Cher Toto,
Je pense que tout est lié et tout fait un tout. Le principal problème de l'Église de nos jours est, sans doute, la perte de la foi. Mais foi sans avoir vie de foi, ça ne marche pas. Le jeûne et l'abstinence et tout ce qu'on appelle par un mot malheureusement un peu lugubre "mortifications", que j'utilise à défaut d'un autre, ont bien leur place dans la vie de foi. Le premier commandement à article unique que Dieu ait donné a nos premiers parents fut une interdiction alimentaire. Celle de s'abstenir de manger un certain aliment. Bien sûr, Dieu voulait les mettre à l'épreuve et il pouvait choisir toute une autre. Mais je doute bien qu'il ait choisi celle-là de façon aléatoire. Plus tard, le Nouvel Adam fut tenté trois fois par le singe de Dieu. La première tentation à laquelle il a dû résister fut de renoncer au jeûne. Vous pensez que cela fut aléatoire ? Vous ne voyez pas autour de vous ? Vous ne voyez pas dans la vie des saints ? Le moins on jeûne, le moins on prie et viceversa. Le combat intérieur, celui contre les tentations suppose de cultiver les vertus, sans quoi on est démuni. Entre péchés et vertus il y a un rapport et je ne crois pas que l'Église ait numéroté sept péchés capitaux et sept vertus simplement pour faire de la mathématique. Ignorer les mortifications nous démunit dans le combat intérieur plus spécialement contre les péchés de la chair : l'impureté et la gloutonnerie.
Avant les apparitions de la Sainte Vierge à Fatima furent les apparitions des anges qui ont préparé le terrain. Ils ont transmis trois mots au monde : "Pénitence ! Pénitence ! Pénitence !" Au coeur des actes de pénitence ce sont les mortifications. Bien sûr, on peut faire pénitence aussi autrement (prière, actes de charité...), mais à chaque maladie correspond un traitement. Bien sûr, les mortifications peuvent avoir d'autres valences que pénitentielles, car on peut très bien jeûner pour remercier Dieu par exemple. Mais le fait-on ? On peut aussi prier et même offrir des Messes pour remercier Dieu, mais ça aussi on fait de moins en moins. Car, comme je viens de vous dire, entre mortifications et prière et généralement vie de foi il y a un rapport. À son tour, l'effondrement de la vie de foi touche la foi même, car sans un rapport vivant avec Celui qui a jeûné beaucoup plus que nous, nous sommes condamnés au début à avoir la foi des philosophes, puis à perdre même celle-là.
Fraternaliter in Christo,
A.


