Gagner son Paradis = Faire son salut en coopérant à la grâce = Mériter le Ciel par ses œuvres opérées en état de grâce sous l’influence de la grâce.
Léon a écrit : ↑ven. 03 mai 2024, 16:32
Bonjour Scroll44,
étrange expression que la votre "gagner son paradis"...
ça me rappelle l'expression "faire son salut"...
Je ne comprends pas bien ni l'une ni l'autre, donc pas possible de vous aider.
Concile Œcuménique de Trente, Décret sur la justification.
Chap. 8. Comment comprendre que l'impie est justifié par la foi et gratuitement
« Lorsque l'Apôtre dit que
l'homme est "justifié par la foi" et
gratuitement (Rm. III, 22-24), il faut comprendre ces mots dans le sens où l'a toujours et unanimement tenu et exprimé l'Eglise catholique, à savoir que si nous sommes dits être justifiés par la foi, c'est parce que "la foi est le commencement du salut de l'homme", le fondement et la racine de toute justification, que sans elle "il est impossible de plaire à Dieu" (He. XI,6) et de parvenir à partager le sort de ses enfants (II P. I,4) ; et nous sommes dits être justifiés gratuitement
parce que rien de ce qui précède la justification, que ce soit la foi ou les œuvres, ne mérite cette grâce de la justification. En effet "Si c'est une grâce, elle ne vient pas des œuvres ; autrement (comme le dit le même Apôtre) la grâce n'est plus la grâce" (Rm.XI 6). »
Chap. 10. L'accroissement de la grâce reçue.
« Ainsi donc,
ceux qui ont été justifiés et sont devenus "amis de Dieu" et "membres de sa famille " (Jn. XV,15 , Ep. II ,19) marchant "de vertu en vertu" (Ps. LXXXIII, 8)
se renouvellent (comme dit l'Apôtre) de jour en jour (II Co. IV,16), c'est-à-dire
en mortifiant les membres de leur chair (Col. III, 5)
et en les présentant comme des armes à la justice pour la sanctification (Rm. VI,13-19),
par l'observation des commandements de Dieu et de l'Eglise ; ils croissent dans cette justice reçue par la grâce du Christ, la foi coopérant aux bonnes oeuvres (Jc. II, 22) et ils sont davantage justifiés, selon ce qui est écrit : "Celui qui est juste, sera encore justifié" (Ap. XXII,11), et aussi : "Ne crains pas d'être justifié jusqu'à la mort" (Si . XVIII, 22), et encore "Vous voyez que
l'homme est justifié par les œuvres et non par la foi seule" (Jc . II 24). Cet accroissement de justice, la sainte Eglise le demande quand elle dit dans la prière : "Seigneur, augmente en nous la foi, l'espérance et la charité."
Personne, si justifié soit-il, ne doit penser qu'il est libéré de l'observation des commandements. Personne ne doit user de cette expression téméraire et interdite sous peine d'anathèmes par les Pères, à savoir que pour l'homme justifié les commandements de Dieu sont impossibles à observer. "Car Dieu ne commande pas de choses impossibles, mais en commandant il t'invite à faire ce que tu peux et à demander ce que tu ne peux pas", et il t'aide pour que tu le puisses ; ses commandements ne sont pas pesants (I Jn. V, 3), son joug est doux et son fardeau léger (Mt. XI, 30).
En effet, ceux qui sont enfants de Dieu aiment le Christ ; ceux qui l'aiment (comme il en témoigne lui-même) gardent ses commandements (Jn.XIV, 23)
, ce qui leur est toujours possible avec l'aide de Dieu. Bien qu'en cette vie mortelle, aussi saints et justes qu'ils soient, ils tombent parfois au moins dans les péchés légers et quotidiens, qu'on appelle aussi véniels, ils ne cessent pas pour autant d'être justes. En effet l'expression humble et authentique des justes est celle-ci : "Remets-nous nos dettes" (Mt. VI,12).
C'est pourquoi les justes eux-mêmes doivent se sentir d'autant plus obligés à marcher dans la voie de la justice que, désormais "libérés du péché, devenus serviteurs de Dieu" (Rm. VI, 22), vivant "dans la tempérance, la justice et la piété" (Tt. II ,12,),
ils peuvent progresser par le Christ Jésus qui leur a ouvert l'accès à cette grâce [de persévérance] (Rm. V, 2). Car ceux qu'il a justifiés une fois, "Dieu ne les abandonne pas, à moins qu'il ne soit d'abord abandonné par eux".
C'est pourquoi personne ne doit se rassurer dans la foi seule, pensant que par la foi seule il a été constitué héritier et obtiendra l'héritage, même s'il ne souffre pas avec le Christ pour être glorifié avec lui (Rm. III,17). Car le Christ lui-même (comme le dit l'Apôtre), "tout Fils de Dieu qu'il fût, a appris par ses souffrances à obéir, et, ayant tout accompli, est devenu cause de salut éternel pour tous ceux qui lui obéissent" (He.V, 8-9).
C'est pourquoi l'Apôtre lui-même avertit ceux qui ont été justifiés en ces termes : "Ne savez-vous pas que, dans les courses du stade, tous courent, mais un seul obtient le prix ? Courez de manière à le remporter. Pour moi, donc, c'est ainsi que je cours, non à l'aventure ; c'est ainsi que je combats, non comme en frappant dans le vide. Mais je châtie mon corps et je le réduis en esclavage, de peur qu'après avoir prêché aux autres je ne sois moi-même éliminé" (I Co. IX, 24 ss).
Et Pierre, le prince des Apôtres "Appliquez-vous à rendre certaine votre vocation et votre élection par vos bonnes œuvres ; en agissant ainsi vous ne pécherez jamais" (II P. I, 10). Il est par là évident qu'ils s'opposent à la doctrine orthodoxe de la religion ceux qui disent que, dans toute bonne action, le juste pèche au moins véniellement ; ou (ce qui est plus intolérable) mérite les peines éternelles ; de même aussi ceux qui déclarent que les justes pèchent dans toutes leurs actions, si, voulant secouer en eux l'indolence et s'encourager à courir dans le stade, ils considèrent, en même temps que la glorification mise en premier lieu,
la récompense éternelle, alors qu'il est écrit : "J'ai disposé mon cœur à la pratique de tes prescriptions à cause de la récompense" (Ps. CXVIII,112), et que l'Apôtre dit de Moïse qu'il "avait les yeux fixés sur la récompense (He. XI, 26). »
Chap. 16. Le fruit de la justification : le mérite, les bonnes œuvres. Sa nature.
« C'est donc dans cette perspective qu'il faut proposer aux hommes justifiés, qu'ils aient sans cesse gardé la grâce reçue ou qu'ils l'aient recouvrée après l'avoir perdue, les mots de l'Apôtre :
"Soyez riches de toute œuvre bonne, sachant que votre labeur n'est pas vain dans le Seigneur" (I Co. XV, 58), car "Dieu n'est pas injuste au point d'oublier ce que vous avez fait et la charité dont vous avez fait preuve en son nom" (He. VI, 10), et : "Ne perdez pas votre confiance ; elle aura une grande récompense" (He.X, 35). Et
c'est pourquoi, à ceux qui agissent bien "jusqu'à la fin" (Mt. X, 22, XIV,13) et qui espèrent en Dieu,
il faut proposer la vie éternelle à la fois comme la grâce miséricordieusement promise par le Christ Jésus aux fils de Dieu et "comme la récompense", que Dieu, selon la promesse qu'il a faite lui-même, accordera à leurs œuvres bonnes et à leurs mérites. Telle est, en effet, "la couronne de justice " dont l'Apôtre disait qu'elle lui était "réservée après son combat et sa course et lui serait donnée par le juste juge, non seulement à lui, mais aussi à tous ceux qui attendent avec amour son avènement" (II Tim. IV, 7-8).
Le Christ Jésus lui-même communique constamment sa force à ceux qui ont été justifiés, comme la tête aux membres (Ep. IV, 15),
comme le cep aux sarments (Jn. XV, 5),
force qui toujours précède, accompagne et suit leurs bonnes œuvres et sans laquelle celles-ci ne pourraient en aucune manière être agréables à Dieu et méritoires. Aussi faut-il croire qu'il ne manque rien d'autre aux justifiés eux-mêmes pour qu'ils soient estimés avoir pleinement satisfait à la Loi de Dieu, dans les conditions de cette vie, par ces œuvres qui ont été faites en Dieu (Jn. III, 21)
, et avoir vraiment mérité d'obtenir, en son temps, la vie éternelle, si toutefois ils meurent dans la grâce (Ap. XIV,13). Le Christ notre Sauveur ne dit-il pas : "Si quelqu'un boit de l'eau que je lui donnerai, il n'aura jamais soif ; elle deviendra en lui une source d'eau jaillissant pour la vie éternelle" (Jn. IV, 14) ?
Ainsi notre justice personnelle n'est pas établie comme venant personnellement de nous (II Co.III, 5
) et la justice de Dieu n'est ni méconnue ni rejetée (Rm. X, 3).
En effet cette justice est dite nôtre, parce que nous sommes justifiés par cette justice qui habite en nous ; et cette même justice est celle de Dieu, parce qu'elle est répandue en nous par Dieu et par les mérites du Christ. Il ne faut pas omettre ceci : la sainte Ecriture attribue, certes, une telle valeur aux bonnes œuvres que le Christ promet que même celui qui donne à l'un de ses plus petits un verre d'eau fraîche ne perdra pas sa récompense (Mt. X, 42 ; Mc. IX, 40) ; et l'Apôtre atteste que notre "légère tribulation d'un instant nous prépare au-delà de toute mesure un poids éternel de gloire dans les cieux" (II Co. IV, 17).
Cependant, loin de nous de penser que le chrétien se confie ou se glorifie en lui-même et non pas dans le Seigneur (I Co. I, 31 ; II Co. X, 17)
dont la bonté envers les hommes est si grande qu'il veut que ses dons soient leurs mérites.
Et parce que "nous péchons tous en bien des choses" (Jc. III, 2)
, chacun doit avoir devant les yeux non seulement la miséricorde et la bonté, mais aussi la sévérité et le jugement, et l'on ne doit pas se juger soi-même, même si on n'est conscient d'aucune faute. Car toute la vie des hommes doit être examinée et jugée non pas par un jugement d'homme, mais par celui de Dieu "qui éclairera les secrets des ténèbres et rendra manifestes les secrets des cœurs ; et alors chacun recevra de Dieu la louange qui lui revient " (I Co. IV, 4 s),
lui qui, comme il est écrit, "rendra à chacun selon ses œuvres" (Rm.II, 6).
« Après avoir exposé la doctrine catholique concernant la justification
, que chacun recevra fidèlement et fermement pour être justifié, le saint concile a jugé bon d'y joindre les canons suivants, pour que tous sachent non seulement ce qu'ils doivent tenir et suivre, mais aussi ce qu'ils doivent éviter et fuir. »
Concile Œcuménique de Trente, Canons sur la justification.
« 1.
Si quelqu'un dit que l'homme peut être justifié devant Dieu par ses œuvres - que celles-ci soient accomplies par les forces de la nature humaine ou par l'enseignement de la loi -
sans la grâce divine venant par Jésus Christ : qu'il soit anathème. »
« 18. Si quelqu'un dit que les commandements de Dieu sont impossibles à observer même pour l'homme justifié et établi dans la grâce : qu'il soit anathème. ».
« 20. Si quelqu'un dit que l'homme justifié, aussi parfait qu'il soit, n'est pas tenu d'observer les commandements de Dieu et de l'Eglise, mais seulement de croire, comme si l'Evangile était une pure et simple promesse de la vie éternelle sans la condition d'observer les commandements : qu'il soit anathème. »
« 21. Si quelqu'un dit que le Christ Jésus a été donné par Dieu aux hommes comme rédempteur, en qui se confier, et non pas aussi comme législateur à qui obéir : qu'il soit anathème. »
« 22.
Si quelqu'un dit que le justifié soit peut persévérer dans la justice sans un secours spécial de Dieu, soit ne le peut pas avec ce secours : qu'il soit anathème. »
« 24.
Si quelqu'un dit que la justice reçue ne se conserve pas et même ne s'accroît pas devant Dieu par les bonnes œuvres, mais que ces œuvres ne sont que le fruit et le signe de la justification obtenue et non pas aussi la cause de son accroissement : qu'il soit anathème. »
« 26.
Si quelqu'un dit que, pour les bonnes œuvres qu'ils ont faites en Dieu, les justes ne doivent pas attendre et espérer de rétribution éternelle de la part de Dieu, en raison de sa miséricorde et des mérites de Jésus Christ, s'ils persévèrent jusqu'à la fin à faire le bien et à garder les commandements divins : qu'il soit anathème. »
« 30.
Si quelqu'un dit que, après avoir reçu la grâce de la justification, tout pécheur pénitent voit sa faute remise et sa condamnation à la peine éternelle annulée, en sorte que ne reste aucune condamnation à une peine temporelle à expier, ou dans ce monde ou dans le monde à venir au purgatoire, avant que ne puisse s'ouvrir l'entrée au royaume des cieux qu'il soit anathème . » CE CANON EST INTRODUCTIF AU DÉCRET DU CONCILE DE TRENTE SUR LE SACREMENT DE LA PÉNITENCE ET AUX CANONS SUR LE TRÈS SAINT-SACREMENT DE LA PÉNITENCE.
« 31.
Si quelqu'un dit que le justifié pèche en faisant le bien en vue d'une récompense éternelle : qu'il soit anathème. »
« 32.
Si quelqu'un dit que les bonnes œuvres de l'homme justifié sont les dons de Dieu, en telle sorte qu'elles ne soient pas aussi de bons mérites de justifié ; ou que, par les bonnes œuvres qu'il fait par la grâce de Dieu et les mérites du Christ (dont il est un membre vivant), le justifié ne mérite pas vraiment un accroissement de la grâce, la vie éternelle et (s'il meurt dans la grâce) l'entrée dans la vie éternelle, ainsi que l'accroissement de gloire : qu'il soit anathème. »
« 33.
Si quelqu'un dit que, par cette doctrine catholique sur la justification exposée par le saint concile dans le présent décret, il fait tort en partie à la gloire de Dieu ou aux mérites de Jésus Christ notre Seigneur et non plutôt que sont ainsi mises en lumière la vérité de notre foi et la gloire de Dieu et du Christ Jésus : qu'il soit anathème. »