Bonjour,
zélie a écrit :
Ayant des amis de la famille Témoins (depuis avant ma naissance), il y a parfois des fois où je me dit "et si c'était moi, qui était née là, dans cette famille, et que depuis toujours on me dise ceci et cela, où en serai-je?" et combien j'aurais peut-être soif de Lumière moi aussi...
ce n'est pas de gaîté de coeur que je l'écris, je n'aime pas beaucoup en parler et j'ai un peu hésité avant d'envoyer ce message. Une cousine de ma mère est chez les Témoins... et ici le problème est à la fois différent et très semblable.
Je n'ai jamais eu l'occasion de rencontrer la famille de cette cousine. Lorsque je passe - aujourd'hui très rarement - dans la ville où elle habite, nous nous rencontrons chez une autre parente. Elle ne vient jamais avec son mari et ne reste jamais très longtemps. Elle est encore un peu "avec nous", parce que nous sommes de sa famille, mais elle se considère manifestement comme "séparée" de nous.
Je sais qu'elle a rencontré de graves difficultés dans sa vie personnelle (le mari semble très violent...), notamment avec ses deux garçons. Personne ne sait ce qu'est devenu exactement l'aîné, il semble avoir "disparu" de la circulation... Le cadet doit maintenant avoir 32 ou 33 ans: il s'est "évadé" du domicile de ses parents à sa majorité et vit maintenant "en reclus" chez la veuve de son oncle. Il occupe ses journées à "travailler à la ferme", mais il n'a pas de ressources fixes et souffre apparemment de graves problèmes psychologiques...
Je ne suis plus "jeune" et je parle maintenant de choses qui appartiennent en partie au passé. Ce que je voudrais souligner, c'est qu'il existait, il y a vingt ou trente ans (avant que tout le monde ne soit "dispersé") une très grande diversité de "religions", de "nationalités", et d'"idées politiques" dans ma famille. Un mélange qui aurait pu être... explosif! Mais les choses se passaient finalement toujours très bien et chacun acceptait avec plus ou moins de bonheur les autres comme ils étaient. Dans les années 70, les jours de réunion familiale étaient de grandes fêtes multicolores, multilingues, multinationales, pluriculturelles et pluriconfessionnelles!
Sauf pour la cousine de ma mère, celle qui est chez les Témoins.
Parce qu'elle n'y venait pas, ou ne faisait que passer.
Quand j'étais petit, je la plaignais de tout mon coeur. Un peu plus grand, je plaignais surtout ces enfants (à cause des anniversaires). Et pourtant chez nous tout le monde l'aimait bien, cette cousine.
C'était elle qui se considèrait, et se considère toujours, comme une étrangère dans sa propre famille.
Très triste, mais très révélateur.
Lorsque le monsieur de la "Salle du Royaume" me rend visite, je pense toujours à cette cousine, à sa vie gâchée, à son mari violent, à ses enfants perdus, à tout cet enfermement misérable... à cette absence de joie.
Et c'est avec de la joie qu'on les fait partir ou renoncer.
C'est ce que je voulais exprimer en disant qu'il faut leur parler de choses qu'ils ne connaissent pas. Et pas seulement parler avec des "mots". Il faut aussi leur "montrer" ce qu'ils ne connaissent pas.
Amicalement.
Virgile.