Tout d’abord, pour avoir parcouru quelques posts sur le forum, je voulais dire que je suis touchée de voir les réponses de certaines personnes qui prennent le temps de soutenir les autres. Même par message, on ne se rend pas compte comme ça peut aider à se sentir soutenu et entendu !
Ce qui m’amène à une de mes interrogations profondes: Où sont ces personnes dans nos églises ?
En effet, pour avoir connu beaucoup de souffrance psychique, j’ai vraiment cherché du soutien auprès d’amis catholiques ou même de prêtres mais je ne me suis jamais vraiment sentie comprise. On m’a dit « Tu sais il n’y a que toi seule et Dieu qui peuvent comprendre ta souffrance ». Certes, mais j’ai eu la chance, sur ma route, de rencontrer d’autres gens, parfois des collègues, des personnes pas du tout catholiques ou chrétiennes qui avaient une posture ou une empathie qui m’a beaucoup touchée.
Mon biais est eonc de me dire que la Foi, le dogme, la fidélité finalement ne m’apportent rien d’apaisant dans mon mal être psychologique et qu’au contraire, le fait d’assister à la messe, d’entendre ces mêmes et mêmes paroles a le don de m’angoisser, de me donner envie de pleurer et de partir car malgré mes supplications, la paix ne vient pas.
Pour la petite histoire, je vis une phase de dépression très forte à 31 ans succédant à une rupture amoureuse, bien que le mal être et les difficultés psychologiques soient là depuis longtemps. Ce n’est pas tant la fin de ma relation qui m’a le plus affectée mais le fait de me dire que je n’y arrivais pas: comme pétrifiée entre ce que je veux d’une relation, peut être ce que Dieu veut pour ne pas que je me perde, mes blessures et mes fragilités.
J’étais avec quelqu’un de très dynamique, catholique aussi et pleinement vivant, libre qui avait envie de se donner à fond pour son couple, et pour l’Eglise.
Et je me suis sentie, bien qu’attirée par cette ouverture d’esprit et cette authenticité que je veux cultiver moi aussi, bien limitée/prisonniere par les codes que l’on m’a inculquée dans ma famille plutôt traditionnelle mais pas très engagée par l’Eglise. Cela s’accompagnant de beaucoup de brimades tout au long de ma scolarité, des éloignements lorsque j’étais très jeune avec ma famille, un sentiment de devoir plutôt que de liberté.
Quand la relation s’est terminée, je me suis sentie comme une petite fille qui pleure en voyant son ballon s’envoler parce qu’elle n’a pas réussi à le tenir. Et surtout d’une nullité par rapport à ce garçon que j’appréciais beaucoup.
Beaucoup m’ont dit que j’aurais dû persévérer, mais l’angoisse était tellement forte que durant les dernières semaines de la relation, j’avais perdu ma joie de vivre et le peu de confiance en moi que j’avais réussi à acquérir ces dernières années.
Je me suis dit: « et maintenant … qu’est ce qu’on fait ? Au vu de cette histoire et de la précédente, est ce qu’un jour je vais pouvoir vivre de ce désir profond de mariage, vivre quelque chose de beau et de profond où je me sente capable de donner comme je suis, avec mes blessures, sans être réactivée sans cesse par le comportement de l’autre? »
Je n’y crois plus, même s’il reste je ne sais comment une once minuscule d’espoir encore. Je sais au fond que Dieu veut mon bonheur et qu’il connaît mon équilibre affectif fragile en raison de ces blessures contre lesquelles je lutte tous les jours.
Il ne nous demande jamais l’impossible et c’est ce que je reproche parfois à certains catholiques pratiquants ou prêtres qui ont une vision très directe: tu résistes, tu suis les commandements, tu fais la volonté de Dieu et tu expies tes péchés.
Avec la spiritualité ignatienne et des accompagnateurs, j’ai découvert une autre vision de Dieu, présent au coeur de nos désirs, plus doux.
Mais aujourd’hui je suis perdue entre l’église traditionnelle de mon enfance, dans laquelle je me sens comme à la maison et des mouvements plus modernes, plus ouverts comme les jésuites, Fondacio.
J’ai besoin de lieux d’ancrages sans me sentir enfermée, d’être vue comme une merveille de Dieu et non pas comme une femme fragile et cinglée, d’être aimée pour qui je suis.
Parfois j’ai vraiment l’impression que je ne vais jamais y arriver, que ce n’est pas possible et je ne peux envisager une vie de célibataire sur la durée, je trouve ça trop dur.
On pourrait être tenté de me dire: Bah donne toi et ça ira mieux. Mais c’est ce que je fais et ce manque que je ressens très fort, je sais que ça correspond à mon désir profond et qu’en continuant d’avancer en étant suivie psychologiquement et spirituellement, j’aspire vraiment à rencontrer un homme qui m’aime comme ça, simplement, avec toute ma complexité.
Merci à celles et ceux qui liront ce long post. Si certains ont des partages d’expériences ou autres paroles qui pourraient m’aider, ou qui sait, un homme qui voudrait donner son point de vue, je vous en remercie sincèrement


