Didyme,
Didyme
Ces personnes dont vous parlez ont-elles besoin d'être sauvées ? Si ce n'est pas le cas, c'est qu'elles ne sont pas perdues. Si elles sont perdues, c'est qu'elles ont besoin d'être sauvées. Oui, mais elles le refusent ? Mais ce refus est l'expression même de leur perdition dont elles ont besoin d'être sauvées. En gros, vous me parlez de personnes perdues qui ont besoin d'être sauvées de leur perdition qui les empêche d'être sauvées de la perdition dont elles ont besoin d'être sauvées, etc. Je ne sais pas si vous parvenez à suivre le paradoxe de votre position ?
Les choses semblent compliquées pour vous. C'est ce que je vois.
Le besoin d'être sauvé ?
Ce besoin correspond déjà en soi à une expérience très relative. Pour «ressentir» ce besoin il faut déjà être dans la foi. Vouloir être «sauvé du péché» ou soustrait au mal moral et établi dans la sainteté : c'est déjà accepté le Dieu de la révélation, admettre la bonté de ses lois, se reconnaître pécheur ou fautif par rapport à Lui («Contre Toi seul, j'ai péché ...») C'est pourquoi le publicain de la parabole est justifié. Lui, il ressent bien ce besoin d'être sauvé par Dieu métaphysiquement. Il se trouve dans un rapport juste avec Dieu. C'est la même chose avec le larron en croix. Il éprouve sa misère morale, sa propre injustice. Et en même temps il reconnaît et accepte l'existence de Dieu, que Jésus ses trouve lui-même en lien «privilégié» avec le divin. Voici ce rapport juste par rapport à Dieu. La grâce, inspiré d'en haut ...
Le pharisien de la parabole n'éprouve
pas le besoin d'être sauvé. Il n'est pas en manque réellement sur le plan religieux ou moral à ses yeux. Tout est en règle. Tout est correct. Pour lui, son ticket d'entrée pour avoir accès à l'une des meilleures places réservées dans le «monde à venir», il le tiendrait en main. Il est riche. C'est grâce à ses propres mérites personnels s'il est riche et super méritant à part ça. Il n'a pas besoin de rien d'autre.
Dans ce dernier cas, cette dynamique n'est pas salvatrice du tout. Elle ne pourrait rien rapporté de bon à l'intéressé. L'individu n'éprouve pas le besoin ainsi d'être sauvé. Son gros ego ou la trop bonne opinion qu'il a de lui-même ferait comme obstacle. L'histoire ne dit pas si un vrai pharisien semblable du temps de Jésus aurait bien dû finir en enfer. Mais on saurait au moins 1) qu'il est aveugle 2) qu'il n'éprouve pas le besoin d'être sauvé 3) qu'il aurait sans doute besoin de découvrir sa misère et sentir à quel point il aurait besoin de salut 4) qu'il est en sérieux danger en attendant.
Donc ...
Deux avenues possibles pour le pharisien (a) un retournement chez lui
avant sa mort (b) il s'enfonce dans sa vue préférentielle des choses et dans ce que lui considérerait juste et comment les choses devraient fonctionner à son goût. Profil type : pharaon de Moïse. Cinquante miracles dûment homologués ne suffiraient pas ni un homme ressuscité des morts.
Partant de ce que vous avez dit plus haut : la personne du pharisien ici n'éprouve pas le besoin réellement d'être sauvé mais bien qu'il lui serait plus avantageux de le ressentir si elle savait. Le pharisien est dans le chemin de la perdition («Large est le chemin de la perdition et nombreux sont ceux ...»). Notre bonhomme est mal barré.
En gros, vous me parlez de personnes perdues qui ont besoin d'être sauvées de leur perdition qui les empêche d'être sauvées de la perdition dont elles ont besoin d'être sauvées, etc.
Je parlerais ici d'une personne s'estimant correcte, dans la bonne voie ou enfin jugeant ne pas pouvoir ou devoir changer de toute façon. Je parle d'une personne qui est aveugle et qui s'égare bien sûr. C'est une personne
qui s'endurcit dans sa conviction propre à l'effet qu'il n'est aucune autre avenue possible pour elle, rien sinon que «d'être comme elle est et de penser comme elle pense» et puis qu'advienne le déluge. Tant pis ! Et viens donc que je fonce dans la mer comme avec la cavalerie du pharaon pour finir !
Tout péché est un "non" à Dieu, un refus de Dieu. Et c’est de ce "non" à Dieu dont on a besoin d'être sauvés. Mais vous me dites que c'est ce "non" à Dieu qui fait qu'on ne puisse être sauvé ?! Donc ce ne serait visiblement pas du péché dont on a besoin d'être sauvé ?! Ou donc le refus de Dieu ne serait pas un péché ?!
Tout péché ne constitue pas un refus réel de Dieu. Quand même ! Un péché véniel n'est pas un refus de Dieu. On pèche par faiblesse le plus souvent, ayant cédé à une tentation parce qu'un autre s'efforce à nous endormir, parce qu'on peut se méprendre, parce qu'on est insuffisamment sur ses gardes, parce qu'on est fasciné tout à coup par un bien relatif qui fait envie, parce qu'on a reçu une mauvaise éducation au départ, parce qu'une grande blessure ou traumatisme peut tenir loin de Dieu un temps (les enfants de la rue, orphelins abandonnés ... )
Le besoin providentiel c'est d'être amené à connaître sa misère morale et ainsi éprouver pour vrai le besoin d'être sauvé par Dieu. C'est à ce besoin et cette relation
vraie par rapport au Dieu Créateur et Sauveur qu'il importe de ne pas dire non. Il est facile de s'abuser soi-même, de dire non à cette relation
en vérité alors même que l'on croirait dire oui, pour se penser correct, en règle, méritant, etc. C'est l'objet du combat spirituel. Le mot «en vérité» est important. La vérité religieuse est capitale.