Xavi a écrit : ↑mer. 02 févr. 2022, 19:18
Le péché contre l’Esprit me semble un rejet de Dieu Lui-même. De ce point de vue, il ne peut pas y avoir une version «
atténuée » ou «
dégradée » de ce péché car le «
dieu » qui serait alors rejeté ne serait pas réellement Dieu, mais une notion humaine faussée.
À cet égard, la réponse d’Arnaud Dumouch me semble la seule possible.
C'est pourquoi il l'a faite et si c'est un des piliers de sa thèse, c'est parce que la logique sera sur ce point son soutien.
Mais ce n'est pas la doctrine de l'Eglise. Parce que l'homme n'est pas un ange et que rien en lui n'a une valeur aussi définitive ici-bas. Sans quoi il n'y aurait pas l'obligation de ne pas juger de la damnation d'un évident salaud (mettez ici qui vous voulez, Hitler est souvent évoqué de nos jours) : ce n'est pas parce qu'il serait évidemment damné ni une question de "for interne", de trésors de bonté enfouis et refoulés, cachés, mais cela tient seulement à la possibilité toujours hypothétique d'une conversion, tant qu'il ne sera pas mort.
Ainsi Arnaud prévoit-il une étape de conversion supplémentaire où la vision des vérités de la foi chrétienne (Jésus glorieux etc.) permettrait de choisir "en pleine connaissance". Pourtant Jésus a été clair (et notamment dans la parabole du riche et de Lazare) : cette pleine connaissance n'est pas nécessaire au salut. Cela lui est si gênant qu'il a bien sûr adopté la possibilité que le séjour du riche n'est pas au purgatoire (comprendre le contraire bien sur, mais je l'imite...).
Ici, c'est le choix possible qui soutient sa thèse (qui a chaque fois oblige à ce qu'une seule option possible soit toujours la seule vraie : mais c'est un abus ! Car il exclut donc à chaque fois (ce n'est pas ici la seule) qu'il commet ce genre d'interprétations, toutes les autres !
Bref, il a conçu une possibilité d'exception "recevable" (encore que...) et en fait le cas général.
Quand bien même on n' y croirait pas pour nous-même, qui osera en douter le concernant, je veux dire concernant Son jugement sur ce qui est de nature à sauver une âme ?
Il n'a a pas pas besoin de son fameux passage pour cela, mais c'est un formidable leurre : beaucoup s'en prennent à lui sur ce passage, qui lui est tout à fait probant de nos jours, et ainsi oublient de s'en prendre au reste à quoi ce passage lui sert (j'assimile Arnaud à Jésus, par charité...).
Il utilise la psychologie pour nous donner des versions très belles des choses (non pas inexactes, mais parcellaires et morcelées, non exhaustives), et comme beaucoup de cathos n'ont pas encore admis des vérités nouvelles pourtant reconnues, il se sert de celles-ci et des contradicteurs de ces vérités pour sembler défendre et il sait bien le faire quand c'est le cas, la vérité de l'Eglise.
- Non, ce n'est pas l'âme qui décide, c'est Dieu.
Non, ce ne serait pas injuste si une âme serait jugée dès l'instant de sa mort, sans "passage", ce serait juste brutal. Toutes les conditions qui seraient nécessaires pour que ce soit juste seraient réunies.
Non, Jésus n'a pas besoin que l'âme réalise son choix, lui le connait.
Non, la prédication de l'Evangile n'a pas besoin d'être fait ante-mortem à ceux qui n'en auraient pas entendu ici-bas, pour que Jésus sache la "valeur" d'une âme et puisse la juger en toute équité et miséricorde.
Et oui, il dirait lui-même qu'il est d'accord, il le dira toujours quand il n'aura pas le choix.
Bon, mais pardonnez-moi, je ne voudrais juste pas que vous perdiez votre temps et je vous en fais perdre en vous parlant d'autre chose.
Revenons au péché contre l'Esprit : ce que vous dites n'est pas contestable à un instant donné, et cela s'appliquera au moment de la mort (en cela il a raison, et il s'en sert en semant la confusion sur le reste, car sans sa thèse, cela peut paraître trop brutal pour ceux qui le commettraient et seraient par ailleurs des "gentils").
Car il ne faut pas se leurrer, des "gentils" d'ici bas peuvent le commettre ce péché. Car il est inscrit en profondeur dans le coeur, et ne semble concerner que Dieu, par conséquent pas nous, et être du coup une affaire "d'orgueil malséant de Dieu".
Oui, sauf que Dieu l'a dit : il est aussi en chacun de nous, et il voit : il voit toutes ces petites mesquineries qui entretiennent en nos coeurs la flamme de la haine (envers nos frères) tandis que nous sourions en extérieur. Et quand l'ombre passera devant la pleine lumière, comment cela sera-t-il possible d'être tenu pour bien ?
Ah: j'ai refait de la poésie, désolé...
Je recommence : le péché contre l'esprit, tant que la mort n'est pas là, si la personne se convertit, il disparaît automatiquement.
Et si j'ai évoqué l'idée d'une proportion, c'est que notre conversion n'est jamais complète. Qui peut prétendre ne pas avoir en lui le germe de cette haine que ce péché représente ? Comme le dit Arnaud et en cela il est très fort, ce germe se trouve dans tout péché ! Et du coup il affirmera quand cela lui sera utile pour confondre un contradicteur, que si un péché est mortel c’est parce qu’il y a en lui le péché contre l’Esprit. Mais face à celui qui déjà pensera comme cela, il dira que non, que seul le péché contre l’esprit est irrémissible et pour éviter une remarque, il le situera dans el passage de la mort et invoquera la fameuse notion théologique et bordée par la tradition de connaissance EXPLICITE (en y mettant les majuscules). Evidemment, il ne dit jamais les choses aussi franchement, pour ne pas paraître se contredire, sauf à y être obligé, mais ce sont les concepts sous-jacents de sa dialectique.
Quand il a en face quelqu’un comme moi qui lui non plus n’hésite pas à aborder les choses sous leur angle psychologique et qui n’y est pas néophyte, alors il change de casquette.
Zut, j’ai encore débordé…
Je recommence : il n’y a pas de péché contre l’esprit rémissible puisque Jésus l’a dit irrémissible : ok. Et on peut l’argumenter de plein d ‘autres façons (théologiques, philosophiques, psychologiques, anthropologique, fantasmatologique… ) tout le monde applaudira puisque la conclusion est la bonne (attention quand même quelquefois, ce n’est pas pour rien que j’ai insidieusement ajouté le fantasmatolo… : il est réel !). Mais il y a d’autres péchés contre l’esprit qui le sont ! Et celui qui est irrémissible, c’est seulement celui qui l’est. Est-ce que dit comme cela, vous êtes d’accord ?
(Je fatigue, mais si vous n’avez pas compris entre les lignes, on pourra reprendre la discussion qui est ici un hors sujet total, comme tout ce qui est vraiment un sujet face à cette thèse…)