Concernant le propos de Prodigal, il me semble que son intervention depuis l’a fort clarifié.
Concernant le mien, je le maintiens. Beaucoup estiment que Saint Joseph n’aurait jamais péché, et pourquoi pas d’autres saints.
Cela suppose peut-être un appel particulier, mais nous concernant tous, cela ne remet pas en cause un appel similaire à compter du moment où nous aurons pris conscience de cette possibilité.
- [+] Texte masqué
-
L’anecdote avec le curé d’Ars qui fut effrayé de voir son âme comme Jésus la voyait (il l’avait demandé), me donne à penser qu’avec humour Jésus « ne lui a pas fait de cadeau » et que la moindre peccadille a pu prendre des proportions inattendues : n’est pas Dieu qui veut !
Car sans quoi, et j’en peux témoigner pour en avoir entrevu un éclat à l’occasion d’une rencontre œcuménique charismatique, le regard que porte Jésus sur nous et nos tribulations, sous une apparence si simple et banale, relève d’un amour si délicat et d’une si réjouissante douceur et profondeur !
Pensez à la façon dont il permet à Pierre, dans le dernier chapitre de Saint Jean, de se savoir pardonné !
Certaines phrases très courtes peuvent nous nourrir pendant des années !
Comme le dit une chanson « aujourd’hui est le premier jour du reste de ta vie, le plus essentiel ».
La philosophie du Reiki aussi insiste à raison sur cette démarche en insistant sur « aujourd’hui, rien qu’aujourd’hui, je… », comme quoi ce que nous voulons est accessible, concernant nos résolutions, il n’y a pas d’obstacle insurmontable - en « comprimant » ainsi ou réduisant le temps dans la pensée pour le mettre en avant et que l'épreuve nous paraisse simple, abordable, à notre portée.
De même il y a ce propos fameux concernant des alpinistes ayant réalisé un exploit : « s’ils avaient su que ce n’était pas possible, ils ne l’auraient jamais fait ».
Voilà pour rebondir sur la citation que je faisais de Luc (6 : 8).
A priori, une vie de foi authentique va vers une diminution progressive du nombre de péchés commis, et pourquoi pas leur extinction. A cela contribue le fait que comme je le signalais déjà, nous appelons encore « péché » des faiblesses qui strictement parlant, n’en sont pas. Il y a donc encore un combat, sans lequel la vie et l’amour de Dieu perdraient ici-bas de leur intérêt !
En principe, nous devrions « sortir » de chaque confession avec la ferme résolution de ne plus pécher jusqu’à notre mort et la conviction encore plus ferme que c’est possible.
Penser le contraire est à mes yeux rien de moins qu’une hérésie, et la pire qui soit au regard de notre salut.
Pensez-vous que l’eucharistie ne sert surtout qu’à éviter de tomber dans le péché mortel ? Je pense plutôt : à permettre cela !
Les prêtres qui communient tous les jours ne sont pas plus saints parce qu’ils sont prêtres, mais par ces communions fréquentes, à condition toutefois d’éviter la routine et cela vaut pour tous. Tous les saints ont fréquenté assidument l'eucharistie.
Au ciel, si hiérarchie il y aura, à mon avis ce ne sera pas celle d’ici-bas, elle sera fondée sur la sainteté…
Pour le dire autrement, je suis convaincu que tous les membres de ce forum et la plupart de ses visiteur savent très bien ce qu’il leur faut faire pour cela, ils n’ont pas besoin de « se renseigner » - même ceux qui le font ! Mais, question de motivation...
Certains fumeurs arrivent à s'arrêter, d'autres pas. Idem pour d'autres addictions. Alors arrêter de pécher ne devrait pas être plus dur, même si l'étendu du possible est plus vaste . Question de concentration et de relaxation, aussi.
La difficulté vient du fait qu'il faut s'y appliquer, et en même temps ne pas se focaliser sur l'enjeu, le résultat. Pour que cela "marche" et éviter le risque d'orgueil (mais ce n'est pas de la prétention d' y croire, cf. le risque d'hérésie, et de se trouver dans le mouvement ne rend plus nécessaire de se stimuler à cette fin, cela devient "du" concret ) la réussite doit se faire à notre insu.
Petit à petit, nos chutes changent de registre, le fait de se rétablir prend plus d'importance, et ce qui permet cela c'est une certaine façon de vivre l'état dit de contrition parfaite et qui est indispensable.
Il n'y en a pas qu'un, il s'y trouve plusieurs degrés d'intensité, et c'est en vivant cette progression que l'on se défait de la focalisation dont je parlais et qui est nuisible. La durée de "rémission" devient peu à peu de plus en plus longue...
Pour commencer, il faut éviter les occasions de péché et ne pas se mentir à soi-même : c'est nous avec notre ego qui sommes parfois cette" occasion". Et compter sur le secours de la grâce quand cela n'est matériellement pas possible. C'est un "travail à deux" au cours duquel la présence de l'Autre, hôte invisible, devient évidente. Il n'y a pas d'entraînement plus revigorant et réjouissant.