Bonjour Cmoi,
Vous avez pu lire quelques autres éclairages dans les regards différents que permettent d’autres intervenants auxquels j’ai répondu dans mon message précédent.
À cet égard, merci tout particulièrement à
Perlum Pimpum pour son intervention détaillée et bien argumentée, même si divers détails dépassent le cadre de ce fil.
Ma difficulté reste grande pour parvenir à trouver les mots pour me faire comprendre par vous.
Vos derniers messages démultiplient vos griefs et vos accusations. Cela n’aide pas à avancer dans un dialogue.
Beaucoup de détails de ces messages me semblent trop éloignés du sujet ici.
Quoi qu’il en soit, je vais d’abord répondre à votre message précédent puis je reviendrai aux deux derniers.
cmoi a écrit : ↑jeu. 14 août 2025, 6:07
il y a un « trou » dans la théorie de l’évolution qui vous sert de référence (et je ne comprends toujours pas ce besoin que vous avez de la valider là où elle-même ne le fait pas), il y a comme un pont dont les parties débutent de deux côtés, mais qui ne se rejoignent.
…
La science ne sait pas répondre à cette question mais vous le faites à sa place de façon « magique », car la religion non plus n’en a pas. Il y a là un trou que vous ne comblez pas car vous préférez avoir une solution toute prête quand il le sera plutôt qu’attendre.
Vous faites un acte de foi envers la science mais pensez-vous qu’elle manque encore réellement de moyens et desquels, ou n’est-ce pas plutôt parce qu’elle refuse une intervention surnaturelle !?
La science ne refuse rien mais elle ne peut aller au-delà de son propre champ d’action qui se limite au terrestre.
La science ne refuse pas la possibilité d’une intervention surnaturelle, mais elle ne peut rien en dire scientifiquement.
La science n’est pas athée. Elle est agnostique. Elle n’a pas accès à la transcendance ni pour la reconnaître, ni pour la nier.
Je ne fais pas d’acte de foi envers la science lorsque j’accepte ce que l’enseignement officiel de l’Église admet.
À cet égard, la théorie de l’évolution ne me sert pas de référence et je ne cherche pas à la valider, ni à y combler un trou.
Dans le cours naturel de l’histoire, la création d’un être nouveau à l’image de Dieu n’a pas créé une discontinuité observable. Si des scientifiques de notre époque avaient pu être présents, ils n’auraient rien observé de particulier ou, tout au plus, des individus d’une intelligence singulièrement élevée.
La création d’Adam et Ève est une action transcendante de Dieu dans ce monde avec les évolutions que la science peut observer dans la nature, mais il s’agit d’une création divine d’un être nouveau, autre que ce que la science peut observer.
Notre difficulté vient du fait que cet être nouveau est créé par et avec un corps physique dans ce monde que la science peut observer.
Mais, ce corps physique observable ne peut nous révéler qui est cet être nouveau créé à l’image de Dieu.
cmoi a écrit : ↑jeu. 14 août 2025, 6:07
Je vous rappelle que même dans le premier récit de la Genèse, Dieu ne cesse d’intervenir à toutes les étapes et de façon transcendante, même si par ailleurs il se sert d’un processus naturel d’expansion et de transformations, ce dernier n’y est pas considéré comme « suffisant » - or vous êtes obligé de considérer que si pour combler artificiellement le fameux « trou » que j’ai évoqué ( et désolé si le mot de « magique » que j’ai employé tout à l’heure vous a choqué.
Votre raisonnement n’est pas exact et m’attribue à tort une pensée qui n’est pas la mienne.
La création de l’humain à l’image de Dieu n’est pas un trou dans la connaissance de la réalité terrestre. Elle crée du nouveau, un autre.
cmoi a écrit : ↑jeu. 14 août 2025, 6:07
la science remontant aux origines, avec la théorie du big bang quasiment validée, et l’archéologie, laquelle a décidé de ne pas savoir si certains squelettes et certains signes de présence concernent nos ancêtres ou ceux d’un animal, encore vivant ou disparu. Elle a donc donné le nom d’hominidé à ce mystère qui est le sien.
Il est évidemment non réel de prétendre que la science (l’archéologie) «
a décidé de ne pas savoir » ou d’affirmer qu’elle considèrerait l’hominidé comme un mystère.
Les hominidés sont des êtres qui nous ressemblent et dont les traces observées attestent de la présence sous des formes et avec des variantes diverses au cours des millions d’années qui nous précèdent. Ce n’est pas un mystère mais seulement un objet normal de recherches parmi d’autres.
Dans les traces archéologiques de ces hominidés, on retrouve des croisements qui expliquent l’origine d’éléments particuliers de notre corps.
Il y a des homos sapiens de notre espèce depuis un peu plus de cent mille ans et on a pu, par exemple, observer des croisements plus récents avec des néandertaliens.
cmoi a écrit : ↑jeu. 14 août 2025, 6:07
De l’autre côté il y a la Révélation (Ecriture et Tradition) qui nous en donne le sens et qui sera toujours actuelle, mais ne remonte pas au-delà de disons moins de 4000 ans sans employer un langage qui devient en partie métaphorique au-delà.
Entre les deux il y a en plus du brouillard. La science ne se préoccupe pas de savoir si les 2 côtés se rejoignent car elle se fait fort de parvenir seule « jusqu’au bout ».
Il faut rappeler, une fois encore, que la science ne fait que de la science et elle ne rejoint la Révélation qu’en ce qui concerne les faits terrestres observables. Elle ne nous dira rien de la spiritualité sauf pour parler des réalités observables éventuellement en cause mais sans pouvoir intégrer la transcendance, l’incréé, le divin au-delà de ses limites. Mais, la science nous confirmera l’existence de Ponce Pilate.
La science ne se fait pas davantage «
fort de parvenir seule « jusqu’au bout » ». Ce n’est qu’un outil qui travaille nécessairement dans le seul cadre des observations terrestres qui est le sien.
La réalité spirituelle de la création de l’humanité est hors du champ de connaissance de la science.
cmoi a écrit : ↑jeu. 14 août 2025, 6:07
Certains croyants, scientifiques ou pas, ne s’en préoccupent pas davantage et je ne leur donne pas tort.
Vous avez même raison.
cmoi a écrit : ↑jeu. 14 août 2025, 6:07
D’autres veulent prouver que les 2 se rejoignent ou peuvent se rejoindre, et conditionnent presque leur foi à cette possibilité. Vous semblez être de ceux-là.
Pourquoi évoquer «
D’autres » ?
La science explore sans limite, pour les croyants comme les incroyants, ce qui est observable de manière terrestre, corporelle.
Lorsque la religion parle de réalités terrestres, c’est avec les mêmes exigences que la science et une ouverture sans limites à ses découvertes.
Cela ne signifie évidemment pas que la religion se limite à ce que la science prouve et, le plus souvent et pour l’essentiel, la révélation va bien au-delà.
Est-ce que la science prouve que Jésus a ressuscité Lazare ? Non. Est-ce que la foi en donne la conviction ? Oui.
cmoi a écrit : ↑jeu. 14 août 2025, 6:07
Pour un croyant qui donne raison à la Révélation, Il y a 3 façons de concilier ces 2 voies : donner raison de façon inconditionnelle aux 2 (votre cas), donner raison à la science mais pas à certaines de ses thèses
Pourquoi m’attribuer la première position qui me semble dénuée de sens ?
Nous pouvons attacher notre foi de façon inconditionnelle à la foi de l’Église, mais la science n’est qu’un ensemble d’observations et de thèses plus ou moins certaines qui exigent, même du point de vue scientifique, une relativité incompatible avec une attitude «
inconditionnelle » qui transformerait de prétendus savoir en «
dogmes » athées.
Cette approche me semble cacher les vraies difficultés en cause dans notre dialogue qui me semblent provenir principalement du fait que vous cherchez sans cesse dans les réalités corporelles ce qui provient de l’action spirituelle transcendante de Dieu.
cmoi a écrit : ↑jeu. 14 août 2025, 6:07
Ce mystère de l’hominidé, il faut bien le résoudre (quoique pas nécessairement, c’est à la science de le faire et de trancher) …
Vous le faites en affirmant que cet hominidé est notre ancêtre
Si vous prenez le point de vue exclusivement terrestre de la science, il est certes exact alors que notre corps provient de la nature où vous pouvez scientifiquement lui reconnaître des ancêtres biologiques ou terrestres (mais l’humain créé corporel et spirituel ne se limite pas à son corps et est autre du fait de sa réalité spirituelle).
Mais, il ne s’agit pas d’ancêtres de l’humain créé à l’image de Dieu.
Un ancêtre terrestre du seul corps humain n’est pas un ancêtre de l’être nouveau lui-même, créé directement par Dieu.
cmoi a écrit : ↑jeu. 14 août 2025, 6:07
vous dites « ne pas voir d’autre solution ». Pourtant vous avez reconnu qu’il y en aurait une autre
Non, je n’en connais pas d’autre.
Les opinions autres me semblent s’écarter de la foi de l’Église soit dans ses enseignements anciens, soit dans ses enseignements les plus récents compte tenu des acquis de la science intégrés dans cet enseignement officiel.
cmoi a écrit : ↑jeu. 14 août 2025, 6:07
Je me suis efforcé de vous démontrer le contraire, mais vous avez fait le sourd.
Désolé de vous donner cette impression, mais dans un dialogue difficile chacun peut penser que le sourd c’est l’autre.
cmoi a écrit : ↑jeu. 14 août 2025, 6:07
Dès lors l’échange n’est plus équilibré, vu que toutes les solutions ne sont encore que des hypothèses et que vous en refusez d’autres, comme si nous devions réserver l’exclusivité à votre choix personnel.
Désolé encore, mais rien n’est refusé a priori sauf si on sort du cadre de la foi de l’Église.
Je présente une explication. Elle reste ouverte à la contradiction sans exclusivité, dans les limites du respect de l'enseignement de l'église.
cmoi a écrit : ↑jeu. 14 août 2025, 6:07
Votre choix a une conséquence : celui de voir l’épisode du péché originel comme postérieur à l’existence de ces hominidés, et donc de devoir dater le moment où l’homme est apparu.
C’est bien exact.
cmoi a écrit : ↑jeu. 14 août 2025, 6:07
Je n’ai pas cette obligation puisque l’autre hypothèse considère que cet épisode est à cette date
Il n’y a pas de distinction sur ce point : le péché originel se produit lors de l’apparition de l’homme, au commencement de l’histoire.
Je ne vois pas en quoi cela ferait cesser la nécessité de situer historiquement l’événement.
Si vous imaginez que tous les hominidés depuis les australopithèques, voire leur ancêtres primates plus ancien, sont postérieurs au péché originel et donc à Adam et Ève, je ne peux que vous inviter à préciser votre hypothèse par rapport à la foi de l’Église. Ces primates qui se sont succédé il y a des millions d’années seraient-ils autant d’âmes immortelles sauvées par le Christ ?
Vous verrez vite que cela ne peut mener que dans une impasse.
cmoi a écrit : ↑jeu. 14 août 2025, 6:07
tout ce qui peut être « ancêtre » de l’homme ne peut avoir vécu avant : soit donc l’hominidé est bien l’ancêtre de l’homme et il n’a pu vivre qu’après, soit il ne l’est pas.
Votre propos n’est pas compréhensible : dans l’échelle du temps, un ancêtre c’est nécessairement avant et pas après.
Pour le surplus, vous montrez bien ici la difficulté de ce fil par une alternative qui oppose deux réalités.
Ce que vous dites ne concerne, ici encore, que la seule réalité corporelle.
Mais, les hominidés qui peuvent être les ancêtres du seul corps de l’être nouveau ne sont pas des ancêtres de cet être nouveau créé spirituellement à l’image de Dieu même si c’est avec et dans un corps terrestre.
Désolé pour ceux qui lisent cette énième répétition.
cmoi a écrit : ↑jeu. 14 août 2025, 6:07
Compte tenu de votre juste critère « d’exclure le péché du projet divin », votre choix doit surmonter un obstacle car votre hypothèse suppose, vous l’admettez, des relations sexuelles entre l’homme et cet hominidé que vous refusez de considérer comme un homme.
Mes questions s’accroissent donc : pas seulement « qu’est-ce qui vous fait penser que ce n’est pas un péché »
Le péché est une opposition à la volonté de Dieu. Il n’a aucune réalité en Dieu Lui-même.
Pour le surplus, il n’y a pas de péché sans une loi qui n’est venue qu’avec Moïse.
Je ne reviens pas ici sur la question des hominidés préhistoriques par rapport à l’humain créé à l’image de Dieu.
cmoi a écrit : ↑jeu. 14 août 2025, 6:07
votre thèse suppose un événement qui vous oblige à accepter une intervention divine dans le processus de l’évolution. Dès lors surgit ma question : si vous admettez cet événement comme indispensable pour l’homme, en quoi ne l’est-il pas pour l’hominidé et même pour les animaux – comment du big bang où il n’y a qu’explosion de matière vous parvenez à la diversité du monde naturel, et en particulier à l’existence d’êtres tels que l’homme, l’hominidé et les mammifères ?
Nous sommes bien d’accord sur ce point et l’intervention divine n’est pas moins nécessaire pour tout ce que vous indiquez.
Cependant, pour la création de l’humain à l’image de Dieu, l’action de Dieu fut spécifique et est la finalité de toutes ses autres actions créatrices.
cmoi a écrit : ↑jeu. 14 août 2025, 6:07
Vous semblez répondre qu’il y avait autre chose que de la matière, et que cet autre chose est Dieu, mais il n’est pas clair que vous le fassiez intervenir de façon seulement immanente ou aussi transcendante. Ni, quand vous le faites intervenir de façon immanente, qu’il ne soit pas présent en chacun et d’une façon qui reste confuse car vous reconnaissez que les mots vous manquent.
La transcendance de l’action de Dieu est certaine autant que son immanence.
Mais, c’est précisément cette transcendance que vous me semblez ne pas intégrer suffisamment dans nos échanges.
cmoi a écrit : ↑jeu. 14 août 2025, 6:07
je ne peux admettre cette explication, car ni la science ni la religion ne l’admettent et vous connaissez les fameux vers : « ce qui se conçoit bien… » etc.
La transcendance de Dieu contredit nécessairement cet adage.
Si on énonçait clairement dans notre langage humain ce qui concerne Dieu, c’est que nous l’aurions réduit à un point de vue humain.
cmoi a écrit : ↑jeu. 14 août 2025, 6:07
l’immanence divine … est universelle et ne peut pas intervenir dans un processus, il faut l’attribuer dans ce cas à sa transcendance
Ce n’est pas vrai et vous prétendez à tort enfermer ainsi l’action de Dieu.
Il y a au contraire énormément de contingence dans les phénomènes naturels qui peuvent souvent prendre diverses directions différentes avec des effets différents.
Dans ces contingences, il y a certes beaucoup de causalités inconnues, mais rien n’exclut des actions divines du Créateur qui ne cesse jamais d’être le maître de sa création. Beaucoup de miracles en témoignent.
cmoi a écrit : ↑jeu. 14 août 2025, 6:07
« Dieu peut faire de ces pierres des fils à Abraham », et cela sans délai aucun.
Croyez-vous cela, ou pensez-vous que Dieu a besoin pour y parvenir de respecter tout un cycle d’évolution ?
Dieu n’a besoin de rien, ni de délai, pour faire ce qu’il veut.
cmoi a écrit : ↑jeu. 14 août 2025, 6:07
Je ne vois pas en quoi, comme vous l’affirmez, il faudrait défendre comme relevant de la foi ce qui n’en dépend pas et qui n’est pas certain.
Je n’affirme pas cela et il est évident qu’il ne faut pas «
défendre comme relevant de la foi ce qui n’en dépend pas et qui n’est pas certain »
cmoi a écrit : ↑ven. 15 août 2025, 9:17
en adoptant la doctrine de Xavi, où Dieu a choisi un couple parmi les hominidés pour accomplir un être nouveau, une merveille, etc. (de quoi convaincre de son accord avec la doctrine de l’Eglise, n’est-ce pas ? )
…
pour le passage du mammifère à l’homme, à supposer qu’il se fasse par le biais d’un « hominidé », il n’y a plus rien d’évident à ce que cela suppose le choix arbitraire d’un couple
Non, je ne pense pas et il me semble faux de considérer que «
Dieu a choisi un couple parmi les hominidés pour accomplir un être nouveau, une merveille, etc ».
Votre résumé de ma pensée ne fait que montrer que je n’ai pas réussi à vous la faire comprendre.
L’être nouveau créé à l’image de Dieu a une nature corporelle et spirituelle qui n’est pas celle des hominidés naturels.
Ce n’est pas un choix «
arbitraire » parmi les hominidés, mais une création d’êtres nouveaux.
cmoi a écrit : ↑ven. 15 août 2025, 9:17
Non, la doctrine de Xavi n’est pas celle de l’Eglise
…
l'Eglise dans sa sagesse ne s'est pas prononcée
Il n’y a pas de doctrine de Xavi, mais seulement, pour chaque croyant catholique, la doctrine de l’Église.
Ce que je propose (comme chaque fidèle peut le faire) ce sont des explications qu’il incombe à chacun d’examiner par rapport à la foi de l’Église. C’est l’objet de notre forum : essayer de contribuer à l’intelligence de la foi.
Mes explications essaient, notamment, d’expliciter les développements les plus récents de l’enseignement du Magistère et surtout l’Évangile de la création présenté dans l’encyclique
Laudato si’ du Pape François dans laquelle l’Église se prononce clairement sur l’origine de notre corps dans la Mère nature. Acceptez-vous cet enseignement ?