profis il suffit de lire mondialisation ou glabalisation à la place de socialo-communisme et ces textes gardent leurs entières vigueurs. Le communautarisme serait plutôt l'inverse du socialo-communisme, alias la mondialisation ou la globalisation, philosophiquement s'entend. C'est là, à mon sens, un phénomène naturel qui resurgit naturellement en reprenant ses prérogatives non moins naturelles. Ce qui, sommes toutes, est parfaitement légitime. La République française de son côté, et ce qu'on peut nommer l'axe financier Londres - New-York, directeur du monde (axe sans doute sur sa fin ainsi que la République) ayant déchaîné des forces qu'il croyait maîtriser au premier coup de canon n'a fait que redynamiser les communautés naturelles de toujours des peuples qu'il croyait avoir "absorbé" ou "converti" à lses idées et comportements. Ainsi, par exemple, la société Fabienne (dont l'Angleterre fut le berceau) peut se résumer ainsi: parvenir, peu à peu, au socialisme mondial par les moyens du capitalisme non moins mondial, le tout sous vêtements démocratiques. C'est, à peu près, la politique "blairiste" (il paraît que Tony Blair se serait converti au catholicisme après son départ du pouvoir, puisse le catholicisme, s'il n'est pas trop frelaté à cette heure, l'éclairer. Peut-être aurait-il mieux valu qu'il se convertisse pendant son exercice du pouvoir, le Moyen-Orient, au moins, en aurait sans doute bénéficié...)

Mais tout ceci est affaire de riches. Statistiquement les riches vont toujours très bien, toujours et partout . À lire et entendre nos libéraux, la globalisation, affaire de riches, va nous rendre tous riches. Quel soulagement!

Mais au sujet du comunautarisme dans la mondialisation, je préfère laisser la parole à l'architecte et urbaniste Jean-gaston Bardet (1907-1989) dans son admirable ouvrage prophétique: - Demain, C'est l'An 2000! - que le gros demi siècle écoulé depuis sa parution (1950) confirme vraiment comme étant un ouvrage extraordinairement prophétique. J. G. Bardet, professeur international, qui ne cessa de sillonner le monde et fut en poste, un temps, en Amérique Latine. Grand connaisseur de l'essence d'Israël et pédaguogue affirmé dans le monde contemporain, pour discriminer, dans et par la mystique hébraïque, la Kabale de mort et la Cabale de Joie. Cette dernière étant réalisée dans le Nouveau Testament.

"Ne nous laissons pas impressionner par l'uniformité obligatoire des phénomènes de masse, bien au contraire. Les tentatives d'établissement d'un État universel ou d'une Paix universelle n'ont jamais été annonciatrices que d'un effondrement universel; ainsi que l'a démontré -A Study of History - d'Arnold Toynbee. Il n'y a d'unité que sur le plan de l'Esprit. Tout totalisme est aberration."

"Le monde est comme un navire transportant des boulets d'acier. Jadis les boulets étaient enfermés dans des barriques et soigneusement arrimés en fond de cale. Écoutant les philosophes, les marins (alias les gouvernements) ont supprimé les barriques et déchargés les boulets, en tas, dans la cale. Et maintenant, à chaque fluctuation économique ou politique, à chaque coup de roulis, les boulets roulent les uns sur les autres, et à chaque tengage, le mouvement pendulaire s'accentue, le bateau semble fou, incapable de retrouver sa stabilité, il va chavirer, il chavire!

Or nous savons que l'on n'a pu sauver des navires en perdition, à la coque trouée, que grâce à la fermeture des cloisons étanches...

Il faut un monde cloisonné, quoiqu'en disent les fonctionnairres internationaux et les philosophes qui rêvent d'une humanité mythique — falsification de la Communion des saints — aux applaidissements de la Mercante, qui sait qu'elle gagne gros, plus gros, toujours plus gros sur les grands nombres.

Il faut un monde cloisonneé, non certes par des cloisons étanches, mais par des
- écluses qui permettent le libre passage lorsque des niveaux comparables sont atteints (1)"
(1) (....)Le désordre de notre époque vient précisément de ce qu'on a abattu les cloisons et multiplié les couvercles, tout s'étale, se dilue et l'homme ne s'élève plus.
Cf. - Le Nouvel Urbanisme -

C'est axactement ce système d'écluses que demanda avec insistance le prix Nobel d'économie (1988) Maurice Allais. C'était trente huit ans après la parution de Demain, C'est l'An 2000 de J. G. Bardet.
Entre autres nombreux autres éléments toujours davantage d'actualité à ce jour qu'il seraient trop longs de citer ici.
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