Ombiace a écrit : ↑mar. 13 déc. 2022, 20:15
Aime-t-Il davantage celui qui est en état de péché, celui qui ne l'est pas ou plus ?
Ombiace a écrit : ↑mer. 14 déc. 2022, 4:02
peut-on conclure de Jn 8,
29 Celui qui m’a envoyé est avec moi ; il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable. »
qu'il arrive à Dieu de laisser seul celui qui ne fait pas systématiquement ce qui Lui est agréable ? Et ainsi de faire des différences, selon qu'on exécute plus ou moins sa volonté ?
Bonjour Ombiace,
La parole du Christ, que vous citez, me semble exprimer un fait : en dehors de la communion d’amour avec Dieu, l’humain est seul.
Celui qui fait la volonté du Père est avec Lui et n'est pas seul. Nous pouvons observer que, dans cette parole rapportée par St Jean, il n’y a pas de différence en ce qui concerne la mesure des choses agréables ou des souffrances.
Il me semble que nous pouvons, au contraire, être sûrs que Dieu n’agit pas selon la mesure de nos fautes ou de nos mérites.
Il vient sauver des pécheurs et nous pouvons, chacun, quels que nous sommes et tels que nous sommes, être certains de son amour infini et maximal pour chacun.
Les bénédictions de Dieu pour notre vie terrestre ne sont pas moindres ou augmentées parce que nous sommes plus ou moins pécheurs, même si nos comportements peuvent nous causer des souffrances et fermer des possibilités de bénédictions pour nous.
Dieu connaît le cœur et la vie de chacun, de même que tout ce qui est nécessaire à chacun et à chaque instant pour avancer le mieux possible et pour notre bonheur. Mais, le point de vue de Dieu n’est pas le nôtre. Que savons-nous de notre bien à l’échelle de l’éternité, nous qui mesurons tout selon les aléas de quelques dizaines d’années ?
La seule chose qui nous est indispensable, c’est la confiance, l’espérance et l’amour de notre Dieu qui ne nous abandonne jamais même lorsque nous nous sentons le plus complètement abandonnés et que nous ne trouvons plus les mots pour prier ou comprendre.
Si le Christ, Fils de Dieu sans péché, parfaitement fidèle au Père, a été lui-même confronté à une épreuve la plus terrible qui soit et au sentiment d’être abandonné comme il l’a exprimé sur sa croix en disant «
Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? », comment pourrions-nous prétendre que les grâces ou les épreuves nous seraient attribuées selon la mesure de nos fautes ou de nos mérites ?
Non, l’amour de Dieu pour chacun de nous est illimité et inconditionnel. Déjà dans les psaumes, on observe que de grands pécheurs bénéficient parfois d’une vie terrestre qui paraît préservée de tout malheur et remplie de conforts, de plaisirs et de douceurs, alors que des justes, comme Job, connaissent des épreuves terribles.
Celui «
qui ne fait pas systématiquement ce qui Lui est agréable » est et reste aimé infiniment et à chaque instant. Heureusement, car nous sommes tous plus ou moins dans cette catégorie. Non, Dieu ne fait pas de différences dans son amour et son action bienfaisante pour chacun de nous «
selon qu’on exécute plus ou moins Sa volonté », mais, car il y a un grand «
Mais » !, toujours il nous prévient des dégradations ou souffrances qui peuvent résulter de certains choix, de certains comportements, de certains actes. Il nous prévient des désordres, de la souffrance et de la mort qui résultent du péché et nous invite sans cesse à la conversion.
Et celui qui garde ou reprend confiance en Lui ne sera pas déçu. Il verra la bénédiction de Dieu intervenir avec puissance dans sa vie concrète. Même dans les épreuves, il peut découvrir que «
Toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu » (Rm 8, 28), même si, au plus profond d’une souffrance, il pense comme le Christ : «
pourquoi m’as-tu abandonné ? », le soutien de Dieu reste présent et actif.
Même lorsque parfois nous restons sans voix et sans réponse devant l’ampleur de la souffrance et du mal.
Dans le plus concret de notre vie, nous pouvons continuer sans cesse à attendre de Dieu un amour infini de père.
Lors de chaque messe, après le Notre Père, nous pouvons prier avec confiance, dans l’attente de l’avènement du Christ qui mettra fin à toutes souffrances : «
Rassure-nous devant les épreuves en cette vie où nous espérons le bonheur que tu promets ».