Oui, je suis tout à fait d'accord avec vous Virgile sur les points que vous développez.
Le scandale présent n'est que la surface émergée de l'iceberg.
Il est évident qu'une institution qui ne tient pas ses promesses et est source de tant de scandale doit se remettre en question et traiter le mal. Mais sur ce point, j'avoue mon ignorance. Si je me fie à ce que je lis sur d'autres fils, où des intervenants bien plus au fait que moi débattent, cela donne malgré tout confiance en l'avenir, parce que dans beaucoup de diocèses les choses évoluent positivement, d'autant que nous avons la chance d'avoir un Saint Père soucieux de l'Eglise de France, d'une doctrine saine et nettoyée, et de qui il nomme comme évêque. Même une bleue comme moi en matière écclésiale sent le vent tourner au gré des nominations!
Si je peux me permettre une digression, ce "tournant" est important pour un chrétien de base et ignorante comme moi; il me permet de redécouvrir la Foi sous un tout autre angle, et est enfin un peu plus en phase avec mes aspirations. J'ai l'impression qu'enfin je vais bientôt sortir du d'un affreux désert...
D'un autre coté, les orientations papales (on peut le dire comme ça?) actuelles heurtent beaucoup de chrétiens, et pas des moindres. Il y a eu dans ma famille par exemple une personne, responsable d'aûmonerie, qui a démissionné tellement ses positions, chrétiennes pourtant, très engagées humanitairement aussi, divergeaient de celles du prêtre qui la dirigeait. Cette personne a été catéchétiquement formée dans les années 65-80 environ, et elle a un point de vue religieux qui ne cadre pas du tout avec ceux qu'on voit fleurir sur ce forum par exemple. Mais cela ne diminue en rien sa valeur humaine, son humilité et ses vertus. Quand je pense à tous ces chrétiens-là, je me dis aussi qu'il serait bon de penser à ne pas les perdre en route à cause du "tournant" dont il est sujet ici...
C'est presque comme si pédagogiquement, il y avait toute une ré-évangélisation à recommencer en France...
En revanche, prier le chapelet à l'oratoire, utiliser les mots "saint sacrifice de la messe" ou avoir une photographie du Pape dans sa chambre constituait un sérieuse entorse à l'"orthodoxie"...
et était taxé d'excès de zèle, et comme tout excès, était combattu par des pressions...
C'est ça, n'est-ce pas?
Eh bien si cela peut vous rassurer, personnellement, c'est exactement cela que je suis venue chercher dans la religion catholique, l'austérité qui révèle des trésors de vertus, la chasteté en tout et toujours, l'humilité, l'obéissance, le détachement de toute richesse, la simplicité, la tempérance pratiquée avec rigueur et conviction, la prière constante en tête à tête avec Jésus, un vrai rapport avec la Croix, toutes ces choses inconnues au monde laïque qui m'attirent (m'aspirent) comme un aimant, et qui sont les clés d'un quotidien où on veut cultiver la foi, l'espérance et l'ouverture aux autres.
Je suis de la génération Jean-Paul II, être exceptionnel qui n'a pas été mon pape, mais plus qu'un pape, un ami, un berger, auquel je ne peux penser sans émotion, et j'ai pris la peine de le lire. Il recommandait de prier le rosaire, alors je l'ai fait. Et ainsi de suite dans ce qu'il aimait ou recommandait. Et depuis, je me sens complètement décalée dans ma religion, parce que tous, prêtre y compris, me demande d'arrêter de prier ainsi! J'ai l'impression de vivre une religion schizophrénique, séparée en deux, entre la tête et sa base!
Alors imaginez mon soulagement quand je vois enfin un retour aux sources s'amorcer...
Mais si pour moi les choses ont bien tourné, combien de personnes écoeurées spirituellement j'ai croisé, se tournant vers l'hérétisme, et combien de personnes aujourd'hui craignent Benoît XVI en ne voyant en lui que l'ex-Cardinal Ratzinger, président il me semble de le congrégation pour la doctrine de la Foi, ne voient en lui qu'un ultra-orthodoxe dont il convient de se méfier et à qui toute pensée d'obéissance serait une absurdité absolue, homme maladroit de pensée obtuse qui n'a rien à faire là... Ces personnes sont ou étaient pourtant chrétiennes à la base, et non seulement (l'impression que j'ai) on a tracé pendant des décennies devant elles le chemin de leur perte, fait de désobéissance, de critiques à tout-va et de relativisme religieux, mais maintenant, on se retrouve avec des gens dits chrétiens mais sans lien solide avec la prière, et qui sont incapables de reconnaître la lumière de notre Saint Père!
Moi-même, lors de l'élection de ce pape, je me suis sentie trahie, tellement ce cardinal, on m'en parlait sur tous les tons. C'est de prier pour discerner (et même pour demander un signe!) et de le lire que finalement je me suis apaisée...
Certes ce que vous exposez sur les séminaires est tristement édifiant, mais pour quelqu'un à l'autre bout de la chaîne, les conséquences observées convergent.
C'est ici qu'est le problème. Il faut bien dire que dans certains séminaires français, toute pratique du discernement ayant été abolie, ce ne sont pas les seuls esprits immatures et incultes qui ont reçu le sacrement de l'ordre.
C'est là aussi qu'est le miracle de l'Esprit Saint. D'une église sinistrée, (et quand même aussi grâce à l'action de Jean-Paul II auprès des jeunes), on observe finalement un phénomène de rebond... Je ne sais encore quelle sera son ampleur, et si au vu de la société actuelle les conséquences seront à la hauteur des attentes, mais quelque chose de très beau se passe...
Ouf, les prochains prêtres ne réduiront pas les miracles à de purs symboles et les saints à des légendes dans leur homélie, ne fumeront pas en faisant le caté vissé sur leur fauteuil comme un chat à son poteau, ne feront pas des homélies ubuesques et philosophiquement incompréhensibles, ne militeront plus pour le Téléthon en réduisant l'eugénisme à un fantasme de fanatique... et ne m'ordonneront plus d'arrêter de faire des neuvaines!

Et je tais le reste...
On aimerait savoir pourquoi un gamin de 13 ans peut utiliser librement l'Internet et prendre rendez-vous avec un parfait inconnu, faire ensuite seul le voyage de Douai à Lille (et avec quel argent?) pour aller rencontrer un type qu'il n'a jamais vu et aller voir un film avec lui au "ciné".
Il y a vraiment des parents qui sont totalement irresponsables.
Là est un tout autre problème que celui de la responsabilités de la hiérarchie catholique, mais quoique...
La responsabilité des parents pourrait être au centre d'un nouveau fil. On assiste depuis une certaine révolution à un remaniement de la fonction parentale; on touche là aussi à la fonction de l'individu dans la société, (la place des femmes par exemple). Nos enfants sont élevés par la nounou, la crèche, l'école (et tous ses profs et pions), plus par deux personnes; les gamins y sont perdus dans leur repère et dans leur cadre: tout cela est trop multiple, trop mouvant. De la même façon, les parents ne restent plus 40 ans dans le même emploi, et participent à cette perte de repères même malgré eux. On pourrait ainsi dresser un constat sociologique à tiroirs à n'en plus finir.
Le résultat malheureux en est une dévitalisation de la perception et du vécu pédagogique parental. Par exemple, je ne sais si vous connaissez des couples divorcés: regardez bien évoluer celui qui ne vit plus avec les enfants: il change petit à petit de comportement vis-à-vis de sa progéniture, son instinct de protection fort quand il vit avec ses enfant se mûe souvent en démarche plus égocentrée avec le temps. Ceci est tout simplement dû à l'éloignement quantitatif de ses enfants, c'est tout bête. L'absence de stimuli enfant-parent démissionne le parent de son rôle. Il en est de même dans toute notre société; à force de ne vivre qu'au boulot et d'en ramener à la maison, nos enfants se sentent abandonnés et notre instinct de s'occuper au plus près de nos enfants s'émousse, par perte du sens de nos actions auprès d'eux: on n'arrive plus à en ressentir ni la nécessité, ni la valorisation. Porte grande ouverte sur les compensations qui condamment nos enfants nous tyranniser, tout leur est dû, tout leur est permis. C'est ainsi qu'on ne les protège plus, et pas que des prédateurs sexuels!
Pour conclure, je trouve personnellement que sur cet aspect, l'Eglise a aussi un rôle à jouer, une espérance et une cohésion à réintroduire, et surtout une éducation religieuse vigoureuse et affichée à remettre en oeuvre, dès le plus jeune âge auprès des enfants, et dans chaque homélie de chaque prêtre. La famille, si on la veut chrétienne, a grand besoin qu'on lui montre un chemin fort, clair et beaucoup plus facile qu'on ne se l'imagine.
Que Dieu vous attire sur Son Coeur...
Zélie