Cher Gerard,
gerardh a écrit :L’Eglise (c'est-à-dire l’ensemble des chrétiens), est guidée par l’Esprit ; mais l’imperfection humaine le contriste, l’attriste ou l’éteint. Aussi très tôt, l’Eglise se détériore. Cela commence avec Ananias et Saphira, et les signes de son déclin sont décrits et critiquées à juste titre dans les épîtres, lesquelles annoncent que très vite entreront dans l’Eglise des loups redoutables (Actes 20). Il n’est donc pas étonnant que dès le départ des apôtres, des hommes ambitieux aient voulu prendre leur place alors que cela n’était nullement prévu. Ce déclin s’est amplifié avec le temps. L’arrivée de la Réforme a remis en lumière des vérités perdues de vues : ce fut un réveil, comme l’a été en son temps celui d’Ezéchias ou de Josias. Mais à son tour, la Réforme a très vite manifesté des signes de déclin, et aujourd’hui il y a de nombreuses dénominations, qui s’ajoutent à ceux de la mouvance catholique, insistant chacune sur des points doctrinaux particuliers, sans parler d’erreurs doctrinales variées. Cela n’est pas bon, même s’il y a individuellement des possibilités de salut pour beaucoup d’âmes. Aussi, actuellement l’Eglise est-elle en ruines. Mais même dans un temps de ruine, il y a place pour d’humbles témoignages à la vérité.
Oui, mais justement Ananias et Saphira sont écartés de l'Eglise, grâce à Saint Pierre (au passage, c'est Actes 5, 1-11). Donc votre exemple ne prouve rien, bien au contraire : on y trouve une confirmation que Saint Pierre était le référent.
Votre argument sur la faiblesse des Hommes et la nécessaire "correction" de Dieu semble se tenir. Cependant, une question demeure : pourquoi Dieu ne guiderait pas Son Eglise plus sûrement que ça ? En effet, nous catholiques ne croyons pas que l'Eglise soit parfaite, mais nous la croyons sainte, c'est-à-dire que quoiqu'il arrive, quelque soit les manquements des Hommes (et Dieu sait qu'il y en eut et qu'il y en a encore), la barque est guidée infailliblement. N'est-ce pas plus logique et plus conforme à ce qu'on pourrait attendre de Dieu, plutôt que d'imaginer un Dieu plombier qui vient faire des réparations tout les 1500 ans ? (En plus, pourquoi avoir attendu si longtemps ?)
Car la thèse que vous soutenez ne me semble au final pas correspondre au Dieu d'Israël. En effet, celui-ci n'a-t-Il pas promis de guider Son peuple ? D'être avec ceux qui L'aiment ? Comment croire encore à Ses promesses si nous devons admettre qu'Il a laissé Son Eglise errer pendant 1500 ans, et ce dès le début ?
Enfin, quelles sont les preuves que le protestantisme est venu rénover l'Eglise ? (Ca pourrait être l'Eglise orthodoxe après tout) Est-ce par une morale plus élevée ? Dieu a-t-Il fait des miracles pour confirmer cela ? Luther et Calvin étaient-ils des saints ? Plus compliqué : comment savoir quelle est la "bonne" réforme entre le luthéranisme, le calvinisme, l'anglicanisme, le methodisme, l'anabaptisme, l'église évangélique, le pentecôtisme, etc. ?
Fraternellement,