> BJLP
Il ne me semble pas que la question primordiale, lors d'une confession, soit "m'a-t-on ou non culpabilisé?", question qui peut se tourner également ainsi : "qu'est-ce que je ressens ?"
Jésus n'a pas donné de manière détaillée de se confesser. Mais Il n'a pas donné non plus de formules précises pour pardonner à nos frères ou exprimer la charité : pour autant, nous sommes bien capables, a priori, de voir dans nos propres actes si ce sont des actes de charité ou d'égoïsme. Par notre raison et notre conscience.
De même, nous sommes bien capables de nous rendre compte que, favoriser et préférer une "absolution collective" dans laquelle n'entre aucune démarche personnelle, où le pardon peut-être quasiment perçu comme "automatique", ou comme un dû, sans qu'il y ait besoin d'efforts ou de démarche personnelle ou d'humilité,
par rapport à la confession individuelle qui demande l'humilité de dire concrètement ce qu'on a fait de mal à une personne, qui cependant est le Christ au moment où il dit "je te pardonne",
que, donc, préférer cette démarche collective à la démarche individuelle plus exigeante, semble bien venir d'un certain attrait pour la facilité, d'un certain refus d'humilité, du souci premier de ménager sa propre personne et du souci un peu trop important de ce qu'on en ressent,
et tout cela fait que l'absolution collective semble moins profitable sur le plan humain, quand bien même les fautes sont pardonnées.
Quant à l'esprit dans lequel est pratiqué le sacrement de pardon :
Évidemment, n'y aller que par "obligation" et réciter une liste de péchés semble peu profitable et sans beaucoup de sens,
CEPENDANT il faut bien un début, il est normal de ne pas vraiment prendre conscience de la grandeur de ce sacrement quand on est enfant, à nous d'en approfondir la connaissance et la compréhension.
N'est-il pas beau de comprendre de mieux en mieux et de plus n plus profondément la beauté de ce sacrement à mesure que nous avançons dans notre vie ?
Ceci étant, si vous vous souciez de la validité du sacrement et de l'intérêt de sa pratique :
si l'on pratique mal le sacrement de pardon, individuellement (et y aller par obligation n'est pas forcément le pratiquer mal ; c'est un manque de compréhension, certes, mais c'est déjà de l'humilité), il peut ne pas être valide.
mais si l'on préfère l'absolution collective pour des raisons de facilité, de refus de l'humilité que représente la démarche individuelle, et de souci trop important de son propre "ressenti" ("je me sens culpabilisé", "je me sens mieux comme ça"), cela revient donc à voir dans le sacrement de réconciliation, avant tout une sorte de "thérapie" personnelle, dont on soit, soi-même, le centre, et la référence.
Est-ce que cela n'invalide pas le sacrement ?
"Mon curé quand j'était jeune nous a dit qui le fait de vouloir faire la démarche ont été déjà pardonné par Dieu.
Il nous conté l'histoire d'un homme qui se rendait à confesse et qui avait sur la conscience des fautes lourdes à porter.
En se rendant à l'église il est tuer par un accident de voiture.
Cet homme est-il pardonné par Dieu?"
Oui. Mais pas vous si vous vous contentez de vous dire que vous "voulez" vous confesser et que vous ne le faites pas : à ce qu'il me semble, la volonté s'exprime en acte bien plus qu'en parole.
L'homme de votre petite histoire se RENDAIT à la confession. Il en a été empêché par des circonstances indépendantes de la volonté.
L'important, l'essence même de ce sacrement, nous expliquait un prêtre (l'été dernier au RJC, "rassemblement des jeunes catholiques", quitte à faire de la pub... :-), c'est le REGRET réel des fautes, le repentir, la VOLONTÉ de demander pardon, et la VOLONTÉ de ne pas recommencer.
L'aveu des péchés n'est donc pas ce qui fait le sacrement, il est "juste" l'expression de ce regret et de cette volonté.
Maintenant donc, regardons :
-> En allant se confesser, même s'il est tué en route, l'homme de votre histoire exprime clairement une volonté de demander pardon.
-> En essayant d'utiliser cette histoire pour vous dire qu'il n'y a pas d'obligation à aller se confesser, vous, vous exprimez une volonté de vous dérober à cette démarche d'humilité et d'amour.
Ben, voilà.
(pour prendre vos autres exemples :
"Le paralytique qui passe avec l'aide de ses copains par le toit" n'avait pas trop le choix, il me semble, du fait d'être paramytique,
"ceux qui n'ose pas et qui ne touche que le vêtement de Jésus" sont donc bien allés vers Jésus, d'eux-même et individuellement,
de même celui "qui a grimpé aux arbres".)
D'une manière général, soyons honnête :
tergiverser pour rechercher des excuses afin d'"échapper" à la confession individuelle par peur de se sentir coupable ou d'en ressentir des trucs pas très agréable pour son amour-propre,
va à l'encontre de l'amour pour Dieu, donc de...la charité.
De même ne vouloir que l'absolution collective ou les démarches "automatiques" (prières avant l'eucharistie) qui permettent de n'en parler que tout seul en soi-même,
pour le motif qu'on aurait trop honte d'aller en parler à quelqu'un de concret.
Il me semble que c'est là que réside tout l'intérêt de la confession individuelle : on prétend parler à Dieu dans son cœur, regretter, demander pardon... ...la confession individuelle permet de se poser concrètement la question : "oui, mais si le Christ était réellement, concrètement présent là, devant moi, serais-je aussi disposé à avouer mes fautes et demander pardon, de vive voix ?"
Et force est de constater que la réponse n'est pas franchement à notre avantage.
