La question du mal et l'existence de Dieu

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Charles
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Re: La question du mal et l'existence de Dieu

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contribue à développer le potentiel de chacun
Comme il y a des personnes - vieillards, handicapés, malades en phase terminale, pour lesquelles l'amour qu'on leur porte ne développe en elles aucun potentiel, cet amour est donc un mal.

Tous les gestes de tendresse, d'une pauvreté absolue, que la Bienheureuse Teresa de Calcutta prodiguait à ceux qui venaient échouer dans son mouroir - les laver, leur tenir la main, leur rafraîchir le front, pendant qu'ils mouraient, étaient donc des maux.

La stupidité de penser l'homme en terme de potentiel est celle du business du "développement personnel". C'est un prêt-à-penser pour les masses tiraillées entre la consommation et la performance, entre leur ambition et leur médiocrité. Le potentiel est la drogue des masses dans la société libérale, la drogue des possédés de l'inassouvissement, de la honte et du ressentiment.

Je n'ai pas de potentiel, mais j'ai une dignité, qui est n'est mesurée par rien en ce monde, seulement par l'amour infini que me porte Dieu. Le Christianisme fait de chaque homme un prince, héritier du Royaume de Dieu, l'athéisme en fait un employé standard, dont l'horizon est borné à son potentiel de rémunération et de consommation...
Dernière modification par Charles le ven. 11 juil. 2008, 14:03, modifié 1 fois.
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Raistlin
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Re: La question du mal et l'existence de Dieu

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Métazet a écrit :Oui, le mal existe. Le mal est le contraire du bien, et le bien est tout ce qui : 1) sans coercition 2) contribue à développer le potentiel de chacun 3) en maximisant le plaisir.
Ok, donc détruire la nature pour assurer un maximum de plaisir aux Hommes est un bien.

Qui plus est, votre définition est subjective : qu'entendez-vous par "développer le potentiel de chacun" ? Vous dites "l'actualisation de notre nature"... Heu, j'en connais beaucoup qui pensent développer leur "potentiel" dans les jeux video à outrance, l'ambition personnelle dévorrante, l'égoïsme, etc... Votre définition du bien semble exclure la charité.

Métazet a écrit :Le mal existe car nous sommes des êtres naturels, produit d'un équilibre subtil entre des lois nécessaires amorales et une situation initiale contingente également amorale.
Oui, mais justement, comment expliquez-vous l'existence du mal moral ? Aucun autre être naturel n'a à le souffrir ? Pourquoi l'Homme ?

Dans une conception matérialiste, le mal moral reste une absurdité.

Cordialement,
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Re: La question du mal et l'existence de Dieu

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Charles a écrit :
contribue à développer le potentiel de chacun
Comme il y a personnes - vieillards, handicapés, malades en phase terminale, pour lesquelles l'amour qu'on leur porte ne développe en elles aucun potentiel, cet amour est donc un mal.
Strawman encore une fois. Puisque cet amour n'amoindrit pas non plus leur potentiel ce n'est pas un mal, et puisque ça leur apporte de la chaleur au coeur (qui est une forme de plaisir) c'est un bien (si la liberté est respectée).
Charles a écrit :Tous les gestes de tendresse, d'une pauvreté absolue, que la Bienheureuse Teresa de Calcutta prodiguait à ceux qui venaient échouer dans son mouroir - les laver, leur tenir la main, leur rafraîchir le front, pendant qu'ils mouraient, étaient donc des maux.
Même commentaire.
Charles a écrit :La stupidité de penser l'homme en terme de potentiel est celle du business du "développement personnel". C'est un prêt-à-penser pour les masses tiraillées entre la consommation et la performance, entre leur ambition et leur médiocrité. Le potentiel est la drogue des masses dans la société libérale, la drogue des possédés de l'inassouvissement, de la honte et du ressentiment.
Strawman (ter).

Vous faites exprès de présenter ma notion de potentiel comme le dernier truc à la mode, alors qu'il n'échappera à personne qui est un minimum attentif que je parlais de l'éthique des vertus... :/
Charles a écrit :Je n'ai pas de potentiel, mais j'ai une dignité, qui est n'est mesurée par rien en ce monde, seulement par l'amour infini que me porte Dieu. Le Christianisme fait de chaque homme un prince, héritier du Royaume de Dieu, l'athéisme en fait un employé standard, dont l'horizon est borné à son potentiel de rémunération et de consommation...
Strawman (quater).

Tiens je vais m'y mettre aussi pendant qu'on y est : donc votre religion fait de vous un prince ? pouvez-vous me montrer vos titres de noblesse qui attestent ce fait ?
« La majorité des philosophes n'a pas de courage ; ils commencent par avaler les principes essentiels du code actuel : monogamie, structure familiale, continence, tabous corporels, restrictions concernant l'acte sexuel et la suite, puis ils chipotent sur les détails… jusqu'à des sottises telles que de savoir si la vue de la poitrine féminine est obscène ou non. » (Robert Heinlein, En terre étrangère)
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Raistlin a écrit :
Métazet a écrit :Oui, le mal existe. Le mal est le contraire du bien, et le bien est tout ce qui : 1) sans coercition 2) contribue à développer le potentiel de chacun 3) en maximisant le plaisir.
Ok, donc détruire la nature pour assurer un maximum de plaisir aux Hommes est un bien.
Non. Cf. point 1) et 2).
Raistlin a écrit :Qui plus est, votre définition est subjective : qu'entendez-vous par "développer le potentiel de chacun" ? Vous dites "l'actualisation de notre nature"... Heu, j'en connais beaucoup qui pensent développer leur "potentiel" dans les jeux video à outrance, l'ambition personnelle dévorrante, l'égoïsme, etc...
Ils pensent... en effet. Mais qui a dit qu'on ne pouvait pas se tromper sur la nature réelle de... euh... sa nature ? :siffle:
Qui plus est, l'égoïsme au mieux ne respecte les points évoqués que pour une seule personne (soi) mais les contredit pour toutes les autres.
Raistlin a écrit :Votre définition du bien semble exclure la charité.
Bien au contraire. Tous les points peuvent être portés à leur niveau d'excellence par la charité, surtout les 2) et 3)

Raistlin a écrit :
Métazet a écrit :Le mal existe car nous sommes des êtres naturels, produit d'un équilibre subtil entre des lois nécessaires amorales et une situation initiale contingente également amorale.
Oui, mais justement, comment expliquez-vous l'existence du mal moral ? Aucun autre être naturel n'a à le souffrir ? Pourquoi l'Homme ?
C'est l'ignorance de l'homme, voire une perversion de son esprit (par exemple une incapacité génétique ou lésionelle à éprouver des émotions) qui le conduit au mal moral.

Cordialement,
Mikaël
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Re: La question du mal et l'existence de Dieu

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Hélène a écrit :J'ai oublié de mentionner que les victimes du débile sont consentantes... :oops:

Alors ? Est-ce maintenant un bien ? :-@ Puisque toutes les "libertés" sont respectées ?
Il manque le point 2) :siffle:

Bien à toi,
Mikaël
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Re: La question du mal et l'existence de Dieu

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Métazet a écrit :Non. Cf. point 1) et 2).
Je ne vois pas le rapport. Détruire la nature peut se faire sans coercition pour autrui et chacun peut même y développer son potentiel.

Dans la mesure où vous ne définissez pas clairement ce qu'est développer son potentiel (actualiser sa nature ne voulant pas dire grand chose : à titre d'exemple, il semble être dans la "nature" de l'homme de dominer son environnement).

Métazet a écrit :Ils pensent... en effet. Mais qui a dit qu'on ne pouvait pas se tromper sur la nature réelle de... euh... sa nature ?
Qui plus est, l'égoïsme au mieux ne respecte les points évoqués que pour une seule personne (soi) mais les contredit pour toutes les autres.
Puisqu'on peut se tromper et puisque personne ne peut trancher (car celui qui affirmerait savoir ce qu'est la nature de l'Homme pourrait aussi se tromper ;) ), il faut donc tenir que le développement du potentiel humain est purement subjectif. Donc le bien est purement subjectif selon vous...

Quant à l'égoïsme, vous vous trompez. L'égoïsme irait à la rigueur à l'encontre de votre 1er point, mais pas des autres. En outre, on peut être égoïste sans manifester de coercition à l'égard d'autrui.

Métazet a écrit :C'est l'ignorance de l'homme, voire une perversion de son esprit (par exemple une incapacité génétique ou lésionelle à éprouver des émotions) qui le conduit au mal moral.
Une perversion de son esprit ? Mais comment expliquer une telle perversion à l'échelle humaine (on est loin de l'erreur génétique) dans un contexte matérialiste ? Aucun animal n'est sujet à une telle tare.

Quant à l'ignorance de l'Homme, je ne vois pas où vous voulez en venir. Souffrir le martyr parce que votre femme vous a trompé ne me semble pas un problème d'ignorance. Encore moins un problème émotionnel.

Cordialement,
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Re: La question du mal et l'existence de Dieu

Message non lu par Métazét »

Raistlin a écrit :
Métazet a écrit :Non. Cf. point 1) et 2).
Je ne vois pas le rapport. Détruire la nature peut se faire sans coercition pour autrui et chacun peut même y développer son potentiel.
Sur le long terme ça m'étonnerait fort.
Raistlin a écrit :Dans la mesure où vous ne définissez pas clairement ce qu'est développer son potentiel (actualiser sa nature ne voulant pas dire grand chose : à titre d'exemple, il semble être dans la "nature" de l'homme de dominer son environnement).
Encore une fois "il semble être". Mais il y a des critères objectifs. En premier lieu, tout ce qui favorise la survie de l'homme et sa pérennité. Mais il y a aussi : le développement de dispositions. Ne vous semble-t-il pas évident que qqn qui est comme qqn d'autre, sauf qu'il sait lire, écrire, compter, dépasser ses tendances égoïstes, faire preuve de courage, de prudence, etc. a qqch de plus que lui ? Je ne dis pas qu'il a plus de valeur, mais il a indéniablement un plus.
Raistlin a écrit :
Métazet a écrit :Ils pensent... en effet. Mais qui a dit qu'on ne pouvait pas se tromper sur la nature réelle de... euh... sa nature ?
Qui plus est, l'égoïsme au mieux ne respecte les points évoqués que pour une seule personne (soi) mais les contredit pour toutes les autres.
Puisqu'on peut se tromper et puisque personne ne peut trancher (car celui qui affirmerait savoir ce qu'est la nature de l'Homme pourrait aussi se tromper ;) ), il faut donc tenir que le développement du potentiel humain est purement subjectif. Donc le bien est purement subjectif selon vous...
Oh la belle cascade de strawman ! :rire:

Le développement du potentiel (humain) est qqch de factuel. Prenons un géranium fané et un géranium tout pimpant. Il y a moyen de déterminer facilement que le géranium tout pimpant actualise mieux l'essence du géranium que le fané.

Puisque c'est une question de fait, cela veut dire qu'on peut utiliser une démarche scientifique. Certes, on peut faire des erreurs d'appréciations, la vérité scientifique n'est pas absolue. Mais cela ne veut pas dire que tout se vaut et s'équivaut. La vérité scientifique a une bonne objectivité quand même.
Raistlin a écrit :Quant à l'égoïsme, vous vous trompez. L'égoïsme irait à la rigueur à l'encontre de votre 1er point, mais pas des autres. En outre, on peut être égoïste sans manifester de coercition à l'égard d'autrui.
Bien alors expliquez moi comment, en étant égoïste, on contribue activement au développement et au plaisir d'autrui.
Raistlin a écrit :
Métazet a écrit :C'est l'ignorance de l'homme, voire une perversion de son esprit (par exemple une incapacité génétique ou lésionelle à éprouver des émotions) qui le conduit au mal moral.
Une perversion de son esprit ? Mais comment expliquer une telle perversion à l'échelle humaine (on est loin de l'erreur génétique) dans un contexte matérialiste ? Aucun animal n'est sujet à une telle tare.
Les animaux n'ont pas de sens moral (ou alors très élémentaire, chez certains grands primates et cétacés). Or pour commettre le mal moral il faut... avoir une morale !
Raistlin a écrit :Quant à l'ignorance de l'Homme, je ne vois pas où vous voulez en venir. Souffrir le martyr parce que votre femme vous a trompé ne me semble pas un problème d'ignorance. Encore moins un problème émotionnel.
C'est un problème d'ignorance ou d'émotion pour la personne qui commet le mal (votre question portait bien sur le mal moral, autrement dit, le fait que des personnes agissent à l'encontre de la morale consciemment et délibéremment ?).

Cela dit, votre exemple précis me semble mal choisi car j'ai tendance à penser que la souffrance engendrée par l'adultère est essentiellement liée à l'intégration inconsciente de conventions purement sociétales mais sans bases morales sérieuses (sauf pour l'aspect "mensonge" lorsqu'il est présent et pour l'aspect "risque de conception hors cadre familial" lorsqu'il est présent aussi). Pour ma part, j'ai déjà dit à ma chérie qqch du genre : "du moment que j'ai l'assurance de ton amour, de ton soutien, etc. tu es libre" (sous-entendu : libre de faire tout ce qui ne ne te nuit pas ni ne nuit à autrui bien évidemment).

Cordialement,

Mikaël
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Re: La question du mal et l'existence de Dieu

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Métazet a écrit :Sur le long terme ça m'étonnerait fort.
Pas forcément. On peut concevoir le fait de détruire en partie la nature sans forcément arriver à un seuil critique.

Dans ce cas, détruire "un peu" la nature serait un bien ?

Métazet a écrit :Encore une fois "il semble être". Mais il y a des critères objectifs. En premier lieu, tout ce qui favorise la survie de l'homme et sa pérennité. Mais il y a aussi : le développement de dispositions. Ne vous semble-t-il pas évident que qqn qui est comme qqn d'autre, sauf qu'il sait lire, écrire, compter, dépasser ses tendances égoïstes, faire preuve de courage, de prudence, etc. a qqch de plus que lui ? Je ne dis pas qu'il a plus de valeur, mais il a indéniablement un plus.
Ok pour tout ce que vous dites. Mais dans le développement de dispositions, nous pouvons aussi ajouter : savoir utiliser une arme, savoir fabriquer une bombe nucléaire, développer son ambition, etc. En effet, ce sont des "plus", mais est-ce vraiment un bien ?

Pour certains, oui. Pour d'autres, non.

Métazet a écrit :Oh la belle cascade de strawman !

Le développement du potentiel (humain) est qqch de factuel. Prenons un géranium fané et un géranium tout pimpant. Il y a moyen de déterminer facilement que le géranium tout pimpant actualise mieux l'essence du géranium que le fané.

Puisque c'est une question de fait, cela veut dire qu'on peut utiliser une démarche scientifique. Certes, on peut faire des erreurs d'appréciations, la vérité scientifique n'est pas absolue. Mais cela ne veut pas dire que tout se vaut et s'équivaut. La vérité scientifique a une bonne objectivité quand même.
La belle cascade de quoi ? :sonne: Par pitié, quitte à attquer personnellement quelqu'un, ayez le courage de le faire de manière intelligible pour tous. :roule:

Bref, j'avoue ne pas très bien comprendre comment vous passez du factuel au scientifique. Un exemple : j'aime mes parents, c'est factuel. Je doute que ce soit scientifique.

Pour rebondir sur votre exemple du géranium, qu'est-ce que pour vous un Homme "tout pimpant" ? Qu'est-ce qui réalise au mieux l'essence de l'être humain ? Rien qu'en comparant les différentes religions et philosophies, on trouve beaucoup d'avis contraires. Je doute donc de la réelle objectivité du "développement du potentiel humain".

Métazet a écrit :C'est un problème d'ignorance ou d'émotion pour la personne qui commet le mal (votre question portait bien sur le mal moral, autrement dit, le fait que des personnes agissent à l'encontre de la morale consciemment et délibéremment ?).
Pourquoi d'ignorance ? Je connais des personnes qui ont commis l'adultère en sachant très bien ce qu'elles faisaient.
Un problème d'émotions non contrôlées ? Non, parfois c'est juste de l'indifférence : on sait qu'on fait du mal à quelqu'un mais ça n'a finalement pas d'importance.

Métazet a écrit :Cela dit, votre exemple précis me semble mal choisi car j'ai tendance à penser que la souffrance engendrée par l'adultère est essentiellement liée à l'intégration inconsciente de conventions purement sociétales mais sans bases morales sérieuses (sauf pour l'aspect "mensonge" lorsqu'il est présent). Pour ma part, j'ai déjà dit à ma chérie qqch du genre : "du moment que j'ai l'assurance de ton amour, de ton soutien, etc. tu es libre" (sous-entendu : libre de faire tout ce qui ne ne te nuit pas ni ne nuit à autrui bien évidemment).
C'est bizarre, mais il me semble avoir déjà eu cette discussion avec vous. Et il me semble que la dernière fois, j'en étais arrivé à la conclusion que vous n'aviez jamais été trompé, conclusion que vous n'aviez pas démentie je crois...

Cordialement,
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Métazét a écrit :Puisque cet amour n'amoindrit pas non plus leur potentiel ce n'est pas un mal, et puisque ça leur apporte de la chaleur au coeur (qui est une forme de plaisir) c'est un bien (si la liberté est respectée).
Ne pas amoindrir le potentiel ne contribue en rien à "développer le potentiel ". Si le bien est de développer un potentiel, cet amour n'est pas un bien. Soyez conséquent, soit vous reconnaissez que cet amour n'est pas un bien, soit vous modifier votre définition.

D'ailleurs vous n'avez, là encore, sans doute pas dû comprendre ce que vous écriviez. L'idée de potentiel n'ayant d'intérêt que si on lui promet un développement.

De plus, votre expression de "chaleur au coeur" en dit plus sur votre émotivité que sur la réalité du service social. Il y a beaucoup de bonnes choses qu'on peut faire sans le moindre plaisir et contre ses propres émotions, des choses répugnantes qui ne donnent aucune "chaleur au coeur" mais qu'on fait en conscience, par amour et parce qu'on se trahirait soi-même si on ne les faisait pas. Les hôpitaux, les salles de réanimation, les hospices de vieillards, les centres pour handicapés, les prisons, la rue, vous croyez qu'on y va pour se donner un peu de "chaleur au coeur" ? Torcher un adulte de 40 ans qui a fait sous lui, vous croyez qu'on le fait pour maximiser son plaisir ?
Métazét a écrit :Tiens je vais m'y mettre aussi pendant qu'on y est : donc votre religion fait de vous un prince ? pouvez-vous me montrer vos titres de noblesse qui attestent ce fait ?
"L’onction du saint chrême, huile parfumée consacrée par l’évêque, signifie le don de l’Esprit Saint au nouveau baptisé. Il est devenu un chrétien, c’est-à-dire " oint " de l’Esprit Saint, incorporé au Christ, qui est oint prêtre, prophète et roi ." (CEC 1241)

"Le Peuple de Dieu participe enfin à la fonction royale du Christ. Le Christ exerce sa royauté en attirant à soi tous les hommes par sa mort et sa Résurrection (cf. Jn 12,32). Le Christ, Roi et Seigneur de l’univers, s’est fait le serviteur de tous, n’étant " pas venu pour être servi, mais pour servir et pour donner sa vie en rançon pour la multitude " (Mt 20,28). Pour le chrétien, " régner, c’est le servir " (LG 36), particulièrement " dans les pauvres et les souffrants, dans lesquels l’Église reconnaît l’image de son Fondateur pauvre et souffrant " (LG 8). Le Peuple de Dieu réalise sa " dignité royale " en vivant conformément à cette vocation de servir avec le Christ." (CEC 786)

"Vous m'appelez Maître et Seigneur, et vous dites bien, car je le suis.
Si donc je vous ai lavé les pieds, moi le Seigneur et le Maître, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres.
Car c'est un exemple que je vous ai donné, pour que vous fassiez, vous aussi comme moi j'ai fait pour vous." (Jean 13, 14-15)

"Enfants, et donc héritiers ; héritiers de Dieu, et cohéritiers du Christ, puisque nous souffrons avec lui pour être aussi glorifiés avec lui." (Romains 8, 17)
Dernière modification par Charles le sam. 12 juil. 2008, 21:43, modifié 3 fois.
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Re: La question du mal et l'existence de Dieu

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Métazét a écrit :je parlais de l'éthique des vertus...
Le concept de vertu n'apparaît en rien dans votre définition. Dites comment les vertus sont incluses dans votre définition.
Métazét a écrit :Il y a moyen de déterminer facilement que le géranium tout pimpant actualise mieux l'essence du géranium que le fané.
Dites-nous donc ce qui actualise le mieux l'essence de l'homme et ce qu'est cette essence.
Dernière modification par Charles le ven. 11 juil. 2008, 14:56, modifié 2 fois.
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Re: La question du mal et l'existence de Dieu

Message non lu par Charles »

Donc "développer son potentiel" et "actualiser sa nature", c'est "en premier lieu, tout ce qui favorise la survie de l'homme et sa pérennité."

Si le bien est premièrement conservatoire, alors cela justifie une fulgurante course aux armements, parfaitement analysée dans le Gorgias par Platon. Si le bien est d'abord d'assurer sa survie, de conserver sa vie, alors il est légitime d'enfler, de se boursoufller, d'acquérir toutes les sauvegardes, de se rendre aussi puissant qu'il est possible, de se barder d'armes, et selon le principe de précaution, de faire feu le premier au moindre soupçon qu'on soit menacé. Et pire que ça, cela fait de la course aux armements un devoir moral. Le bien dont vous parlez est la porte ouverte sur l'apocalypse.

C'est étonnant comment ceux qui prétendent se scandaliser de la présence du mal dans le monde pour justifier leur rejet de Dieu sont les mêmes qui au fond justifient ce mal.

Et très facilement, on passe à l'étape suivante avec René Girard - c'est celui qui prépare sa défense qui veut la guerre (Achever Clausewitz), qui pour une fois est en accord avec Platon dont le Gorgias va jusqu'à établir que celui qui veut à tout prix ne pas être victime devra nécessairement faire des victimes. Placer la survie et la conservation de sa vie en premier principe moral, cela n'est rien d'autre que d'annoncer qu'on tuera.
Dernière modification par Charles le sam. 12 juil. 2008, 22:10, modifié 1 fois.
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Re: La question du mal et l'existence de Dieu

Message non lu par Hélène »

Métazét a écrit :
Hélène a écrit :J'ai oublié de mentionner que les victimes du débile sont consentantes... :oops:

Alors ? Est-ce maintenant un bien ? :-@ Puisque toutes les "libertés" sont respectées ?
Il manque le point 2) :siffle:

Bien à toi,
Mikaël
Pas pantoute ! Il est implicite dans mon exemple. :-D
"Le Père n'a dit qu'une seule Parole, c'est son Fils et, dans un éternel silence, il la prononce toujours". (Saint Jean de la Croix)
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Re: La question du mal et l'existence de Dieu

Message non lu par Métazét »

Certainement pas, ou alors il faut changer d'exemple... C'est comme de dire : "il est faux de dire qu'on ne peut pas manger de soupe avec une fourchette : si j'imagine une fourchette sans dents mais avec une sorte de creux à la place, je pourrai assurément m'en servir pour manger ma soupe". Oui, sauf que c'est plus une fourchette mais une cuillère... :roule:
« La majorité des philosophes n'a pas de courage ; ils commencent par avaler les principes essentiels du code actuel : monogamie, structure familiale, continence, tabous corporels, restrictions concernant l'acte sexuel et la suite, puis ils chipotent sur les détails… jusqu'à des sottises telles que de savoir si la vue de la poitrine féminine est obscène ou non. » (Robert Heinlein, En terre étrangère)
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Re: La question du mal et l'existence de Dieu

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Charles a écrit :
Métazét a écrit :je parlais de l'éthique des vertus...
Le concept de vertu n'apparaît en rien dans votre définition. Dites comment les vertus sont incluses dans votre définition.
Je n'ai qu'à citer Aristote (Ethique à Nicomaque) lui-même :
Qu'est-ce donc que la nature de la vertu ? Voilà ce qu'il faut examiner sans tarder. Puisque dans l'âme on trouve uniquement passions, capacités d'action, dispositions acquises, la vertu doit appartenir à une de ces classes. 2. Or, j'appelle passions le désir, la colère, la peur, la témérité, l'envie, la joie, l'amitié, la haine, le regret, l'émulation, la pitié, en un mot tout ce qui s'accompagne de plaisir ou de peine. J'appelle capacités nos possibilités d'éprouver ces passions, par exemple ce qui nous rend propres à ressentir de la colère, ou de la haine, ou de la pitié. Enfin les dispositions nous mettent, eu égard aux passions, dans un état heureux ou fâcheux ; par exemple, en ce qui concerne la colère, si l'on y est trop porté ou insuffisamment, nous nous trouvons en de mauvaises dispositions ; si nous y sommes portés modérément, nous sommes dans d'heureuses dispositions ; il en va ainsi dans d'autres cas. 3. Ainsi donc ni les vertus ni les vices ne sont des passions, car ce n'est pas d'après les passions qu'on nous déclare bons ou mauvais, tandis qu'on le fait d'après les vertus et les vices. On ne se fonde pas non plus sur les passions pour nous décerner l'éloge ou le blâme ; on ne félicite pas l'homme craintif ni l'homme porté à la colère ; le blâme ne s'adresse pas à un homme d'une façon générale, mais selon les circonstances, tandis que c'est d'après les vertus et les vices qu'on nous dispense l'éloge ou le blâme. 4. Ajoutons que la colère et la crainte ne proviennent pas de notre volonté, tandis que les vertus comportent un certain choix réfléchi, ou tout au moins n'en sont pas dépourvues. Enfin l'on dit que les passions nous émeuvent, les vertus et les vices ne nous émouvant pas, mais nous disposant l'âme d'une certaine manière. 5. Les mêmes raisons font que vertus et vices ne sont pas non plus en nous de simples possibilités. On ne dit pas que nous sommes bons et mauvais par le seul fait de pouvoir éprouver des passions ; ce n'est pas là ce qui nous vaut la louange et le blâme. En outre, si la nature nous a donné ces possibilités, ce n'est pas elle qui fait que nous sommes bons ou mauvais — nous nous sommes exprimé plus haut à ce sujet (50). Si donc les vertus ne sont ni des passions ni des possibilités, il reste qu'elles sont des dispositions acquises.

Charles a écrit :
Métazét a écrit :Il y a moyen de déterminer facilement que le géranium tout pimpant actualise mieux l'essence du géranium que le fané.
Dites-nous donc ce qui actualise le mieux l'essence de l'homme et ce qu'est cette essence.
L'homme est par essence un être rationnel. La rationalité est très puissante, elle permet d'englober pas mal d'autres choses. Je vais donner un exemple : certes, le guépard court bien plus vite que l'homme, mais l'homme, grâce à sa raison, a pu concevoir et construire des véhicules qui vont encore bien plus vite. Je pense donc que l'usage de la raison actualise le mieux l'essence de l'homme.
« La majorité des philosophes n'a pas de courage ; ils commencent par avaler les principes essentiels du code actuel : monogamie, structure familiale, continence, tabous corporels, restrictions concernant l'acte sexuel et la suite, puis ils chipotent sur les détails… jusqu'à des sottises telles que de savoir si la vue de la poitrine féminine est obscène ou non. » (Robert Heinlein, En terre étrangère)
Métazét
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Re: La question du mal et l'existence de Dieu

Message non lu par Métazét »

Charles a écrit :
Métazét a écrit :Puisque cet amour n'amoindrit pas non plus leur potentiel ce n'est pas un mal, et puisque ça leur apporte de la chaleur au coeur (qui est une forme de plaisir) c'est un bien (si la liberté est respectée).
Ne pas amoindrir le potentiel ne contribue en rien à "développer le potentiel ". Si le bien est de développer un potentiel, cet amour n'est pas un bien. Soyez conséquent, soit vous reconnaissez que cet amour n'est pas un bien, soit vous modifier votre définition.
Strawman (et de 5...).

Vous passez complétement sous silence le point 1) et 3). Ce n'est pas à moi de modifier ma définition mais à vous de modifier celle que vous me prêtez...

D'ailleurs vous n'avez, là encore, sans doute pas dû comprendre ce que vous écriviez. L'idée de potentiel n'ayant d'intérêt que si on lui promet un développement.
Charles a écrit :De plus, votre expression de "chaleur au coeur" en dit plus sur votre émotivité que sur la réalité du service social. Il y a beaucoup de bonnes choses qu'on peut faire sans le moindre plaisir et contre ses propres émotions, des choses répugnantes qui ne donnent aucune "chaleur au coeur" mais qu'on fait en conscience, par amour et parce qu'on se trahirait soi-même si on ne les faisait pas. Les hôpitaux, les salles de réanimation, les hospices de vieillards, les centres pour handicapés, les prisons, la rue, vous croyez qu'on y va pour se donner un peu de "chaleur au coeur" ? Torcher un adulte de 40 ans qui a fait sous lui, vous croyez qu'on le fait pour maximiser son plaisir ?
Strawman (et de 6...).
Puisque cet amour n'amoindrit pas non plus leur potentiel ce n'est pas un mal, et puisque ça leur apporte de la chaleur au coeur (qui est une forme de plaisir) c'est un bien (si la liberté est respectée).
A eux donc, pas forcément à moi...
« La majorité des philosophes n'a pas de courage ; ils commencent par avaler les principes essentiels du code actuel : monogamie, structure familiale, continence, tabous corporels, restrictions concernant l'acte sexuel et la suite, puis ils chipotent sur les détails… jusqu'à des sottises telles que de savoir si la vue de la poitrine féminine est obscène ou non. » (Robert Heinlein, En terre étrangère)
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