Bonjour,
il faut repenser à ce qu'était les pharisiens, et ce que Jésus leur reproche par ailleurs.
C'était des hommes pieux, très croyants, qui, après l'Exil, ont progressivement pris aux prêtres leur influence sur le peuple.
Ils ont été moteurs dans le mouvement qui a remplacé le culte au Temple par celui à la synagogue.
Pour eux, le culte doit être vécu tous les jours, dans le moindre détail du quotidien,
c'est pour ça qu'ils ont contribué à exiger auprès de la population de nombreux rituels et règles à observer,
autant de moyens de manifester une purification de la personne pour assurer la relation à Dieu.
Ils n'étaient pas tous d'accord entre eux, loin de là.
Outre le fait que chaque rabbi enseignait sa propre voie de sagesse,
(appuyée cependant sur les enseignements de ses maîtres)
il existait à l'époque de Jésus au moins deux grandes écoles, celle de Shammai et celle de Hillel,
cette dernière étant plus proche de celle de Jésus,
soucieuse de concilier la Loi, les circonstances et la miséricorde divine.
Ils cherchaient en effet à imposer leurs vues, dans une optique de sanctification du peuple.
C'est en cela qu'ils "parcourent terre et mer pour faire un seul converti"
Mais Jésus leur reproche de s'être perdus dans le ritualisme,
dans le pouvoir et les honneurs reçus parce qu'ils étaient devenus les maîtres de sagesse,
dans leur orgueil de perdre de vue la source de leurs lois,
d'aller jusqu'à exiger des autres des efforts qu'ils ne font pas,
pire : de ne rechercher finalement que les honneurs dûs à leur rang,
et d'oublier tout simplement le Dieu de justice, de charité, de sainteté.
Leurs convertis sont ignorants, supersticieux, attachés aux prérogatives religieuses,
aux apparences.
Si on ne s'estime pas particulièrement pharisien, on pourrait néanmoins se demander, en effet et malgré tout je suppose, s'il ne serait pas préférable d'enterrer son éventuel talent à convertir, de peur de rentrer dans la catégorie des infortunés évangélisateurs qui s'y prennent mal, et cela, peut-être par ignorance..
En effet. Il faut se méfier comme de la peste, je pense, d'un éventuel "talent à convertir". C'est l'Esprit qui convertit. Lui seul.
Beaucoup de maîtres à penser de notre propre époque se sont laissés berner par le délicieux vertige que ce talent doit donner. On a vu à quoi ça les a menés.