Les orthodoxes sont-ils schismatiques ?
Les Églises orthodoxes orientales ne sont pas en pleine communion avec l’Église catholique, notamment parce qu’elles ne reconnaissent pas l’autorité du pape comme successeur de Pierre et principe visible de l’unité de l’Église. En ce sens ecclésial, elles sont des Églises séparées, souvent qualifiées de schismatiques.
Mais l’Église catholique ne les considère pas comme de simples communautés dépourvues de toute réalité ecclésiale. Elle reconnaît en elles de véritables Églises particulières, possédant la succession apostolique, un épiscopat valide, le sacerdoce et l’Eucharistie.
ref : Lettre aux évêques de l'Église catholique sur quelques aspects de l'Église comprise comme communion, 1995
Cela ne signifie pas que chaque orthodoxe porte personnellement la culpabilité du schisme historique. Beaucoup sont nés dans cette tradition et suivent leur Église sans volonté personnelle de rompre avec Rome.V. COMMUNION ECCLÉSIALE ET ŒCUMÉNISME
17. « L'Église se sait unie pour de multiples raisons avec ceux qui, étant baptisés, sont honorés du nom de chrétiens, mais ne professent pas cependant la foi catholique dans son intégralité ou n'ont pas gardé l'unité de communion sous le successeur de Pierre »(72). Parmi les Églises et les communautés chrétiennes non catholiques, on trouve en effet de nombreux éléments de l'Église du Christ, qui nous permettent, dans la joie et l'espérance, de reconnaître l'existence d'une certaine communion, bien qu'imparfaite(73). Cette communion existe spécialement avec les Églises orthodoxes orientales qui, bien que séparées du Siège de Pierre, demeurent unies à l'Église catholique par des liens très étroits, comme la succession apostolique et une Eucharistie valide, et méritent donc le titre d'Églises particulières(74). En effet, « par la célébration de l'Eucharistie du Seigneur dans chacune de ces Églises, l'Église de Dieu est édifiée et grandit »(75), car dans toute célébration valide de l'Eucharistie, l'Église une, sainte, catholique et apostolique devient réellement présente(76). Cependant, puisque la communion avec l'Église universelle, représentée par le successeur de Pierre, n'est pas un complément extérieur à l'Église particulière, mais l'un de ses éléments constitutifs internes, la situation de ces vénérables communautés chrétiennes signifie aussi que leur existence en tant qu'Églises particulières est blessée. La blessure est encore plus profonde dans les communautés ecclésiales qui n'ont pas conservé la succession apostolique et une Eucharistie valide. Cela blesse à son tour l'Église catholique, appelée par le Seigneur à devenir pour tous « un seul troupeau » avec « un seul pasteur »(77), en ce que cela entrave l'accomplissement complet de son universalité dans l'histoire.
Ont-ils la même foi que les catholiques ?
Ils ont la même foi chrétienne fondamentale sur de nombreux points essentiels :
- la foi en la Sainte Trinité ;
- la divinité et l’humanité du Christ ;
- la succession apostolique ;
- les sept premiers conciles œcuméniques ;
- le baptême ;
- le sacerdoce ;
- l’Eucharistie comme véritable sacrement ;
- la vénération de la Vierge Marie et des saints.
Cependant, il n’existe pas encore de pleine unité de foi et de communion ecclésiale. Des divergences subsistent concernant :
- le rôle et l’autorité universelle du pape ;
- le Filioque ;
- certains développements dogmatiques occidentaux, comme l’Immaculée Conception ;
- la compréhension de certains points concernant le purgatoire et l’organisation de l’Église.
Il est donc plus exact de dire que les orthodoxes partagent avec les catholiques une foi très largement commune, mais pas la plénitude de la foi professée dans l’unité avec le successeur de Pierre. Le Catéchisme affirme que la communion avec les Églises orthodoxes est si profonde qu’elle « manque de peu » d’atteindre la plénitude permettant une célébration commune de l’Eucharistie.
ref: CEC 838 et +
La confession chez un prêtre orthodoxe est-elle valide ?
Oui, en principe. Puisque les Églises orthodoxes ont conservé la succession apostolique et un sacerdoce valide, leurs prêtres peuvent célébrer validement le sacrement de pénitence — même si leur ministère n’est pas exercé en pleine communion avec l’Église catholique.
Pour un catholique, cette confession peut être reçue licitement dans certaines circonstances : nécessité réelle ou véritable utilité spirituelle, impossibilité physique ou morale de rejoindre un prêtre catholique, et absence de danger d’erreur ou d’indifférentisme.
ref : Acta Apostolicae Sedis , novembre 1993
Il faut toutefois respecter la discipline de l’Église orthodoxe concernée, car certaines Églises orthodoxes n’admettent normalement pas les catholiques à leurs sacrements.
En résumé : les orthodoxes sont séparés de la communion avec Rome, mais ils appartiennent à de véritables Églises ayant des sacrements valides.
Ils partagent avec les catholiques l’essentiel de la foi chrétienne, sans posséder encore la pleine communion doctrinale et ecclésiale.
La confession par un prêtre orthodoxe est normalement valide et peut être licite pour un catholique sous les conditions prévues par l’Église.
Belle(s) rentrée(s) aux membres de la Cité.


