Asellus a écrit : ↑dim. 05 janv. 2025, 11:50
En tout cas, je me considère bel et bien comme chrétien, mais en plus d'autres choses.
Moi aussi, cela n’a rien de gênant en soi pourvu de respecter la doctrine (mais plutôt que chrétien je devrais dire catho, voire orthodoxe).
C’est le « mixte » doctrinal qui devient gênant quand il sort des principes de base.
Aussi, l’Immaculée Conception ou le filioque ,oui/non, ce n’est pas gênant, c’est l’objet possible d’une discussion théologique. Mais la bouddéité ou la métempsychose si cela devient gênant car cela a un impact non seulement doctrinal, mais sur l’amour représenté de Dieu. En revanche que l’âme ait pu avoir une existence avant la conception charnelle, c’est peu gênant car à ce stade, quelle différence entre une existence réelle et une virtuelle dans la pensée de Dieu !
Mais toutes ces considérations sortent du sujet tel que vous me sembliez le présenter, à savoir de trouver un « tronc commun spirituel » aux religions existantes ici et maintenant.
Ces différences postulent que non, donc il faudrait que ce tronc en fasse fi dans la façon de le considérer. Or vous semblez aussi faire fi de la foi par elle-même, de la piétée, du sens du sacré, etc,, et bien vous attacher à un aspect plus doctrinal dans votre considération.
L’impact des divergences doctrinales est loin d’être négligeable sur la façon d’envisager le ressenti du croyant. Ainsi, la façon dont se traite le pardon, la compassion, le repentir, la fraternité, l’amour, etc. diffère grandement de l’une à l’autre.
Vous parliez vous-même des différences sotériologiques en évoquant l’exemple du végétarisme.
Sinon ce serait simpliste mais toutes prônent bien le bien au détriment du mal, mais ce bien n’est pas le même selon chacun. Cela fait de grosses différences : si l’un ne peut qu’avoir une seule femme et ne peut divorcer, et que l’autre est polygame, cela entraîne des visions très différentes de la nuptialité, de la dignité de la personne, etc..
Bien sûr, selon la parole des évangiles, chacun sera jugé selon la mesure dont il se sera servi, mais là n’est pas le sujet.
Asellus a écrit : ↑dim. 05 janv. 2025, 11:50
la conséquence raisonnable, ne vous en déplaise, c'est de considérer l'exclusivisme comme une erreur.
Merci de ne pas juger par avance de ce qui me plaît ou déplaît, de si je suis exclusiviste ou non. Si toutefois pour vous toute adhésion à une religion c’est être exclusiviste, alors oui, mais il y a des marges puisque vous-même en revendiquez une mais qui semble être plus qu’une marge : ce qui va contre des dogmes établis ne sera à priori jamais reçu.
Si par exemple vous remettez en cause le dogme de Marie mère de Dieu, c’est et ce sera désormais toujours une hérésie pour les religions catholiques et orthodoxe et en effet il n’y a pas de discussion sur le fond, mais seulement sur les façons de se le représenter. Quoiqu’il en soit, cela ne devrait pas affecter une notion qui fût la vôtre au départ de tronc commun.
En revanche, la place qu’a Marie dans ces 2 religions influence beaucoup de choses jusque dans la façon de vivre au quotidien les représentations de la vie, du sacré, etc.
Alors à quoi bon définir un tronc commun !?
Qu’avez-vous voulu dire en citant St Paul :
Asellus a écrit : ↑dim. 05 janv. 2025, 11:50
L'apôtre Paul, en tout cas, est on ne peut plus explicite sur la question :
Je l'affirme, frères, la chair et le sang ne peuvent hériter du Royaume de Dieu, ni la corruption hériter de l'incorruptibilité. (1 Cor XV, 50)
Que cela nie la résurrection de la chair ? St Paul y croyait, et il est normal que ce qui aura participé à notre salut bénéficie un jour de la récompense. Oui, l’idée de la résurrection dans l’AT a évolué, notamment avec Ezéchiel, et alors ?
Si c’est cela (que vous niez la résurrection de la chair…), je fatigue trop pour entrer encore en débat sur de tels sujets ce qui n’apportera rien à personne.
Asellus a écrit : ↑dim. 05 janv. 2025, 11:50
Car la raison veut que nous assignions un commencement à l'âme, puisque nous la proclamons née du souffle de Dieu. Platon nie qu'elle ait commencé, en la déclarant innée et incréée; nous, au contraire, nous enseignons qu'elle est née et qu'elle a été faite, du moment qu'elle a commencé.
Je ne vois pas l’intérêt de « remettre sur le tapis » de telles discussions qui n’ont pas d’impact, sinon éventuellement pour valider la métempsychose mais sans y être strictement nécessaire – sauf que la doctrine actuelle en effet y fait obstruction.
J’apprécie Origène pour cela : vivant à une époque avant que beaucoup de choses ne soient fixées, il les envisage toutes et sa réflexion conduit seulement à en privilégier certaines au détriment d’autres, à faire avancer le raisonnement. Par exemple, on lui a reproché l’apocatastase, mais c’est simplement qu’il n’a pas refermé l’hypothèse envisagée, je le vois en tout cas ainsi. Alors que dans d’autres cas il l’aura fait.
Asellus a écrit : ↑dim. 05 janv. 2025, 11:50
[le] péché originel [...] n'est pas une expérience de liberté, mais au contraire de sa perte
De nouveau, une erreur de perspective. L'âme auprès de Dieu ne peut être libre de faire le mal. C'est l'unique raison d'être de la Création : permettre le mal et par conséquent, la liberté.
Non pas permettre la liberté mais la responsabilité, ou le mérite.
Ma perspective est celle d’un paradis où nous ne ferons plus le mal et où nous seront pleinement libres. La liberté de faire le mal n’est donc pas la liberté, mais une licence. Sans quoi vous rendez le péché originel quasiment nécessaire ou indispensable (quelle preuve qu’il a eu lieu ?). La liberté y était encore permise (Eden) parce que le mal était seulement possible, or c’était un état inférieur et dégradé par rapport à la liberté au paradis. St Paul l’a bien résumé : je fais ce que je ne veux pas faire et je ne fais pas ce que je voudrais faire : appelez-vous cela la liberté ? N’est-ce pas plutôt la concupiscence et l’effet du péché ?
Asellus a écrit : ↑dim. 05 janv. 2025, 11:50
Qui refuserait quoi, selon vous, dans ce que j'ai esquissé ?
Ce n’est pas une question de refus mais que vous avez changé le sujet initial, tel que je l’avais compris. Vous ne discutez plus du tronc commun, mais cherchez à amender les doctrines des religions (en tout cas de celle de ce forum) sans même que ce soit pour les faire adhérer à ce tronc commun puisque vous reconnaissez qu’elles sont différentes.
Que plus tard elles se ressembleront davantage n’est qu’une hypothèse qui vérifierait votre théorie, sans aucune valeur de démonstration. Pour l’instant l’évolution des religions va plutôt en sens contraire vers plus de précisions autonomes d’où la difficulté de rechercher en même temps un consensus pour la paix.
Je ne vois pas où vous voulez en venir, sinon de remettre en cause des a priori.
Or si vous traitez le dogme comme un a priori, vous supprimez la Révélation car elle en fait partie et il n’y a plus de religion. A moins que vous ne vouliez la séparer de tout ce qui ne serait que raison faillible, mais le dogme par définition est infaillible (ou il n’y a plus etc.).
Maintenant, il y a des vérités de foi qui peuvent être révisées car elles ne font pas strictement partie du dogme. Pour cela il faut une bonne raison, celle de converger avec d’autres religions, pourquoi pas, mais le dogme actuel, déjà, fait obstacle au « tronc commun ». Celui de la Trinité par exemple a des conséquences incalculables, ou celui de l’Incarnation, ou etc. Et les 'Eglises catholique et orthodoxe ne supprimeront pas les sacrements pour s'aligner sur les Eglises protestantes. Le contraire seul est envisageable...
Etre un « fidèle », c’est avoir derrière soi de fort longs débats entre de grands esprits. La foi est-elle de l’obscurantisme ? En tout cas et quand elle est chrétienne, elle opère des miracles.
Il me semble que nous sortons du sujet de ce fil, et que je formulerais ainsi : une religion peut-elle prétendre démontrer (comment et selon quels critères) sa supériorité sur les autres, et, l’ayant démontrée, que les autres le reconnaissent ? Et, accessoirement, quelle attitude devra être alors celle de cette religion et de ses membres envers les autres… !