Je mets de côté vos objections d'ordre pratique (relations hommes-femmes, etc.), ainsi que celles des autres. Sans nier leur bonne foi, je les trouve fragiles, car elles reposent sur une conception idyllique des relations sentimentales autrefois, et cette conception n'est pas du tout démontrée. Dans les textes qui sont présentés (comme le texte anglais plus haut, et que je suis allé lire, de façon plus complète, sur le site dont il est issu), je trouve toujours des raccourcis audacieux, des suppositions pas toujours nécessaires ; mais je passe là-dessus, ces petits soucis-là ne portent pas sur l’essentiel.
Deuxièmement, je tiens à dissiper un procès d'intention que vous m'avez fait :
Je n'ai jamais dit cela. De même, j'espère n'être pas comme les chrétiens dont vous parlez ainsi :En fait, pour résumer votre position sur ce sujet, vos objections peuvent se résumer à cela : "C'est dur".
,mais je suis parfois sidéré de voir que les personnes qui refusent d'obéir à l'enseignement de l'Eglise sur ce point sont par ailleurs ceux qui trouvent que la messe le dimanche et un Notre Père avec les enfants avant le coucher constituent une vie spirituelle d'une richesse incomparable.
puisqu'au contraire il n'y a pas une minute, dans ma vie, où les questions dont parle ce forum ne m'apparaissent comme primordiales. D’ailleurs, que savez-vous de ma vie spirituelle ?
Tout est dur dans la vie ; ne pas insulter un automobiliste qui klaxonne comme un taré ; obéir à un supérieur imbécile ; s'entraîner à jouer au piano ; finir un travail qui n'attend pas ; apprendre à faire un truc qu'on n'a jamais fait ; etc.
Les problèmes de chasteté ne sont pas plus durs que ceux que je viens d'évoquer, et je m'aperçois d'ailleurs, jour après jour, qu'en fait ils le seraient même moins.
Bref, les objections que je vous ai portées ne se réduisent pas à la protestation contre la "dureté" du traitement.
Ces objections se réduisent à une autre chose, que je vous avais dite au début de cette discussion, et que celle-ci ne m'a pas permis de dissiper. Mauvaise volonté de ma part ? Manque d'évidence de vos arguments ? Je n'en sais rien, sans doute est-ce vous qui avez raison.Il faudrait voir quelles sont vos objections. Les obstacles intellectuels qui vous empêchent d'accueillir cette doctrine sont peut-être bien plus fondamentaux que vous ne le pensez.
Cette chose est la suivante : toute l'argumentation sur l’union amoureuse revient à dégager un sens objectif, qui s'impose de lui-même, indépendant de ce qu'en pensent les participants. L'union amoureuse, telle que vous en parlez, a une signification intrinsèque au-dessus de nous, et la contraception est en contradiction avec celle-ci. Dès lors, il y a péché.
Or, je vous l'assure en toute bonne foi, le sens objectif précis que vous avez décrit, dans le contexte du fond de la discussion présente, je n'arrive vraiment pas à le voir. Je n'arrive vraiment pas à voir où est le péché. Où est, dans l'acte contraceptif, l'offense à Dieu ? Où est l'offense à l'homme ? Où est le choix du mal ?
Je connais à présent vos réponses et je ne cesse de les méditer ; mais celles-ci, et les démonstrations que vous faites, à la suite du texte de 1968 m'apparaissent incroyablement théoriques et - je vais être franc - artificielles. Elles mettent du sens là où il n'apparaît pas évidemment. Elles disent des choses intelligentes, et spirituellement précieuses ; mais, appliquées à la réalité, elles m'apparaissent comme du discours, et rien d'autre que du discours. Pour le dire de manière imagée, à la simple idée d’un vol, ou d’un avortement, je vois apparaître un gros voyant lumineux rouge clignotant avec une sirène d’alarme ; mais à l’idée de la contraception, je n’en vois aucun.
(Je précise que je ne parle que de l'acte contraceptif en tant que tel, indépendamment du contexte, et en écartant tout procédé de type avortement ou stérilet).
Ces formulations ont quelque chose de brutal, et une lecture rapide pourrait faire croire qu'elles ont un aspect méprisant. Ce n'est pas le cas ; je vous assure, là encore, que je ne désire pas faire le mal. Si vous avez raison, il y a quelque chose d’obscurcissant quelque part. Je conserve de toute façon l'ensemble des textes sur la question, les vôtres ainsi que ceux des autres participants, sans parler des textes papaux qui seront assidûment potassés. Sans doute seront-ils efficaces un jour, et en attendant, ils feront réfléchir.
Bien à vous
MB






