Les échanges dans ce fil font réfléchir et suscitent divers pensées.
Tout cela reste vrai aujourd’hui comme hier, mais n’en faisons pas une caricature trompeuse.Perlum Pimpum a écrit : ↑mar. 08 juil. 2025, 11:28 C'est d'ailleurs pourquoi l’Église affirme au Concile de Trente, Décret sur la justification :
« De même qu'aucun homme pieux ne doit mettre en doute la miséricorde de Dieu, les mérites du Christ, la vertu et l'efficacité des sacrements, de même quiconque se considère lui-même, ainsi que sa propre faiblesse et ses mauvaises dispositions, peut être rempli d'effroi et de crainte au sujet de sa grâce, puisque personne ne peut savoir, d'une certitude de foi excluant toute erreur, qu'il a obtenu la grâce de Dieu. » (Chapitre 9).
Et encore : « Personne non plus, aussi longtemps qu'il vit dans la condition mortelle, ne doit présumer du mystère caché de la prédestination divine qu'il déclare avec certitude qu'il est absolument du nombre des prédestinés, comme s'il était vrai qu'une fois justifié ou bien il ne puisse plus pécher ou bien, s'il venait à pécher, il doive se promettre une repentance certaine. Car, à moins d'une révélation spéciale, on ne peut savoir ceux que Dieu s'est choisis.» (Chapitre 12).
Et encore : « Si quelqu'un dit que l'homme une fois justifié ne peut plus pécher ni perdre la grâce, et que donc celui qui tombe et pèche n'a jamais été vraiment justifié : ou, au contraire, qu'il peut dans toute sa vie éviter tous les péchés, même véniels, à moins que ce soit par un privilège spécial de Dieu, comme l’Église le tient au sujet de la bienheureuse Vierge : qu'il soit anathème » (Canon 23).
Et enfin : « Si quelqu'un dit avec une certitude absolue et infaillible qu'il aura certainement le grand don de la persévérance jusqu'à la fin, à moins qu'il ne l'ait appris par une révélation spéciale : qu'il soit anathème » (Canon 16)
La vie éternelle comme la grâce sont des dons de Dieu dont aucun humain ne peut prétendre s’emparer en cette vie terrestre comme un objet matériel qu’il pourrait enfermer dans un coffre.
La grâce et la vie ne se vivent que dans un amour présent et ne sont pas un objet qui s’obtient et se conserve comme une chose.
En cette vie terrestre, notre liberté de choisir ou refuser Dieu demeure jusqu’à son terme, ce qui n’empêche nullement la confiance de la foi dans l’amour.
Personne ne sera sanctionné pour le seul fait matériel d'une chute, mais seulement pour le choix de son cœur que cette chute peut exprimer.
Pour la justice divine, tout comme pour la justice humaine, une faute ou une culpabilité ne résulte jamais seulement d’un acte matériel (un acte objectivement répréhensible qui peut être observé de l’extérieur) mais implique toujours aussi nécessairement une intention de le commettre en connaissance de cause ou une adhésion du cœur à la malignité de l’acte.
Une chute par faiblesse est possible et Dieu seul peut en juger car c’est dans le cœur que se décident les actions des hommes.
Donc, une démarche apparemment sincère de poursuivre un comportement conforme au bien est certes un bon indice d'un coeur prêt à choisir Dieu, mais une chute grave peut, hélas, révéler un cœur orienté autrement.
Tant que le choix de l’amour est possible, personne n’est jamais irrécupérable car cela supposerait que la liberté d’un autre choix aurait été perdue.Lacrimarum valle a écrit : ↑mer. 09 juil. 2025, 0:07 Ce système d'un choix permet de départager entre les récupérables ou les irrécupérables en principe. … Or vous m'expliquez ici qu'en fait les irrécupérables ne peuvent changer de direction à la fin. Ils ne peuvent faire le bon choix en vérité. La vision même de Jésus et la perception lucide de l'enfer, sa terrible réalité : rien n'y fait. Cette affaire de passage de la mort ne contribue en rien pour les sauver.
C'est pourquoi je dirais que cette vision de l'enfer contribuerait à ce que les irrécupérables se révoltent, non pas à ce qu'ils adoptent ce sort avec entrain. Ce n'est pas comme s'ils ne pourraient choisir autre chose de mieux en pensée. «Non vraiment il y a rien de mieux pour moi».
Dumouch suggère que le damné opère un choix lucide et volontaire à cet égard. «L'enfer, c'est mon choix !» «Oui, je le veux» C'est cela que je dis être absurde. Proposer que le damné se glisserait dans cet ultime état pour lui comme s'il devrait s'agir d'entrer enfin dans de vieilles pantoufles confortables. «Enfin dans des habits à ma mesure et qui conviennent !» Si le perdu ne peut choisir Dieu, il ne peut choisir davantage l'enfer. Il y va malgré tout et malgré lui.
Bien sûr que personne ne choisit les souffrances de l’enfer, mais ses tourments éternels ne sont pas l’enfer lui-même, mais simplement l’effet de l’absence de Dieu. Tous ceux qui se prennent pour des dieux et se veulent seuls maîtres de leur propre existence savent et comprennent aisément que tous les autres qui font le même choix fondamental sont autant de concurrents lorsque leurs intérêts ou désirs sont différents. Ce monde d’individus indépendants en concurrence, c’est l’enfer. Tous les jours, nous en avons des démonstrations sous nos yeux.
Il me semble que personne ne sera damné par désespérance, car la désespérance c’est simplement de l’ignorance. Lorsque le désespéré rencontre (ou rencontrera) le Christ et le monde nouveau qu’il nous prépare, il n’y a pas de place pour de la désespérance car la réalité apparaîtra alors certaine, mais il reste certes toujours de la place pour un refus, ce refus de vivre en communion avec un autre que soi-même par désir et préférence de vivre avec la maîtrise personnelle de la propre vie par ses propres pensées, ses propres choix, indépendamment d’un autre.Olivier JC a écrit : ↑jeu. 10 juil. 2025, 8:21 Un refus motivé par la désespérance m'apparaît donc bien plus cohérent comme cause majoritaire de la damnation.
Ce choix fondamental paraît préférable à certains aussi incompréhensible que cela paraisse devant l’immense bonheur de la communion en Dieu et l’enfer de souffrance que représente la solitude d’une vie d’intérêt personnel en présence d’autres solitudes similaires, même si des alliances ou des circonstances permettent quelques plaisirs passagers.
En cas de refus par désespérance, il n’y a pas vraiment de refus puisqu’il y a une erreur sur la réalité et il n’y a là qu’une absence de foi mais non un refus.
Dans tous les cas où il n’y a qu’une absence de foi, il me semble que Trinité a raison de considérer que « la possibilité du repentir en présence de la miséricorde (Amour) de Jésus » demeure lorsque la vérité apparaîtra au désespéré.
Il me semble que personne ne choisit de refuser une miséricorde à son égard, mais cette miséricorde ne se substitue pas au choix de l’amour qui reste à faire.Olivier JC a écrit : ↑mer. 09 juil. 2025, 18:00 parce qu'ils refusent sa Miséricorde, s'en estimant indigne.
Celui qui s’en estime indigne, comme le désespéré, sera lui aussi éclairé sur l’amour de Dieu qui est plus grand que ce qu’il imagine et qui vient à Lui, même dans la plus grande indignité. Cependant, ici encore, le choix de vivre en communion avec Dieu reste à faire.
En effet ! Le choix fondamental de l’amour suppose certes de ne pas haïr, mais surtout un choix positif d’aimer, de vivre en communion. Celui qui est indifférent et même celui qui trouve Dieu sympathique ne va pas nécessairement choisir de vivre sa vie éternelle avec Lui.Olivier JC a écrit : ↑mer. 09 juil. 2025, 18:00 S'il ne peut être naturellement exclu que certains se trouvent en Enfer par haine de Dieu, j'ai tendance à penser que ce n'est pas la majorité. … Ceci pour dire qu'à mon sens, la plupart des âmes qui sont en Enfer ne le sont pas par une haine 'positive' de Dieu
En effet.Lacrimarum valle a écrit : ↑mar. 08 juil. 2025, 9:45 Le criminel qui refuse la prison refuse encore plus l'enfer de flamme. Il y a des pleurs et des grincements de dents dans le texte du Nouveau Testament. Cela indique bien que le réprouvé est désespéré de ce nouvel état, non pas qu'il l'aura choisi.
C’est une observation importante, même si la notion de « méchants » est floue, car l’essentiel n’est pas dans les caractéristiques variées des humains, mais uniquement dans leur choix et leur désir de vivre en communion avec Dieu.Olivier JC a écrit : ↑jeu. 10 juil. 2025, 11:41 En d'autres termes, si les méchants vont en Enfer, ils ne sont pas les seuls, ni les plus nombreux.
Des gens au caractère dur et cassant ou peu sociables ou peu empathiques peuvent, au fond d’eux-mêmes, aspirer à l’amour là où d’autres hyper sociables et avenants peuvent parfois se révéler, en réalité, profondément égoïstes.
Si un « gentil » ne veut pas de la vie d’amour de Dieu, sa situation ne sera pas différente de celle d’un « méchant » dans le même cas.
Que peut-on dire de celui qui rejette la communion avec Dieu ?
En effet ! Hélas !
Il est en effet possible de préférer souffrir en étant seul maître de son existence que de partager sa vie dans l’amour éternel de Dieu.
Car, hélas, les séductions de l’égoïsme sont puissantes et attirantes.





