Bonjour, Gaudens !
Gaudens a écrit : ↑ven. 21 févr. 2025, 20:52
On peut lui reprocher une once de partialité quand il évoque,par exemple, l'absence de recommandations concrètes (orientation ad orientem,retour à une certaine dose de latin) dans les exhortations romaines visant à mieux faire respecter la dignité et les normes de célébrations selon le Novus Ordo. En sens inverse,l'article, comme tout le monde tradi, ne dit rien des quelques efforts qu'il aurait pu faire pour respecter lui aussi les modestes recommandations conciliaires:dégagement de l'autel majeur "pour en faire aisément le tour"(dans les divers moments de l'acte liturgique), tentative d'intégration de lectures bibliques nouvelles (concrètement un passage d'Ancien Testament) afin de parvenir à un lectoral unifié entre les deux formes du rite), prière commune du Pater par le célébrant et les fidèles, etc.... Plus anecdotiquement et formellement,fin du refus des vêtements liturgiques plébiscités dans le Novus Ordo ( chasubles,etc....) comme si la Tradition était intangible dans ses plus minimes détails.
Bien entendu, cet immobilisme tradi ,
Vous parlez d'un immobilisme tradi. E c'est vrai. Effectivement, nous n'avons aucune envie d'intégrer les lectures bibliques nouvelles. Ni que les prières eucharistiques du Canon soient prononcées à haute voix par les laïques. Ni que les vêtements de nos prêtres adoptent la dernière mode minimaliste.
Mais, de l'autre côté, on voit quoi ? Quant à moi, je ne vois pas dans les églises où on pratique le culte moderne que l'autel majeur soit déplacé "pour en faire aisément le tour". Ce que je vois c'est que, dans la plupart de cas, il n'y a plus aucun "autel majeur", il a été démantelé et remplacé par une table qui fait office d'autel. Dans une minorité des cas où il s'obstine pour demeurer, cet "autel majeur" ne sert plus d'autel, pas même de suport du tabernacle, mais simplement de meuble, au même titre que la crédence et aucun prêtre ne fait le tour de cette pièce de mobilier. Je ne vois, non plus, aucune intégration des lectures bibliques anciennes dans ce qu'on a inventé sous le nom de "Lectionnaire". Rien de notable n'a changé dans les lectures au fil des nombreuses années depuis quand on parle "d'enrichissement mutuel". Quant aux vêtements liturgiques, je ne vois aucune envie de changer quoi que ce soit dans la direction du traditionalisme, plutôt l'inverse, car je vois l'archevêque de Paris plutôt intégrer les fournitures multicolores de Lidl.
Donc, il y a bien un immobilisme côté tradi, mais il y a aussi un immobilisme de l'autre côté. La question, la vraie, n'est pas "qui est plus immobile des deux ?". La question est "une uniformisation des rites est-elle souhaitable et vraiment souhaitée ?" Puis, en cas de réponse affirmative, la question devient "une uniformisation est-elle faisable et comment faire ?". Les réponses à ces questions sont moins évidentes qu'il ne paraît. À mon avis, une telle uniformisation n'est ni souhaitable et encore moins faisable. Elle n'est pas souhaitable, car elle va produire du scandale
des deux côtés. Supposons, à titre d'exemple, que Dimanche prochain mon prêtre apparaîtra sans ses ornates dentellées, mais, à la place du pluvial et de la chasuble, il adoptera ce truc de type djellaba qu'on voit aux "célébrations eucharistiques" novusordistes. Que croyez-vous que ses ouailles, moi y compris, penseront ? Et chez vous, ça sera différent ? Faites ainsi que votre prêtre, dimanche prochain, prononce le Canon en latin et "dos vers peuple" et vous verrez la réaction du "peuple de Dieu" de votre paroisse.
Encore moins cette uniformisation est faisable. N'oublions pas les deux lois
Lex orandi, lex credendi. Mais aussi
Lex credendi, lex orandi. L'actuel Pape a bien vu que la Messe en
usus recentior est la seule expression de la foi actuelle. Il est tellement vrai que je répète ce que j'ai dit une autre fois : même si vous et moi nous sommes dans la même Église, nous n'avons plus la même religion. Vous croyez que mon prêtre adopte les vêtements liturgiques qu'il porte par amour de dentelles et broderies ? Non, il le fait car, selon sa foi, lorsqu'il officie la Messe, il agit
in pesrona Christi capitis et ces vêtements nous donnent une idée de la majesté de Jésus, lorsque, devant l'autel célèste, remémore son sacrifice en suppliant le Père. Moi, non plus je ne crois pas que votre prêtre s'habille comme il le fait par amour de draps colorés, mais parce que, selon sa foi, le prêtre se doit un humble représentant du peuple duquel in n'est pas ontologiquement différent, d'où ses vêtements simplifiés.
Ce que je dis en théorie est confirmé par la pratique du terrain. Des essais d'
enrichissement mutuel ont bien eu lieu. Pensons, par exemple, à la Communauté Saint Martin. Ces essais n'ont pas tenu. Soit ces braves prêtres ont été amenés à renoncer aux peu de concessions faites en faveur de la tradition, soit ils ont tenu bon, au prix d'être mal vus par leurs ouailles et, dans pas mal de cas, par leurs propres collègues et supérieurs.
alors que ses tenants souhaitent légitimement une évolution du monde "paulinien" vers certaines pratiques anciennes ,vient d'un certain état d'esprit mais aussi de l'absence d'un interlocuteur unique ,encore que la Commission Ecclesia Dei aurait dû jouer ce rôle en son temps et ne semble pas l'avoir fait.
Je ne pense pas qu'on puisse considérer La Commission Ecclesia Dei comme un échec. Son rôle était surtout d'être un interlocuteur unique pour les communautés traditionnelles entre elles. Mais, si vous voulez qu'on parle d'un échec concernant "l'évolution du monde "paulinien" vers certaines pratiques anciennes", ce que j'ai dit, en essence c'est que c'était un échec annoncé.